• Alchemia, tome 1, La Femme sans Tête ; Viviane Moore

    « Il n'y a qu'un mot. Un seul : la haine ! Seule la haine peut tout s'expliquer. »

    Alchemia, tome 1, La Femme sans Tête ; Viviane Moore

    Publié en 2014

    Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

    306 pages

    Premier tome de la saga Alchemia 

      

    Résumé :

    Paris, 1581. La misère envahit les rues. Orgies et fêtes enfièvrent les salons. Jean de Moncel, jeune commissaire au Châtelet, est sur les traces d'un tueur de prostituées. Le corps décapité de l'une d'elles le mène jusqu'à Théophraste Le Noir, médecin qui, replié dans son laboratoire avec sa fille Sybille, cherche sans relâche le secret alchimique de l'Elixir de Vie. Sorcellerie ? Rites occultes ? Machination ?... L'alchimiste est-il le monstre que poursuit Jean, ou bien l'humaniste en avance sur son temps que défend passionnément sa fille ?

    Ma Note : ★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Beaucoup de lecteurs ont découvert Viviane Moore qui, comme son nom ne l'indique pas, est française, grâce à sa saga de Tancrède le Normand.
    Pour moi, ça n'a pas été le cas et c'est avec le premier tome de la saga Galeran de Lesneven, La Couleur de l'Archange, que j'ai découvert pour la première fois l'an dernier l'univers particulier de Viviane Moore, entre Histoire et policier. Ce choix est plus dû au hasard qu'à un véritable choix réfléchi, en fait, mais cette première lecture, agréable sans être extraordinaire non plus, m'a donné envie de continuer ma découverte de Viviane Moore et de son univers historique qui ne pouvait, évidemment, que me plaire !
    J'ai trouvé que ce premier tome se lisait tout seul et j'avoue avoir du mal à comprendre les avis plutôt mitigés, lus ici ou là. Évidemment, je ne peux juger du ressenti des autres lecteurs mais en ce qui me concerne, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! Alors, certes, c'est peut-être un peu convenu, pas vraiment original mais... C'est bien écrit et j'ai trouvé cette intrigue bien menée.
    Nous sommes en 1581, sous le règne de Henri III. Les Guerres de Religions battent leur plein, protestants et catholiques s'affrontent violemment et la dynastie des Valois vacille sur ses bases : Henri III n'a qu'un héritier, son frère et ne parvient pas à avoir de fils.
    C'est dans ce contexte que des cadavres de prostituées sont retrouvés, dans Paris, mutilés. Très vite, les mises en scène de ces meurtres, rappelant l'alchimie, amènent les enquêteurs du Châtelet sur les traces de Theophraste Le Noir, médecin et alchimiste aux idées subversives et visionnaires... Est-il réellement l'assassin de ces femmes ou faut-il chercher la clé de l'énigme dans les différents qui lui ont été tendus depuis la nuit de la Saint-Barthélémy, nuit où il a trouvé une croix marquant sa porte, alors qu'il est bon catholique ?
    Dans ce premier roman, qui navigue entre plusieurs univers, j'ai retrouvé, comme attendu, du Andrea H. Japp et du Jean d'Aillon -même si le contexte est peut-être moins important ici que chez ce dernier ! L'univers est sombre, assez poisseux et noir et le fait que l'alchimie serve de trame au récit lui donne un aspect un peu mystérieux, un peu étrange et particulier, cette « science » fleurant légèrement la sorcellerie.
    Alors d'ailleurs, une petite parenthèse s'impose, je pense. Qu'est-ce que l'alchimie ? Personnellement, en lisant le roman, je vous avouerai que je n'y ai parfois pas compris grand chose, notamment aux termes spécifiques qui parfois m'ont fait ouvrir des yeux ronds. Finalement, à part la Pierre Philosophale, la transmutation du plomb en or et la figure de Nicolas Flamel, grand alchimiste du Moyen Âge tardif, je ne connaissais rien de cette science occulte. Très en vogue au Moyen Âge mais connue peut-être depuis plus longtemps, notamment en Asie et même dans le monde grec, l'alchimie se fonde effectivement sur un principe simple : celui de la métamorphose, de la transmutation donc, des métaux et surtout des métaux vils (cuivre, plomb) en métaux nobles, comme l'or. Aujourd'hui, peut-on réellement considérer l'alchimie comme une science ? Peut-être pas, mais il est vrai que tout le mystère qui entoure cette discipline est fascinant. On a envie de lever le voile, on a envie de savoir et cela participe certainement à l'intérêt du lecteur pour le roman. C'est même assez indéniable. 

    Pour en revenir au roman en lui-même, le récit se partage entre deux points de vue, un masculin et un féminin et j'ai trouvé ça plutôt sympa : nous suivons donc Sibylle Le Noir, fille unique de l'alchimiste Theophraste, qu'il initie aux secrets du Grand Oeuvre mais aussi à une alchimie qu'il mettrait au service de la médecine, pour guérir et soulager, à une époque où la médecine est lacunaire voire déficiente. D'une curiosité insatiable, la jeune fille n'a qu'un rêve, celui de marcher sur les traces de son père et de devenir médecin, un rêve qu'elle sait inaccessible puisque la médecine alors, est interdite aux femmes.
    Et nous faisons aussi la connaissance de Jean du Moncel, notre enquêteur. Jeune homme de vingt-six ans, fraîchement arrivé de sa Normandie natale, où il a laissé sa mère et sa sœur, il est commissaire de police au Châtelet. Ben oui, hein ! Ne m'en déplaise, il n'y a pas que Nicolas Le Floch dans la vie ! En tous cas, par certains aspects, Jean m'a un peu rappelé Nicolas et sa perspicacité et le fait qu'il soit commissaire au Châtelet a certainement influencé aussi ma perception du personnage, clairement. Il y'a peut-être aussi un peu de Louis Fronsac dans ce personnage, pour la clairvoyance et la logique... Quoi qu'il en soit, je l'ai trouvé assez intéressant. Certains lecteurs ont déploré un manque d'attachement envers les personnages... Pour ma part, ils ont piqué ma curiosité, suffisamment en tous cas pour me donner envie de les retrouver dans les tomes deux et trois de la saga.
    J'ai apprécié aussi le style de l'auteure : vraiment, Viviane Moore écrit très bien et le début de cette saga me donne vraiment envie d'aller me plonger dans sa saga de Tancrède le Normand !
    Je crois que, avec le premier tome de Galeran de Lesneven, qui est finalement assez court et se lit rapidement, je n'avais pas vraiment eu le temps de prendre la mesure du style de l'auteure. Ici, je l'ai vraiment apprécié. Pas vraiment d'époque mais quand même soigné, je l'ai trouvé agréable. Viviane Moore a une plume de qualité et qui n'ennuie pas.
    Je regrette seulement que le contexte n'ait pas été plus étoffé. Je comprends le parti-pris de l'auteure qui s'est servie, avant le contexte, de l'alchimie comme trame et lien entre les tomes de sa trilogie. Mais il est tellement riche, ce contexte des années 1580 en France que j'aurais aimé le retrouver plus présent même si, en soi, ce n'est qu'un tout petit bémol !
    J'ai trouvé ce premier tome réussi. Franchement. Pour moi, ça a fonctionné et La Femme sans tête est un bon roman historique et policier.
    En terminant ce premier roman, je n'ai qu'une envie : me jeter sur la suite de la trilogie et c'est d'ailleurs ce que j'ai fait !

     

    En Bref : 

    Les + : une histoire bien ficelée, une intrigue intéressante tournant autour d'une pratique fascinante, l'alchimie...
    Les - : j'aurais aimé que le contexte historique, tellement riche et intéressant, soit peut-être plus présent. 


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 27 Juin à 14:20
    J'ai lu moi aussi beaucoup d'avis mitigés mais rien ne vaut de tenter la lecture. On n'a pas tous la même sensibilité ! L'alchimie, les sciences occultes sont bien difficiles à comprendre, c'était le sujet du tome 1 du commissaire aux morts étranges. J'étais un peu perdue parfois, le concept reste très flou pour moi encore maintenant. Tu m'apprends que Moore est française ;-)
      • Mercredi 27 Juin à 21:44

        Oui je suis complètement d'accord ! Heureusement d'ailleurs que chaque lecteur a sa propre sensibilité ! smile Cela dit, j'avoue que je n'ai pas compris les avis vraiment réservés, même si je ne les juge pas. Certes, j'ai lu mieux comme intrigues policières mais j'ai trouvé que les romans de Viviane Moore avaient beaucoup de qualités. J'ai eu l'impression de lire un savant mélange de Jean d'Aillon et Andrea H. Japp, deux auteurs que j'aime beaucoup et dont je ne me lasse pas de lire les romans ! ^^

        Peut-être un autre lecteur te déconseillerait ces romans. Pour ma part, je te dirais de te lancer et de te faire ton propre avis. Le sujet autour duquel tourne la trilogie est intéressant, mystérieux et fascinant. J'ai été très vite captivée et si jamais tu te lances j'espère que tu ne seras pas déçue ! tongue

         

        Et sinon oui, moi aussi j'avais été surprise mais Viviane Moore est bien française ! 

    2
    Vendredi 6 Juillet à 07:44

    Je ne connais pas cette auteure (ou du moins je ne l'ai pas encore lue) mais le côté Histoire-Énigme m'intéresse. Ce ne sera pas dans mes priorités de lecture mais je rentre cette saga dans ma liste à lire :-)

      • Vendredi 6 Juillet à 20:36

        Cette saga est vraiment sympa ! ^^ Pour moi qui aime les intrigues policières et historiques, j'ai été servie, avec un soupçon de mystère, en plus ! C'était vraiment parfait et même si j'ai lu des romans policiers meilleurs, la saga de Viviane Moore se défend bien, vraiment...et cela m'a donné l'occasion de poursuivre ma découverte de l'univers d'une auteure pas si connue que ça, finalement. smile

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