• « Les sanglots d'un homme ont des sécheresses navrantes. » 

    Publié en 2009

    Date de publication originale : 1871

    Editions Le Livre de Poche (collection Les Classiques de Poche)

    475 pages 

    Premier tome de la série Les Rougon-Macquart

     

    Résumé :

    Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d'Etat d'où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d'amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais, au-delà d'eux, c'est aussi la naissance d'une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s'ouvrir. 

    Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s'installe le régime impérial que l'écrivain pourfend, c'est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l'argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides dans la misère et dans le crime. 

    « Votre comédie est tragique», écrit Hugo juste après avoir lu le livre : « Vous avez le dessin ferme, la couleur franche, le relief, la vérité, la vie. Continuez ces études profondes. »

     Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Décembre 1851. A Paris, Louis-Napoléon Bonaparte, président de la Deuxième République, effectue un coup d'Etat afin de rétablir l'Empire -ce qui sera effectif un an plus tard, le 2 décembre, date anniversaire d'Austerlitz. Alors que la France s'apprête à basculer de nouveau dans le régime impérial, le Midi se soulève et les républicains prennent les armes, s'insurgent, bien déterminés à sauver leur régime. A Plassans, petite ville proche de Marseille -il s'agit en fait d'Aix-en-Provence-, les ouvriers rejoignent les cohortes républicaines. Parmi eux, deux jeunes enfants, Miette et Silvère, deux déshérités, jeunes amoureux qui se rallient, peut-être sans trop savoir pourquoi, aux colonnes insurgées qui promettent de reprendre, un à un, les villages autour de Plassans.
    Miette, de son vrai nom Marie Chantegreil, est la fille d'un bagnard. Alors qu'elle était toute petite, elle a perdu sa mère puis son père a tué un gendarme et est parti au bagne, ce qui fait d'elle une paria, pauvre fille recueillie par la seule famille qui lui reste, les Rémusat, exploitants du Jas-Meiffren, mais qui sont tout sauf bienveillants envers elle. Silvère, lui, est un jeune charron d'à peine dix-sept ans. Né à Marseille, le jeune homme a perdu sa mère très jeune, à six ans, et il a été recueilli par sa grand-mère, Adélaïde Fouque, qu'il surnomme affectueusement Tante Dide, à Plassans. Par sa mère, Silvère fait partie de cette scandaleuse lignée de Plassans, les Rougon-Macquart, aux ramifications légitimes et bâtardes mais possédant la même racine : ladite grand-mère, Adélaïde, dont l'esprit malade et faible est sujet à la folie.
    Née en 1768, Adélaïde Fouque se trouve orpheline à dix-huit ans : elle est originaire de Plassans et a passé toute sa jeunesse sur la petite parcelle de ses parents, jouxtant le Jas-Meiffren et que l'on appelle l'enclos des Fouque. Elle se marie avec Marius Rougon, ancien employé de ses parents,  paysan mal dégrossi, qui lui donne un fils, Pierre. Après la mort de son époux, la jeune femme prend un amant, un certain Macquart, contrebandier à la plus mauvaise réputation, dont elle aura deux enfants : Ursule et Antoine, des bâtards qu'elle élèvera auprès de son unique fils légitime, Pierre Rougon. Celui-là même qui saura, le moment venu, lui faire payer sa vie passée, ses scandales et la naissance de son frère et de sa sœur.
    La Fortune des Rougon est le roman des origines et, en parallèle de l'histoire de Silvère et Miette, se met en place la trame familiale que va ensuite suivre le lecteur jusqu'au vingtième tome, Le Docteur Pascal. A la débauche et l'oisiveté de Macquart s'oppose l'ambition et la cupidité de Rougon, poussé par sa femme Félicité et qui décide que le coup d'Etat de Napoléon III sera son propre tremplin. Ancien marchand d'huile, Pierre Rougon aspire à une vie petite bourgeoise, à des responsabilités : bref, à se faire un nom à Plassans, après avoir dilapidé consciencieusement l'argent de sa mère. Et tandis que son neveu Mouret se lance sur les fatals sentiers de la guerre, aux côtés de Miette, non moins exaltée, Rougon, resté à Plassans, va trouver le moyen, tranquillement, de se tailler un costume à sa taille. Alors que l'aventure des insurgés républicains s'achève de bien triste manière -et préfigurant, en cela, la destinée tragique des Rougon comme des Macquart-, un jour nouveau se lève sur Plassans, qui verra bientôt la fortune des Rougon se parachever.

     

    La Fortune des Rougon ; Emile Zola

    La Liberté Guidant le Peuple, célèbre tableau de Delacroix : on peut supposer que Zola s'est inspiré de son allégorie de la République pour le personnage de Miette


    Malgré quelques longueurs nécessaires pour l'établissement des bases du récit, ce premier tome donne envie de se plonger dans les suivants : en tous cas, c'est avec émotion que je me suis replongée dans ce livre découvert il y'a déjà près de cinq ans. Nous y faisons la connaissance de personnages hauts en couleur et que l'on retrouvera, ensuite, au gré des volumes et qui sont tous, plus ou moins marqués par l'hérédité, sujet pivot de cette saga, Zola souhaitant étudier dans sa série les tares congénitales et les mauvais gènes qui se transmettent dans les familles -c'est le personnage du docteur Pascal, dans l'ultime tome de la saga, qui donnera d'ailleurs toutes les explications quant à l'importance de l'hérédité dans les tares d'une famille, en prenant les siens pour exemple dans des études approfondies -mais nous en reparlerons en temps voulu. En somme, si le destin de nos personnages est aussi tragique, c'est en grande partie à cause du sang délicat et fragile de Tante Dide, l'aïeule commune, qui transmet ensuite, par le biais de Pierre, pour les Rougon et par le biais d'Antoine et d'Ursule pour les Macquart et les Mouret, ces gènes de paresse et d'alcoolisme qui vont faire le malheur des différents membres de la famille -à quelques exceptions près, mais il y'a tout de même peu d'existences joyeuses chez les Rougon-Macquart, il faut bien le dire. Et, alors que Miette et Silvère, dans la fureur de la jeunesse, deviennent les égéries de la République agonisante -Miette, telle une nouvelle Marianne, arbore ainsi le grand drapeau rouge des insurgés-, Pierre Rougon, bien déterminé à laver son nom des scandales hérités de la conduite de sa mère, va se débrouiller pour débarrasser Plassans de son frère Antoine, pour devenir un tout-puissant notable.
    Si nous parlions, après avoir écrit quelques lignes sur les personnages, du style, je crois qu'il n'y a rien à dire. C'est du Zola. Un style fort, moins descriptif que celui de Hugo par exemple, percutant et drôle. Grave quand il le faut. Bref, savemment dosé. C'est un plaisir de lire les romans de Zola uniquement pour le style car il a une façon bien à lui et tout à fait géniale de tourner ses histoires. Il y'a du bon et du moins bon dans Les Rougon-Macquart mais, en général, ces classiques de notre littérature restent des romans d'une étonnante vigueur et qui se laissent dévorer avec un plaisir évident. Une relecture qui a tenu ses promesses : je me suis replongée dans La Fortune des Rougon avec beaucoup de satisfaction et, décidément, mon histoire d'amour avec cette formidable série n'est pas terminée.

    En Bref :

    Les + : un style puissant au service d'une belle intrigue.
    Les - : je ne me rappelais plus des longueurs au début du livre mais elles sont tout de même relativement nécessaires donc à demi négatives seulement.

     

    Coup de coeur


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  • « Ceux que nous aimons, c'est à l'aune de leurs vertus et de leurs défauts confondus qu'il nous faut les apprécier. »

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    Publié en 2012

    Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

    435 pages

    Huitième tome de la saga Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet

     

    Résumé :

    A la cour de Versailles, la reine s'ennuie.
    D'escapades nocturnes en bals costumés, Marie-Antoinette s'étourdit de plaisirs... mais la fête tourne court lorsqu'un de ses précieux bijoux, volé pendant le Bal de l'Opéra, devient l'enjeu d'une affaire aux multiples ramifications. Alors que la guerre navale se développe contre l'Angleterre, Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet et familier des arcanes du pouvoir, plonge dans un jeu de dupes au parfum de trahison.
    Entre les frasques du duc de Chartres, les manigances du comte de Provence, le double jeu de l'inspecteur Renard et un assassin qui le défie avec orgueil, Le Floch n'aura pas la tâche facile. Car à la cour, ce royaume du mystère et de l'indiscrétion, toutes les batailles ne se jouent pas à fleurets mouchetés !

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Eté 1778. A Versailes, la reine Marie-Antoinette s'ennuie. Elle est enceinte, peut-être attend-t-elle enfin l'héritier du trône que tout le monde attend ? Mais à la joie de la grossesse de la reine s'ajoute l'inquiétude car la France est en guerre contre l'Angleterre. Et, de plus, il se trouve qu'un bijou très apprécié de Sa Majesté a disparu lors d'un bal au début de l'année et que ledit bijou est introuvable...enfin, la police du royaume a fort à faire pour empêcher d'immondes pamphlets et libelles d'inonder la Cour, fustigeant le comportement frivole et léger de la jeune souveraine. Et, pour couronner le tout, une affreuse canicule afflige le royaume depuis la fin du printemps et ne semble pas décidée à laisser le pas à la fraîcheur.
    C'est dans ce contexte que nous retrouvons notre cher commissaire Le Floch, qui a du pain sur la planche ! Alors qu'il est mandaté par le roi lui-même pour accompagner le duc de Chartres à Ouessant, où une bataille doit opposer les flottes françaises et anglaises -la bataille d'Ouessant, le 27 juillet 1778-, le commissaire, par ailleurs marquis de Ranreuil, connaît le baptême du feu sur les navires royaux. Mais, bien vite, c'est sa casquette -ou plutôt devrions-nous dire, son tricorne - de commissaire que Nicolas va être obligé de remettre quand il se rend compte que l'enquête sur la disparition du bijou de la reine prend des tours et détours de plus en plus sinistres. Et, comme cela ne manque pas, encore une fois, ce sont de nombreux cadavres que va semer sous ses pas notre cher commissaire et ce seront bien des embûches que ses adversaires ne vont pas manquer de placer sur sa route ! Mais, flanqué de son fidèle Bourdeau, inspecteur de police, de Semacgus, ancien médecin de marine, de Le Noir, lieutenant général de police et de l'éternel Sartine, Nicolas ne se laisse pas impressionner et est bien décidé à démêler les fils d'un écheveau qui semble toucher au plus près les intérêts du trône et de la reine, trop souvent calomniée. Et voici qu'un noyé, qui donne d'ailleurs son titre au livre, va être retrouvé dans le Grand Canal de Versailles et va amorcer une enquête de longue haleine pour nos chers personnages et surtout, notre commissaire préféré ! 

     

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    La Bataille d'Ouessant par Thédore Gudin (XIXème siècle)


    Après Le Cadavre Anglais, dont l'intrigue était relativement peu enlevée -disons que Nicolas nous avait habitué à mieux-, nous retrouvons enfin une enquête rythmée, dynamique, malgré les longueurs. En effet, si les enquêtes se déroulent en général sur quelques semaines, ici, le roman s'ouvre en février 1778 pour ne s'achever que le 19 décembre 1778...ceux qui aiment l'Histoire ou Marie-Antoinette -où les deux, comme moi-, reconnaîtront immédiatement cette date comme étant celle de la naissance du premier enfant des souverains : Marie-Thérèse, dite Madame Royale. Nous avons donc presque toute une année qui se déroule ici, même si l'intrigue policière à proprement parler ne se déroule que sur quelques semaines de l'été 1778 -encore un changement : Jean-François Parot a souvent habitué ses lecteurs à des intrigues qui se situent en hiver, là, c'est en plein cœur d'un été torride que se trame de sombres menées. Paradoxalement, le tome est relativement lent à démarrer puisque les premiers chapitres traitent surtout de la mission de Nicolas auprès du duc de Chartres en Bretagne mais l'intrigue policière est haletante et le suspense, puissant. Autant l'enquête dans Le Cadavre Anglais était relativement facile à suivre, là, je dois avouer que, dans Le Noyé du Grand Canal, j'en ai retrouvé une particulièrement retorse, ficelée et re-ficelée, qui fait se perdre le lecteur dans de nombreuses conjectures et je dois avouer que, à la fin, lorsqu'enfin la lumière se fait et que le voile se lève, il m'a fallu parfois relire deux-ou trois fois un passage pour être bien sûre de comprendre et encore, parfois, je n'arrivais pas forcément à relier tous les éléments entre eux tant les faits se croisent pour ne former finalement plus qu'une enquête...Ainsi, la disparition du bijou passe-partout de la reine et l'empêchement des libelles à circuler dans le royaume se trouvent bientôt liées à une affaire étrange d'opéra, de vols particulièrement incongrus au Grand Commun...l'auteur prend un malin plaisir à nous balader comme le -ou les- meurtrier (s) balade (nt) Nicolas et ses fidèles suivants.
    Bref, la seule chose que je reprocherais finalement à ce roman, ce sont les longueurs et la lenteur à démarrer mais elles sont très vite compensées par la qualité de l'intrigue policière qui leur succède...quant au style, je n'en dirai rien : les amateurs de notre cher commissaire le connaissent déjà, pour les autres, je vous engage à le découvrir rapidement. Entre truculence, recettes de cuisines qui mettent l'eau à la bouche et citations qui font sens, Nicolas Le Floch reste décidément une saga historique qui tient la route et se lit avec plaisir.

     

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    Nicolas Le Floch (Jérome Robart) et sa maîtresse, Aimée d'Arranet (Nora Lehembre) dans l'adaptation télévisée

    En Bref :

    Les + : une enquête dynamique, enlevée, compliquée à suivre mais c'est ça aussi qui fait son charme.
    Les - :
     des longueurs, heureusement compensées par la qualité de l'intrigue policière. yes


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  • « Mieux vaut pour certains une superstition d'espoir qu'une vérité désespérante. »

    Les Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau, tome 1, Le Brasier de Justice ; Andrea H. Japp

    Publié en 2011

    Editions Flammarion (collection Romans Historiques)

    406 pages

    Premier tome de la saga Les Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau 

     

    Résumé :

    XIVe siècle. Une province de France apeurée. Des enfants assassinés sans que nul ne parvienne à déjouer les manœuvres du meurtrier. Comment arrêter ces crimes abominables ? Qui osera s'atteler à cette tâche abominable ?
    Hardouin cadet-Venelle, un être différent au masque de cuir noir, dont la mort est le métier, s'y risquera-t-il ? Qu'il soit bourreau l'aidera-t-il pour mener l'enquête ?
    Comment concilier cette soif de vérité et le fait qu'il torture et tue au nom de la loi ? Les voix qui le hantent proviennent-elles des ténèbres où errent ses victimes ? L'une d'elles, Marie de Salvin, jeune femme éblouissante qu'il a brûlée vive, ne le quitte plus. Quant à Evangeline exécutée pour meurtre, découvrira-t-il la preuve de son innocence ?
    Des interrogations auxquelles il devra répondre dans un face-à-face de feu et de sang. Une quête qui le conduit à perdre son âme en tentant d'obtenir justice pour celle des autres.

    Le Brasier de Justice est la première aventure de cadet-Venelle, bourreau du Moyen Âge cherchant à rétablir la justice des Dieu quand celle des hommes vacille.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    1305, dans le Perche. Le bourreau de Mortagne, Hardouin cadet-Venelle, conduit à la mort une jeune femme jugée coupable par ordalie. Par la suite obsédé par la souvenir de cette morte, M. Justice de Mortagne, comme on l'appelle, n'aura de cesse de chercher la vérité et de rétablir dans leur dignité ceux qui ont été injustement condamnés.
    Il se trouve que, non loin de Mortagne, dans la ville de Nogent-le-Rotrou, enclave bretonne dans les comtés de Perche et d'Alençon, appartenant au frère du roi, Charles de Valois, se perpètrent depuis quelques mois des meurtres horribles que le bailli de la cité, Guy de Trais, ne parvient manifestement pas à élucider. De jeunes enfants des rues sont retrouvés sauvagement assassinés dans les ruelles de la ville et il semblerait que les pires outrages leur aient été infligés avant que mort ne s'ensuive. Dépêché sur place par messire Arnaud de Tisans, le bailli de Mortagne, Hardouin, homme d'honneur mais sans scrupules, est mandaté par lui pour faire la lumière sur ces atroces assassinats tout en enquêtant sur une ancienne condamnation, celle d'une simple, Evangeline Caquet, condamnée à être enterrée vive pour avoir assassiné sa maîtresse, une bourgeoise de Mortagne. Le bourreau de Mortagne est bien décidé à démêler ces deux enquêtes qu'il mène de front. Et si l'une -l'enquête sur la simple- s'avère finalement relativement rapide il va, avec celle menée sur les petits saute-ruisseaux, mettre le doigt dans des rouages qui le dépassent et pourraient bien toucher de près au trône et aux sordides menées politiques des grands. Au même moment, une jeune baronne des alentours de Nogent, Mahaut de Vingonrin, est accusée d'enherbements sur plusieurs membres de sa famille et notamment son jeune fils de cinq ans, Guillaume...
    Voici donc, résumée en quelques lignes, la teneur du premier tome des Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau, saga d'Andrea H. Japp qui, chronologiquement, ferait suite à La Dame sans Terre, se passant aussi dans le Perche mais cette fois, en 1304. Si, dans cette dernière série, le policier le dispute à l'ésotérisme, nous sommes ici ancrés et bien ancrés sur la terre ferme, en ce début de XIVème siècle. Nous suivons donc Hardouin cadet-Venelle dans ses différentes pérégrinations entre Mortagne-du-Perche et Nogent-le-Rotrou, où il mène ses enquêtes pour le compte d'Arnaud de Tisans. Au Moyen Âge, et même après, le bourreau est un personnage qui fait partie de la société et a sa propre place dans la hiérarchie de la justice, procédant aux tortures -la Question- et, ensuite, le cas échéant, aux différentes exécutions en vigueur. Pour autant, il reste un personnage craint, un personnage qui traîne la mort après lui et, en général, les bourreaux se recrutent dans les mêmes familles, les fils succédant aux pères. De même pour les unions : pas question pour un bourreau, bien que richement établi comme peut l'être Hardouin, par exemple, dans la série, ne se marie ne serait-ce avec une petite bourgeoise. Les bourreaux épouseront les filles ou sœurs des autres bourreaux et de véritables dynasties dont la mort est le métier verront ainsi le jour -énormément de famille « bourrelières » se trouvaient ainsi unies par des liens de consanguinité plus ou moins importants. Pour résumer, le bourreau est en quelque sorte un paria résidant hors des villes et, bien que bénéficiant d'avantages dus à sa fonction, comme le havage par exemple -le droit de prendre gratuitement sur les étaux des marchands la quantité de nourriture tenant dans la paume de la main-, il est, pour une grande partie de la population, un personnage qui fait peur et, donc, par là même, évité et peu apprécié. Le bourreau est condamné à mener une vie en dehors de cette société, en exclu alors même que, paradoxalement, il reste un membre indispensable pour la justice de l'époque. 
    Hardouin n'est donc pas devenu bourreau de sa volonté mais parce que le hasard a fait de lui l'héritier de son père, après la mort de ce dernier et de son frère aîné, destiné à reprendre la charge de leur géniteur. Ainsi, il se trouve devenir M. Justice de Mortagne, bras armé de la justice, celui qui tue au nom de la loi. Mais, pour autant, il n'en est pas moins un homme juste et bon, chrétien fervent, pour qui la justice ne se bafoue pas et bien déterminé, après avoir pris conscience qu'il a envoyé au bûcher une jeune femme innocente et, de plus, déshonorée de son vivant par un vaurien sans foi ni loi, à punir ceux qui ne respectent ni la justice des hommes ni celle de Dieu. Et, bien que touchant parfois à des arcanes qui lui sont bien étrangères, il n'hésitera pas à punir les coupables, faisant fi de leur appartenance sociale et de leur fortune. 

    Après un début assez poussif, je dois dire, l'intrigue se met en place. Les cent premières pages servent à poser l'intrigue et, même si elles ne sont pas des plus palpitantes, elles permettent en quelque sorte de faire connaissance avec les personnages du roman et notamment notre héros, Hardouin mais aussi avec l'ambiance du livre. On se retrouve cette atmosphère tendue, poisseuse, que j'avais déjà pu déceler dans La Dame sans Terre, un formidable thriller en quatre tomes. Les enquêtes menées par les héros d'Andrea H. Japp sont en général très emmêlées, complexes et surtout, très noires, voire sordides, comme ici, avec des meurtres d'enfants -même si l'enfant n'était pas, au Moyen Âge, considéré comme de nos jours. Premier tome relativement court, Le Brasier de Justice se laisse très bien lire et, lorsque l'intrigue policière se met réellement en place, il est parfois difficile de poser le livre. J'avais lu pas mal d'avis relativement mitigés mais, pour ma part, je dois dire que le charme a opéré et que c'est avec grand plaisir que j'ai découvert cette première enquête d'Hardouin cadet-Venelle, aussi noire soit-elle. Le style, bien que relativement simple, est dynamique et rythmé. Beaucoup de notes de bas de page qui peuvent finir par lasser, il est vrai, mais apportent cela dit pas mal de compléments au récit. Un glossaire très détaillé se trouve également en fin d'ouvrage, avec des notices biographiques des personnages historiques présents dans le roman -comme le roi Philippe le Bel, son conseiller Guillaume de Nogaret, son frère, Charles de Valois-, mais aussi des informations plus pratiques comme le renseignement des heures canoniales, très importantes au Moyen Âge puisqu'elles permettaient à la population de savoir quelle heure il était ou bien, des correspondances entre les unités de mesure actuelles et celles de l'époque, très fluctuantes d'une province à une autre -cela va d'ailleurs perdurer durant l'Ancien Régime et jusqu'à la Révolution. Les livres historiques d'Andrea H. Japp sont toujours très bien documentés et on ressent bien sa volonté de nous livrer des récits, certes romancés, mais qui tiennent la route, étayés par des recherches historiques sérieuses
    Bref, ce premier tome est, pour moi, particulièrement convaincant et m'a donné très envie de découvrir les autres enquêtes de M. Justice de Mortagne, un personnage profond et complexe, mais, au demeurant, attachant.

     

    En Bref :

    Les + : une enquête sombre, un contexte historique bien restitué, des personnages percutants et travaillés.
    Les - :
    des longueurs au début, des notes de bas de page très nombreuses, utiles certes, mais qui peuvent parfois lasser.

     


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  • «Il est des comptes qui se règlent d'homme à homme et avec Dieu pour unique juge. »

    Les Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau, tome 2, En ce sang versé ; Andrea H. Japp

    Publié en 2012

    Editions Flammarion (collection Romans Historiques)

    362 pages

    Deuxième tome de la saga Les Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau

     

    Résumé :

    La petite trentaine, portant beau, Hardouin cadet-Venelle est cultivé et a amassé une jolie fortune. Mais, en ce début du XIVe siècle, il porte une croix : sa charge de bourreau. Torturer et tuer ne gênaient pas M. Justice de Mortagne jusqu'à ce qu'il exécute une innocente. Une quête l'anime depuis : faire « vraie justice » lui-même. Traquer les coupables qui passent entre les mailles et qui bénéficient de soutiens haut placés, accomplir la vengeance divine que tant d'hommes dévoient. Aussi, quand Henriette, la fille du sous-bailli Arnaud de Tisans, moniale à l'abbaye des Clairets, est retrouvée étranglée à la porte du monastère, il lui faut connaître la vérité. Crime crapuleux, puisqu'on lui a dérobé ses aumônes ? Mais pourquoi, alors, la mère abbesse semble-t-elle si peu désireuse de le voir enquêter sur place ? Parce que ce meurtre conduirait vers d'autres ? Et que vient faire dans ce drame Mahaut de Vingonrin, belle dame accusée d'empoisonnements ?
    M. de Mortagne, que ses ennemis rabaissent au rang de Jean-Cadavre, en vient à brutaliser, faire chanter pour que le vrai droit soit rendu. Malheureusement, la justice est souvent implacable et ceux qui la désirent, rarement récompensés.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Après avoir mené à bien son enquête sur les assassinats de petits miséreux de Nogent-le-Rotrou, dans le Perche -assassinats qui, semble-t-il, avaient finalement partie liée avec la sombre politique du royaume-, Hardouin cadet-Venelle, bourreau ou « exécuteur des hautes œuvres » de Mortagne-de-Perche, se retrouve au cœur d'un nouveau crime, particulièrement délicat celui-ci, puisqu'il touche de près le sous-bailli de Mortagne, Arnaud de Tisans. En effet, sa fille aînée, Henriette, moniale en l'abbaye des Clairets -que les lecteurs de La Dame sans Terre n'ont certainement pas oubliée, l'abbaye ayant une place centrale dans l'intrigue de cette saga-, vient d'être assassinée. Alors, est-ce un crime crapuleux ou bien ce meurtre remonterait-il à des ramifications bien plus anciennes ? Et pourquoi donc les moniales ainsi que leur abbesse, madame Constance de Gausbert, n'hésitent pas à mentir au sous-bailli et à son bourreau ? Hardouin cadet-Venelle va donc de nouveau mener son enquête, tout en continuant, à Mortagne ou à Bellême, son office de bourreau, hérité de son père.
    Ce second tome s'ouvre quelques semaines seulement après que l'enquête sur les petits traîne-ruisseaux de Nogent ait été enfin élucidée par Hardouin, pour le compte du bailli de Tisans. Nous sommes à la fin de l'année 1305 et la renommée abbaye des Clairets se trouve soudainement dans une bien mauvaise passe.
    C'est avec plaisir que nous retrouvons Monsieur Justice de Mortagne, autrement dit, Hardouin cadet-Venelle, le héros de cette saga policière et médiévale. Bien de sa personne, il a tout pour faire tourner la tête des jeunes bourgeoises de Mortagne et Nogent mais aussi des lectrices car Hardouin reste un personnage relativement sombre et complexe mais également, très charismatique.On sent en effet que le personnage a été très bien travaillé, comme les autres, d'ailleurs, qu'ils soient nobles ou de plus basse extraction puisque, dans les romans d'Andrea H. Japp, toutes les couches de la société médiévale, du seigneur, en passant par les baillis, les gens d'armes et jusqu'au plus simple des gargotiers ou puterelles, sont emmenées, peut-être pas à se côtoyer, mais du moins à se croiser dans les pages du roman. Les recherches historiques sont là, le contexte est bien restitué et même si c'est un Moyen Âge relativement noir -enquête policière oblige- que l'auteure fait revivre -un peu comme dans La Dame sans Terre, finalement, où l'intrigue était très poisseuse-, on s'y croirait vraiment. Le style de l'auteure, qui emprunte beaucoup à l'ancien parler, nous donne cette impression de véracité. Cela dit, pour en revenir aux enquêtes et si nous comparions avec celles, emmêlées, imbriquées, entrecroisées, que l'on pouvait par exemple retrouver dans La Dame sans Terre, un thriller médiéval et ésotérique presque parfait, je dirais que nous sommes dans des registres différents. L'intrigue est un peu plus plate -même si le récit est ponctué par moment de passages relativement crus-, un peu moins enlevée et j'ai déjà relevé cela dans le premier tome, même si ce sont des romans historiques tout à fait plaisants à lire. En effet, une fois que l'on est lancé, il est presque difficile de s'arrêter de lire, le suspense est très bien ménagé et même si l'on est peut-être moins tenu en haleine, on attend tout de même avec impatience le dénouement de l'intrigue et, donc, de l'enquête d'Hardouin. Je dois dire que le personnage du bourreau y est pour beaucoup puisqu'il arrive rapidement à susciter la sympathie du lecteur...Encore une fois, énormément de notes de bas de page peuvent parfois freiner la lecture, parfois certaines sont tout à fait pertinentes, d'autres un peu moins. Mais avantage au dossier de fin, avec des notices biographiques et quelques points historiques expliqués, comme l'emploi des poids et des mesures ou encore, des heures canoniales, au Moyen Âge. A part cela, ne serait-ce que pour l'intrigue historique, d'une qualité assez remarquable et pour les personnages, à la psychologie complexe -du moins pour les personnages principaux, comme Hardouin ou ceux contre qui il sera amené à enquêter-, et la teneur certaine, cette saga est à découvrir. En effet, cette trilogie n'est peut-être pas la meilleure d'Andrea H. Japp mais elle se laisse lire avec plaisir. Les Enquêtes de M. Justice de Mortagne a ses qualités propres et mérite d'être découverte à mon avis. 

    En Bref :

    Les + :  une enquête qui tient la route bien que peu enlevée, un personnage principal complexe et bien travaillé.
    Les - :
     des notes de bas de page parfois trop nombreuses.


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  • « On n’a le droit de sombrer dans le désespoir que lorsque aucune issue ne demeure. » 

    Les Enquêtes de M. Justice de Mortagne, bourreau, tome 3, Le Tour d'Abandon ; Andrea H. Japp

    Publié en 2014

    Editions Flammarion (collection Romans Historiques) 

    416 pages

    Troisième tome de la saga Les Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau

     

    Résumé :

    Début du XIVe siècle. Bel homme cultivé et fort riche, Hardouin cadet-Venelle, bourreau, n'a jamais porté sa charge comme un fardeau jusqu'à à ce qu'il sangle sur le brasier Marie de Salvin, une innocente. Une quête n'anime depuis : faire vraie justice. Persuadé de l'innocence de Mahaut de Vigonrin, accusée d'avoir empoisonné son beau-père et son mari, il veut tout tenter pour la sauver du bûcher. Mais la destinée de Mahaut est entre les mains du bailli, Louis d'Avre, fraîchement nommé dans cette seigneurie bretonne, alors que la grogne monte dans le royaume après le renchérissement de la monnaie royale.
    Pire : d'étranges méfaits surviennent. Des enfants confiés aux tours d'abandons de la ville disparaissent, deux jeunes femmes sont assassinées et un garçonnet est tué en pleine forêt...Louis d'Avre demande l'aide d'Hardouin. Certain que justice ne sera rendue à l'identique à deux servantes trépassées et à la maîtresse installée d'un noble jouissant de puissantes protections sauf s'il s'en mêle, il accepte.
    M. Justice de Mortagne ne reculera devant rien, ni la férocité, ni la ruse, ni l'amour, ignorant que le plus blessant des trois n'est pas celui qu'il croit.

     

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Nous continuons, dans ce troisième tome, à suivre les pérégrinations d'Hardouin cadet-Venelle, bourreau de Mortagne-au-Perche, qui s'est brusquement transformé en enquêteur après avoir brûlé vive une jeune femme, Marie de Salvin, qui s'avéra être innocente du crime dont on l'accusait. Après avoir résolu une enquête sur des petits miséreux mystérieusement assassinés dans les rues de Nogent-le-Rotrou, celle sur l'assassinat d'Henriette de Tisans, la fille aînée et très aimée du sous-bailli de Mortagne, messire Arnaud de Tisans, voilà que M. de Justice de Mortagne va seconder le bailli de Nogent, Louis d'Avre, ancien compagne d'armes de Charles de Valois, le frère du roi, pour résoudre une nouvelle -et sinistre- affaire. En effet, après avoir été secouée par les ignominieux assassinats de ces petits nécessiteux, voilà que la seigneurie de Nogent voit maintenant ses enfants disparaître et se volatiliser de bien étranges manières. Des nouveaux-nés sont arrachés aux tours d'abandons des églises où des mères désespérées les ont laissés, d'autres encore sont quasiment arrachés d'entre les bras de leur mère...En parallèle, Hardouin continue ses investigations pour prouver l'innocent de madame Mahaut de Vigonrin, jeune baronne de vingt-trois ans, accusée par sa belle-famille de multiples enherbements et, notamment, celui de son époux.
    Bourreau, messire Venelle a une place tout à fait particulière dans la société de son époque et, de bien des façons, très paradoxale. En effet, le bourreau était une pièce charnière dans la hiérarchie judiciaire de l'époque, étant chargé de mettre à exécution -c'est le cas de le dire-, les sentences prononcées par les juges. C'était lui, aussi, qui était chargé d'administrer la Question aux prévenus avant de les mener ensuite à l'échafaud. Mais, pour la population, le bourreau restait un personnage sinistre, traînant le sang et la mort après lui et, de fait, il était souvent mis au ban de la société, ne vivant pas en ville mais hors les murs et devant se marier avec les filles d'autres bourreaux car jamais au grand jamais on n'aurait marié sa fille au bourreau, aussi riche fût-il. De véritables dynasties de bourreaux naquirent ainsi, toutes plus ou moins unies par les liens du sang du fait de cette obligation de se marier entre eux exclusivement. Hardouin, lui, n'aurait pas dû devenir bourreau mais, à la mort de son frère aîné, il est devenu l'héritier de son père et commença son office à l'âge de quatorze ans. Sa charge de bourreau ne fut jamais pour lui un fardeau jusqu'à l'exécution de la belle Marie de Salvin, dont le souvenir ne le quitte plus...
    Ce troisième tome -je ne sais pas si ce sera le dernier vu qu'il est sorti il y'a peu- est tout à fait convaincant. Nous retrouvons donc le très charismatique bourreau de Mortagne, Hardouin, transformé en Sherlock Holmes du XIVème siècle, en plein cœur du Perche qui, une nouvelle fois, va devoir se pencher sur des affaires concernant des enfants. On peut déplorer l'analogie faite avec le premier tome, où le bourreau enquêtait déjà sur des assassinats et sévices commis sur des jeunes enfants des rues, le manque d'originalité de cette enquête, mais, en même temps, elle est suffisamment bien ficelée pour donner envie au lecteur de la lire jusqu'au bout. Mais, en parallèle, Hardouin continue également de s'échiner à prouver l'innocence d'une toute jeune femme qui l'a charmé, Mahaut de Vigonrin, qui, sous ses airs de colombe pourrait bien cacher une noire vipère...Ce sont donc deux investigations que le rusé bourreau mène pour le compte de messire Louis d'Avre, le tout nouveau bailli de Nogent-le-Rotrou, nommé récemment, deux investigations qui se complètement tout à fait bien et donnent au livre au intérêt certain -cela permet d'atténuer aussi le sentiment de réchauffé que l'on peut avoir après avoir déjà suivi l'enquête du premier tome, Le Brasier de Justice.
    Hormis cela, on retrouve encore une fois des personnages très bien travaillés -on s'attache de plus en plus à Hardouin, un personnage complexe à la psychologie fine et accomplie-, un contexte historique bien restitué, appuyé par des recherches rigoureuses. Le Moyen Âge revit sous nos yeux, un Moyen Âge pas forcément flamboyant mais, du coup, tout à fait plausible. On est carrément loin de ce Moyen Âge légendaire que l'on a pu trouver chez les auteurs classiques par exemple et que les tableaux de Waterhouse personnifient si bien. Non, chez Japp, on est dans quelque chose de beaucoup plus sombre et poisseux, dans un monde sans concessionassassinats violents se mêlent aux plus vils calculs politiques. Le style de cette saga est peut-être un peu moins enlevé, un peu moins percutant que celui de La Dame sans Terre, par exemple, mais sert particulièrement bien le récit, notamment grâce à des dialogues ciselés, percutants et, parfois, truffés d'humour.
    Je ne sais pas si ce troisième tome sera le dernier de la série mais, pour le moment, il la clôt de façon plutôt efficace, avec des enquêtes bien ficelées, imbriquées les unes dans les autres et servies par des recherches historiques tout à fait sérieuses et solides.

     

    En Bref :

    Les + : les personnages et l'intrigue en général.
    Les - :
    la trop grande analogie avec le premier tome ; je déplore un sentiment de déjà-vu même si l'enquête sur ces enfants enlevés est tout à fait intéressante.


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