• INTERMEDE XXIII

     

    INTERMEDE XXIII

     

    L'un des portraits les plus célèbres de Victoria, daté de 1882. La photographie a été prise par Alexander Bassano. 

     

     

    I. Une petite fille qui n'était pas destinée au trône

     

    Victoria à l'âge de quatre ans, peinte par Stephen Poyntz Denning (1823)

    A l'aube du 24 mai 1819, à quatre heures et quart du matin, une petite fille pousse son premier cri à Kensington. Elle est l'enfant d'Edouard Auguste de Kent et de Strathearn et de Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Par sa mère, la nouvelle-née a donc du sang allemand qui coule dans ses veines, par contre, par son père, elle est apparentée directement à la plus grande monarchie d'Europe, puisqu'Edouard de Kent n'est autre que le quatrième fils du roi Georges III du Royaume-Uni, qui règnera encore un an avant de s'éteindre, atteint d'une forme de folie.
    Normalement, l'enfant qui vient de naître et à qui l'on donne le prénom d'Alexandrina Victoria, n'est pas destinée à devenir la grande souveraine que l'on connaît. C'est une crise de succession qui va amener la descendance du duc de Kent sur le trône d'Angleterre...en effet, deux ans plus tôt, en 1817, l'unique petite-fille du roi Georges III, qui avait pour nom Charlotte Auguste de Galles, est morte, sans descendance. Cette mort entraîne une véritable crise dynastique au sein de la famille royale britannique et l'on encourage alors le duc de Kent, futur père de la petite Victoria ainsi que ses autres frères célibataires à convoler au plus vite, afin d'avoir des enfants. En 1818, Edouard de Kent épouse Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, qui n'est autre que la soeur de Léopold, veuf de la princesse Charlotte Augusta.
    Victoria sera l'unique enfant du couple. Par contre, d'un premier mariage, la duchesse de Kent, sa mère, avait eu deux enfants, dont le père est Emile Charles de Linange, second prince de Leiningen : Charles, né en 1804 et Feodora, en 1807. Plus tard, la jeune Victoria gardera des contacts assez soutenus avec sa demi-soeur.
    Dès sa naissance, la petite Victoria est baptisée, en privé, par l'archevêque de Canterbury, Charles Manners-Sutton, dans la Cupola Room du palais de Kensington, où elle vient de voir le jour. Le prénom d'Alexandrina lui est donné en hommage à l'un de ses parrains, Alexandre Ier de Russie. Quant au prénom de Victoria, c'est aussi celui de sa mère.
    A sa naissance, Victoria est cinquième dans l'ordre de succession au trône, après son père, le duc de Kent et ses trois oncles, le prince régent, le duc d'York et le duc de Clarence. Le prince régent et le duc d'York étaient alors séparés de leurs épouses, sans descendance et, qui plus est, d'un âge avancé, ce qui excluait donc presque à coup sûr l'éventualité d'une descendance. Quant aux ducs de Kent et de Clarence, ils se marièrent le même jour, en 1818. On l'a vu, l'union du duc de Kent sera rapidement couronnée par une naissance. Quand à celle du duc de Clarence, futur Guillaume IV d'Angleterre avec Charlotte de Brunswick, elle fut endeuillée par la mort en bas-âge des deux filles qui en était nées.
    En 1820, à une semaine d'écart, la petite Victoria perd, et son grand-père Georges III et son père, Edouard de Kent. Quant au duc d'York, il mourut en 1827 et le roi Georges IV en 1830. Ces décès successifs rapprochent la petite Victoria de la couronne britannique. En 1830, c'est Guillaume IV qui monte sur le trône et sa nièce, âgée de onze ans, devient son héritière présomptive. Le Regency Act, ratifié en 1830, stipule d'ailleurs que la duchesse de Kent devra assurer la régence au nom de sa fille dans l'éventualité où Guillaume IV mourrait avant que sa nièce n'ait atteint sa majorité, c'est-à-dire, l'âge de dix-huit ans. Cependant, le roi avait peu confiance en sa belle-soeur pour assurer la régence et, en 1836, il déclara qu'il souhaitait vivre jusqu'à la majorité de sa nièce, pour éviter au pays de subir une période de régence.
    Si l'on en croit, la reine, qui évoque ses souvenirs, elle passa une enfance « plutôt triste ». Sa mère était très protectrice avec elle et fit en sorte de l'élever à l'écart des autres enfants. Son éducation était étayée par des règles et des protocoles très stricts, rédigés par la duchesse elle-même et par son ambitieux contrôleur de gestion, John Conroy qui, le bruit courrait, aurait été son amant. Cette série de règle et protocoles porte un nom : c'est le « système de Kensington ». Il était par exemple interdit à la jeune princesse Victoria de rencontrer toute personne jugée indisérable par sa mère et par Conroy -par exemple, la plus grande partie de sa famille paternelle-, et ce système avait pour but simple de rendre la petite faible et dépendante. Choquée par la présence à la Cour des bâtards du roi, la duchesse de Kent évite au maximum d'y emmener sa fille, cherchant ainsi à ne pas l'exposer à l'inconvenance sexuelle. Victoria partage la chambre de sa mère la nuit, étudie en journée avec des maîtres privés selon un emploi du temps très précis et ses quelques heures de loisir se partageait entre ses poupées et son petit chien, un king charles prénommé Dash. On lui apprit le français, l'allemand, l'italien et le latin mais elle ne parlait que l'anglais dans l'intimité.
    Dans les années 1830, la duchesse de Kent et Conroy décidèrent d'emmener Victoria visiter l'Angleterre. Partout où elle se rendit, la jeune fille fut accueillie avec les honneurs et elle put se rendre compte qu'elle était populaire dans le peuple, au grand agacement de son oncle, le roi Guillaume IV qui considérait ces voyages comme des Joyeuses Entrées où Victoria n'était plus son héritière présomptive mais réellement, sa rivale. Cela dit, ces voyages n'étaient pas non plus du goût de la jeune Victoria car ils la fatiguaient. Mais, malgré ses plaintes et la désapprobation du roi, sa mère refusa de ramener sa fille à Londres.
    Et ce qui devait arriver, arriva. En octobre 1835, à Ramsgate, la jeune Victoria, âgée de seize ans, développe soudain une forte fièvre. Le contrôleur Conroy se moqua de cette maladie qu'il qualifia de caprice enfantin. Pendant cette maladie, sa mère tenta, sans succès, de la pousser à nommer Conroy comme son secrétaire général mais la jeune fille ne flancha pas et, une fois, couronnée, elle le bannira de sa Cour.
    En 1836, l'oncle maternel de Victoria, Léopold, qui avait été un temps l'époux de sa défunte cousine, Charlotte Augusta, devient roi des Belges et espère marier sa jeune nièce britannique avec Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, un autre de ses neveux, fils de son frère Ernest Ier de Saxe-Cobourg et Gotha. Victoria et Albert sont cousins germains, puisque la mère de l'une et le père de l'autre sont frère et soeur.
    En mai 1836, alors que Victoria s'apprête à fêter ses dix-sept ans, le roi Léopold de Belgique décide d'organiser une grande réunion de famille dans le but de présenter Victoria à Albert. Cependant, le roi d'Angleterre se montrait peu favorable à une union de sa nièce avec un Saxe-Cobourg et Gotha et privilégiait le parti d'Alexandre des Pays-Bas, second fils du prince d'Orange.
    Victoria est tout sauf une jeune fille naïve et elle est tout à fait consciente des nombreux projets matrimoniaux qui la concerne. Il faut dire que l'héritière présomptive d'un roi d'Angleterre est un bon parti. C'est avec un oeil critique qu'elle juge tous les candidats qui lui sont proposés. Finalement, malgré la désapprobation du roi Guillaume IV, Victoria va rencontrer Albert, son cousin, qui a deux mois de moins qu'elle seulement -il est né le 26 août 1819. A l'en croire -Victoria rédige un journal- cette première rencontre a été loin d'être désagréable et c'est plutôt bien passée. Il semble que le physique du jeune prince ait fait grande impression sur cette jeune fille de dix-sept ans, puisque voici ce qu'elle écrit à propos de son cousin : « [Albert] est extrêmement beau ; ses cheveux sont de même couleur que les miens ; ses yeux sont grands et bleus et il a un beau nez et une bouche très douce avec de belles dents ; mais le charme de sa contenance est son atout le plus délicieux ». A l'inverse, le prince Alexandre, soutenu par son oncle, est jugé quelconque par la jeune fille.
    Par la suite, la jeune Victoria écrit à son oncle Léopold afin de le remercier de l'avoir fait rencontrer Albert. « Il possède toutes les qualités qui pourraient être désirées pour me rendre parfaitement heureuse. Il est si raisonnable, si gentil et si bon et si aimable aussi. Il a en plus l'apparence et l'extérieur les plus plaisants et les plus délicieux qu'il vous est possible de voir. », dit-elle dans sa lettre. Il semblerait donc que le dessein de Léopold de Belgique et de la duchesse de Kent soit en passe de de se réaliser : Victoria a, semble-t-il, était tout à fait impressionnée par son cousin et parait disposée à envisager une union avec lui. Cela dit, ce ne serait pas pour tout de suite, Victoria se jugeant un peu jeune pour convoler, à dix-sept ans seulement. Ainsi, on ne s'accorda pas sur un engagement formel mais on estima que le mariage se ferait en temps et en heure.

    II. Reine d'Angleterre !

    Le couronnement de la reine Victoria, par George Hayter

    Le 24 mai 1837, Victoria fête ses dix-huit ans. Victoire de son oncle, qui avait déclaré vouloir vivre jusqu'à la majorité de sa nièce afin d'éviter une régence au royaume. Lorsque Victoria accède à la majorité son oncle est à bout de souffle mais il est encore vivant. Il s'éteint à peine un mois plus tard, le 20 juin, à l'âge de 71 ans, abandonnant le royaume à une reine majeure, capable d'assurer ses affaires. A 2 heures 12 du matin, Guillaume IV n'est plus ; à 6 heures, la duchesse de Kent vient éveiller sa fille, qui s'était couchée héritière et s'éveille ainsi reine du Royaume-Uni : « J'ai été réveillée à 6 h pile par Mamma qui me dit que l'archevêque de Cantorbéry et Lord Conyngham étaient là et qu'ils voulaient me voir. Je suis sortie du lit et me suis rendue dans mon salon (en ne portant que ma robe de chambre) et seule, je les ai vus. Lord Conyngham m'informa alors que mon pauvre oncle, le roi, n'était plus et avait expiré à 2 h 12 ce matin et que par conséquent Je suis Reine. », écrit la fraîche souveraine dans son journal. Les documents officiels sont préparés au nom de la reine Alexandrina Victoria mais, à sa demande, le premier prénom est supprimé : la reine Victoria vient de naître...
    Depuis 1714 et la mort, sans descendance, de la reine Anne, le royaume d'Angleterre était passé sous la tutelle des rois hanovriens. Comme la loi salique est en vigueur au Hanovre, Victoria n'héritera pas de ce titre-là, puisque les femmes ne peuvent prétendre à la succession. Si elle se voit investie de la tutelle de toutes les colonies britanniques, le pouvoir au Hanovre sera, lui, dévolu au frère de son propre père, le duc de Cumberland et Teviotdale, qui devient Ernest-Auguste Ier de Hanovre. Il est également l'héritier de sa nièce, tant que cette dernière reste sans enfant.
    A son accession au trône, Victoria, qui est encore toute jeune, est politiquement inexpérimentée et c'est le premier ministre whig Lord Melbourne qui va la seconder et exercer une influence importante sur elle. L'écrivain Charles Greville disait même que Lord Melbourne, veuf et sans enfant considérait la jeune reine comme sa propre fille et Victoria, qui n'avait pas connu son père, mort alors qu'elle avait à peine un an, le voyait certainement comme une figure tutélaire et maternelle.
    La reine est couronnée solenellement le 28 juin 1838, un an après son accession au trône. Elle réside au palais de Buckingham et devient en cela le premier souverain à y séjourner durablement. Elle hérite des revenus des duchés de Lancastre, de Cornouailles et se voit dotée d'une liste civile annuelle de 385 000 £. Relativement prudente financièrement, elle en profita pour rembourser les dettes de son père.
    Au début de son règne, la jeune Victoria est populaire et estimée. Mais, en 1840, sa réputation est ternie par l'affaire Hastings : l'une de ses dames d'honneur, lady Flora Hastings présente un ventre arrondi qui pourrait très bien signifier une grossesse. Victoria, qui ne peut supporter « cette odieuse Flora » la fait examiner, après que des rumeurs aient sous-entendu que la dame d'honneur aurait été enceinte des oeuvres de John Conroy, l'exécré contrôleur de gestion de la duchesse de Kent, la mère de la reine. Or, il s'avère que Flora Hastings est...vierge. Elle souffrait d'une importante tumeur hépatique qui l'emporte d'ailleurs au mois de juillet 1840. Victoria est alors conspuée et huée lors de ses apparitions publiques et appelée ironiquement « Mme Melbourne ». Ce dernier avait démissionné après que les radicaux et les tories, parti opposé aux whigs qu'il représentait, aient voté contre une loi suspendant la constitution de Jamaïque. La législation prévoyait en effet de supprimer les pouvoirs politiques des planteurs qui s'opposaient aux mesures associées à l'abolition de l'esclavage. Malgré la détestation qu'elle vouait aux torries, la reine Victoria chargea Robert Peel de former un nouveau gouvernement. A l'époque, il était d'usage que le premier ministre nomme les « dames de la chambre à coucher », qui sont au service de la famille royale dans ses diverses résidences et, la coutume voulait que ces dames soient souvent des épouses des membres du parti au pouvoir. Or, les « dames de la chambre à coucher » étaient alors des épouses de whigs et Peel, tout logiquement, souhaitait les remplacer par des épouses de torries, ce que Victoria refusa. Cela donna lieu à la « crise de la chambre à coucher » et au retour de Melbourne au pouvoir puisque Peel, refusant de gouverner selon les conditions de la souveraine, donna sa démission.
    Maintenant que Victoria est une souveraine couronnée, sa position de célibataire devient délicate et elle doit se marier. De plus, les conventions sociales lui imposaient de vivre sous le même toit que sa mère, avec qui elle ne s'entendait absolument pas, notamment à cause de John Conroy. La duchesse de Kent vit donc à Buckingham auprès de sa fille mais la reine refuse souvent de la rencontrer. Un jour, Victoria se plaignit à Melbourne de cette promiscuité avec sa mère qui ne promettait que des « souffrances pendant de nombreuses années ». Alors, le ministre conseilla à la reine de se marier car c'était le seul moyen pour elle d'échapper à la tutelle de sa mère. Mais la reine rétorqua que c'était là une « alternative choquante ». Même si elle se met à songer sérieusement à son cousin, rencontré quelques années plus tôt, Victoria refuse de céder aux pressions qui la poussent à se marier rapidement.
    Finalement, Victoria saute le pas en octobre 1839, alors que son cousin est venu en séjour en Angleterre. Le 15, elle le demande officiellement en mariage et le couple se marie le 10 février 1840 dans la Chapel Royal du palais de St-James de Londres. Victoria se montre très éprise de son époux et ils formeront, jusqu'à la mort d'Albert un couple aimant et uni. Grâce à la médiation du prince consort, les relations entre la duchesse de Kent et sa royale fille s'amélioreront également progressivement.
    En cette année 1840, la jeune reine, âgée de vingt-et-un ans, s'aperçoit qu'elle est déjà enceinte. Alors qu'elle se promène dans une calèche avec son époux, lors d'un déplacement pour rendre visite à sa mère, un jeune homme de dix-huit ans, Edward Oxford, tire deux fois sur la reine mais manque sa cible. Jugé pour haute trahison, il fut condamné mais finalement acquitté pour raisons mentales et il fut interné pendant une trentaine d'années. Après cette agression, la popularité de Victoria augmenta significativement et calma le mécontentement résiduel après l'affaire Hastings et la crise de la chambre à coucher. Au cours des années suivantes, la reine Victoria échappa à plusieurs autres tentatives d'attentat : en 1842, alors qu'elle descendait le Mall en calèche, John Francis, armé d'un pistolet, tira en direction de la reine, mais l'arme ne fonctionna pas ; en 1849 et 1850, William Hamilton et Robert Pate tentèrent également de s'en prendre à la personne royale...
    Le 21 novembre 1840, la reine Victoria donne naissance à son premier enfant, une fille, qui recevra également le prénom de Victoria. Victoria n'aimait pas beaucoup les enfants -elle considérait les nourrissons comme des êtres laids-, elle se montrait dégoûtée par l'allaitement et détestait être enceinte mais elle eut néanmoins huit enfants. A ce moment-là, la maison de la reine est alors gérée par son ancienne gouvernante, la baronne Louise Lehzen, hanovrienne d'origine. Jugée incompétente par le prince Albert, elle sera limogée à la suite d'une violente dispute opposant les deux époux. Quoi qu'il en soit, le couple resta très amoureux, très uni et Victoria et Albert devinrent les parents de neuf enfants. En 1853 et 1857, Victoria donna naissance à ses deux derniers enfants. En 1853, pour la première fois, elle usa pendant son accouchement d'un nouvel anesthésiant, le chloroforme, à la grande fureur des prélats, qui estimaient que ceci était contraire aux enseignements de la Genèse et à l'inquiétude des médecins qui considéraient cette substance comme dangereuse.

    III. La politique victorienne

    Si le parti whig est majoritaire au début du règne de la jeune Victoria, il va en s'affaiblissant au cours des ans. En 1841, les whigs, parti de Lord Melbourn, qui avait servi de mentor à la jeune reine, est battu lors des élections générales et Peel devint premier ministre. Il réorganisa alors la chambre à coucher de la reine et les dames les plus associées au parti whig furent remplacées.
    En 1845, en Irlande, une grave crise alimentaire survient, alors que la pomme de terre, aliment de base de la population, est touchée par le mildiou. Cette crise entraîna la mort d'un million environ d'habitants tandis que d'autres émigrèrent, notamment vers les Etats-Unis : cette période est restée dans l'Histoire sous le nom de Grande Famine et, en Irlande, Victoria fut surnommée « The Famine Queen », autrement dit « la reine famine ». Et pourtant, la reine piocha dans sa propre cassette afin de venir en aide au peuple Irlandais et donna environ 2 000 £ pour que la famine soit endiguée. La légende qui veut qu'elle n'ait donné que 5 £ tandis que, le même jour, elle versait une somme extravagante à une organisation de protection des animaux, la Battersea Dogs Home, n'est qu'un mythe, créé de toutes pièces vers la fin de son règne.
    En 1846, le gouvernement Peel doit affronter la crise qui survient après le projet d'abolition des Corn Laws : ces lois, votées essentiellement au siècle dernier et au début du XIXème siècle -la dernière datait de 1815- interdisaient toute importation de céréales lorsque les cours passaient en dessous d'un seuil-plafond. Les tories, c'est-à-dire les conservateurs, étaient opposés fermement à ce projet mais Peel, quelques membres du parti torry et la reine Victoria elle-même étaient favorables à l'abolition de ces lois. Votée de justesse, l'abolition de ces lois coûta tout de même son poste de Premier Ministre à Peel, qui dut démissionner et fut alors remplacé par Lord Russell.
    En ce qui concerne la politique extérieure, la reine Victoria va travailler à l'amélioration des relations diplomatiques avec la France. Ainsi, elle rencontra à plusieurs reprises des membres de la famille d'Orléans, liée à la famille royale britannique par des mariages, notamment via les Cobourgs. En 1843 puis 1845, Victoria et Albert se rendirent en France où ils rencontrèrent le roi Louis-Philippe d'Orléans au château d'Eu, en Normandie. Elle fut le premier souverain britannique à rencontrer son homologue français depuis le fameux Camp du Drap d'Or, en 1520, qui avait réuni François Ier et le célèbre Henri VIII !! En 1844, ce fut Louis-Philippe qui se rendit en Angleterre et, de même, devint le premier roi français à se rendre outre-Manche. Lorsqu'il fut déposé, à la suite de la révolution d 1848, le roi Orléans parti en exil en Angleterre. Cette année 1848 est mouvementée partout en Europe, où l'on constaste de nombreux soulèvements populaires. Par précaution, la reine et sa famille iront séjourner à Osborne House, la demeure de Victoria sur l'île de Wight, achetée en 1845. Finalement, il n'y eut pas de soulèvement général au Royaume-Uni et la perspective d'une révolution s'éloigna peu à peu. En 1849, Victoria effectue un voyage en Irlande, voyage qui fut un succès en terme de relations publiques mais qui n'eut pas, cependant, d'impact sur la croissance du nationalisme dans l'île. Elle dut s'accomoder pendant de nombreuses années du gouvernement de Lord Russel, dominé par les whigs, un parti que la reine n'appréciait pas. Elle détestait tout particulièrement Lord Palmerston, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, qui faisait souvent cavalier seul et se permettait d'agir sans l'avis du Cabinet, du Premier Ministre ou de la reine. Finalement, il fut limogé en 1851 lorsqu'il osa annoncer que le gouvernement britannique approuvait le coup d'état mené par Louis-Napoléon Bonaparte, en France, qui venait de renverser la république pour instaurer un nouvel empire. L'année suivante -1852-, Russel fut remplacé par lord Derby.
    En 1855, du fait de la guerre de Crimée, le gouvernement de lord Aberdeen, qui avait remplacé Derby, démissionna, à la suite de critiques formulées envers leur mauvaise gestion de la situation de crise. La reine approcha alors Derby puis Russel pour reformer un gouvernement mais n'ayant pas suffisamment de soutiens, les deux hommes refusèrent et Victoria fut donc contrainte de nommer l'ingérable Palmerston au poste de Premier Ministre.
    Durant la guerre de Crimée, la France de Napoléon III et le Royaume-Uni furent alliés et l'Empereur des Français se rendit donc, en avril 1855, en Angleterre pour rendre visite au couple souverain. Victoria et Albert firent le voyage inverse en août de la même année : ils furent accueillis par Napoléon III à Dunkerque et ce dernier les conduisit ensuite jusqu'à Paris où le couple royal britannique put visiter l'exposition universelle. Albert et Victoria se rendirent également sur la tombe de Napoléon Ier aux Invalides -ses cendres avaient été rapatriées en 1840- et furent au centre d'un bal donné en leur honneur au château de Versailles. A la fin des années 1850, les gouvernements successifs connurent de graves crises, notamment à la suite d'une tentative d'assassinat de Napoléon III par un réfugié italien en Angleterre qui avait tenté de tuer l'Empereur avec une bombe fabriquée outre-Manche. Derby fut rappelé au pouvoir puis, en juin 1859, il fut de nouveau remplacé par Palmerston.
    Par la suite, la politique victorienne sera marquée par le ministériat du célèbre Disraeli -à la mort de ce dernier, la reine fut sincèrement affligée- et Victoria devint officiellement impératrice des Indes le 1er janvier 1877. La reine, au cours des dernières décennies de son règne, sera de nouveau la cible de plusieurs attentats, qui, fort heureusement pour elle, manqueront leur cible à chaque fois et devra affronter la montée du républicanisme en Angleterre, ravivé notamment par l'avènement de la Troisième République en France.

    IV. Victoria s'achemine vers la mâturité

    Le prince Albert, Victoria et leurs enfants, en 1857

    Le 25 janvier 1858, alors que leur dernière fille, Béatrice du Royaume-Uni est encore au berceau, Victoria et Albert marient leur fille aînée Victoria au prince Frédéric Guillaume de Prusse. La cérémonie a lieu à Londres. Victoria et Albert ont trente-neuf ans, la jeune Victoria, dix-huit. Ce fut avec beaucoup d'émotion que la reine Victoria vit partir la jeune fille vers la Prusse et voilà d'ailleurs ce qui lui écrira par la suite, dans la correspondance qui les unit :« cela me fait vraiment frissonner quand je regarde vos sœurs douces, joyeuses et inconscientes et que je pense que je devrais les abandonner également, une par une. » Dès l'année suivante, alors que le couple royal a à peine quarante ans, leur fille Victoria leur donne leur premier petit-enfant, un garçon qui sera prénommé Guillaume.
    Les années 1860 sont marqués par des deuils pour Victoria. Ainsi, en mars 1861, la duchesse de Kent, Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, mère de la reine, meurt, sa fille à son chevet. Après son décès, Victoria prend connaissance des documents de sa mère où elle découvre avec stupeur et tristesse que sa mère, contrairement aux apparences, l'aimait profondément. La reine en eut le coeur brisé et blâma sévèrement John Conroy et sa gouvernante, Louise Lehzen, pour l'avoir sciemment éloignée de sa mère. Albert fut d'une grande aide pour la reine pendant cette période troublée de sa vie et prit notamment en charge une partie de ses fonctions bien qu'il eût lui-même des problèmes de santé. En août, le couple rend visite à leur fils, le Prince de Galles, qui assistait à des manoeuvres militaires non loin de Dublin et passèrent quelques jours en Irlande. En novembre, le prince consort apprit avec stupeur les rumeurs selon lesquelles son fils avait couché avec une actrice irlandaise. Ulcéré, il se rendit à Cambridge, où Edward étudiait, afin de le réprimander. Début décembre, Albert est gravement malade. Appelé à son chevet, le médecin William Jenner diagnostique une fièvre typhoïde et, le 14 décembre 1861, le prince rendait son âme à Dieu à l'âge de quarante-deux ans, laissant une veuve profondément anéantie. Révoltée par la mort de son époux, la reine n'hésita pas à en attribuer la responsabilité à l'attitude frivole de son fils, Edward et affirma qu'Albert avait été « tué par cette affreuse affaire. » Pendant tout le reste de sa longue vie, on ne verra plus la reine que vêtue de noir, portant le deuil d'un mari très aimé et parti trop jeune. Après la mort d'Albert, elle vint de moins en moins à Londres et se retira au château de Windsor, ce qui lui valut d'ailleurs le surnom de « veuve de Windsor ».
    Cet isolement volontaire entraîna une diminuation de la popularité de la monarchie, ce qui encouragea donc une croissance du mouvement républicain dans le pays. Cependant, Victoria continua d'assumer ses fonctions gouvernementales comme elle l'avait toujours fait mais choisit de rester le plus souvent confinée dans ses résidences favorites : Windsor, en Angleterre, Balmoral, en Ecosse et Osborne House, sur l'île de Wight, où elle vivait dans le souvenir de son cher disparu. Cependant, l'isolement de la reine encourage la colère du peuple et, en mars 1864, un manifestant n'hésite pas à placarder une affiche sur les grilles du palais de Buckingham, proclamant que « ces imposants bâtiments étaient à vendre en raison du déclin des affaires de l'ancien propriétaire ». Sur le conseil de son oncle, Léopold, roi des Belges, Victoria consentira à apparaître de nouveau en public. Sa première sortie a lieu aux jardins de la Royal Horticultural Society à Kensington.
    Durant les années 1860, suite à son veuvage, la reine diminuée par la peine d'avoir perdu son compagnon de vie va s'appuyer et se raccrocher de plus en plus à un de ses domestiques, un Ecossais du nom de John Brown. Bien vite, cette relation privilégiée alimente les rumeurs, qui font état d'une relation entre la reine et Brown et même d'un mariage secret entre eux. La reine fut perfidement affublée du sobriquet de « Mrs. Brown ». Pourtant, dans son livre intitulé Leaves from the Journal of Our Life in the Highlands, Victoria n'hésitera pas, malgré les rumeurs qui vont bon train, à rendre un vibrant hommage à cet homme qui lui apporta réconfort et protection. Un film, La Dame de Windsor, en 1997, relate cet épisode de la vie de la reine Victoria.
    Désormais veuve, c'est sur ses enfants que la reine Victoria vieillissante reporte toutes ses inquiétudes. En 1871, elle doit affronter la maladie de son fils, le prince de Galles, héritier du trône qui a contracté la typhoïde, la maladie qui avait emporté Albert dix ans plus tôt. Victoria craignit que son fils ne mourut mais, finalement, le prince survit. Victoria sortait alors tout juste elle-même d'une maladie relativement sérieuse : en septembre 1871, elle avait souffert d'un abcès au bras et dut son salut au médecin Joseph Lister qui incisa l'abcès et le désinfecta au phénol. En février 1872, Arthur O'Connor, âgé de dix-sept ans, petit-neveu du député irlandais Feargus O'Connor, agita un pistolet non-chargé sur le passage de la reine. Neutralisé par Brown, il sera condamné à de la prison et son geste renforcera la popularité de la souveraine.
    Le 14 décembre 1878, Victoria s'apprêta à commémorer comme il se doit le dix-huitième anniversaire de la mort de son époux chéri, Albert. Ce même jour, sa seconde fille, nommée Alice et qui avait épousé Louis IV de Hesse, meurt de la diphtérie à Darmstadt, en Allemagne. Cette Alice de Hesse était la mère d'une petite fille appelée à connaître un destin aussi brillant que tragique : la petite Alix deviendrait un jour impératrice de Russie sous le nom d'Alexandra Fedorovna, épouse de Nicolas II, tsar de toutes les Russies...Victoria, à la veille de son soixantième anniversaire, sera particulièrement touchée par le décès de sa fille. En mai 1879, elle devient arrière-grand-mère, à l'occasion de la naissance de Théodora de Saxe Meiningen, petite-fille de Victoria, sa première fille. La reine se dit alors vieillie, abattue par la perte de « perte de [son] enfant chéri ». Victoria s'achemine vers la vieillesse dans la tristesse.

    V. Les dernières années

    La reine Victoria à quatre-vingt ans, représentée en 1899 par Henrich von Angeli 

    Le 2 mars 1882, Victoria, alors âgée de soixante-trois ans, échappe à une tentative d'assassinat perpétrée par Roderick McLean, un poète visiblement mécontent que la reine ait refusé l'un de ses poèmes. La reine se montrera particulièrement outrée qu'il ne soit finalement pas condamnée pour cause de santé mentale défaillante. Cela dit, elle fut réconfortée par les nombreuses manifestations de soutien du peuole et aurait eu ces mots : « cela valait la peine de se faire tirer dessus pour voir à quel point l'on est aimée ».
    En 1893, elle tomba dans les escaliers du château de Windsor et ne récupéra jamais complètement de cet accident. Cette même année, elle eut la douleur de perdre Brown, qui mourut 10 jours après son accident et, malgré la consternation de son secrétaire privé, Henry Ponsonby, qui considérait d'un mauvais oeil son initiative, la vieille reine décida d'entreprendre une biographie de son ancien domestique. Il lui fut cependant déconseillé de la publier si elle ne souhaitait pas alimenter les rumeurs qui lui prêtaient une relation amoureuse avec Brown. Elle eut encore le chagrin de devoir faire face à la mort de l'un de ses enfants, le prince Léopold, décédé à Cannes mais, quelques années avant sa mort, la reine Victoria eut le bonheur de connaître son arrière-petit-fils, le prince Edward, qui devait un jour monter sur le trône sous le nom d'Edward VIII. En 1887, les Britanniques célébrèrent le Jubilé d'or de la reine, c'est-à-dire le cinquantenaire de l'accession au trône de Victoria. Dix ans plus tard, Victoria, âgée de soixante-dix-huit ans, célébra son Jubilé de Diamant, autrement dit, ses soixante ans de règne. A l'heure actuelle, elle est le souverain britannique à avoir régné le plus longtemps sur le pays, quoique sa descendante, la reine Elizabeth II, semble bien décidée à concurrencer sa célèbre aïeule : elle a célébré son Jubilé de Diamant en 2011.
    Malgré son âge très avancé, Victoria continua de voyager en Europe. Ainsi, en 1889, lors d'un séjour à Biarritz, elle en profita pour passer la frontière espagnole et fut donc le premier monarque britannique à poser le pied sur la terre hibérique. Cependant, en avril 1900, alors qu'elle devait se rendre en voyage en France, le voyage fut annulé en raison de la guerre des Boers jugée de manière particulièrement négative partout en Europe. Victoria se rendit don en Irlande, où elle n'était plus allée depuis 1861. En juillet 1900, la vieille reine dut affronter la mort de son fils Alfred, surnommé Alfie et elle écrivit ceci dans son journal : « Oh, Dieu ! Mon pauvre chéri Affie est parti aussi. C'est une année horrible, rien d'autre que la tristesse et l'horreur sous une forme ou une autre ».
    Le réveillon de 1900 se passa à Osborne House, comme Victoria en avait pris l'habitude depuis son voyage. Elle boitait un peu, du fait des rhumatismes qui la torturaient depuis des années et sa vue s'était obscurcie à cause de la cataracte. Au début du mois de janvier 1901, la reine, âgée de bientôt quatre-vingt-deux ans, se sent faible et souffrante. Elle meurt finalement le 22 janvier 1901, à l'aube du XXème siècle, à 18 heures 30. Elle avait régné soixante-quatre ans sur le Royaume-Uni et aurait fête ses quatre-vingt-deux ans au mois de mai suivant. C'est son fils, Edward, prince de Galles, qui lui succède sous le nom d'Edward VII.
    Victoria fut habillée d'une robe blanche et couronnée d'un voile de mariée. Des souvenirs rappelant sa famille, ses amis et ses domestiques furent placés à ses côtés dans le cercueil. Elle fut inhumée le 2 février 1901 : à la suite d'une cérémonie en la chapelle Saint-Georges de Windsor, elle fut portée en terre à Frogmore, dans le mausolée royal, aux cotés de son mari Albert.

    © Le texte est de moi, je vous demanderais donc de ne pas le copier, merci.

    Pour en savoir plus : 

    - La Saga des Windsor, Jean des Cars. Essai historique.
    - Queen Victoria : A Personal History, Christopher Hibbert. Biographie. 
    - Écrits de la reine Victoria (disponibles sur l'Internet Archive) 
    - La reine Victoria, Jacques de Langlade. Biographie. 
    - La reine Victoria, Philippe Chassaigne. Biographie. 
    - Victoria : Reine d'un Siècle, Joanny Moulin. Biographie. 


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  • Commentaires

    1
    Cellardoor
    Jeudi 14 Décembre 2017 à 16:37
    Cellardoor

    Waouh, ça c'est de l'article ! ça a dû te prendre un temps fou de l'écrire ! Mais forcément, c'est captivant !

    Tu vois, il a fallu que je regarde la série Victoria pour connaître cette fameuse Flora Hastings. J'ai trouvé ça terrible pour la pauvre fille :( 

    Je ne savais pas pour les accouchements sous chloroforme ! Je ne sais pas si c'était une bonne idée par contre ;)

    Je ne connais pas le film dont tu parles, La Dame de Windsor. Pas vu et jamais entendu parler, c'est fou !

    Je vais partager ton article sur ma page facebook, j'espère que cela en intéressera quelques uns !

      • Jeudi 14 Décembre 2017 à 19:05

        Oh merci ! ^^ J'ai cherché des infos un peu partout et, oui, sur Wikipedia aussi ! sarcastic Cet article date un peu, maintenant, j'écris toujours mes articles Histoire en avance. happy Je ne me rappelle plus le temps que j'y avais passé mais bon, il y'a vraucoup à dire sur Victoria ! 

         

        Je ne connais pas aussi bien l'Histoire d'Angleterre que l'Histoire de France  (je suis chauvine peut-être mais je suis fascinée et passionnée par l'Histoire de notre pays) mais il y'a certaines périodes qui me plaisent beaucoup : le Moyen Âge, la Renaissance...Et Victoria est fascinante... Proche de nous, elle incarne en même temps un principe immémorial et une tradition, celle de la monarchie... Elle est comme une figure tutélaire, du moins est-ce ainsi que je la vois... sarcastic Elle a eu un destin fou et je dois dire que j'ai toujours un petit attendrissement quand je pense à l'amour qui l'a unie à son époux, Albert. 

        Merci pour le partage au fait ! C'est très gentil de ta part !

      • Cellardoor
        Jeudi 14 Décembre 2017 à 21:33
        Cellardoor

        Oui un destin fascinant pour une femme de caractère ! Je l'ai toujours imaginé assez dure et je pense sincèrement qu'elle a dû en excéder plus d'un ! C'est vrai que l'amour qu'il y avait au sein de ce couple royal est assez rare pour être souligné et il la rend plus humaine et touchante.  J'aime bien la photo de 1857 que tu as intégré dans l'article. La pose des enfants et des parents, dans cette sorte de mise en scène étrange est tellement différente des photos d'aujourd'hui ! Le fait qu'ils soient figés est compréhensible mais ce sont leurs mines déprimées qui, paradoxalement, me font sourire ^^

      • Vendredi 15 Décembre 2017 à 00:01

        Oui, je pense aussi ! Il doit falloir un sacré caractère pour régner, de toute façon... et on a dû faire en sorte qu'elle se le forge lorsqu'elle était enfant. ^^ Elle n'était sûrement pas facile à vivre, c'est sûr ! Elle a un air d'autorité naturelle sur les photos et n'est jamais très souriante, elle en impose. L'amour qu'elle a porté à son mari la rend plus humaine, je trouve, c'est pour cette raison que j'ai toujours trouvé cette passion très belle, quoiqu'un peu excessive en même temps... 

         

        Oui, cette photo m'a interpellée aussi ! Elle est floue et on n'y voit pas très bien mais c'est la seule que j'aie pu trouver avec les neuf enfants et les parents... Aucun n'a l'air très heureux mais bon... C'était l'époque...on était très guindé et compassé... ^^

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