• « La solution la plus réfléchie est rarement celle qui fait le bonheur. Suis ton instinct. »

    Demain j'arrête ! ; Gilles Legardinier

    Publié en 2013

    Editions Pocket

    405 pages

    Résumé :

    Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait dans votre vie ? 

    Au début, c'est à cause de son nom rigolo que Julie s'est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y'a eu tout le reste : son charme, son regard et tout ce qu'il semble cacher...Parce qu'elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Julie Tournelle a vingt-huit ans. C'est une jeune femme moderne, citadine, travaillant dans une banque. Comme tout le monde, elle s'est fait larguer et elle adore dire du mal de son ex que tout le monde s'accorde à décrire comme un blaireau. Musicos raté, qui l'a poussée à arrêter ses études et lui a fait sillonner toutes les salles miteuses de la région où il se produisait avec son groupe, il lui a en fait bouffé la vie. Et aujourd'hui, Julie est célibataire et ne s'en porte pas plus mal -comme beaucoup d'entre nous.
    Mais voilà, c'était sans compter sur l'installation, dans son immeuble, d'un nouveau voisin dont le nom la fait beaucoup rire : Ricardo Patatras. Partant de là, elle va échafauder des plans tous plus barrés les uns que les autres pour essayer d'apercevoir ou de croiser ce nouveau voisin particulièrement mystérieux. Car il n'y a pas que son nom qui est drôle : Ric semble être plein de secrets et de mystère et Julie est bien décidée à les découvrir, quitte à glisser dans sa douche, faire exploser son ordinateur, avoir honte de son ours en peluche et embarquer ses amis dans ses plans foireux. Julie veut découvrir ce qui se cache derrière Ric et elle va y arriver ! Coûte que coûte.
    Je me suis complètement retrouvée dans Julie, je me suis sentie instantanément proche d'elle et j'ai beaucoup ri à la lecture de ses aventures et de ses déboires. Laquelle d'entre nous n'a jamais échafaudé des plans complètement tordus pour ne serait-ce que croiser celui qui faisait battre son coeur ? Laquelle d'entre nous ne s'est jamais payé la honte et n'a jamais senti sa dignité fondre comme neige au soleil, tout ça pour un mec qui ne le mérite pas ? Je vous préviens, celle qui dit non, je ne la croirais pas. sarcastic Je crois que c'est une manie féminine et on est toutes comme ça. Personnellement, même si je ne suis pas allée aussi loin que Julie -mais je n'ai pas encore vingt-huit ans alors peut-être que, d'ici là... wink2-, je me suis totalement sentie concernée par ce bouquin. J'ai également été très agréablement surprise. J'avais lu en mai dernier Et Soudain Tout Change que j'avais beaucoup aimé, mais là, on est carrément dans autre chose. Et Soudain Tout Change est une belle réflexion sur la vie qui est trop courte tandis que Demain j'arrête ! est une comédie pure et dure, qu'on lit pour rire et se vider la tête. C'est une lecture légère, pas prise de tête et qui, finalement, dédramatise bien des choses. Oui, on est toutes prêtes à faire n'importe quoi pour croiser le regard de l'élu de notre cœur, même les héroïnes de bouquins, alors ça rassure. cool
    Demain j'arrête !, c'est 405 pages de pur bonheur de fous rires garantis. Il est rare que je rie en lisant un bouquin. Sourire, oui, être morte de rire, non. Et là, certains passages m'ont vraiment complètement fait éclater de rire. Je vais vous en citer quelques uns que j'ai carrément relevés tellement je les ai trouvés drôles. Ca va vous donner un aperçu de l'ambiance :

    Quand on est entrés dans l'immeuble, j'ai eu un réflexe de recul en voyant les boîtes aux lettres. Maintenant, je sais ce que ressentent les anciens du Vietnam en revoyant des cages en bambou.

    Ou bien encore, celui-ci, qui m'a carrément fait mourir de rire :

    Alors que moi, au mieux, il va me prendre pour une prostituée de la Cordillère des Andes qui fait le tapin en attendant une éclipse. Merci bien.

    Voilà, ça vous donne un petit aperçu de ce que l'on peut trouver dans Demain j'arrête ! happy

    La seule chose qui m'a un peu déçue dans ce livre est la fin, totalement surréaliste. Autant les combines de Julie, tout au long du bouquin, sont tout à fait plausibles -depuis peu, je sais désormais que les combines à deux ronds ne naissent pas de cerveaux malades, au contraire, ou alors le mien est carrément atteint mais je me voile la face et ne veux pas le reconnaître-, autant la fin reste totalement loufoque et ne colle pas vraiment au reste du livre. C'est dommage mais bon, ça ne m'a pas empêchée de passer un super moment et je reste définitivement époustouflée par la façon dont Gilles Legardinier parvient à se glisser, avec une facilité déconcertante, dans la peau d'une fille. On ne le saurait pas, on pourrait croire ce livre écrit par une femme tant sa capacité est grande à analyser notre façon de penser, nos émotions et nos questionnements. J'avais déjà remarqué ça dans Et Soudain Tout Change et j'ai retrouvé ça dans Demain j'arrête ! avec beaucoup de plaisir. On n'est pas dans un livre pour filles écrit par un mec. On est dans un LIVRE DE FILLES, car l'auteur a l'intelligence de disparaître complètement derrière son héroïne : le temps du livre, Legardinier devient Julie et...ça marche et on adhère carrément !
    Un bouquin que je suis super contente d'avoir découvrir et que je conseille à toutes les filles, parce qu'on est toutes des folles mais sans ça, le monde ne serait pas drôle ! ^^

    En Bref :

    Les + : un bouquin très drôle, léger, dans lequel on se retrouve.
    Les :
    la fin, un peu trop tirée par les cheveux.


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  •  « Le nom que nous choisissons est important, de même que le nom que nous nous faisons. »

    Dans l'Ombre des Tudors, tome 1, Le Conseiller ; Hilary Mantel

    Publié en 2009 en Angleterre ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Editions Pocket

    Titre original : Wolf Hall

    958 pages

    Premier tome de la saga Le Conseiller

    Résumé : 

    Angleterre, 1527. Dynastie des Tudors. Thomas Cromwell est le secrétaire du cardinal Wolsey, le conseiller favori d'Henri VIII. Mais les rois sont inconstants. La couronne réclame un héritier et la reine Catherine a une rivale : la belle Anne Boleyn qui attise la passion du souverain...Ce dernier veut se débarrasser de Catherine, et le cardinal Wolsey échoue à obtenir du pape Léon X l'annulation du mariage royal. 

    Thomas pourrait tomber en disgrâce avec son maître, mais c'est compter sans son habileté et son art politique...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans l'Ombre des Tudors, premier tome de la saga, Le Conseiller, raconte l'ascension fulgurante d'un obscur secrétaire du cardinal Wolsey, Thomas Cromwell, qui va devenir l'un des conseillers du roi Henry VIII, avant sa disgrâce et sa chute tout aussi fulgurantes, en 1540.
    Nous savons peu de choses des jeunes années de Cromwell puisqu'il est né dans le peuple et qu'à cette époque, on se souciait bien peu de noter les dates de naissance des enfants. Il est très vraisemblablement né en 1485, à la fin de la Guerre des Deux-Roses, à Putney près de Londres. Son père, Walter Cromwell, connu pour son ivresse et sa violence notoires, est forgeron et brasseur et montre une belle habileté pour interpréter la loi à sa façon. On ne sait rien de sa mère, si ce n'est qu'elle aurait donné naissance à Thomas à l'âge de cinquante-deux ans, ce qui paraît tout de même très peu probable. Quittant très jeune l'Angleterre, il sera soldat en Europe et notamment dans l'armée française avec laquelle il participera à la bataille du Garigliano en 1503.
    Sa vie est mieux connue après son retour en Angleterre puisqu'après la chute du cardinal Thomas Wolsey, principal conseiller d'Henry VIII jusqu'en 1530, Cromwell va connaître une ascension comme bien peu de conseillers en ont connue. Surtout que ses origines modestes et les nombreux mystères entourant sa jeunesse ne jouaient pas vraiment en sa faveur.

    Dans l'Ombre des Tudors, tome 1, Le Conseiller ; Hilary Mantel

    Thomas Cromwell par Hans Holbein le Jeune (1532)


    Les débuts de sa faveur auprès du roi coïncident avec l'arrivée d'Anne Boleyn dans la vie d'Henry VIII. Celui-ci, marié depuis vingt ans à la princesse Catherine d'Aragon, fille des Rois Catholiques, n'a pas pu avoir d'héritier mâle. De son mariage avec Catherine, une seule fille a survécu à l'enfance, la princesse Mary, qui sera un jour la reine Mary Ière Tudor. Persuadé que son absence d'héritier provient du fait que Catherine a été mariée, en premier, à son frère aîné Arthur, mort jeune, Henry se met en tête de divorcer de la princesse espagnole pour épouser la scandaleuse Anne, dont la soeur aînée, Mary, avait été sa maîtresse. Ambitieuse, poussée par sa famille particulièrement cupide -son père, son frère, lord Rochford, son oncle, le duc de Norfolk-, Anne va parvenir à détrôner la fille d'Isabelle et Ferdinand et ceindre la couronne à sa place. Le roi est persuadé qu'elle lui donnera le fils qu'il attend depuis si longtemps ; elle le décevra mais cela, Henry VIII ne le sait pas encore. Pour les beaux yeux bruns de la Boleyn, Henry VIII séparera l'Eglise anglaise de la papauté, créant ainsi l'Eglise anglicane, qui existe encore de nos jours et dont le souverain anglais reste le chef suprême.
    C'est dans ce contexte que Cromwell, soutenant le roi contre ceux qui affirment que son mariage avec Catherine est valable, malgré son premier mariage avec le prince Arthur, va s'attirer la sympathie du souverain. Intelligent, pas dénué d'ambition non plus mais ne craignant pas le travail, Cromwell se montre très avisé pour conseiller un souverain aussi versatile et inconstant qu'Henry VIII.
    Entre 1531 et 1540, Cromwell est ainsi membre du conseil privé mais aussi, parmi ses postes les plus importants, chancelier de l'Echiquier, vicaire général, Maître des Rouleaux (Master of the Rolls), lord du Sceau Privé (Lord of Privy Seal), en 1536 il est anobli et Henry VIII lui confère l'honneur de devenir chevalier de la Jarretière l'année suivante. L'année même de sa chute, il devient comte d'Essex.

    Dans l'Ombre des Tudors, tome 1, Le Conseiller ; Hilary Mantel

    Thomas Cromwell (James Frain) et Henry VIII (Jonathan Rhys-Meyer) dans la série The Tudors


    Dans le premier tome de la trilogie, Hilary Mantel nous décrit les jeunes années de Cromwell -du moins pour ce que nous en savons- puis ses années au service de Wolsey et enfin, son entrée au service du roi. A force de travail et d'opportunisme, aussi, il faut bien le dire, Cromwell va devenir un personnage-clé du conseil du roi, au même titre que les lords, ce qui, bien sûr, n'est pas sans en agacer certains.
    Beaucoup de longueurs au début du livre m'ont vraiment inquiétée parce que je n'avançais pas. J'ai trouvé les cent premières pages particulièrement laborieuses et j'ai eu la sensation que l'intrigue se mettait en place véritablement après la chute de Wolsey, quand Cromwell commence à faire cavalier seul et à se rapprocher mine de rien du pouvoir, en soutenant notamment les Boleyn dans leur quête effrénée de titres, de gloire et de pouvoir.
    Le style de l'auteure est très particulier et j'ai trouvé que le traducteur avait fait un formidable travail car il a vraiment réussi à restituer l'âme du bouquin et la façon d'écrire de l'auteure -c'est en tous cas comme cela que je l'ai ressenti. J'ai vu énormément d'originalité dans la partie narrative du livre et ça m'a vraiment plu. Ce livre diffère vraiment de ce qu'on peut lire en général mais justement, c'est aussi pour cela qu'il est intéressant. Le livre est rythmé et bien mené, j'ai véritablement eu l'impression d'une immersion complète dans l'époque des Tudors même si, étant une grande fan de la série télévisée, j'ai eu du mal à voir autrement Henry VIII qu'avec la tête de Jonathan Rhys-Meyer, Anne Boleyn avec celle de Natalie Dormer et Cromwell avec la tête de James Frain -qui est d'ailleurs très bien dans le rôle. yes J'ai retrouvé l'ambiance d'un bouquin lu il y'a un petit moment et que j'avais beaucoup aimé : Deux Soeurs pour un Roi, de Philippa Gregory, dans lequel Anne Boleyn est aussi exécrable qu'ici -alors que, je ne sais pas, mais dans la série, je la trouve presque humaine et attachante par moments.
    L'idée de se placer également du côté des conseillers et non pas de la cour est aussi concluante. En général, les romans historiques sont essentiellement basés sur l'histoire des souverains, là, Henry VIII passe presque au second plan, même s'il est présent tout au long du roman -sans Henry VIII, il n'y aurait pas de Cromwell-, et j'ai trouvé ce parti-pris tout à fait intéressant. Malgré les angoisses du début -je me suis dit : « oh mon dieu, mais c'est quoi ce roman carrément ennuyeux ?! » sarcastic- j'ai finalement apprécié cette lecture et il me tarde de découvrir le tome 2 !! ^^

    En Bref :

    Les + : un récit rythmé, original, au parti-pris innovant mais qui marche bien.
    Les - :
      des longueurs au début.


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  • « Une histoire incroyable racontée avec assurance passe facilement pour une vérité. »

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, tome 3, Londres, 1200 ; Jean d'Aillon

    Publié en 2011

    Editions J'ai Lu

    442 pages

    Troisième tome de la saga Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

     

    Résumé :

    Après la mort de Richard Cœur de Lion, son frère Jean lui succède. Mais le roi de France, Philippe Auguste, apprend qu'un testament secret de Richard désignant son neveu Arthur de Bretagne est dissimulé à Londres, dans la grande tour blanche construite par Guillaume le Conquérant. Seul Guilhem, qui avait déjà sauvé la vie du roi, sera capable de ramener le précieux manuscrit. De grands dangers guettent le chevalier troubadour, la troupe de cathares qu'il escorte vers Albi et son ami de toujours, Robert de Locksley. Réussira-t-il à déjouer les complots, à éviter brigands et Anglais, à regagner, enfin, son fief de Lamaguère ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Nous sommes en 1200, à la toute fin du XIIème siècle. L'année précédente, lors du siège du château de Châlus, en Limousin, le roi d'Angleterre Richard Coeur-de-Lion a succombé à l'habile flèche tirée depuis la forteresse par Pierre Basile. N'ayant pas d'enfants, son royaume d'Angleterre, hérité de son père le roi Henry II Plantagenêt, passe à son frère, le comte de Mortain, surnommé Jean sans Terre, John Lackland en Angleterre. Incapable, imbu de lui-même, le nouveau souverain s'avère un bien piètre gouverneur et c'est d'ailleurs sous son règne, en 1215 que sera signée la Magna Carta (la « Grande Charte »), encore en vigueur aujourd'hui et qui limite le pouvoir du monarque britannique. Mais ceci est une autre histoire.
    Pour le moment, un an à peine après la mort du Coeur-de-Lion, les Plantagênet se déchirent, Arthur de Bretagne, neveu de Jean sans Terre et de Richard ne reconnaissant pas l'accession au pouvoir de son oncle et revendiquant la couronne d'Angleterre pour lui-même. Opposé au roi Jean, Philippe-Auguste, lui, est bien décidé à faire plier son adversaire par tout les moyens afin d'obtenir enfin la paix. Le roi apprend alors qu'un testament est gardé à la Tour de Londres, un testament qui pourrait bien contrarier Jean...En effet, ce testament signé de la main de Richard et que tout le monde croyait disparu stipule qu'à sa mort, le royaume d'Angleterre devait revenir, non à Jean son frère félon mais à son neveu Arthur, le fils de Constance de Bretagne et de Geoffroi Plantagenêt, frère de Richard et de Jean. Avec ce testament en main, le rusé roi de France pourrait ainsi tenir doublement le roi d'Angleterre, dont il réclame l'hommage vassalique pour ses possessions continentales et à la nièce duquel il a promis son héritier Louis. Et tandis que le mariage entre la jeune Blanche de Castille, nièce de Jean et petite-fille de la fameuse Aliénor, qui ira la chercher outre-monts et un traité de paix se préparent (ce sera le traité dit du Goulet, signé en Normandie où eut lieu le mariage), Philippe-Auguste échafaude un plan qui lui permettra de récupérer le testament de Richard...

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, tome 3, Londres, 1200 ; Jean d'Aillon

    Jean Sans Terre (gravure imaginaire du XIXème siècle)


    A qui d'autre qu'à Guilhem d'Ussel et Robert de Locksley, le remarquable archer saxon, confier la périlleuse mission d'aller quérir ce précieux document au cœur de l'une des forteresses les plus complexes et les plus imprenables de la chrétienté ? Après avoir traversé les régions de l'Ouest, entre Paris et le comté de Toulouse, régions exsangues et ravagées par les Cottereaux et les Brabançons de Mercadier et Brandin -respectivement à la solde d'Aliénor et du roi Jean-, accompagnant des cathares vers Albi, voilà que Guilhem, à peine en possession de son fief de Lamaguère, va devoir repartir, cette fois vers un pays étranger, l'Angleterre. Accompagné de Locksley, de ses archers et écuyers saxons qui connaissent le pays, d'Anna-Maria, l'épouse italienne de Locksley et du frère de cette dernière, Bartolomeo, son écuyer, le chevalier troubadour, après avoir assisté à l'arrivée de la jeune princesse castillane à Bordeaux et avoir échappé de peu aux hommes du terrible Mercadier, embarque donc sur un nef en direction de l'Angleterre où, encore une fois, il se trouve confronté à bien des embûches : trahisons, espionnages, combats et meurtres se succèdent sous nos yeux. Mais il en faudrait bien plus pour faire baisser les bras de notre chevalier, qui va trouver une combine très ingénieuse pour faire sortir le précieux parchemin de la Tour, aux dépens de ses ennemis qui le pourchassent depuis Bordeaux.

     

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, tome 3, Londres, 1200 ; Jean d'Aillon

    Une représentation du XIXème siècle des personnages légendaires Robin-des-Bois et Petit Jean


    Nous retrouvons les personnages avec lesquels nous avions fait connaissance dans les premiers tomes, Marseille, 1198 et Paris, 1199. Dans le premier tome, c'est aux félons seigneurs des Baux-de-Provence que Guilhem alla régler leurs comptes après un meurtre ignominieux commis dans les rues de Marseille, dans le second, accompagné de son fidèle Locksley, le comte de Huntington, il défendit carrément le roi de France contre les sombres menées de Jean sans Terre qui avait envisagé de le faire assassiner. Ici, travaillant pour ledit roi de France, il devra duper les Anglais et leur roi pour se montrer un bon et loyal vassal de la couronne des lys. Guilhem, chevalier, ancien routier, troubadour à ses heures, est encore une fois le héros de la saga, ex-æquo avec Loksley, personnage du folklore anglais bien connu sous le surnom de Robin Hood, Robin-au-Capuchon ou Robin-des-Bois. Ce dernier est accompagné de ses fidèles Saxons, de sa douce et belle épouse, Anna Maria et du frère de cette dernière, jeune troubadours rencontrés dans le premier tome et présentés comme les enfants illégitimes d'un prélat romain, le cardinal Ubaldi. C'est avec un grand plaisir que nous retrouvons ces personnages hauts-en-couleur et avec lesquels nous avons pris l'habitude, depuis Marseille, 1198, de partir à l'aventure.
    Quant au style, j'ai parfois déploré quelques lourdeurs, notamment dans les scènes de combat, qui reviennent assez souvent dans ce tome-ci -parfois pas forcément à bon escient, mais bon. Quelques lourdeurs syntaxiques aussi, mais dans l'ensemble, le roman reste relativement fluide et l'intrigue policière relativement bien amenée, plusieurs intrigues se recoupant les unes dans les autres pour aboutir au résultat -d'ailleurs, il faut suivre et j'ai parfois relu certains passages pour être sûre d'avoir bien compris.
    Dans l'ensemble, ce troisième tome tient la route et ses promesses et je le conseillerais à ceux qui ont déjà découvert les aventures de notre chevalier troubadour, que ce soit avec Marseille, 1198, Paris, 1199 ou bien De taille et d'estoc, la jeunesse de Guilhem d'Ussel. Vous ne serez pas déçus ! Ce tome-là donne envie de découvrir le quatrième tome (où, après l'apparition de Locksley, nous devrions faire connaissance avec un fameux comte Dracula) sarcastic !!

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, tome 3, Londres, 1200 ; Jean d'Aillon

    Philippe II de France (tableau du XIXème siècle par Louis-Félix Amiel)

    En Bref :

    Les + : une intrigue palpitante et des personnages que l'on est toujours ravi de retrouver.
    Les - :
    parfois, quelques lourdeurs dans le style.


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  • « Il n'y a rien qui me soit plus antipathique que les cœurs froids. »

    Lucie de La Tour du Pin (1770-1853), marquise courage ; Madeleine Lassère

    Publié en 2014

    Editions Sud-Ouest

    204 pages

     

    Résumé : 

    Lucie Dillon, marquise de La Tour du Pin, est une femme exceptionnelle, tant par sa personnalité que par les péripéties de l'Histoire qu'elle a connues. Cette châtelaine du Bouilh (Gironde) se révèle d'un courage et d'une audace peu communes, traversant les tempêtes de la Révolution, de l'Empire et des régimes qui ont suivi avec un force de caractère admirable, aussi bien à Bordeaux qu'en Angleterre, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Belgique ou...dans la campagne de Saint-André-de-Cubzac !
    Avec la marquise, on vit, on s'émeut, on voyage, on s'instruit...Madeleine Lassère propose avec ce récit, historiquement rigoureux et d'un style alerte, des « retrouvailles » avec la marquise, célèbre mémorialiste.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    On dit que, parfois, la réalité dépasse la fiction, en livrant des destins hors du commun et romanesques à souhait. Si l'on ne devait en garder qu'un, ce serait bien celui de Lucie Dillon, marquise de La Tour du Pin, que Madeleine Lassère fait revivre dans ce livre.
    Née en 1770, l'année même du mariage de la jeune Marie-Antoinette et du Dauphin Louis, futur Louis XVI, Henriette Lucy (ou Lucie) Dillon est d'origine anglaise, irlandaise plus précisément. Jacobites -c'est-à-dire qu'ils soutenaient les droits des Stuarts sur le trône anglais-, les Dillon émigrèrent en France à la fin du XVIIème siècle et y firent souche. Fille d'Arthur Dillon et de sa cousine Thérèse Lucy de la Rothe, la petite Henriette Lucy perd sa mère alors qu'elle a une dizaine d'années et est confiée à sa grand-mère maternelle tandis que son père se trouve au loin, dans son gouvernement colonial des Antilles -il fut notamment, entre autres, gouverneur de Saint-Christophe et Tobago. La grand-mère de Lucy ou Lucie, une femme très dure, le sera autant avec sa petite-fille qu'elle l'a été, plus jeune, avec ses propres enfants et la jeune fille connaîtra une fin d'enfance et une adolescence sinon très malheureuse, du moins relativement morose et pas particulièrement chaleureuse.

    Lucie de La Tour du Pin (1770-1853), marquise courage ; Madeleine Lassère

    Gravure représentant la marquise de La Tour du Pin, Lucie Dillon (XIXème siècle)


    Elle a dix-sept ans lorsqu'elle épouse Frédéric-Séraphin, comte de Gouvernet, futur marquis de La Tour du Pin. Mais la France se prépare à connaître des heures sombres et bouleversantes. La Révolution menace...moins de deux ans plus tard, ce sont les Etats-Généraux, la prise de la Bastille, le retour de la famille royale dans la capitale à l'issue des Journées d'Octobre 1789...Le père de Lucie, Arthur Dillon, qui fut notamment député de la noblesse aux Etats-Généraux puis à l'Assemblée constituante, sera guillotiné en 1794, tandis que sa fille, retirée dans la propriété de son mari en Gironde, le Bouilh, reçoit contre toute attente le soutien de Thérésia Cabarrus et de Tallien, pour fuir en Amérique, où elle restera quelques années. Les Gouvernet s'établissent alors comme fermiers dans le comté d'Albany, sur les rives de l'Hudson, près de New York. Auparavant, son époux avait été également ministre plénipotentiaire à La Haye. Les La Tour du Pin de Gouvernet connaîtront, après la Révolution, une vie nomade, entre l'Angleterre, la Suisse, l'Italie, la Belgique actuelle et toujours, la chère propriété du Bouilh, à Saint-André-de-Cubzac, que Lucie et son époux se verront obligés de vendre à la fin de leur vie. Lucie de La Tour du Pin, qui meurt en 1853, aux tout débuts du Second Empire, aura connu bien des bouleversements. Toute jeune encore, elle fréquenta les salons dorés de Versailles, quand sa mère était au service de la reine Marie-Antoinette, elle affronta avec courage les bouleversements de la Révolution, qui virent la famille de son époux ruinée, son père et son beau-père mourir sur l'échafaud, à quelques jours de différence, en avril 1794. Elle reviendra à l'époque du Directoire, quand Merveilleuses et Incroyables se partageaient le haut du pavé. Par la suite, les La Tour du Pin surent se faire estimer de Napoléon Ier -c'est lui, d'ailleurs, qui nomma l'époux de Lucie préfet du département de la Dyle, la Belgique actuelle. Après la seconde abdication de Napoléon, à la suite des Cent-Jours et du désastre de Waterloo, les La Tour du Pin surent se maintenir sous la Restauration et c'est finalement la Monarchie de Juillet, à laquelle Frédéric de La Tour du Pin refusa de se rallier, reconnaissant comme roi légitime Henri V, le comte de Chambord et unique petit-fils de Charles X, qui verra la disgrâce de la famille. La forte et exaltée Lucie n'aura pas été à l'abri des malheurs publics mais aussi privés, perdant plusieurs de ses enfants, dont Humbert, son aîné, en 1816, la jeune Cécile, l'année suivante et sa fille Alix-Charlotte en 1822. Des six enfants qu'elle mit au monde, il ne lui en resta qu'un au soir de sa vie, son benjamin Aymar, qui se maria un an après la mort de sa mère. 

    Lucie de La Tour du Pin (1770-1853), marquise courage ; Madeleine Lassère

    Le corps-de-logis du château du Bouilh (Gironde) vu depuis le parc : le château appartint aux La Tour du Pin jusqu'en 1835


    Dans ce livre, qui n'est pas vraiment une biographie, Madeleine Lassère établit le portrait de son héroïne à l'aide de faux mémoires basés cependant sur les vrais, puisque la marquise de La Tour du Pin fut une mémorialiste relativement renommée, dont l'oeuvre est parue, récemment, au Mercure de France, en 1979, dans la collection Le Temps Retrouvé. Mêlant récit de son invention et passages issus des véritables écrits de Lucie Dillon, l'historienne et biographe nous livre un portrait nerveux, exalté et foisonnant, à l'image de ce que fut la vie de la marquise de La Tour du Pin, une femme au destin, nous l'avons déjà dit, complètement fou et digne d'un roman d'aventures. Si le style de l'auteure ne parvient pas, parfois, à égaler celui de la marquise -on ressent assez nettement les différences entre les styles respectifs de Madeleine Lassère et de Lucie Dillon, même si la volonté de l'auteure était de nous livrer un récit linéaire dans lequel ses interventions se mêlent étroitement à celles tirées des mémoires de Lucy-, il n'empêche que ce récit relativement court -à peine 200 pages-, ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer, bien au contraire. Il est enlevé, captivant et touchant puisqu'au soir de sa vie, alors que Lucie, déjà âgée et vivant dans le dénuement, s'adresse à sa petite-fille Cécile, la fille d'Alix-Charlotte, l'un des rares membres de sa famille à ne pas être mort. Tandis qu'elle a vu mourir cinq de ses enfants puis son mari, en exil -Frédéric-Séraphin de La Tour du Pin sera d'ailleurs enterré en Suisse-, Lucie revient sur son destin pour se raconter à la jeune Cécile, qui vient tout juste de se marier et entre doucement dans sa vie tandis que celle de sa grand-mère s'achève, dans l'amertume mais pas dans les regrets. Témoin d'un monde aujourd'hui disparu, la marquise fait revivre, pour les yeux de sa petite-fille, des yeux résolument tournés vers l'avenir et les bouleversements du XIXème siècle, les fastes de l'Ancien Régime, les avancées mais aussi les horreurs de la Révolution, que Lucie affronta courageusement alors qu'elle était chargée de famille et n'avait pas trente ans. C'est aussi une belle histoire d'amour que la vraie-fausse marquise nous relate ici puisque son union avec Frédéric de La Tour du Pin, bien qu'arrangée, se révéla particulièrement heureuse. Profondément unis par les épreuves qu'ils traversèrent ensemble, les époux s'aimèrent et s'estimèrent sincèrement et il est touchant de voir ce couple vivre si conjointement et si harmonieusement jusqu'à la mort du marquis, en 1837 -Lucie survivra tout de même seize ans à son mari, avant de mourir à son tour, dans son exil italien, à Pise, en 1853, à l'âge relativement avancé pour l'époque de quatre-vingt-trois ans.

    Lucie de La Tour du Pin (1770-1853), marquise courage ; Madeleine Lassère

    Louis-Philippe, duc d'Orléans, nommé lieutenant général du Royaume, arrive à l'Hôtel de Ville de Paris (tableau de Féron, 1837)


    Je ne marquerai sûrement pas ce livre d'une pierre blanche, pour autant, il m'aura appris pas mal de choses sur une femme au destin flamboyant, que je ne connaissais absolument pas mais qui mérite, je crois, de l'être. Je dois dire que j'ai été assez déroutée par la forme du livre -mais finalement j'ai trouvé le parti-pris assez original après la surprise du départ-, et même si parfois je n'ai pas été convaincue par le style de Madeleine Lassère -comment pourrait dire Lucie, notre franco-anglaise ? certaines tournures sont un peu...too much sarcastic-, eh bien je dois dire que j'ai trouvé cette lecture tout à fait plaisante et, qui plus est, servie par la rigoureuse recherche d'une historienne de formation, ce qui ne fait pas de mal. En bref, une bonne lecture.

    En Bref :

    Les + : un livre enlevé et captivant, sur un destin hors du commun et qui n'a rien à envier à celui d'une héroïne de roman.
    Les - : 
    quelques passages, écrits de la main de l'auteure, qui jurent avec les passages écrits par la marquise.

     


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  • « Le Val de Loire est une terre d'accueil. Elle fut chantée par les poètes, de Joachim du Bellay à Maurice Genevoix, en passant par Balzac et Alain-Fournier.  »

    Châteaux de la Loire, drames et passions ; Jean-François Blondel

    Publié en 2008

    Editions Trajectoire (collection Les Mystères de l'Histoire)

    280 pages

    Résumé :

    « Cent vingt châteaux lui font une suite courtoise » écrivait Charles Péguy en parlant de la Loire. Vestiges merveilleux d'une époque révolue, la Renaissance, ils témoignent des fastes de cette époque. Sous la brillante apparence, ce sont les siècles qui trépignent : assassinats, pendaisons, amours interdites, exils, emprisonnements, pratiques magiques rythment cette vie de château ! Certes, en cette vallée des rois, les palais sont œuvre d'architectes géniaux, parmi lesquels le célèbre Léonard à qui l'on attribue, sans en être certain, le plan de Chambord, mais également Bohier, Lescot et Philibert Delorme. 

    C'est à Amboise que l'on massacre les huguenots sous les yeux du petit roi François II et que Charles VIII se tue en se heurtant le front, à Blois que la monarchie française élimine férocement les Guise vendus à l'Espagne, à Chambord que Molière jouera la première du très célèbre « Bourgeois Gentilhomme », à Chinon que Jeanne la Pucelle reconnaîtra son roi et obtiendra le commandement de l'ost, à Chenonceaux que s'affronteront Diane et Catherine, à Loches que régnera la Dame de Beauté alorsque le cardinal Ballue gémit, en sous-sol, dans sa cage de fer, à Ussé que Charles Perrault compose sa « Belle au Bois Dormant », à Cheverny qu'Hergé trouvera, peut-être, l'inspiration pour son château de Moulinsart...

    Bref, que d'aventures, de toutes natures, si intensément présentées par Jean-François Blondel : drames, passions, mystères, rien ne manque à ce récit épique qui vous propose une visite effrénée de l'histoire de tous les châteaux du Val de Loire. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

     

    Mon Avis :

    Le Val de Loire...il suffit de dire ces trois mots pour être instantanément transporté cinq siècles plus tôt, en pleine Renaissance, quand rois et reines de France avaient élu domicile dans cette petite partie de la France, au bord du plus grand fleuve sauvage d'Europe. Mais l'Histoire du Val du Loire royal commence bien plus tôt, en 1418, quand le jeune Dauphin Charles, futur Charles VII, est arraché par quelques fidèles à la capitale, Paris, alors à feu et à sang et assiégée par les Anglais. Le jeune homme, marié à Marie d'Anjou, fille de Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon, sera élevé sur les bords de Loire, vivra à Chinon notamment et donnera à sa belle favorite, Agnès Sorel, la forteresse de Loches. Tous les rois qui lui succéderont, jusqu'aux derniers Valois à la fin du XVIème siècle, éliront domicile dans ce territoire béni des dieux et chanté des poètes, comme Joachim du Bellay qui, dans Les Regrets, adressa une ode vibrante et mélancolique à son Anjou natal, chantant la douceur angevine et son ardoise fine. Après l'avènement d'Henri IV, les rois reviendront vers Paris et les châteaux de la Loire, qui ne seront plus visités que de loin en loin, perdront leur caractère royal pour jouer aux beaux endormis.
    Mais ces châteaux ne sont pas uniquement royaux, loin s'en faut. Thomas Bohier, un financier, secondé de son épouse Katherine Briçonnet, fera construire un rêve au bord du Cher, achevé ensuite par une favorite et une reine : Chenonceau. Berthelot, argentier du roi François Ier et son épouse Philippa Lesbahy, feront construire, sur une île de l'Indre, Azay-le-Rideau, à l'emplacement d'une ancienne forteresse défensive. Valençay, le superbe château de Talleyrand, appartint à des particuliers avant d'être la propriété du célèbre ministre de l'Empire et de la Restauration. Jean Bourré, un proche de Louis XI, a laissé sa marque au Plessis-Bourré, un château de transition entre les anciennes forteresses défensives des siècles précédents et les premières demeures de plaisance qui ne cesseront plus d'être construites à partir du XVIème siècle.

    Châteaux de la Loire, drames et passions ; Jean-François Blondel

    Le château de Chambord, en Sologne, indissociable du règne de François Ier 


    Le livre de Blondel, écrivain spécialisé dans l'histoire des métiers et du compagnonnage -un sujet pas souvent traité mais très intéressant au demeurant-, se décompose en plusieurs parties. Parties plus techniques, d'autres plus thématiques, avec de belles illustrations, qui viennent appuyer le propos de l'auteur. Jusque là, me direz-vous, tout va bien. Oui, tout va bien. Mais ça pèche et la sauce ne prend pas, si je peux m'exprimer ainsi. Pourtant, la première partie du livre, consacrée à l'Histoire de l'architecture, est relativement intéressante mais rapidement, des erreurs récurrentes surviennent et gâchent un peu le plaisir de la lecture. Et pourtant, ce livre aurait pu être tout à fait intéressant car il y a de très bonnes choses dedans mais voilà, ces erreurs qui ne peuvent pas s'avérer, au bout d'un moment, être des coquilles, m'ont considérablement gênée, surtout dans un livre qui est tout sauf romancé. Si l'on peut éventuellement passer sur une petite entorse historique dans un roman, ce n'est pas le cas dans un livre à vocation informative comme celui-là. Malheureusement, c'est ce genre de livres qui peut faire dire que la vulgarisation est un mal de l'Histoire. Vouloir la mettre au niveau de tout le monde est un souhait juste et légitime mais ne doit pas impliquer tout et n'importe quoi non plus ! Or, ici, les erreurs sont trop fréquentes pour qu'on puisse, au bout d'un moment, prendre le livre au sérieux. Ainsi, successivement, Léonard de Vinci meurt en 1517 et 1519 - 1519 étant la bonne date- et il faut finir par choisir car ce brave homme, aussi génial qu'il était, n'a pas pu mourir deux fois à deux ans d'intervalle ! Quant à son arrivée en France en 1514 appelé par François Ier, permettez-moi d'en douter...déjà parce que François Ier n'était pas encore roi à ce moment-là et qu'il n'était pas encore allé en Italie. Il ceindra la couronne de France le 1er janvier 1515 et remportera la victoire de Marignan au mois de septembre suivant. Et, quelques pages plus tard, Léonard de Vinci arrive en 1516 puis, de nouveau, en 1514...au bout d'un moment, il faut choisir ! Enfin, dernière erreur relativement grossière : l'épouse de François II, Elisabeth d'Autriche...alors que François II a été marié à Marie Stuart -de suffisamment célèbre et tragique mémoire pour qu'on s'en souvienne- et Elisabeth d'Autriche était l'épouse de Charles IX.

    Châteaux de la Loire, drames et passions ; Jean-François Blondel

    Le château d'Azay-le-Rideau, bijou commandité par le financier Berthelot et son épouse Philippa Lesbahy


    Du coup, avec ces erreurs récurrentes, j'ai trouvé le livre nettement moins crédible, ce qui est dommage, car la bibliographie est relativement exhaustive -même si citer Wikipédia dans un travail scientifique est quand même relativement mal vu-, et j'ai finalement appris pas mal de choses, notamment au niveau de la conception de l'architecture à ce moment-là -c'est à la Renaissance qu'on commence à adopter le terme d'architecte à la place de maître-maçon-, l'organisation du travail ouvrier à cette époque et la symbolique que l'on retrouve dans l'architecture des différents châteaux. Bien évidemment, tout n'y est pas faux mais malheureusement, je ne marquerai certainement pas ce livre d'une pierre blanche et ne le conseillerai pas. Dommage, cette lecture partait bien pourtant. 

    Châteaux de la Loire, drames et passions ; Jean-François Blondel

    Chenonceau, sur le Cher, désir des Bohier, rêve d'une favorite et revanche d'une reine

     

    En Bref :

    Les + : de belles illustrations et des passages techniques relativement intéressants, notamment sur l'évolution de l'architecture.
    Les - :
    beaucoup trop d'erreurs récurrentes, c'est dommage.


    2 commentaires


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