• De Taille et d'Estoc, la jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour ; Jean d'Aillon

    « Mais la guerre est trop belle et le diable se délecte trop à l'attiser ! »

    De Taille et d'Estoc, la jeunesse de Guilhem d'Ussel ; Jean d'Aillon

    Publié en 2013

    Editions J'ai Lu

    512 pages

    Premier tome d'une saga « hors-série » racontant la jeunesse de Guilhem d'Ussel

    Résumé :

    Marseille, 1187. Antoine, orphelin de treize ans recherché pour meurtre, se retrouve seul sur les routes infestées de bandits, de mercenaires mais aussi de quelques belles âmes. L'adolescent, qui dorénavant se fait appeler Guilhem, va, au hasard d'étonnantes rencontres, être initiéà l'art des troubadours tout comme à celui de la coutellerie, du lancer de couteau et du duel.
    Son chemin croise, un jour, celui de Joceran d'Oc et de Jeanne de Chandieu qui, pour vivre leur passion, ont quitté l'habit et les ordres religieux. Ils n'en sont pas moins accusés d'avoir dérobé la Sainte Lance, inestimable relique rapportée de Terre sainte par les croisés.

    Amour et honneur, quête de la vérité et vengeance : la grande saga du chevalier troubadour Guilhem d'Ussel peut commencer.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1187, à Marseille, un jeune garçon de treize ans, convers de l'abbaye de Saint-Victor vient de perdre le dernier membre de sa famille : sa mère, épuisée par une vie de misères et d'épreuves. Son frère, sa sœur et son père étaient déjà morts depuis de nombreuses années. Le futur Guilhem d'Ussel, qui porte encore son nom de baptême, Antoine, sait que désormais sa vie ne sera jamais plus la même, d'autant plus qu'après s'être rendu coupable d'un meurtre à la tannerie qui employait ses parents de leur vivant, il ne peut plus rester à Marseille. Le voilà donc parti sur les routes et, c'est au cours de ses pérégrinations un peu désespérées que le jeune garçon va comprendre qu'il n'était effectivement pas fait pour la vie religieuse qu'il avait embrassée à contrecœur mais pour celle des armes, dans laquelle il s'avère particulièrement doué. C'est finalement comme cela que, de fil en aiguille, il va rencontrer Mercadier, le fameux routier de Richard Cœur-de-Lion et de sa mère, Aliénor d'Aquitaine, qui épouvante leurs vassaux et sème la terreur en Poitou et en Aquitaine. Antoine, devenu Guilhem d'Ussel, que le début bien malheureux de son existence n'a pas immunisé contre la violence, bien au contraire -
    même si le jeune homme se refuse rapidement à la torture gratuite à laquelle se livraient avec plaisirs routiers, brabançons et cottereaux-, s'avère une aide précieuse pour le chef des routiers de Richard qui l'accepte dans son armée. La période est en effet alors très troublée, puisque les Plantagenêts se déchirent, les frères contre le père et même les frères entre eux et cela, depuis de nombreuses années. A cela, il faut ajouter les vassaux d'Aquitaine et du Poitou qui se révoltent sans cesse, comme le vicomte de Limoges, par exemple et la volonté de plus en plus concrète de la couronne capétienne, ceinte alors par le fameux Philippe Auguste, de repousser les frontières du domaine royale et de soumettre des seigneurs autant si ce n'est plus puissants que le souverain lui-même. C'est donc dans ce contexte relativement troublé et violent que commence la vie d'homme d'armes d'un personnage que l'on retrouvera onze ans plus tard, de nouveau à Marseille, pour enquêter sur la mort du vicomte de la ville et de sa maîtresse (voir Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, Marseille, 1198).

    Représentation médiévale de deux troubadours jouant du luth


    Ce livre forme, avec sa suite, Férir ou Périr, la genèse d'une saga maintenant culte de Jean d'Aillon : Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour. Bien que l'auteur ait déjà distillé, de façon relativement subtile, quelques réponses aux questions qu'on pouvait se poser concernant le passé de Guilhem, le personnage n'en restait pas moins mystérieux, bien qu'intéressant et captivant car, justement, on percevait pas mal d'ombres et d'épreuves vécues dans ses premières années. Dès le début de la saga, on sait par exemple que Guilhem a été adoubé chevalier par Mercadier lui-même mais sans apprendre pour autant par quels tours et détours il en était arrivé, lui, ancien tanneur marseillais, au service du routier le plus célèbre de la couronne anglaise. On apprend aussi l'origine de son talent pour la musique et la poésie et la raison pour laquelle Guilhem, tout chevalier et guerrier qu'il soit, tient particulièrement à sa vielle à roue, qui lui rappelle sans doute des souvenirs aussi doux que douloureux.
    Et, au milieu de tout cela, la première enquête que notre fameux chevalier troubadour sera amené à résoudre, pointe le bout de son nez. Par hasard, Guilhem est en effet amené à rencontrer un chevalier enquêtant pour la puissante abbaye de Cluny, sur le vol d'une relique inestimable pour la Chrétienté, la Sainte-Lance -la lance du légionnaire Longinus, qui aurait percé le flanc de Christ sur la Croix-, et sur la disparition du moine infirmier  avec la prieure de l'abbaye de Marcigny, abbaye fille de Cluny, a, bien sûr, provoqué un scandale sans précédent. 
    Je dois dire que ce livre m'a particulièrement plu et je n'ai finalement pas été si gênée que cela par le fait d'avoir déjà bien découvert la saga en elle-même. Finalement, je pense que cette genèse peut se lire avant comme après sa découverte de la saga sans que cela pose un véritable problème. Pour ceux connaissant déjà les personnages, c'est finalement un moyen de répondre à certaines questions que l'on pouvait se poser concernant le passé du héros ou bien de comprendre tel ou tel trait de son caractère. Et pour ceux qui n'auraient pas encore lu Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, De Taille et d'Estoc et Férir ou Périr seront donc une bonne introduction et un moyen de poser des bases à cette saga dynamique et foisonnante. J'ai été très agréablement surprise et je me suis rapidement plongée dans l'intrigue, bien menée et qui restitue à merveille ce Moyen Âge haut en couleurs de la fin du XIIème siècle, où la guerre et la violence côtoyaient étroitement les cours d'amours et les chants des troubadours.
    Je n'ai plus q'une hâte, maintenant : découvrir Férir ou Périr, le second tome de ce hors-série ! !

    En Bref :

    Les + : un livre bien tourné et captivant, avec un contexte historique bien restitué et des personnages bien traités.
    Les - :
    mais...aucun ! ! 

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 1er Janvier à 17:05

    J'ai eu pour Noël L'évasion de Richard coeur de lion qui est un recueil de courts romans et nouvelles mettant en scène Guilhem d'Ussel. Je n'avais encore jamais lu de livre de Jean d'Aillon et ça m'a bien plu. Ce Moyen-âge est une période qui m'apparaît com me très exotique par ses conditions de vie si différentes des nôtres. Du coup j'ai bien envie d'en lire d'autres de cette série. Je pensais commencer par De taille et d'estoc mais j'ai bien compris que ce n'est pas celui que l'auteur a écrit en premier.

      • Dimanche 1er Janvier à 17:15

        Non, effectivement...Jean d'Aillon a écrit et publié sa saga Guilhem d'Ussel avant d'entreprendre la rédaction d'une sorte de genèse de cette saga ! ! Personnellement, j'ai commencé par lire les premiers tomes avant de lire la genèse, pour reprendre le fil et revenir au déroulement "normal" de la saga...au final, c'est assez facile à suivre ! ! ^^ De Taille et d'Estoc ainsi que Férir ou Périr apportent un éclairage au personnage de Guilhem mais ils peuvent être lus indifféremment, avant ou après avoir commencé la saga ! Je te la conseille en tous cas ! yes

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