• Contes ; Jacob et Wilhelm Grimm

    « Avant que j'accède à votre désir, il me faut avoir trois robes, une dorée comme le soleil, une argentée comme la lune, et une brillante comme les étoiles : en outre j'exige un manteau fait de mille peaux et de mille fourrures, pour lequel chaque animal de votre royaume devra donner un morceau de sa peau... » (Peaux-de-Mille-Bêtes)

    Contes ; Jacob et Wilhelm Grimm

    Publié en 1976

    Date de publication originale en Allemagne : 1812

    Date de publication originale en France : ?

    Titre d'origine : Kinder und Hausmärchen

    Editions Folio (collection Classique) 

    404 pages

     

     

    Résumé :

    Des contes de Grimm, on ne connait guère en France que les plus célèbres, encore est-ce la faveur d'une confusion, puisque, pour le grand public, ils appartiennent bien plus au monde du dessin animé qu'aux deux savants allemands qui les ont révélés pour les sauver de l'oubli.
    Pourtant, tels que les frères Grimm les ont patiemment recueillis et transcrit, ils sont une des sources les plus profondes du romantisme allemand et ont droit à une place de choix dans la littérature universelle. Si humbles soient-ils à l'origine, ils lui ont en effet fourni non seulement le "il était une fois" qui est le début de tout roman, mais d'inépuisables sujets de réflexion sur ces commencements et ses fins : les contes de Kafka seraient pour une part inconcevables sans ce qu'ils doivent aux Märchen, et Brecht avait de très bonne raisons d'imiter Grimm dans l'un de ses plus beaux poèmes.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Rien ne prédestinait ces deux frères, scientifiques de formation, à devenir auteurs -ou collecteurs- de contes. Et puis il y'a eu la volonté de sauver et pérenniser des œuvres de folklore de leur pays. Cela dit, bibliothécaires, philologues, mythographes et linguistes de formation, leur métier les portait finalement vers les légendes et les mythes divers et variés. Nés en 1785 et 1786 à Hanau, en Allemagne, Jacob et Wilhelm commencèrent vers l'âge de trente ans, au début du XIXème siècle la collecte de contes ancestraux qu'ils mirent par écrit -car bien souvent, les contes sont des légendes orales que l'on se raconte aux veillées, pour se faire peur ou bien pour édifier. Ils les publièrent sous le titre de Kinder und Hausmärchen (Contes de l'Enfance et du Foyer), une première fois en 1812 puis, l'édition qui devait être celle des Contes sera finalement publiée en 1857. 

    Contes ; Jacob et Wilhelm Grimm

     Jacob et Wilhelm Grimm par Elisabeth Jerichau-Baumann (1855)


    Tous les pays, toutes les régions, ont leurs mythes et leurs légendes propres. Ainsi, entre la France et l'Allemagne, le folklore ne diffère pas beaucoup et l'on retrouve donc pas mal de similitudes entre les Contes des frères Grimm et les Contes de Perrault : le Petit Chaperon Rouge, Cendrillon, Peau d'Âne, la Belle au Bois Dormant sont ainsi des sujets d'inspirations communs à l'auteur français et aux auteurs germaniques.
    Aujourd'hui, tous ces contes sont encore édités mais on les connaît surtout grâce à l'industrie du cinéma, qui s'en empara au XXème siècle pour en faire des dessins animés à succès. Et si nous sommes finalement si familiers des personnages encore de nos jours -qui ne connaît pas Cendrillon ? Blanche-Neige ?-, c'est certainement grâce à ces films d'animation, certes édulcorés, pour correspondre à un jeune public mais qui n'ont pas moins permis de conserver encore d'une autre manière ces histoires merveilleuses dont l'origine remonte, pour certaines, au Moyen Âge.
    Bien évidemment, dans ces contes, le merveilleux est partout : princesses belles comme le jour, jeunes princes intrépides, princesses emprisonnées dans le corps de différentes bêtes à cause de charmes, hommes sauvages, géants, roi aux pouvoirs immenses, riches et pauvres, dont les mondes se télescopent sans cesse. Porteurs de morales ou pas, ces contes servent bien sûr à édifier mais aussi à raconter de jolies histoires, même si elles ne sont jamais de tout repos et que le héros, avant d'arriver à son but -qui est bien souvent le mariage avec la belle princesse, conte oblige-, va devoir traverser bien des embûches qui prennent bien souvent la forme d'une quête initiatique. Les contes, c'est aussi un affrontement incessant entre le Bien et le Mal et même si ce dernier semble parfois gagner, c'est le Bien, à force de ruses, qui va réussir à le terrasser. 
    Manichéisme assumé et pressenti de toute façon par le lecteur, mais qui ne choque pas, car nous sommes ici dans des récits merveilleux qui s'y prêtent et permettent aussi d'une certaine façon, à ceux qui les lisent ou qui les écoutent, de comprendre quels sont les avantages d'être attiré par le Bien et les inconvénients à l'être par le Mal, car, même si ce dernier peut s'avérer particulièrement tentant, ceux qui ont l'âme noire finissent toujours par être punis par ceux qui sont restés purs : ainsi de la vilaine et jalouse reine de Blanche-Neige, des deux sœurs cupides et méchantes dans Cendrillon, des parents ingrats qui préfèrent abandonner leur progéniture ou la punisse trop sévèrement, ceux qui sont par trop ambitieux...A l'inverse, les jolies princesses sacrifiées et amoureuses se voient finalement ouvrir devant elles des destins certes tous tracés mais heureux, avec l'élu de leur cœur, dans un beau château et régnant sur un royaume prospère. 
    Les Contes, c'est finalement un bon moyen de retomber en enfance même si nous avons ici, en quelque sorte, des contes pour adultes, qui ne sont pas édulcorés et peuvent paraître parfois un peu violents et sombres, comme la fin de Blanche-Neige, par exemple, qui n'est pas celle de Disney. Mais, en même temps, l'enfance est intimement liée à ces récits en tous genre qui nous bercent pendant de nombreuses années et flirtent toujours plus ou moins avec le merveilleux. Les Contes, que ce soient ceux-ci ou ceux de Perrault, sont indémodables et se laissent lire avec un plaisir certain.

    Contes ; Jacob et Wilhelm Grimm 

    Blanche-Neige tentée par les marchandises de la méchante sorcière grimée en commerçante

    En Bref :

    Les + : des classiques oniriques, qui font voyage et retomber en enfance. Indémodables.
    Les - :
    des redondances (mais cela fait aussi partie du jeu).

     


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 28 Janvier 2015 à 12:09

    En décembre, j'ai lu, ou plutôt relu les contes de Perrault et ça a été très agréable. C'était une lecture enthousiaste, qui m'a permis de découvrir, oui découvrir, l'histoire de la belle au bois dormant (j'ai été horrifié et très surprise). Je suis bien tentée de relire les contes des frères Grimm aussi !

    2
    Jeudi 29 Janvier 2015 à 18:08

    Je connais davantage les contes de Perrault que ceux de Grimm. Il faudrait que je les relise pour comparer les différences entre ces versions, et surtout renouer avec leur version non censurée... Car il est vrai que ces contes sont souvent bien cruels, d'ailleurs, il s'adressaient aux adultes plus qu'aux enfants il me semble...

    Merci pour ce bel article et cette redécouverte... ^^

    3
    Mercredi 4 Février 2015 à 15:13

    Les contes de Grimm est un classique que je dois lire absolument.

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