• #32 [SPECIAL HALLOWEEN] La fête d'Halloween et ses origines

    #32 [SPECIAL HALLOWEEN] La fête d'Halloween et ses origines

     

    #32 [SPECIAL HALLOWEEN] La fête d'Halloween et ses origines

     

    Fêtée le 31 octobre au soir, Halloween (de l'anglais All Hallows-Even, qui signifie « la veille de tous les saints ») est particulièrement populaire en Amérique du Nord, aux Etats-Unis et au Canada. Les enfants, déguisés en monstres et autres sorcières arpentent leur quartier à la recherche de bonbons et on allume des bougies dans des citrouilles creusées aux mines effrayantes. Célébration avant tout commerciale de nos jours dédiée à l'horreur et à l'effrayant, elle puise ses racines dans un folklore européen particulièrement ancien et qui remonte notamment à l'époque celte et au paganisme. L'immigration irlandaise au XIXème siècle, suite à la Grande Famine, participa à la popularisation de cette fête aux Etats-Unis.

    #32 [SPECIAL HALLOWEEN] La fête d'Halloween et ses origines

     

    • Les origines d'Halloween : la fête celtique de Samhai

     

    Samain, Toussaint, Halloween: les métamorphoses de la Fête des morts | Le  Club de Mediapart


    Les historiens s'accordent aujourd'hui pour la plupart pour dire que la fête d'Halloween telle qu'on la connaît est une héritière directe de l'une des plus importantes célébrations celtes : la fête de Samain (ou Samhain ou encore Samonios, en Gaule). Dans le calendrier celte et gaulois, quatre fêtes particulièrement observées semblent ressortir : Samain vient après Lugnasad (aux alentours du 1er août, pendant la période des récoltes) qui signifie l'assemblée de Lug et avant Imbolc, que l'on peut situer aux alentours du 1er février de notre calendrier et qui célèbre la fin de l'hiver. Plus tard, au début de mai vient Beltaine (ou Beltane) pendant laquelle on allume des feux. Aux alentours de l'équinoxe d'automne, au mois de septembre, on célèbre Mabon puis entre décembre et janvier, au moment du solstice d'hiver viennent les célébrations de Yule (que l'on peut associer grossièrement à nos fêtes de Noël). Quant à Samhain, célébrée pendant l'automne, au moment du retour de l'obscurité, il s'agit en quelque sorte d'un Nouvel An pour les Celtes, une fête de transition,  notamment vers l'Autre Monde, autrement dit ceui des dieux et des mânrd et qui marque le passage d'une année à une autre. La célébration de Samhain apparaît dans de nombreux récits épiques irlandais car, par essence, elle est très propice aux événements magiques, mythiques et inexpliqués. Samhain est aussi le début de la saison sombre, une période intermédiaire entre les deux équinoxes et les deux solstices. L'époque de Samhain coïncide avec celui du Sidh (l'Autre Monde), alors brièvement associé à celui des humains. D'ailleurs, la nuit de Samhain est à part, n'appartenant ni à l'année qui se termine ni à celle qui commence, comme un moment suspendu entre deux mondes. C'est le moment où les limites se brouillent, où l'irréel vient côtoyer le réel et où les vivants peuvent alors communiquer avec l'autre monde (pour les Celtes, il s'agit du monde des démons ou des dieux des Tuatha dé Danann).
    Les fêtes de Samhain duraient sept jours, sous l'égide des druides : le jour même, trois jours avant et trois jours après. En Gaule, pendant la nuit de Samhain, on avait coutume de pratiquer un cérémonial afin de s'assurer que l'année à venir se déroulerait sereinement. On éteignait le feu dans le foyer puis on se ressemblait autour du feu sacré de l'autel ; celui-ci était alors soigneusement étouffé pour éviter l'intrusion d'esprits maléfiques dans le village. Après la cérémonie, chaque foyer recevait des braises encore chaudes pour rallumer son feu et, ainsi, protéger la famille des dangers de l'année à venir.
    En Irlande, les cérémonies de Samhain commencèrent à disparaître au Vème siècle, avec l'émergence dans l'île d'une nouvelle religion : le christianisme. Toutefois, dans le calendrier chrétien, c'est à la même époque de l'année que l'on célèbre la Toussaint (1er novembre) et les Morts (2 novembre). Le mot Halloween découle quant à lui directement de la tradition chrétienne puisqu'en anglais, le mot signifie ni plus ni moins  que « la veille de tous les saints ».
    Bien après l'installation de la religion chrétienne en Europe, on peut malgré tout constater des résurgences issues du paganisme : ainsi, en Bretagne, terre fortement marquée par son héritage celtique on retrouve jusqu'au début du XXème siècle la croyance que les âmes des morts revenaient la nuit de la veille de la Toussaint et lors des nuits de solstice. Avant d'aller se coucher, on ne manquait pas de leur laisser sur la table de quoi se nourrir et une bûche allumée dans le foyer pour qu'ils puissent se chauffer.
    Les couleurs d'Halloween remonteraient aussi à des temps immémoriaux et souvent païens : l'orange rappelle les récoltes qui viennent de se terminer ainsi que la couleur des feuilles en automne tandis que le noir symbolise l'arrivée des temps obscurs, la mort de l'été et le changement de saison.
    De ces anciennes croyances découlent aussi celle des navets creusés (ou betteraves en Lorraine) dans lesquelles on laissait brûler une chandelle...

    • La tradition des citrouilles grimaçantes 

     

    Revue Éléments - Hallowe'en et Samhain


    Les citrouilles creusées, dans lesquelles on place un lumignon sont devenues indissociables de la fête d'Halloween. Elles peuvent avoir un faciès parfois drôle ou gentil mais, la plupart du temps, elles sont effrayantes...
    Cette coutume découle de la légende de Jack O'Lantern, condamné à errer pour l'éternité avec pour seule lumière une chandelle placée dans un navet.
    Jack est sûrement le personnage le plus populaire associé à la fête d'Halloween. Son origine remonte à un vieux conte irlandais dans lequel Jack est présenté comme un maréchal-ferrant qui accumule les défauts : il est ainsi décrit comme avare, ivrogne, méchant et égocentrique.
    Un soir, alors qu'il se trouve à la taverne pour s’enivrer, Jack bouscule un autre client. Mais il ne sait pas que ce client-là n'est pas n'importe quel client : il s'agit du Diable en personne qui, comme il en l'habitude, tente de convaincre Jack de lui laisser son âme en échange de faveurs diaboliques. Alors qu'il est sur le point de succomber, Jack demande au Diable de lui offrir un dernier verre. Le Diable se transforme alors en pièce de six pence pour payer le tavernier. Jack s'empara alors de la pièce qu'il glissa dans sa bourse : dans celle-ci se trouvait une petite croix en argent. Le Diable, ne pouvant plus se transformer, se retrouver piégé dans cette petite bourse. Jack obtient alors du Malin qu'il ne viendrait pas lui réclamer son âme avant que dix ans ne se soient écoulés, ce que le Diable accepta.
    Dix ans plus tard, Jack croisera le Diable au détour d'un chemin. Celui-ci ne manqua pas de lui réclamer son dû. Réfléchissant à toute vitesse, Jack promit alors au Diable qu'il allait venir mais, d'abord, pourrait-il monter dans cet arbre et lui cueillir une pomme ? Le Diable, grimpant sur les épaules de Jack s'agrippa ensuite aux branches du pommier. Jack s'empressa de graver sur l'écorce de l'arbre une petite croix avec son couteau. De nouveau prisonnier, le Diable ne vit plus qu'une solution : assurer à Jack qu'il ne prendrait jamais son âme, comme le rusé maréchal-ferrant le lui demanda. Ce dernier effaça la croix et le Diable fut délivré.
    Mais lorsque Jack mourut, l'entrée du Paradis lui fut refusée, à cause de la vie de débauche qu'il avait menée. Conformément à sa promesse, le Diable lui refusa aussi l'entrée des Enfers. Mais Jack parvint cependant à convaincre ce dernier de lui donner un morceau de charbon pour pouvoir éclairer son chemin dans le noir. En guise de lanterne, il utilisa un navet évidé et se vit condamné à errer sans but jusqu'au jour du Jugement Dernier. Il y gagna le surnom de Jack of the Lantern ou Jack O'Lantern, réapparaissant chaque année le jour de sa mort, le 31 octobre.
    Très rapidement, la tradition irlandaise de creuser des navets lors de la nuit d'Halloween (en souvenir des âmes perdues) fut remplacée, après l'exode massif du XIXème siècle, par celle de creuser des citrouilles, qu'ils trouvèrent sur place. Ces citrouilles évidées et grimaçantes sont devenues le symbole d'Halloween, grâce à leur forme rappelant un visage.
    En Lorraine on retrouve une tradition assez similaire : la Rommelbootzennaat (nuit des betteraves grimaçantes) le soir du 31 octobre. La tradition des navets transformés en lampions se retrouvent aussi dans les Vosges et, bien sûr, en Bretagne.

    • Superstitions liées à Halloween

     

    20 races de chat noir: Photos, caractères et besoins d'entretien •  MonChat.ca   LPO Île-de-France

    Chat noir et chauve-souris restent traditionnellement associés à de nombreuses superstitions 

    Les superstitions liées à la fête d'Halloween ont bien souvent une origine particulièrement lointaine.
    Par exemple, pendant des siècles, croiser un chat noir était un signe de malheur. Associé à la figure de la sorcière, le chat noir est considéré au Moyen Âge comme maléfique. Dans la mesure où l'on croyait qu'une sorcière avait la faculté de se transformer en chat noir en croiser un revenait à...croiser une sorcière. C'est pour cette raison que l'on jetait sans scrupules sur le bûcher les félins à la couleur sombre. Mais ceux qui présentaient dans leur pelage une petite tâche blanche étaient épargnés car l'on considérait alors qu'ils avaient été marqués par un ange.
    Autre animal signe de mauvais présage et associé à la période d'Halloween et de la Toussaint : la chauve-souris. Animal nocturne et aimant l'obscurité, suscitant instinctivement la peur ou la répulsion, la chauve-souris est associée au personnage du vampire (Dracula a par exemple le pouvoir de se transformer en chauve-souris) mais elle est aussi liée au monde de l'au-delà. Par exemple, si une chauve-souris entre dans une maison, c'est qu'un fantôme qui vivait là auparavant l'a laissée entrer... Effrayant, non ?
    Quant à la figure unanimement redoutée de la sorcière, elle nous vient aussi des célébrations de Samhain : dans la culture populaire la sorcière est souvent vue comme une vieille femme maléfique qui remue une mixture étrange dans un grand chaudron. C'est l'image même de l'Aïeule, une déesse païenne que l'on célébrait à l'époque de Samhain comme un symbole de sagesse mais aussi de renouveau saisonnier. Les Celtes croyaient aussi que les âmes des défunts se cachaient dans le chaudron de l'Aïeule. En remuant son contenu, cette dernière attirait de nouvelles âmes et permettait aux anciennes de renaître.

    gravure montrant des femmes réunies autour d'un chaudron, duquel sortent des démons, des diables, des sorcières sur des balais.

    Gravure du XVIIème siècle représentant un sabbat de sorcières 

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 30 Novembre 2021 à 21:23

    J'adore connaître l'origine des choses... Pour Halloween je savais car j'avais lu un essai sur le sujet mais ton article me sert de rappel car ça fait un moment que j'ai fait cette lecture... Très surprise pour les chats noirs ! Merci pour cet article, c'est hyper intéressant !!

      • Mercredi 1er Décembre 2021 à 19:11

        Je trouve ça super intéressant, parce qu'on se rend compte que beaucoup de fêtes chrétiennes ont au final une origine païenne et pas si différente que ça... c'est assez intéressant de voir que les croyances se retrouvent de civilisations en civilisations et de croyances en croyances... smile

        Je crois que des petits livres ont été édités sur ces fêtes, justement : Samhain, Yule...je les lirai peut-être l'année prochaine. sarcastic

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