• A la Recherche du Temps Perdu, tome 1, Du Côté de chez Swann ; Marcel Proust

    « Et tout d'un coup, le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. »

    Couverture Du côté de chez Swann

    Publié en 2011

    Date de parution originale : 1913

    Editions Le Livre de Poche (collection Les Classiques de Poche)

    478 pages 

    Premier tome de la saga A la Recherche du Temps Perdu 

     

    Résumé : 

    Alors que le narrateur a pris désormais l'habitude de s'endormir tard, le livre s'ouvre sur un premier souvenir : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». Mais la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil le réveillait bientôt, et tandis qu'il attendait de se rendormir, il passait la plus grande partie de la nuit à se rappeler la vie de son enfance à Combray - une vie dont il va nous offrir le récit. 
    Dès ce premier volume de la Recherche que Proust fait paraître en 1913, bien des personnages de son grand roman apparaissent, en particulier Charles Swann : c'est du côté de sa propriété que s'orientent souvent les promenades de Combray, et c'est de son amour pour Odette de Crécy que nous lisons ensuite le récit. Swann, plus tard, donnera au héros le désir d'aller à Balbec, et, au moment de commencer à écrire, le narrateur du Temps Retrouvé nous reconduira de son côté encore lorsqu'il confiera : « La matière de mon expérience laquelle serait la matière de mon livre venait de Swann ». 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Quand j'ai posé les doigts sur le clavier pour commencer à rédiger cette chronique, immédiatement la question a été : Mais comment chroniquer un livre comme celui-ci qui nous fait nous sentir si petit ? Comment poser ses propres mots, qui seront forcément inférieurs à ceux de Proust, sur une oeuvre comme celle-là ? Comment décrire un ressenti qui sera tellement différent des ressentis habituels que font naître la littérature et qui, en lui-même, est si complexe parce que, dans mon cas, absolument pas tranché ? 
    Car oui, comme beaucoup je pense, j'ai un peu de mal à me positionner quant à cette lecture. Difficile de dire, comme pour certains autres livres, j'aime ou ne n'aime pas parce que je crois que ça ne reflète en rien ce qu'on ressent au cours d'une lecture pareille. On est au-delà de ça et il n'est pas question d'aimer ou pas un roman comme celui-ci. Mais nous y reviendrons... Commençons d'abord par présenter l'oeuvre... 
    En utilisant le roman et l'imaginaire pour raconter, pudiquement, des souvenirs d'enfance, Proust remonte dans le temps à la recherche de ce temps perdu des jeunes années. Du Côté de chez Swann est le premier tome d'une vaste saga, qui est composée de sept volumes. Avec un style très personnel, l'auteur, en utilisant un narrateur anonyme mais qu'on devine être son alter ego, relate maints souvenirs d'enfance et d'adolescence : la maison familiale de Combray, en Champagne, la découverte de la littérature, les premiers émois amoureux, la vie parisienne... On retrouve dans ces pages des personnages dont le nom nous est familier -les Guermantes, Monsieur Swan-, même sans avoir lu Proust, ce qui prouve qu'il fait partie de notre patrimoine, à part entière. 
    Alors, en démarrant une lecture comme celle-là, on tomberait presque dans la facilité, le confort de se dire qu'on va retrouver un univers familier et douillet... Et finalement il s'avère que ce n'est pas le cas. Proust fait partie des auteurs inclassables... Ça ressemble à plein d'autres univers et ça ne ressemble à rien d'autre en même temps. C'est la France de Zola, de Balzac, de Colette mais racontée d'une toute manière et ce style, surtout, que dire d'un style comme celui-là à part que celui à qui il appartient est forcément un génie ? Maîtriser à tel point la langue est assez extraordinaire, quand même, surtout que le français n'est pas évident, on le sait bien. 

    Description de cette image, également commentée ci-après

    Portrait photographique de Marcel Proust vers 1895


    Mais, pour le lecteur, c'est un style ardu, excessivement difficile et je bénis presque mes profs de lycée de n'avoir jamais eu l'idée de nous faire lire Proust ! Ma lecture résultait d'une démarche personnelle, d'une curiosité motivée par mon amour de la littérature, des mots et des classiques : il me paraissait, pas obligatoire parce que le mot est fort mais évident que je lirai un jour Proust. Et de cette démarche, a résulté une lecture très dense, très riche mais aussi très laborieuse. En le terminant, le premier mot qui m'est venu est : enfin ! Il est venu instinctivement, machinalement. Oui, je l'avoue, j'ai ressenti du soulagement à l'idée d'avoir terminé ce livre mais aussi beaucoup de satisfaction... peut-on mesurer, en n'ayant, comme j'avais pu le faire jusqu'ici, seulement lu quelques citations de Proust, très connues mais sorties de leur contexte, l'immense, l'incommensurable maîtrise de la langue, poussée à son plus haut niveau ? Je ne crois pas. Lire un texte comme celui-ci et certainement les suivants aussi est difficile mais c'est une expérience littéraire. Vous aimerez, vous adorerez peut-être et c'est tout ce que je vous souhaite...Ou alors vous vous ennuierez et vous ne comprendrez peut-être pas tout, comme moi et je n'ai pas honte de l'avouer. Mais malgré tout, parce que si vous vous lancez dans une lecture comme celle - là c'est que, déjà, vous avez un amour certain de la littérature, vous serez sensible à la beauté des mots subtilement agencés comme on coud des perles sur un corsage, comme on exécute des pas de danse. Ils sont rares ces auteurs qui parviennent à un si haut niveau, qu'on pourrait presque qualifier de géniaux dans leur genre. Je crois que la plume de Proust est au-delà du talent, c'est encore plus haut, c'est encore plus grand. Effectivement en ce qui me concerne, ces mots magnifiques ne m'ont pas empêchée de m'ennuyer ferme par moments et je crois même que les nombreuses considérations philosophiques de l'auteur m'ont irrémédiablement perdue mais je garderai de ce roman, Du Côté de chez Swann, émaillé de souvenirs personnels qui ajoutent à la sincérité de l'oeuvre, un souvenir qui ne sera pas mauvais. Dois-je vous recommander ce livre ? A mon avis, c'est une appréciation toute personnelle mais si vous aimez les classiques, peut-être est-il intéressant de prendre le risque. 
    Je ne pense pas lire les autres volumes de A la Recherche du Temps Perdu mais c'est malgré tout un sentiment assez positif qui perdure à la fin de cette lecture peut-être parce que j'ai retrouvé cette France - et son mode de vie- délicieusement rétro et surannée qui a définitivement disparu mais qui n'est pas si vieille pour autant et qu'il est agréable de faire revivre le temps d'une lecture.  

     

    Tableau de Gustave Caillebotte qui pourrait illustrer l'ambiance calme et campagnarde de Combray

    En Bref :

    Les + : la grande maîtrise de la langue par l'auteur ; les souvenirs d'enfance sans doute inspirés par les siens propres et qui donnent beaucoup d'authenticité et de personnalité à un récit sinon relativement ardu, philosophique et parfois un peu froid.
    Les - : beaucoup de passages vraiment complexes, un peu détachés du récit et que j'ai trouvés très complexes. 

     

    Les Enquêtes de Quentin du Mesnil, Maître d'Hôtel à la Cour de François Ier, tome 1, Le Sang de l'Hermine ; Michèle Barrière 

    Thème d'avril, « Ménage de printemps », 4/12


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 28 Avril à 16:52

    Une lecture ardue qui ne m'a pas laissée un agréable souvenir... Comme toi, je ne suis pas sûre de lire les tomes suivants. Ou alors peut-être que je relirai cette oeuvre un jour...

      • Dimanche 28 Avril à 19:01

        Je comprends, je me suis ennuyée ferme par moments, j'ai même pensé abandonner mais, au fond, j'avais envie de continuer, j'avais envie de me dire que je pouvais le faire ! smile Mais en même temps, je trouve que Proust écrit très bien...c'est paradoxal mais...pousser à ce point le génie littéraire est rare. 

        Malgré tout, je ne pense pas lire les autres opus, ça ne me tente pas vraiment mais je suis contente d'avoir lu le premier tome et d'avoir découvert cette oeuvre qui fait si peur aux lecteurs et a traumatisé des générations d'écoliers... happy

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