• « Elle était ravie à la terre, agonisant sans souffrance devenant une pure flamme qui se consumait d'amour. »

    La Conquête de Plassans

    Publié en 2009

    Date de parution originale : 1874

    Editions Le Livre de Poche (collection Les Classiques de Poche)

    512 pages

    Quatrième tome de la série Les Rougon-Macquart

     

    Résumé :

    « Il détachait son cheval, dont il avait noué les guides à une persienne, lorsque l'abbé Faujas, qui rentrait, passa au milieu du groupe, avec un léger salut. On eût dit une ombre noire filant sans bruit. Félicité se tourna lentement, le poursuivit du regard jusque dans l'escalier, n'ayant pas eu le temps de le dévisager. Macquart, muet de surprise, hochait la tête, murmurant :                               - Comment, mon garçon, tu loges des curés chez toi, maintenant ? Et il un œil singulier, cet homme. Prends garde : les soutanes, ça porte malheur. »                                                                         La conquête de Plassans qui donne son titre au quatrième roman des Rougon-Macquart est l'ambition que s'est fixée Faujas, prêtre bonapartiste et sans scrupules, de s'assujettir la ville légitimiste, première étape de l'ascension à laquelle il aspire. Par son pouvoir sur les esprits et sur les âmes;, il met en oeuvre une stratégie satanique couronnée de succès - avant la catastrophe. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Ce quatrième tome des Rougon-Macquart s'ouvre en 1858 à Plassans. Après deux intrigues prenant corps dans le Paris du Second Empire, nous revenons donc dans la ville-berceau des Rougon-Macquart, afin de faire connaissance avec une nouvelle famille : les Mouret. L'épouse, Marthe, est une Rougon : c'est la dernière fille de Pierre et Félicité, par ailleurs soeur d'Aristide, l'un des personnages principaux de La Curée. Le mari, François, est un Mouret, fils d'Ursule Macquart, demi-soeur de Pierre Rougon et du chapelier Mouret. Originaire de Marseille, où sa mère s'est mariée, fuyant sa ville natale, François est en quelque sorte recueilli par ses oncle et tante, Pierre et Félicité, à la mort de ses deux parents et, malgré leur ressemblance physique très flagrante, on fait en sorte de pousser Marthe et François dans les bras l'un de l'autre. Ils auront trois enfants : Octave, que l'on retrouve par la suite dans Pot-Bouille et Au Bonheur des Dames, Serge, jeune homme torturé et tourmenté, futur héros de La Faute de l'Abbé Mouret et Désirée, pauvre innocente d'une quinzaine d'années qui n'a pas grandi et continue de se comporter comme une enfant.
    Installés à Marseille après leur mariage, les Mouret, qui tenaient un commerce d'huiles, vins et amandes, viennent de se réinstaller à Plassans après qu'à quarante-trois ans, le père de famille ait décidé de prendre sa retraite. Les voilà donc de nouveau dans cette ville d'où tout est parti est qui est désormais fermement tenue par les ambitieux parents de Marthe, ces opportunistes de Rougon qui ont profité du Coup d'Etat du 2 décembre 1851 pour enfin faire fortune et prendre revanche de leur pauvreté.
    Marthe et François sont des petits bourgeois, pas forcément très riches mais qui ont les moyens de faire faire des études à leurs enfants, tout du moins à leurs deux fils et ayant les moyens de vivre correctement. Ils ne font pas vraiment parler d'eux même si les opinions et idées politiques de Mouret peuvent parfois gêner un peu sa belle-mère, Félicité.
    En cette année 1858, François a décidé de louer le second étage de la demeure qu'il occupe avec sa famille rue Balande, derrière la sous-préfecture de Plassans. Et le quotidien des Mouret, qui n'aiment rien tant que profiter de leur jardin, Marthe brodant et reprisant sur la terrasse pendant que son époux prend soin de ses salades et de ses bordures de buis, pourrait bien se trouver complètement bouleversé par l'arrivé des deux locataires : l'abbé Faujas et sa mère, arrivés de Besançon. Des personnages qui ne payent pas de mine au premier abord, mais vont grandir, grossir, telles de diaboliques ombres et oeuvrer à la conquête insidieuse des Mouret, à force de persuasion dissimulée sous de fausses bonnes manières et, par là même, la conquête d'une ville entière...
    Ce quatrième volume de la série n'est pas le plus palpitant et pourtant, j'ai toujours eu une affection assez prononcée pour ce roman, je ne sais pas pourquoi. En tous cas, la bonne impression que j'avais eue à ma première lecture qui remonte à exactement six ans, s'est confirmée lors de cette redécouverte. J'ai vraiment pris mon temps pour lire ce roman, l'entrecoupant même de lectures parallèles, sans que jamais je ne perde le fil. C'est le genre de classique irréprochable, bien écrit et qui se lit avec une facilité déconcertante même si l'action n'y est pas forcément présente. Finalement, ce qui est intéressant dans ce livre, c'est la déchéance. La déchéance qui arrive petit à petit, insidieusement et parvient à se loger dans une famille qui, jusqu'ici, n'avait pas eu de tracas autre que ceux, bénins du quotidien. La déchéance, qui rapprocherait d'ailleurs La Conquête de Plassans de La Curée. Dans ce dernier, Renée déchoit petit à petit à cause de l'amour incestueux qu'elle entretient avec son beau-fils. Dans La Conquête de Plassans, c'est par la religion -la bête noire de Zola- que Marthe, héroïne à la tête déjà un peu fragile, va glisser lentement sur la pente la plus noire, y entraînant avec elle son époux qui présente, comme, elle des prédispositions à la folie -n'oublions pas que Marthe et Mouret ont la même grand-mère, tante Dide, internée aux Tulettes depuis de nombreuses années à cause de sa démence-, mais aussi toute sa famille, jusqu'au drame final. Dans les deux romans, c'est dans le domaine où les deux héroïnes, au début, trouvaient le plus de réconfort, qu'elles finissent par se perdre, sans espoir d'en revenir un jour...
    Bien sûr, la religion est aussi très présente dans le roman, puisque ce sera elle, finalement, le déclencheur du drame personnel des Mouret. Comme beaucoup de gens de l'époque, ce sont des croyants peu fervents et Mouret se lamente même de voir son cadet, Serge, si versé dans le spirituel et sera même particulièrement affligé de le voir souhaitant entrer au séminaire. Même Marthe n'est pas pratiquante et ne fréquente pas les églises. Et puis, lorsque cet abbé vient loger chez eux, aussi peu religieux soit-il, cet homme va jeter Marthe dans les transes du mysticisme, mysticisme qui est là poussé à outrance et pourrait bien s'apparenter à une sorte de fanatisme et, par extension, d'aliénation. La religion est tournée en dérision au travers de personnages comme l'abbé Bourrette, pleurnichard et naïf, l'évêque, monseigneur Rousselot, pantin des politiques ou son secrétaire, l'abbé Surin, jeune homme qui préfère jouer au volant avec les demoiselles de la bonne société de Plassans que de fréquenter les églises...et puis il y'a la figure centrale de l'abbé Faujas, homme au passé trouble, qui fait jaser...grand, fort, il ressemble plus à un paysan qu'à un médecin des âmes, c'est un homme dur et brutal qui va parvenir, à force de dissimulation savamment dosée, à embrigader complètement Marthe, au point de la faire verser dans une démence qui la guettait depuis longtemps, démence que l'on imputera d'ailleurs à son mari, le pauvre Mouret, qui se retrouve enfermé dans le même asile d'aliénés que sa grand-mère. Ce personnage d'homme que l'on brise, sciemment, méchamment, avec une méthode qui frise le sadisme, ne peut qu'attiser chez le lecteur une certaine pitié. On plaint aussi Marthe, héroïne que l'on sent douce et bonne et qui bascule doucement dans un calvaire qu'elle se forge elle-même avec l'aide patiente et obstinée du prêtre qui parfait ainsi sa conquête de la ville légitimiste...on rejette par contre Faujas et sa famille, des rapaces, présentés dès le début comme des personnages singuliers et suscitant la méfiance. En tous cas, dans ce personnage-là, Zola a mis toute la méfiance et la colère qu'il nourrit à propos des choses sacrées et de la pratique religieuse...Finalement, après le Second Empire qui n'est pas épargné dans les premiers tomes, c'est la religion qui en prend pour son grade et on peut dire qu'il n'y va pas de main morte. On sent d'ailleurs dans ces textes percutants, résolument incisifs et dénonciateurs des années 1870, la graine de J'Accuse ! qui sera publié près de trente ans plus tard...on sent que Zola fait partie de ces hommes cultivés, qui connaissent à fond leur époque, vices et vertus confondus, sachant dénoncer ce qui ne va pas, sachant exalter ceux qui sont pour eux des héros -on pensera aux mineurs, au peuple travailleur chez Zola, en bon auteur naturaliste.
    La Conquête de Plassans reste un bon roman, que j'ai pris plaisir à découvrir une seconde fois et qui m'a, de nouveau, complètement captivée. Pas mon préféré mais assurément l'un des meilleurs.

     

    En Bref :

    Les + : un roman pas vraiment palpitant mais bien mené ; un beau tableau d'une époque et d'une classe sociale, la bourgeoisie provinciale.
    Les - : beaucoup de considérations politiques par moments, quelques longueurs mais rien de bien grave dans l'ensemble.

     


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  • « L'on doit faire abstraction de ses incertitudes et ne songer qu'au seul contentement de ceux qu'on aime. »

    Médiévales ; Maryvonne Noblet

    Publié en 2012

    Editions Michel de Maule

    284 pages

     

    Résumé :

    La France pendant la guerre de Cent Ans. Isabelle a 22 ans quand disparaît son époux François. En ces temps troublés, elle doit assumer seule la charge du fief de Beaurepaire ainsi que l’éducation de ses deux enfants Jeanne et Thibault. Femme courageuse et déterminée, elle croisera les grandes figures de son temps comme Yolande d’Aragon, Jacques Coeur, Agnès Sorel ou Louis de Beauvau, déjouera les plans machiavéliques de son beau-frère et vivra sa passion dans les bras du beau et courageux chevalier Pierre de Brézé.
    C’est à travers le regard fasciné du nain Triboulet que le lecteur accompagnera Isabelle dans les fêtes somptueuses des châteaux royaux comme dans l’accomplissement quotidien de ses devoirs de dame de Beaurepaire.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Médiévales est un roman relativement peu connu et je dois bien avouer que je ne nourrissais pas d'attentes particulières en le commençant...Cela dit, j'étais curieuse de le découvrir et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise. Déjà, par le narrateur que Maryvonne Noblet a choisi pour son récit : il est écrit à la première personne et son personnage central n'est pas la dame de Beaurepaire, Isabelle, qui pourrait être l'héroïne, mais son nain, Triboulet. A l'époque, en effet, il n'était pas rare que rois et grands seigneurs possèdent un nain, ou plusieurs, d'ailleurs. Cette mode va perdurer jusqu'au XVIIème siècle puisque des reines comme Anne ou Marie-Thérèse d'Autriche eurent, dans leur ménagerie, des nains et naines qu'elles avaient parfois, notamment pour la seconde, amené d'Espagne -la présence des nains dans l'entourage des Habsbourg était alors très forte.
    Triboulet est le nom général que l'on donnait aux nains à l'époque. Il y'en eut ainsi plusieurs : on peut retenir le Triboulet du roi René d'Anjou, qui fut dramaturge mais aussi le plus célèbre, Nicolas Ferrial, qui fut le bouffon des rois Louis XII et François Ier et portait également ce sobriquet. Cela dit, la présence des nains ou des fous n'est pas nouvelle, puisque c'est une pratique courant depuis l'Antiquité. On s'entourait de ces êtres humains présentant des malformations physiques ou des retards mentaux -les fous, donc, d'où le nom de fou du roi-, ces monstres -on les appelait ainsi puisqu'on était souvent incapable d'expliquer d'où venaient les maux dont ils souffraient-, avant tout pour se divertir. Ainsi, la naissance d'un enfant nain, si elle pouvait inquiéter, parce que toute malformation faisait peur, elle pouvait aussi devenir une bénédiction pour la famille, si elle trouvait à placer son enfant dans l'entourage royal ou auprès d'un grand seigneur : certains parents n'hésitaient d'ailleurs pas à céder leur enfant.
    C'est le cas du Triboulet d'Isabelle de Beaurepaire, rencontré par le père de cette dernière alors qu'il mendiait et que son père laissa sans hésiter aux soins du seigneur. Par la suite, le jeune homme, qui a été instruit avec la fille du domaine, s'attache à sa suite et devient son confident lorsqu'elle se marie et de vient la dame de Beaurepaire. Ainsi, à travers les yeux de ce personnage pour le moins inattendu mais très attachant, c'est la chronique d'un domaine seigneurial à la fin du Moyen Âge mais aussi d'une époque très troublée qui se déroule sous nos yeux. En effet, la décennie de 1430 touche doucement à sa fin et le roi Charles VII continue de reconquérir pied à pied son royaume sur les Anglais. On s'achemine doucement vers l'issue de cette guerre qui dure depuis 1337 mais aussi vers la fin d'une époque...Le Moyen Âge tardif connait ainsi des évolutions qui préfigurent la Renaissance toute proche mais la France se trouve encore déchirée entre Français et Anglais qui se disputent ses plus riches régions, saignée aux quatre veines également par les bandes de routiers qui ont repris du service depuis le début du siècle après avoir matées par Bertran du Guesclin.
    En Anjou, où se déroule l'intrigue de Médiévales, la vie y est relativement plus douce qu'ailleurs. Sous l'impulsion de souverains aussi intelligents que raffinés, comme Yolande d'Aragon ou son fils, René d'Anjou, la région se développe et surtout, semble plutôt à l'abri de ces sanglants combats qui continuent d'opposer Charles VII et son cousin, le roi britannique. Isabelle, dont Triboulet nous raconte l'existence, est veuve depuis quelques années et se consacre à la gestion du domaine que lui a laissé son époux et à l'éducation de ses deux enfants, Jeanne et Thibault. Mais c'est aussi la vie d'une cité en général que Triboulet nous conte, à travers un récit plein de tendresse pour ses protagonistes.
    Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce roman, c'est, avant tout, le narrateur. Le parti-pris est franchement original mais très bien trouvé ! Choisir un nain, c'était assurément innover et personnellement, j'ai vraiment beaucoup aimé parce que je me suis tout de suite attachée à ce personnage haut en couleur, malgré sa taille et plein d'affection et de reconnaissance envers son entourage. Triboulet est lucide sur son sort : il sait que, si, alors qu'il était enfant, le père d'Isabelle, le seigneur du Plessis-Coudray ne l'avait pas recueilli et proposé à son père de le prendre auprès de lui, il aurait connu une existence malheureuse faite de mendicité et d'indigence. Il sait que l'époque n'est facile pour personne et encore moins pour les personnages souffrant, comme lui, de différences, qu'elles soient physiques ou mentales. Alors il décrit sa vie relativement confortable, comparée à d'autres, dans le giron de cette veuve érudite et déterminée qu'est dame Isabelle, personnage qui suscite aussi beaucoup d'affection chez le lecteur. 

    Médiévales m'a un peu fait penser à La Chambre des Dames, la fameuse saga de Jeanne Bourin, les lourdeurs de style en moins. Comme chez Jeanne Bourin, nous sommes ici dans une peinture exhaustive et sincère d'une époque, d'une façon de vivre. Et même si nous sommes là chez des nobles et non pas des bourgeois, des provinciaux et non pas des Parisiens, au milieu du XVème siècle et non pas au XIIIème, on retrouve un peu l'ambiance des romans médiévaux de Jeanne Bourin dans l'ouvrage de Maryvonne Noblet. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, j'ai été complètement surprise par ce petit roman rafraîchissant finalement et très bien documenté, si bien documenté qu'on a vraiment l'impression d'amorcer un retour dans le temps ! Maryvonne Noblet a fait plus de dix ans de recherches afin de se lancer dans l'écriture de son livre : ça se sent. Les informations, faits et dates sont là et un véritable effort est fait pour intégrer la petite histoire au contexte plus général du royaume de France en ces années cruciales. 
    Un roman à conseiller aux amoureux du Moyen Âge et aux autres aussi, rien que pour l'originalité du récit mais aussi, toutes ses autres qualités, à commencer par les personnages !

    En Bref :

    Les + : un personnage principal des plus inattendus mais très attachant, un récit pas forcément spectaculaire mais qui suscite l'intérêt.
    Les - :
    que le livre n'ait pas été un peu plus long.


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  • « L'Empire était renversé et tout, jusqu'au palais où si souvent nous avions assisté aux fêtes les plus brillantes et aux réunions les plus choisies et les plus joyeuses avait disparu ! »

    « Je ne suis pas jolie, je suis pire », Souvenirs 1859-1871 ; Princesse Pauline de Metternich

    Publié en 2010

    Année de publication originale : 1922

    Editions Le Livre de Poche (collection La Lettre et la Plume)

    285 pages

    Résumé :

    La princesse Pauline de Metternich, femme de l'ambassadeur d'Autriche auprès de Napoléon III, sut faire oublier sa laideur (« un nez en trompette et des lèvres en rebord de pot de chambre » ) grâce à son esprit acéré et ses extravagances.                                                                                               Elle qui anima la cour impériale et la vie mondaine du Paris du second Empire, conte par le menu les fêtes, dîners et scandales et dresse dans ses souvenirs un portrait savoureux de ses contemporains. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1859, un nouvel ambassadeur d'Autriche en France arrive dans le Paris en pleine effervescence du Second Empire : il s'agit de Richard de Metternich, plus jeune fils du fameux chancelier, grand adversaire devant l'éternel de Napoléon Ier. Il est l'époux de sa propre nièce -oui oui, vous avez bien lu, Richard de Metternich a tout simplement épousé la fille de sa soeur !-, Pauline de Metternich-Sándor, fille de Léontine de Metternich et du comte Moric Sándor de Szlavnicza.
    La nouvelle ambassadrice a vingt-trois ans, elle est dans la fleur de son âge mais elle n'est pas jolie. Aucune comparaison possible avec la beauté éthérée d'une Elisabeth d'Autriche, le charme puissant de l'Andalouse Eugénie ou encore, la beauté flamboyante -quoique figée- de la fameuse Castiglione. Non, la femme de l'ambassadeur d'Autriche n'est pas ce que l'on peut appeler une jolie femme, mais elle saura faire oublier ce défaut physique, un peu comme Germaine de Staël avant elle, par son esprit piquant, sa spontanéité, sa générosité et son sens de la répartie -le titre du livre, un brin provocateur, en est un bon exemple, d'ailleurs !  La jeune femme débarque dans une Cour de parvenus, certes, bien éloignée de la noblesse séculaire de l'empire d'Autriche, mais qui vit à une allure ahurissante, s'étourdissant de bals, de fêtes et de séries, essayant vainement de faire revivre le faste de l'Ancien Régime. Comme conscient de sa propre fin, l'Empire de Napoléon III s'abrutit en réjouissance comme pour ne pas voir l'inéluctable qui approche à grands pas. C'est dans ce contexte que Richard et Pauline vont découvrir Paris et la France. Contre toute attente, la jeune femme sait se faire apprécier tant d'Eugénie que de Napoléon III. Elle sera de tous les bals costumés, de toutes les séries de Fontainebleau et Compiègne. Elle sera aussi le témoin d'une époque beaucoup moins drôle, quand l'Empire se délite et que l'empereur se trouve prisonnier des Prussiens en septembre 1870.

    « Je ne suis pas jolie, je suis pire », Souvenirs 1859-1871 ; Princesse Pauline de Metternich

    La princesse de Metternich par Franz Xaver Winterhalter (XIXème siècle)


    C'est une déjà vieille femme qui écrit : Pauline a près de soixante ans lorsqu'elle décide de coucher sur papier sa jeunesse dans un premier ouvrage -ce volume sera en allemand et aura pour titre Geschenes, Gesehenes, Erlebeter, autrement dit, « Ce qui m'est arrivé, ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu »-, puis, dans un second, la parenthèse française qu'elle vécut au côté de son époux pendant son ambassade. Ce récit sera écrit en français et publié pour la première fois en 1922 aux éditions Plon, un an après la mort de Pauline. Comme l'impératrice Eugénie qui meurt nonagénaire au début du XXème siècle, c'est à un âge fort avancé pour l'époque que l'ancienne ambassadrice rend son âme à Dieu...
    C'est avec l'humour et la spontanéité qui lui sont caractéristiques que Pauline de Metternich raconte ces douze ans passés en France. De toute jeune fille, elle aura le temps de devenir femme. Ses enfants, deux de ses trois filles tout au moins, viendront au monde en France. Elle y fréquentera le gratin de l'époque, elle y vivra somme toute heureuse. Elle connaîtra l'exil, comme Eugénie, partant pour l'Angleterre avant de regagner son pays, l'Autriche, où elle passera le reste de sa vie, une vie heureuse auprès des siens.
    Mais c'est finalement avec beaucoup de nostalgie qu'elle conte ses années françaises. Nostalgie d'une jeunesse éteinte, peut-être, mais nostalgie aussi d'un temps révolu à jamais. Peut-être que Pauline, vieille dame respectable de soixante ans, pressent les terribles événements qui vont venir bouleverser et ensanglanter le début du XXème siècle...peut-être, en décrivant les fastes mais aussi les décadences du régime français, entrevoit-elle qu'il sera finalement le destin de bien des royaumes, à commencer par l'Autriche, après la Grande Guerre...ou, peut-être, tout simplement, alors qu'elle entre dans un âge où on se remémore avec joie mais aussi avec tristesse un passé qui commence déjà à dater et où l'on commence à pleurer les disparus, Pauline a-t-elle eu besoin de coucher sur papier et donc, d'immortaliser en quelque sorte, un pan de sa vie qu'elle juge important et digne d'être connu des générations futures.
    En effet, c'est un tableau pas forcément objectif, certes, mais intéressant que l'ambassadrice nous livre du Second Empire...sous sa plume, Napoléon III devient un souverain un peu bonhomme, sans façons, un peu bourgeois comme avait pu l'être Louis-Philippe avant lui, Eugénie est une souveraine aimant la mode, certes, mais peu fière et charitable. Les courtisanes sont des têtes folles, les messieurs sont peut-être un peu vaniteux, mais quel courtisan n'est ni frivole ni vaniteux ? Pauline, avec son naturel, détonne il est vrai au milieu d'une Cour relativement compassée, crispée sur des principes anciens pour faire oublier son origine tandis que les souverains, qui ne peuvent assurément pas rivaliser avec les Capétiens, restent des gens plutôt simples dans leur particulier et accessibles. C'est en tous avec de l'estime et de l'amitié que Pauline décrit Napoléon et Eugénie mais ce sont -et c'est d'importance-, les personnages de l'envers qu'elle nous conte, oubliant, délibérément ou pas, de faire une chronique mondaine ou politique de son temps. Ce n'est pas ici son objectif et, sous sa plume, l'empereur et l'impératrice redeviennent très humains. Certains chapitres sont un peu anecdotiques, d'autres le sont moins. Ce petit livre permet en tous cas d'apercevoir ce Second Empire sur lequel on a beaucoup parlé et beaucoup écrit, en bien ou en mal, sous un éclairage neuf. Une lecture rapide mais sympathique.

    « Je ne suis pas jolie, je suis pire », Souvenirs 1859-1871 ; Princesse Pauline de Metternich

     

    Une photographie de Pauline : son visage atypique a parfois fait dire d'elle qu'elle était « une jolie laide »

     

    En Bref :

    Les + : un style fluide et spontané qui donne du relief au récit.
    Les - :
    une lecture rapide, trop rapide peut-être.


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  • « Il y'a des occurrences particulières dans lesquelles la logique est loin de diriger nos actions. »

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 9, L'Honneur de Sartine ; Jean-François Parot

    Publié en 2012

    Editions 10/18 (collection Grands détectives) 

    471 pages

    Neuvième tome de la série Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet

     

    Résumé :

    1780, la France en guerre aux côtés des Insurgents américains peine à financer les opérations maritimes contre l'Angleterre. Alors qu'il affronte la colère du peuple au cimetière des Innocents, Nicolas Le Floch est appelé pour enquêter sur la mort suspecte d'un ancien contrôleur général de la marine. De Versailles aux Porcherons, de la basse-geôle aux hôtels particuliers du nouveau Paris, le commissaire des Lumières et ses amis, anciens et nouveaux, se mettront en chasse, affrontant les embûches d'un dangereux adversaire aux multiples apparences. Face aux périls, aux cabales et aux menaces de défaveur, cette neuvième enquête sera aussi l'occasion pour Nicolas Le Floch, acteur et témoin du siècle, d'un poignant retour sur lui-même. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Encore une fois, avec cette neuvième -déjà !- enquête, nous sommes dans du très bon cru. Et pourtant, elle n'est pas facile, loin de là...Imbriquée et confuse, elle l'est pour nos héros, mais elle l'est aussi pour nous, lecteurs. Cela dit, on ressort de cette lecture avec un grand sentiment d'admiration pour Jean-François Parot, qui, en plus de sa rigueur d'historien, combine à ses intrigues une véritable maîtrise et un génie indéniable.
    Nous sommes donc en 1780. Le siècle, tout doucement, s'achemine vers sa fin. La monarchie aussi, mais elle ne le sait pas encore et continue de vivre de façon immuable dans les traditions et l'étiquette figées de Versailles. En plus de cela, le pays, qui s'est rangé aux côtés des Insurgents américains est -encore- une fois en guerre contre la puissante Angleterre. C'est dans ce contexte qu'un ancien contrôleur général de la Marine, monsieur de Chamberlin, meurt, dans l'hôtel de son neveu et sa nièce, d'une manière qui pourrait bien paraître accidentelle mais se révèle bientôt pour nos sagaces enquêteurs, j'ai nommé Nicolas et l'inévitable Bourdeau, bel et bien criminelle. Alors, entre menaces des intérêts du royaume, trahison, fleuretages secrets avec la perfide Albion et rivalités ancillaires, ce sont deux enquêtes intimement liées et pourtant bien différentes que vont mener Nicolas et ses amis.
    Ce neuvième tome présente donc une intrigue très impliquée dans son contexte historique puisqu'elle touche les intérêts de la Marine, ministère au premier plan depuis que la France est en guerre contre sa voisine mais aussi de son ministre, Sartine, ancien lieutenant général de police et qui fut pour Nicolas, à son arrivée à Paris vingt ans plus tôt, son conseiller et son mentor. Depuis, une longue et solide amitié, quoique ponctuée de quelques coups de sang du ministre, n'a cessé de les unir et quand Nicolas va comprendre que c'est justement l'honneur du ministre -celui-là même qui a donné son titre au roman- qui est menacé et, peut-être même sa place au gouvernement, il va s'échiner à démêler cet écheveau qui se présente à lui et qui est des plus embrouillé...j'avoue qu'il a parfois fallu que je revienne en arrière voire que je reprenne certains passages plusieurs fois pour bien comprendre -et encore, pas toujours- le déroulement des événements et, parfois, les tenants et aboutissants de tel ou tel détail, qu'on peut louper au cours de la lecture et qui s'avère finalement utile pour la compréhension de la suite. J'imagine que cet embrouillement est voulu et on n'est pas du tout de la confusion frisant à l'incohérence comme dans certains romans mal menés. Bien au contraire, on sent que l'intrigue a été longuement réfléchie et qu'une fois couchée sur papier, elle est maîtrisée avec brio par son auteur. Voilà pourquoi, plus haut, je parlais du génie de Parot. Parce que c'est bien de génie qu'il s'agit car, en plus de ses connaissances d'historien et sa restitution minutieuse d'une époque, Parot est aussi un romancier hors-pair qui n'a rien à envier aux plus grands. Ses enquêtes sont de qualité, plus ou moins faciles à suivre et à comprendre mais, justement, on ne peut qu'être admiratif de l'esprit et de l'intelligence qu'il y met !

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 9, L'Honneur de Sartine ; Jean-François Parot

    Nicolas Le Floch (Jérôme Robart) et Antoine Gabriel de Sartine (François Caron) dans l'adaptation télévisée par Nicolas Picard-Dreyfus


    Ce neuvième tome des enquêtes de notre cher commissaire est aussi beaucoup plus nostalgique, beaucoup plus intime que les autres -hormis, peut-être, L'Affaire Nicolas Le Floch dans lequel le meurtre de la maîtresse de Nicolas, Madame de Lastérieux, était au centre du récit. En effet, on sent clairement qu'une époque est révolue. La prime jeunesse s'est définitivement envolée et, avec elle, les naïvetés et les fougues du jeune âge. Nicolas, tout doucement, approche de l'âge mûr, dans ce tome-ci, il a quarante ans et commence à s'interroger sur sa vie. Louis, son fils, connu sur le tard, est devenu un homme qui fait la fierté de ses supérieurs dans l'armée du roi mais aussi de son père. Des questionnements également sur sa relation avec la jolie et frivole Aimée d'Arranet, fille d'honneur de Madame Elisabeth et beaucoup plus jeune que lui...enfin, le souvenir d'Antoinette, la Satin, mère de Louis, se fait de plus en plus lancinant dans l'esprit de notre commissaire, la jeune femme, vivant désormais en Angleterre, lui rappelant ses jeunes années quand, Breton tout juste débarqué de sa province natale, il s'était jeté, ni par choix ni par envie, dans les rouages si bien huilés de la police. En devenant plus adulte, plus posé, c'est aussi tout un pan du passé de Nicolas qui resurgit et serait bien susceptible de lui apporter des réponses -et à nous aussi, par le même coup-, qu'il n'attendait peut-être plus forcément et notamment sur son enfance et ses origines pour le moins troubles.
    L'Honneur de Sartine est un très bon roman -servi qui plus est par un style parfait et unique-, vous l'aurez certainement compris au vu de ce que j'ai dit plus haut. Difficile de faire plus élogieux, n'est-ce pas ? En tous cas, je ne peux que le conseiller aux amoureux de Nicolas et à ceux qui ne le connaîtraient pas encore, eh bien je ne peux que vous engager qu'à vous lancer ! !

    En Bref :

    Les + : une intrigue savamment maîtrisée, un style inimitable et les personnages, indéniablement.
    Les - :
     
    parfois des retours en arrière nécessaires ou bien des relectures de certains passages qui freinent un peu la lecture.

     


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  • «Il faut que ceux qui auraient pu répondre à nos questions soient morts pour qu'on se rende compte qu'on en avait à leur poser. »

    L'Héritage ; Katherine Webb

    Publié en 2010 en Angleterre ;  en 2013 en France (pour la présence édition)

    Titre d'origine : The Legacy

    Editions Pocket

    524 pages 

    Résumé :

    Storton Manor, Angleterre. Un somptueux domaine où les sœurs Calcott ont passé toute leur enfance, jusqu'à la disparition de leur cousin Henry.
    A la mort de leur grand-mère, Beth et Erica reviennent au manoir, laissé à l'abandon depuis des années. En découvrant par hasard une étrange photo, elles vont mettre au jour un terrible secret, qui pèse sur leur famille depuis quatre générations.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

     Mon Avis :

    Au début des années 2010 -ou du moins nous supposons que nous sommes à cette époque, au vu des quelques indices chronologiques laissés par l'auteur-, sans plus de détails, deux sœurs trentenaires, Erica et Beth Calcott, se retrouvent dans le manoir de leur grand-mère, décédée un mois plus tôt. Elles n'y étaient pas revenues depuis longtemps, depuis q'une catastrophe avait eu lieu un été, depuis que leur unique cousin germain, héritier du titre et du domaine, avait disparu dans d'étranges circonstances, sans jamais refaire surface. Erica avait huit ans, Beth douze, mais cette disparition a marqué leur vie à jamais. Sans avoir eu forcément de liens très proches avec leur grand-mère, Meredith, les voilà uniques héritières de son domaine et, à l'occasion des fêtes de Noël, les deux sœurs Calcott vont venir à Storton Manor. Leur existence va en être bouleversée, tant en ce qui concerne la disparition de leur cousin Henry, mystère qui semble soudain sur le point d'éclater que d'un secret bien plus ancien mais qui a marqué, pour toujours, leur famille.
    Dès le début, l'ambiance est rapidement mise en place. Un peu sombre, elle est en tous cas très dérangeante, je ne saurais pas dire pourquoi mais j'avoue que lorsque j'ai commencé le roman, je l'ai fermé à l'issue de la lecture des premières pages avec une drôle d'impression...comme si le poids de tous ces secrets encore inconnus pesaient déjà sur l'intrigue qui se profilait. Pour autant, comme dans une enquête policière, on n'a qu'une envie, c'est continuer, avancer pour enfin connaître ces secrets qui minent la famille Calcott depuis plus de cent ans. Dommage que le premier, celui en lien avec l'étrange photo découverte par Erica dans une commode de sa grand-mère, soit trop facilement décelable par le lecteur. Mais pour celui concernant la disparition mystérieuse du jeune Henry Calcott, bien sûr je ne vous dirai rien sinon ça ne serait pas drôle, mais on s'attend à tout sauf à ça. Le style, sans être forcément exceptionnel, est finalement suffisamment percutant pour bien servir l'intrigue et, même si les parties dialoguées sont peut-être meilleure que les parties narratives, dans l'ensemble, Katherine Webb nous livre un ensemble cohérent et, au final, tout à fait agréable à lire.
    J'avais découvert les « romans à secrets » -appelons-les comme cela, je trouve la dénomination plutôt jolie-, avec Les Brumes de Riverton, de Kate Morton, qui se passe, comme L'Héritage de nos jours mais aussi au début du XXème siècle. J'ai retrouvé, dans le roman de Webb, des aspects de ceux de Morton mais aussi pas mal de similarités entre ce roman et Le Goût des Pépins de Pomme, de Katharina Hagena, pas en ce qui concerne le secret mais plutôt le souvenir, la réflexion qu'un deuil dans une famille peut entraîner, l'acceptation de la mort d'une personne par ceux qui restent...un peu comme l'héroïne allemande de Katharina Hagena, Iris, Erica, qui est la narratrice de L'Héritage -du moins l'une des narratrices, en binôme et en alternance avec le narrateur omniscient qui prend le relais dans les chapitres consacrés aux retours dans le passé-, vient passer du temps dans la maison de sa grand-mère de cette dernière, elle se replonge dans ses souvenirs d'enfance, au travers des pièces du manoir de Storton, au travers des vieilles photos et de tout ce qui peut lui rappeler cette époque de son existence, jusqu'au drame inéluctable, l'année de ses huit ans. Si, dans Le Goût des Pépins de Pomme, cette sorte de pèlerinage est aussi pour Iris un moyen de faire son deuil et de garder de bons souvenirs d'un endroit entaché par la peine de la mort d'un être cher, dans L'Héritage, ce retour sur elle-même est salutaire, vital pour Erica qui tente désespérement de se rappeler la disparition de son cousin, de s'enlever la culpabilité qu'elle traîne depuis plus de vingt ans. Et puis, doucement, l'écheveau se dévide, comme cela est bien dit dans le roman, les nœuds se défont et la lumière se fait et Erica comprend, au-delà de ce fameux secret, ce qu'il a pu avoir de néfaste et de lourd à porter pour les générations antérieures, pour son arrière-grand-mère, pour sa propre grand-mère. Comme si ce secret enfin su, enfin compris et l'acceptation du passé comme scellé pour toujours et impossible à changer permettait à Erica et Beth, sa soeur aînée, de recommencer voir de commencer enfin à vivre.
    L'Héritage est un roman que j'ai dévoré, non pas à cause d'un style exceptionnel ni même à cause des personnages auxquels je ne me suis pas vraiment attachée -hormis Erica, petite jeune femme bien d'aujourd'hui dans laquelle on peut se retrouver un peu-, mais pour la teneur habilement maîtrisée de son récit. J'ai aimé la façon dont Katherine Webb présentait son roman, j'ai aimé le cliffhanger du début qui ne donne qu'une envie, se plonger complètement dans l'intrigue, j'ai aimé suivre la réflexion d'Erica et j'ai respiré avec elle quand la lumière s'est enfin faite, sur le passé proche comme lointain, soulageant les sœurs du poids d'une culpabilité plus ou moins portée à bout de bras depuis des années. L'Héritage est une belle démonstration des dégâts et blessures indélébiles que des secrets enfouis peuvent faire dans une famille. A conseiller aux amateurs du genre. 

    En Bref :

    Les + : une intrigue bien ficelée et habilement maîtrisée.
    Les - : des longueurs par moments.


    6 commentaires


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