• Cavendon, tome 1, La Splendeur de Cavendon Hall ; Barbara Taylor Bradford

    « Il s'agissait désormais d'affronter la réalité. »

    Cavendon, tome 1, La Splendeur de Cavendon Hall

    Publié en 2013 en Angleterre ; en 2015 en France (pour la présente édition)

    Titre original : Cavendon Hall

    Editions Le Livre de Poche

    456 pages

    Premier tome de la saga Cavendon Hall

    Résumé :

    Depuis des générations, la magnifique propriété de Cavendon Hall abrite la famille de Charles Ingham, comte de Mowbray. Non loin, dans le village de Little Skell, vivent leurs serviteurs, les Swann. Les deux clans se sont juré fidélité et protection mutuelle. 
    Le comte et la comtesse sont les parents de six enfants : deux garçons et quatre filles, surnommées les Quatre D. La cadette, Daphné, 17 ans, se distingue par son exceptionnelle beauté, sa délicatesse et son bon coeur. Promise à un beau mariage, elle devrait bientôt être présentée à la cour. Mais un événement tragique va briser sa vie et menace de salir à jamais le nom des Ingham. Plus grave encore, en cet été 1913, le spectre de la Première Guerre mondiale se profile. 
    Avec son talent habituel, Barbara Taylor Bradford nous plonge dans l'univers d'une grande demeure du Yorkshire, et nous fait partager les destins bouleversants de deux familles anglaises. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    En 1913, à la veille de la Grande Guerre, Charles et Felicity Ingham, autrement dits lord et lady Mowbray vivent dans leur propriété familiale du Yorkshire, Cavendon Hall. C'est une grande maison comme il y'en a encore des centaines à l'époque en Angleterre. Nous sommes au début du XXème siècle, sous le règne de George V et le mode de vie de l'aristocratie britannique n'a pas encore changé... Cependant, elle est à son apogée et jette ses derniers feux : la Première guerre mondiale va changer son mode de vie du tout au tout. En attendant, les Ingham comme toutes les autres grandes familles, continuent de mener leur existence comme leurs ancêtres avant eux.
    Au sous-sol, les domestiques de la famille vivent une existence en parallèle de leurs maîtres tandis qu'au village, évolue la famille Swann, liée aux Ingham depuis le XVIIIème siècle par des liens extrêmement forts : ils ne sont ni vraiment des amis ni vraiment des domestiques mais une vraie relation de confiance s'est établie entre les membres des deux familles. Leur devise commune est d'ailleurs : « Loyaulté me lie », ce qui veut tout dire.
    Au début de l'année 1913, les habitants de Cavendon Hall ne savent pas encore qu'ils sont en train de vivre leurs derniers mois de tranquillité... Entre événements historiques irrémédiables et qu'en tant que lecteur, on connaît déjà et drames personnels que la famille va être obligée d'affronter, l'avenir des Ingham s'annonce des plus incertains et toutes leurs convictions risquent alors d'être fortement ébranlées.
    Lorsque j'ai découvert Cavendon, une saga en deux tomes, j'ai été immédiatement séduite par le résumé et par l'époque dans laquelle Barbara Taylor Bradford situe son intrigue, entre les années 1910 et 1920. J'ai aussitôt pensé à Downton Abbey : le contexte, le domaine, les personnages, le lieu même où se situe l'intrigue... Un peu trop de similitudes pour que cela ne soit que du hasard et, effectivement, au cours de ma lecture de La Splendeur de Cavendon Hall, j'ai lu la chronique d'une autre lectrice dans laquelle elle explique que l'auteure s'est défendue de s'être inspirée de la célèbre série, preuve que je ne suis pas la seule à avoir remarqué ces coïncidences troublantes. Bref, qu'elle s'en soit inspirée ou pas n'est pas un critère de qualité à mon sens. J'étais très curieuse de découvrir cette saga parce qu'elle avait du potentiel, parce que ce que m'évoquait le seul résumé me semblait prometteur et de bon augure.
    Et pourtant, les avis divergent et j'ai l'impression que cette saga suscite des avis extrêmement tranchés et notamment négatifs.
    Pour ma part, où est-ce que je me situe ? Plutôt dans un prudent entre-deux. Je n'ai pas détesté cette lecture, loin s'en faut, mais je n'ai pas été complètement séduite non plus, notamment par le style, que j'ai trouvé artificiel, surtout au niveau des dialogues, qui souvent sonnaient très faux.
    Je pense que ce premier tome de la saga Cavendon a énormément de potentiel, mais un potentiel qui n'a été que peu exploité par l'auteure. Certes, on peut être gêné par les nombreuses analogies entre ce roman et la série Downton Abbey : pour ma part, j'ai aimé me replonger dans cette ambiance délicieusement surannée et so british ! Le tea time, les bals, l'ouverture de la chasse en août, les festivités d'été, la société encore extrêmement codifiée mais en passe de changer radicalement... J'ai toujours beaucoup aimé cette ambiance-là et cette époque. J'ai d'ailleurs aimé l'atmosphère du roman, je m'y suis plongée avec plaisir. Mais je n'ai pas été séduite par le style ni même par l'utilisation que l'auteure fait de son contexte, au demeurant particulièrement intéressant mais qu'on retrouve de façon assez anecdotique tout au long du roman : on sent cependant que Barbara Taylor Bradford a fait des recherches, les informations sont précises, ou du moins, relativement précises mais peut-être pas assez exploitées et c'est dommage car l'Histoire britannique, en ce début XXème, est très riche.
    J'ai apprécié la présence de nombreux personnages, tous différents les uns des autres : les Ingham, les Swann mais aussi le nombreux personnel au service de la famille. J'ai aimé la relation entre les Ingham et les Swann, faite d'une vraie confiance mutuelle et d'une égalité parfaite bien qu'ils ne soient, en théorie, pas issus du même monde. Les Ingham ne sont pas les maîtres des Swann et ces derniers ne sont pas non plus de simples valets. Difficile de ne pas comparer Charles Ingham, lord Mowbray, avec lord Crawley de Downton Abbey, effectivement. Mais pour les autres personnages, j'ai trouvé que l'auteure avait fait un vrai travail pour les ciseler et leur donner beaucoup de teneur et de profondeur. On les aime ou pas mais on ne peut s'empêcher de les trouver aboutis. Parfois, leurs réactions m'ont peut-être parues peu crédibles mais pour ce qui est des caractères de chaque personnage, j'ai trouvé que c'était un gros point fort du roman. Que le roman soit aussi orienté sur l'une des filles, Daphné, qui en plus n'est pas l'aînée mais la cadette, m'a bien plu : la jeune femme de dix-sept ans est douce et charmante et je l'ai beaucoup appréciée. 
    Quoi qu'il en soit, cette lecture me laisse un goût d'inachevé. Je referme le roman avec l'envie de lire le deuxième tome mais aussi avec un léger regret : ce roman aurait pu être cent fois meilleur, si le style avait été à la hauteur de l'intrigue. Comme celle-ci aurait pu être magnifiée par une jolie plume ou, disons, une plus jolie plume, car Barbara Taylor Bradford n'est pas non plus dénuée de talent. Je ne sais pas ce que valent ses autres romans, que je ne connais pas. Il ne m'appartient donc pas de les juger. Mais je pense que Cavendon ne font pas partie de ceux qui ont plu et c'est dommage car il n'aurait pas fallu beaucoup plus pour que la saga soit vraiment très bonne. Dommage. Espérons que le deuxième volume sera meilleur

    En Bref : 

    Les + : une ambiance anglaise très plaisante, une intrigue assez intéressante même si tous les événements qui s'y déroulent sont loin de m'avoir convaincue. 
    Les - :
    un potentiel mal exploité et notamment desservi par un style un peu artificiel, surtout au niveau des dialogues. 


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Juillet à 08:10

    Le résumé me fait effectivement penser à "Downton Abbey". Je me dis pourquoi pas, mais la question du style me dérangera certainement aussi !

      • Vendredi 6 Juillet à 20:41

        Oui, d'ailleurs, je ne sais plus où j'ai lu ça mais apparemment, Barbara Taylor Bradford s'est vraiment inspirée de Downton Abbey... ce qui me fait dire que ce que j'avais pris pour des coïncidences n'en sont en fait pas du tout ! On ne peut pas parler de plagiat non plus mais clairement d'une inspiration tout à fait assumée... Cela m'a fait tomber des nues quand je l'ai appris parce que je pensais que cette saga était bien plus ancienne, genre années 70-80...Et non : il s'agit apparemment de la dernière saga de Barbara Taylor Bradford (d'ailleurs, il s'agit d'une trilogie et malgré mon avis assez mitigé sur les deux premiers tomes, j'ai bien envie de lire le dernier quand même ^^). 

        J'ai trouvé que l'auteure abordait plein de sujets intéressants et le contexte de l'entre-deux-guerres est riche et intéressant : on vit très vite, on s'étourdit et, en Angleterre, l'aristocratie connaît un profond bouleversement... J'ai aimé cet aspect du roman même si, parfois, j'aurais aimé qu'il soit plus présent. Cela dit, clairement, je ne me suis absolument pas sentie emportée par le style... 

        Je te dirais de lire cette saga peut-être pour te faire ton propre avis...juste le premier tome par exemple, pour voir...peut-être aimeras-tu ? Mais nous avons des goûts assez similaires et je me dis que tu pourrais peut-être avoir le même ressenti que moi du coup... frown

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