• « Le vrai langage est celui du cœur. »

    Mystérieuse Manon ; Elise Fischer

    Publié en 2007

    Editions Pocket

    409 pages

    Résumé : 

    Au XVIIIe siècle, après des décennies de guerres, de famines et d'oppression, la Lorraine encore indépendante a retrouvé son âme et son éclat sous le règne du duc Léopold. Savants, artistes et entrepreneurs se pressent au château de Lunéville où le prince, selon la mode de l'époque, encourage de florissantes faïenceries. Dans son entourage grandit Manon, enfant muette rescapée d'un massacre inexpliqué. D'où vient-elle ? D'où tient-elle cette passion et ce talent de faïencière d'art ? Pourquoi cette adolescente déjà infirme semble-t-elle menacée ? Et qui est ce mystérieux chevalier qui, lui, la protège ? Peu à peu, sous le pinceau de Manon, ornant de motifs et de paysages ces magnifiques vaisselles, la vérité de ses origines va se faire jour.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    A l'issue de cette lecture, deux mots me viennent à l'esprit : mystérieuse, certes, mais aussi laborieuse. Ce livre, relativement court -409 pages-, sans avoir été une corvée, ne me laissera pas un souvenir impérissable, loin s'en faut. Et pourtant, le résumé était prometteur : l'histoire de cette jeune fille muette, Manon, au coeur de la Lorraine du XVIIIème siècle, soumise à bien des bouleversements. Alors que les faïenceries connaissent un réel essort dans la région, la famille régnante se trouve au coeur de troubles politiques et européens de plus en plus menacants pour leur petit duché -à la suite de la Guerre de Succession de Pologne, les ducs de Lorraine seront d'ailleurs dépouillés de leurs terres au profit du roi polonais déchu, Stanislas, par ailleurs beau-père de Louis XV.
    Et au milieu de cela, une petite fille grandit, Manon, dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est qu'elle a survécu, à l'âge de neuf ans, à la terrible agression qui a coûté la vie à ses deux parents et son petit frère. Recueillie par des domestiques du comte de Fontenoy, un proche ami du duc Léopold de Lorraine, Manon va grandir, sa quête chevillée au coeur : elle veut savoir d'où elle vient et n'aura de cesse de chercher pourquoi sa famille a péri dans de si horribles circonstances. Quête, défi qu'elle transmettra à sa fille, Marie-Elisabeth, affectueusement surnommée Mariza et qui sera l'héroïne des dernières parties du livre. En effet, on pourrait le découper de façon binaire, les premiers chapitres et parties étant consacrés à Manon et les derniers à son héritière, qui parviendra finalement à percer les secrets qui entourent l'histoire de sa mère et à faire la lumière sur cette sordide histoire.
    Le résumé avait vraiment de quoi plaire et, d'ailleurs, j'avais découvert ce livre il y'a quelques années déjà et je m'étais fait la réflexion qu'il pourrait certainement me plaire. Je l'avais mis dans un coin de ma Wish-list avant de le recevoir finalement, cette année, dans le cadre du swap Un Saut dans le Temps. Ma binôme, Tachas, étant lorraine, elle m'a envoyé ce roman qui se passe dans sa région. wink2

    Personnellement, je suis complètement passée à coté de ce roman. C'est dommage, mais c'est comme ça. L'histoire de Manon est touchante, pourtant mais je n'ai pas réussi à m'attacher vraiment aux personnages ni même à entrer dans le récit. L'intrigue est cousue de fil blanc, et, sous ses airs palpitants, elle se révèle finalement bien plate car on devine rapidement où l'auteure veut en venir, ce qui fait retomber complètement l'effet de suspense. Les dialogues sont parfois un peu caricaturaux, le récit narratif souffre de lourdeurs -et de petites erreurs historiques qui, sans être gravissimes m'ont un peu gênée, je l'avoue. A la moitié du livre, il a presque fallu que je m'arme de courage pour le terminer. Vraiment. C'est rare que je passe de cette façon à côté d'un récit mais là, malheureusement, ça a été complètement le cas...Et pourtant, l'intrigue en elle-même m'a plu car elle a vraiment du potentiel : cette intrigue industrielle m'a un peu rappelé celle des Couleurs du Feu, la magistrale saga porcelainière de Jean-Paul Desprat. On découvre un savoir-faire typique de cette région française, la faïence, les techniques, d'autant plus qu'Elise Fischer s'appuie sur l'histoire d'une famille qui a réellement existé, les Chambrette, faïenciers de père en fils, qui fournirent la cour de Léopold de Lorraine -le grand-père de Marie-Antoinette pour la petite anecdote- puis celle du duc Stanislas. Cette histoire, qui mêle habilement destins privés -Elise Fischer nous fait ainsi entrer dans l'intimité de la famille ducale avant que les orages ne l'atteignent, une famille qui vivait bourgeoisement malgré son rang- et grande Histoire -les bouleversements politiques et les guerres qui secouent cette première moitié du siècle puisque l'intrigue court entre 1712 et 1749-, avait quelque chose, dans son idée première, de tout à fait cohérent et aurait pu donner un roman remarquable. Malheureusement, on s'ennuie vite et c'est ce que je reproche à l'intrigue : elle s'essouffle rapidement et donne lieu à de nombreuses longueurs malgré l'intérêt historique certain du livre et le visible attachement qu'Elise Fischer a pour la région lorraine, dépeinte avec chaleur et amour au fil des pages. Bref, sans avoir passé un horrible moment, Mystérieuse Manon restera un roman vite lu et vite oublié. Pour autant, je ne vous le déconseillerais pas, à vous de le découvrir si vous le voulez et de vous faire votre propre opinion -il n'y a encore que ça de vrai.

    Mystérieuse Manon ; Elise Fischer

    Femme couronnant un musicien : groupe en faïence issu des manufactures de Lunéville-Saint-Clément (vers 1780)

    En Bref :

    Les + : l'histoire touchante de Manon, l'intrigue industrielle.
    Les - :
     l'intrigue, qui s'essouffle trop vite et les lourdeurs de style.

     


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  • « Toutes les routes se terminent quelque part, mais la route, elle, celle qui nous entraîne au-delà de nous-mêmes n'a pas de fin. »

    Hexagone ; Lorànt Deutsch

    Publié en 2013

    Editions Michel Lafon 

    458 pages 

    Résumé :

    Un voyage de 2600 ans, pour suivre le mouvement des peuples qui ont fait la France.

    Cela commence au VIe siècle avant notre ère par la création idyllique de Marseille, et se termine de nos jours aux portes du tunnel sous la Manche. Entre-temps. on aura vu surgir les richesses d'une ville celte en Bourgogne, les bateaux transportant sur la Seine le précieux étain de Cornouailles, les voies très convoitées de l'ambre, du sel et du fer, et mille autres témoins du passé. L'Histoire s'inscrit au fil des routes - une par siècle -, et Lorànt Deutsch nous raconte la vie, au fil des jours. Celle des grands de ce monde comme celle des plus humbles habitants. Chaque siècle, riche d'événements, nous en livre les traces palpables et son lot d'anecdotes romanesques. Des chemins empierrés gaulois aux chaussées de monsieur McAdam en passant par les fleuves et le rail, savourez les révélations d'un parcours qui, peu à peu, prend la forme de l'Hexagone.
     
    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :
     
    En 2009, Lorànt Deutsch, qui est acteur de formation, sortait Métronome, l'Histoire de France au rythme du métro parisien, un livre innovant qui a tout de suite trouvé ses lecteurs mais aussi...ses détracteurs. Et, depuis, je crois que la polémique ne s'est jamais arrêtée. Beaucoup de bruit pour rien ? Personnellement, je me suis abstenue de juger tant que je n'avais pas lu et, comme à mon avis, rien ne vaut le jugement personnel, j'ai évité au maximum de lire les avis, positifs ou négatifs, qui auraient pu m'influencer.
    Quatre ans après Métronome, c'est Hexagone, une Histoire de France au rythme des routes que Lorànt Deutsch nous proprose et je dis Banco ! Pourquoi pas ? N'étant pas parisienne, le métro m'avait un peu freinée mais là, il semblerait que le livre soit plus général et comme le résumé me plaît bien, je me dis qu'il serait peut-être bien de tenter.
    De part ma formation universitaire -j'ai fait trois ans d'Histoire ainsi qu'une spécialisation Histoire de l'Art-, j'avoue que j'ai un peu peur en me lançant dans cette lecture et c'est aussi pour ça que j'ai retardé longtemps ma lecture -j'avais ce livre depuis plus d'un an dans ma PAL quand je me suis décidée à le sortir dernièrement. L'Histoire, je suis bien placée pour le savoir, n'est pas une discipline que l'on pratique au hasard, c'est une science à part entière qui répond à une méthodologie rigoureuse. Et pour qu'un livre soit considéré comme exhaustif scientifiquement parlant, il faut bien sûr faire autre chose que de parler d'Histoire dans ses pages. Un travail d'Histoire universitaire doit en effet répondre à des critères bien précis. Ainsi, l'Histoire universitaire s'appuie énormément sur les textes, les commentaires de sources étayés ensuite par des auteurs crédibles et réputés : on peut par exemple citer Minois, Duby, Favier, Gauvard, pour le Moyen Âge ; Tulard pour l'Histoire napoléonienne, Bély, Bluche, Cornette, Petitfils pour le Grand Siècle -oh mon Dieu, voilà que l'ancienne étudiante que j'étais refait surface ! Sors de ce corpshappy
    Mais, pour ceux qui aimeraient l'Histoire sans l'avoir forcément étudiée en dehors du collège et du lycée, par chance, des auteurs réputés ont décidé de rédiger des ouvrages qui étaient accessibles à tous et que l'on a qualifié du vilain mot de vulgarisation mais enfin, c'est tout à leur honneur de donner la possibilité à tous de connaître l'Histoire de son pays, à l'heure où, finalement, elle n'a jamais été aussi présente dans notre actualité et reprise -plus ou moins à bon escient, il faut bien le dire- par nos politiques. Personnellement, je suis une fervente partisane de l'Histoire accessible à tous, à condition bien sûr de ne pas faire n'importe quoi non plus. 
    Peut-on considérer Hexagone comme un livre d'Histoire ? Assurément, non. Mais comme un livre historique, oui. Nuance. Jamais, au grand jamais, je ne me risquerai à comparer ce livre-là à ceux de grands historiens ! D'ailleurs, je ne crois pas que Lorànt Deutsch prétende livrer ici un travail scientifique et, d'ailleurs, je pense que c'est de là que sont venues toutes les critiques. Ses livres ont été présentés comme des livres d'Histoire et, tout de suite, les spécialistes sont montés au créneau, ce qu'on peut comprendre ! Si l'Histoire demande tant d'années d'études avant d'être maîtrisée totalement, c'est bien qu'il y'a une raison. Etre historien ne s'improvise pas et on peut comprendre qu'ils l'aient eue mauvaise en voyant les livres de Deutsch cartonner auprès du grand public. Quant à ceux qui ont soulevé le caractère très politique -voire extrême-droite- de ses ouvrages, eh bien, personnellement, je ne l'ai pas du tout senti. A moins que Lorànt Deutsch se soit appris entre Métronome et Hexagone.
    Après cette introduction un peu longue, passons donc au livre en lui-même. J'ai, tout d'abord, été très agréablement surprise par le style, car je ne m'attendais pas du tout à ça, il faut être honnête. Très fluide, il se lit avec plaisir et facilité. Quant au contenu, j'ai trouvé l'idée assez innovante, finalement : nous faire voyager au fil des routes du pays et ce, depuis une époque où la France n'était pas encore la France et jusqu'à nos jours, j'ai trouvé ça finalement assez original et l'auteur a dû fournir pas mal de travail pour parvenir à connecter tous les chapitres entre eux, car on a finalement un sentiment de continuité assez important. Bien sûr, déformation universitaire oblige, avant même de commencer le livre, j'ai feuilleté la bibliographie, indispensable dans un ouvrage comme celui-là -et même dans les romans, maintenant, les auteurs de romans historiques se mettent de plus en plus à fournir une bibliographie- tout comme dans un travail d'étudiant. De bonnes références en général même si certains ouvrages datent un peu et que des auteurs comme ceux cités plus haut n'apparaissent pas dans cette biblio : on retrouve tout de même Duby, Minois et Favier pour le Moyen Âge, ce qui n'est déjà pas si mal. cool
    Ce que je reprocherais au livre, par contre, ce sont parfois les raccourcis ou certains passages résumés en quelques lignes et qui auraient mérité d'être davantage étoffés, en regard d'autres chapitres très détaillés, notamment en ce qui concerne l'Antiquité. J'ai d'ailleurs retrouvé ce sentiment chez certains lecteurs de Métronome, qui déploraient que certains passages ne soient pas davantage explicités. Ici, disons pas davantage explicités par rapport à d'autres car la partie sur l'Antiquité occupe une bonne partie du roman tandis qu'on passe ensuite très rapidement sur le Bas Moyen Âge, la Renaissance, le Grand Siècle etc... Un passage qui m'a gênée également, quand l'auteur en vient à aborder la succession d'Octave -futur Auguste- à César, assassiné aux ides de mars -44. On a le sentiment, en lisant ce chapitre, qu'Octave est devenu empereur sitôt après avoir accédé au pouvoir, or, ce n'est pas le cas, puisque ce qu'on appelle l'Empire ou encore le Principat, ne sera vraiment effectif qu'en -27. Aucune mention, par exemple, du triumvirat mis en place par Octave et qui associait à son pouvoir Marc Antoine et Lépide. Alors, oui, bien sûr nous ne sommes pas ici dans un Précis d'Histoire Ancienne, nous ne sommes pas non plus dans un livre d'Histoire Romaine mais quand même, ce raccourci m'a un peu gênée. Autre petite erreur, moins grave mais quand même...l'oncle d'Aliénor d'Aquitaine, prince d'Antioche, ne s'appelait pas Robert mais Raymond. Bon, à la limite, je serais plutôt encline à fermer les yeux sur cette erreur-là ! ^^ J'ai eu très très peur en arrivant au chapitre concernant Charles Martel et l'invasion arabe au VIIIème siècle mais Deutsch évite relativement bien l'écueil qui voudrait que l'on juge ce fait historique par rapport à notre actualité. Je ne dis pas que je suis d'accord avec tout ce qu'il dit mais dans l'ensemble, on sauve les meubles ce qui n'est déjà pas si malsmile
    Finalement, après avoir refermé Hexagone, que pourrais-je en retenir ? C'est la grande question. Eh bien, je dirais tout simplement qu'il n'y a pas que du mauvais dans ce livre, bien au contraire. Avant la rigueur historique, Deutsch fait passer sa passion pour l'Histoire -et il me semble qu'on n'a pas besoin d'avoir fait des études sur tel ou tel domaine pour en être passionné- et peut-être aussi l'anecdote, ce qui me fait dire qu'on est bien plus dans une Histoire romancée qu'une Histoire rigoureuse mais, peu importe. Deutsch a travaillé pour nous livrer cet ouvrage et même si on n'est pas d'accord avec la démarche, on ne peut pas lui enlever l'effort d'avoir tenté quelque chose. Personnellement, c'est avec des yeux indulgents que j'ai regardé cette démonstration et en essayant au maximum de m'enlever de la tête toutes les critiques et polémiques qui ont été soulevées depuis la sortie de Métronome, il y'a cinq ans. Bien sûr, ses livres ne feront certainement jamais partie des bibliographies des étudiants en Histoire et alors ? Cela en fait-il pour autant un livre qui ne mérite pas d'être lu ? Afin d'en apprendre un peu plus sans s'ennuyer, pourquoi pas ? Et pour ceux qui seraient vite rebutés par les livres scientifiques -ce que je peux comprendre parce que les livres d'Histoire pure et dure sont parfois laborieux-, eh bien ce genre de livres peut être une bonne introduction. Parce que, finalement, malgré quelques petits raccourcis, j'ai été surpris par le nombre relativement peu important d'erreurs. A prendre finalement comme un roman historique ou un historique « de vulgarisation » semi-romancé. Je suis persuadée que, si ces livres avaient été présentés de la sorte, on les aurait finalement mieux acceptés.
    Maintenant, à vous de vous faire votre opinion sur ces livres. Voilà ce que je dirais en guise de mot de fin car rien ne vaut le jugement personnelyes
     
    En Bref : 
     
    Les + : un parti-pris intéressant, de l'Histoire romancée mais intéressante, un style fluide.
    Les - :
     des raccourcis, des passages qui auraient pu être plus explicités, c'est dommage.
     

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  • « Les deux hommes n’étaient certes pas faits du même métal : l’un affichait noblesse et pacifisme et m’avait pourtant déshonorée sans manifester aucun scrupule ; alors que l’autre, prétendument rustique et brutal, n’avait jamais levé la main sur moi, ni pour me battre ni pour me forcer. »

    Le Clan de Mallaig, tome 1, L'Hermine ; Diane Lacombe

    Publié en 2005 au Canada ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Editions Pocket

    529 pages

    Premier tome de la saga Le Clan de Mallaig

     

    Résumé :

    Écosse, 1390. Pour éviter un mariage détestable qu’on lui impose, la belle Lite MacGugan se résout à épouser Baltair MacNèil, qu’elle sauve ainsi de la potence.
    Tandis que Baltair, embauché comme mercenaire par différents seigneurs, assiste à la déroute de Robert III dont le règne est malmené par les luttes entre nobles, Lite se consacre corps et âme à l’expansion du domaine de sa belle-famille, à Mallaig, tout en tenant son époux à distance.
    C’est pourtant elle qui, bien des guerres et des trahisons plus tard, tentera par tous les moyens d’empêcher la perte de Baltair...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Nous sommes à la fin du XIVème siècle, quelque part dans les Highlands et nous faisons connaissance avec l'héroïne du roman, qui en sera d'ailleurs l'un des narrateurs, Lite MacGugan, pupille de la comtesse de Ross. Fille de la servante qui fut aussi la nourrice de la fille du comte et de la comtesse de Ross, Lite a été élevée avec les enfants du couple, Alasdair et Mariota, qu'elle considère comme ses frère et sœur. Mais, en cette fin de siècle, le comte de Ross est mort et la comtesse a été obligée d'épouser Alexander Stewart, comte de Buchan, que l'on surnomme aussi le « Loup de Badenoch ». Et voilà que le comte se met en tête de faire épouser à son fils bâtard la jeune Lite qui, pour échapper à un mariage qui la révulse, va invoquer auprès du roi Robert III d'Ecosse la vieille coutume du pardon royal des époux, qui veut qu'une femme peut sauver de la mort un homme qu'elle s'engage à épouser. Son choix va alors se porter sur Baltair MacNèil, le fils d'un chef de clan des Higlands. Cateran au service du comte de Buchan, MacNéil a été fait prisonnier à la suite du sac de la cathédrale d'Elgin et est donc condamné à être pendu haut et court. Il sera sauvé in extremis par Lite, qui décide de l'épouser. Le mariage, qui à l'origine, devait être un mariage blanc, un prêté pour un rendu en quelque sorte, Lite et Baltair se rendant finalement mutuellement service, va progressivement se transformer en une véritable romance entre l'ancien cateran et celui qu'il surnomme, tantôt amoureusement, tantôt ironiquement, l'Hermine...
    L'histoire du couple s'inscrit dans une histoire plus grande, celle de l'Ecosse qui, en ces années 1390, n'est pas de tout de repos. Alors que la France et l'Angleterre -à laquelle l'Ecosse n'est pas encore rattachée- se déchirent sur le continent, l'Ecosse a choisi de soutenir la France -les relations diplomatiques entre les deux pays vont d'ailleurs perdurer longtemps. Le roi d'Ecosse, à ce moment-là, est Robert III, un Stewart -ou Stuart. Par les femmes, il descend de Robert Ier, Robert de Bruce, tandis que, par les hommes, il descend des Grands Sénéchaux d'Ecosse -High Steward, d'où le nom de famille, qui restera-, qui parvinrent à s'emparer du pouvoir en 1371, avec le père de Robert III, le roi Robert II. Mais la famille royale se déchire. Les frères du roi, légitimes ou bâtards, lui disputent son pouvoir, Robert III a du mal à imposer son pouvoir aux farouches Highlanders et craint pour la vie de son petit héritier, James, le futur roi James Ier. En 1399, le fils aîné de Robert III, David, duc de Rothesay est fait lieutenant général du royaume, du fait de l'incapacité de son père à régner sur l'Ecosse, étant malade. S'ensuit une invasion anglaise des terres écossaises et la demande au Parlement de la déposition du souverain.

    Le Clan de Mallaig, tome 1, L'Hermine ; Diane Lacombe

    La cathédrale d'Elgin, incendiée en 1390 et dont l'épisode est au centre du récit de L'Hermine de Mallaig


    C'est donc au milieu de ce contexte relativement agité que Lite et Baltair vont se détester puis apprendre à s'aimer. La jeune femme, à force de persuasion, saura réintégrer Baltair à sa famille, les MacNèil de Mallaig, qui l'avait renié lorsqu'il était devenu cateran. Elle fera de la petite bourgade maritime une véritable cité portuaire et prospère, basée sur les échanges commerciaux et la vente du sel et agrandira le château des MacNèil pour en faire une véritable forteresse, à l'image de Dinkueal, le château des comtes de Ross où elle a passé ses années d'enfance. Mais elle devra aussi surmonter bien des obstacles dans sa propre vie et devra se battre.
    Parlons un peu du personnage de Lite MacGugan, l'épouse de Baltair de Mallaig, qui est l'un des deux narrateurs -avec le narrateur omniscient- du récit, Diane Lacombe alternant entre des chapitres très intimes et personnels auxquels Lite prête sa voix et des chapitres un peu plus distanciés, où le narrateur omniscient prend le relais de la jeune femme. J'avoue avoir été, au début, un peu déroutée par ce parti-pris mais on finit par s'y faire et la lecture devient relativement fluide lorsqu'on s'est habitué à la manière narrative choisie par l'auteure. Quant au personnage principal de Lite, eh bien, je suis assez partagée. Elle est finalement aussi agaçante qu'attachante. Très moderne dans sa façon de concevoir sa vie -peut-être trop ?-, Lite de Mallaig n'en est pas moins une femme relativement capricieuse bien qu'elle ait beaucoup d'esprit et de détermination. Je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher à elle et c'est dommage. Et même si, parfois, elle force l'admiration, dans l'ensemble, je ne me suis pas identifiée à elle et elle m'a même parfois fortement tapé sur les nerfs. Quant aux autres personnages, qui sont finalement assez secondaires, l'histoire tournant surtout autour du duo formé par les deux époux, Lite et Baltair, ils sont là, voilà. Ni plus ni moins. On ne s'y attache pas vraiment non plus.
    Le roman en lui-même est assez riche, très foisonnant, mais présente quand même pas mal de longueurs dans les premiers chapitres. Il faut être patient car l'histoire se met en place lentement et les rebondissements apparaissent au bout d'une centaine de pages environ. Quelques petites erreurs historiques mais, dans l'ensemble, le contexte historique est bien restitué, ce qui n'a pas dû forcément être facile, la succession d'Ecosse étant relativement compliquée. Finalement, L'Hermine de Mallaig -qui, pour la petite anecdote, est en quelque sorte le premier tome de la saga mais a été écrit après les autres-, est un roman historique et d'amour relativement bien réussi -on ne tombe jamais dans la mièvrerie-, qui ne me marquera certainement pas comme une lecture formidable, mais que j'ai tout de même trouvé agréable à lire. Bref, ce n'est pas le meilleur roman historique que j'ai lu mais il reste efficace.

     

    Le Clan de Mallaig, tome 1, L'Hermine ; Diane Lacombe

    Paysage des Higlands 

    En Bref :

    Les + : une histoire d'amour plutôt bien écrite , un roman historique efficace et agréable à lire. 
    Les - :
     
    le personnage principal pas forcément très attachant, des longueurs et quelques erreurs historiques. 


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  • « Mais est-ce que le devoir seul peut exiger d'une personne un geste qui met sa vie en péril ? »

    Le Clan de Mallaig, tome 2, La Châtelaine ; Diane Lacombe

    Publié en 2002 au Canada ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Editions Pocket

    539 pages

    Deuxième tome de la saga Le Clan de Mallaig

     

    Résumé :

    Ecosse, 1424. Gunelle Keith, dix-neuf ans, fille d'un riche commerçant d'Aberdeen, est donnée en mariage à Iain MacNèil, héritier d'un féroce clan des Highlands. L'union de cette jeune fille naïve et de ce rustre jeune homme n'a qu'un seul but : servir les intérêts économiques de leurs deux familles. Pour Gunelle, contrainte de rejoindre son nouveau foyer, l'apprentissage sera long et difficile. Plus que la langue et la culture, c'est son mari qu'elle va devoir apprivoiser. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Et nous voici donc plongés dans l'Ecosse du XVème siècle. En Europe, alors que le Moyen Âge touche doucement à sa fin, l'Ecosse, perdue dans ses brumes du Nord, reste un pays attaché à ses traditions ancestrales qui, pour certaines, remontent aux Pictes ou aux Vikings. Nous arrivons, avec La Châtelaine, vingt-quatre ans après la fin du premier tome, L'Hermine. Baltair MacNèil, le vieux chef du clan de Mallaig, est à la fin de sa vie. Son fils aîné et son épouse, dame Lite, l'héroïne du premier tome, sont morts et il s'apprête donc à passer le flambeau à son cadet Iain qui, à vingt-quatre ans, va épouser une jeune fille des Lowlands, Gunelle Keith, la fille d'un riche commerçant de Crathes, dans la région d'Aberdeen.
    C'est cette jeune femme, élevée en France, instruite et intelligente, qui va finalement servir de gage de paix entre les MacNèil des Highlands et les Keith des Lowlands. A dix-neuf ans, Gunelle quitte les siens pour gagner ces terres de l'ouest, sauvages à bien des égards. Elle va se heurter à l'hostilité affichée de son jeune époux et va devoir déployer bien des ruses pour parvenir enfin à l'amadouer.
    J'ai eu la sensation qu'on entrait bien plus facilement dans ce tome-là que dans le premier. Diane Lacombe reprend le même schéma narratif, avec une alternance des voix, certains chapitres étant totalement omniscients, notamment pour relater les aventures des autres personnages, tandis que certains, beaucoup plus intimes, nous placent du point de vue de la nouvelle héroïne, Gunelle. Du coup, après avoir expérimenté ce schéma un peu déroutant au premier abord dans L'Hermine, on parvient à se l'approprier plus rapidement dans ce tome-ci. Autre petit avantage, par rapport au premier tome, c'est que l'on s'attache bien plus rapidement aux personnages et notamment à Gunelle...et, étrangement, on finit par s'attacher assez vite à Iain qui, dans les premiers chapitres, est pourtant totalement exécrable parce qu'on sent chez lui une certaine fragilité, finalement, qui en fait un personnage bien plus complexe que ceux croisés dans le premier tome. En effet même si, dans L'Hermine, j'ai apprécié d'assister à la naissance de la romance entre Lite MacGugan et Baltair MacNèil, je n'ai pas forcément réussi à m'attacher aux personnages et surtout à Lite, l'un des deux narrateurs du récit, un peu trop capricieuse à mon goût pour susciter un véritable intérêt de la part du lecteur. Dans La Châtelaine, ce n'est pas le cas, bien au contraire, et j'ai trouvé cette petite Gunelle tout à fait attachante. En butte, d'abord à l'hostilité à de son époux puis à celle de sa belle-soeur, Gunelle est déterminée, triomphe des obstacles et on ne peut s'empêcher d'admirer la façon dont elle se dépêtre des embûches placées sur sa route. 

    Hormis cela, on retrouve encore une fois un très beau tableau de cette Ecosse millénaire, marquée par une tradition ancestrale importante et par ses légendes. On est dans cette Ecosse qui fait rêver, celle des châteaux et des lochs, cette Ecosse sauvage qui, depuis le Moyen Âge, ne semble pas avoir changé et reste préservée dans ses paysages magnifiques. La trame historique ne servant finalement que d'étai, si je puis dire, à la romance qui se noue peu à peu entre Gunelle et Iain, je n'en parlerai pas ici car contrairement au premier tome, l'Histoire passe très vite au second plan. Pas d'erreurs historiques à faire bondir au plafond, donc, même si la question de cet évêque d'Orléans d'origine écossaise me travaille un petit peu -je me demande du coup si ce personnage n'est pas totalement issu de l'imagination de l'auteure...de là pourrait donc découler mon premier bémol par rapport au roman : l'absence d'explication par l'auteur, en fin de livre, de ses parti-pris et, éventuellement des libertés prises par rapport à l'Histoire établie
    Autre bémol, la trop grande similitude entre les deux romances : en effet, l'histoire d'amour qui unit Iain MacNèil à sa jeune épouse Gunelle Keith fait furieusement penser à celle de Baltair et Lite, les parents d'Iain, qui est au centre du récit de L'Hermine, le premier tome. Finalement, les deux histoires se développent de la même façon, glissant progressivement d'une hostilité affichée à un amour fort et sincère. Dommage, mais pas gravissime non plus. 
    Avant de conclure, quelques mots sur le style, qui ne m'a pas forcément transcendée, ni dans ce tome, ni dans le précédent d'ailleurs. Par moments un peu lourd voire plat, des tournures un peu trop modernes mais dans l'ensemble, un livre relativement rythmé et fluide, qui se lit bien. Finalement, Le Clan de Mallaig fait partie de ses sagas qui se bonifient de tome en tome et deviennent de plus en plus captivantes. Certains lecteurs l'encensent comme étant l'une des meilleures sagas historiques de ces dernières années, sans aller jusque là, je dois dire qu'elle reste particulièrement efficace et plaisante à lire pour ceux qui aiment les romans historiques.

    Les paysages d'Écosse

     

    Paysages des Higlands (au premier plan, le célèbre château de Eilean Donan)

     

    En Bref :

    Les + : un récit captivant, des personnages -surtout Gunelle, l'héroïne- attachants voire complexes et très bien travaillés.
    Les - :
     
    de trop grandes similitudes avec la romance au centre du premier tome, dommage. Un peu d'originalité n'aurait pas été de trop !


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  • « Il n'y a pas de plus grande humiliation que d'être refoulé d'un groupe en raison du milieu auquel on appartient. »

    Le Clan de Mallaig, tome 3, Sorcha ; Diane Lacombe

    Publié en 2004 au Canada ; en 2014 en France (pour la présente édition) 

    Editions Pocket

    476 pages

    Troisième tome de la saga Le Clan de Mallaig


    Résumé :

    Ecosse, 1437. Fille d'un laird de la tribu MacNèil de Mallaig, Sorcha Lennox grandit dans un couvent de l'île d'Iona, où sa mère s'est réfugiée après la disgrâce de son mari. Par correspondance, la jeune fille se rapproche de son vaste clan et plus particulièrement de la châtelaine. Bientôt, elle va devenir sa suivante. C'est le jeune Baltair qui vient la chercher pour le voyage. Entre eux un lien puissant se crée. Mais l'arrivée de Sorcha à Mallaig va délier de mauvaises langues et les rumeurs les plus infâmes sur ses origines ne tardent pas à circuler...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Ce troisième et ultime tome de la saga Le Clan de Mallaig commence en 1437, une dizaine d'années après l'issue du second et porte le nom de l'héroïne éponyme, Sorcha Lennox, de Morar, qui sera, après Lite MacGugan et Gunelle Keith, la troisième narratrice féminine de cette grande fresque. Sorcha est une jeune enfant lorsque que commence ce livre. C'est la fille du lieutenant William Lennox, anciennement au service des Keith, homme de confiance de dame Gunelle, qui est devenu un laird du clan MacNèil après le mariage de cette dernière avec Iain MacNèil. Celui-ci a hérité d'une propriété de la famille près du loch Morar, où la jeune Sorcha passa son enfance. Mais, en cette année 1437, le destin de la jeune fille va se précipiter et basculer. Le 21 février, le roi Jacques Ier est assassiné à Perth et l'un des beaux-frères de Lennox, jeune frère de son épouse Angusina, vient se réfugier à Morar : tout laisse à penser qu'il a trempé dans le complot qui a visé le roi. La jeune Sorcha et sa mère sont mises à l'abri par le lieutenant Lennox sur la sainte île d'Iona, dans un couvent de femmes. Après la mort de son père, Sorcha, qui refuse le destin de moniale que lui propose la mère supérieure du couvent, décide de quitter Iona et d'aller honorer la tombe de son père à Edimbourg. Au même moment, à Mallaig, dame Gunelle, qui a correspondu avec la jeune fille, envoie son fils aîné, Baltair, chercher Sorcha pour la ramener dans les Highlands, la châtelaine souhaitant en effet en faire sa suivante. Commence alors, pour Sorcha comme pour Baltair une course à travers l'Ecosse, une course qui ne sera pas sans conséquence, ni pour l'un ni pour l'autre.
    Voilà, en quelques mots, comme on pourrait résumer ce troisième tome de la saga écossaise de Diane Lacombe. Nous faisons donc la connaissance d'un nouveau personnage féminin, la jeune Sorcha qui, de toute jeune enfant, se mue doucement sous nos yeux en jolie adolescente déterminée. Nous faisons également la connaissance d'une nouvelle génération de MacNèil : après avoir fait évoluer Baltair et Lite dans L'Hermine, Diane Lacombe a imaginé le destin de leur fils puîné Iain, de l'épouse de ce dernier dans La Châtelaine et, enfin, ce sont les propres enfants de Iain et Gunelle qui grandissent dans cet ultime tome de la trilogie.
    Le Clan de Mallaig est une saga historique mais aussi une saga de romance : et, qui dit romance, dit, forcément, histoire d'amour. Et il n'y pas besoin d'être voyant pour comprendre rapidement que ce voyage à travers l'Ecosse va vite unir Sorcha et Baltair le Jeune autrement qu'amicalement. Je dois dire que ce troisième tome est plutôt à la hauteur des deux précédents. Le premier tome, L'Hermine, serait finalement ce qui m'a le moins plu et le moins fait palpiter car je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages principaux et notamment à Lite, l'un des narrateurs. Avec La Châtelaine, au contraire, je me suis tout de suite sentie proche du personnage de Gunelle, fragile en apparence mais finalement très complexe. Et là, même si j'ai ressenti moins d'amitié pour Sorcha et que je suis restée finalement assez détachée d'elle, je me suis très vite plongée dans le récit, riche en rebondissements et péripéties. Sorcha est également un très beau tableau de cette Ecosse highlander sauvage et intemporelle et cette description d'un pays si beau et si riche participe bien sûr à l'intérêt et au plaisir du lecteur. 

    Même si le style de Diane Lacombe n'est pas extraordinaire et reste très conventionnel, au final, j'ai trouvé cette saga très plaisante et ce troisième tome tient complètement ses promesses. Il clôt particulièrement bien cette saga médiévale qui s'étend sur deux siècles, deux siècles importants de l'Histoire européenne : les XIVème et XVème siècles, siècles-charnières et de bouleversements, entre Moyen Âge tardif et balbutiements d'une nouvelle époque, qui sera un jour appelée Renaissance...Je me suis parfois un peu embrouillée dans les dates, la chronologie n'étant pas forcément claire et c'est d'ailleurs ce que je pourrais reprocher en général à la saga, même si cette confusion ne se retrouve pas forcément dans le premier tome, un peu plus linéaire, peut-être...Diane Lacombe a choisi d'utiliser l'ancienne datation en vigueur dans cette partie du monde, pour ses romans : il s'agissait de ce que l'on appelle le « style florentin » ou « style de l'Annonciation » qui faisait commencer l'année le 25 mars -dans les Highlands, où l'on parlait le gaélique, on appelait l'An Neuf le Calluinn et cette célébration se faisait donc à la fin du mois de mars. Mais j'avoue que, parfois, étant donné que nous ne nous référons plus, aujourd'hui, à ce système de datation, le calendrier ayant été harmonisé par la suite, je me suis un peu paumée dans les dates et celle de la mort du roi Jacques Ier m'a particulièrement posé problème, ne sachant pas s'il était véritablement mort le 21 février 1437 ou 1438... J'ai donc décidé de rapidement faire abstraction des dates pour ne me concentrer que sur le récit mais j'avoue que j'ai eu un peu de mal à éclaircir ce problème de datation mais qui m'a un peu gênée, du coup. 
    Le Clan de Mallaig est une saga historique plaisante à lire, et, même si s'attacher à ses personnages n'est pas forcément évident, le récit est suffisamment bien amené pour qu'on se laisse mine de rien prendre au jeu. A lire, je pense, si vous aimez les romans historiques et médiévaux (comme moi).

    En Bref :

    Les + : un récit riche en rebondissements ; des personnages travaillés.
    Les - : une chronologie pas forcément très claire.

     

     


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