• L'Archiprêtre et la Cité des Tours ; Jean d'Aillon

    «  Un homme est prêt à s’attaquer à la capitale comtale et à la saisir. S’il y parvient, la ville sera un gage formidable pour la suite. »

     

    Couverture L'archiprêtre et la cité des Tours

     

     

     

        Publié en 2008

       Editions du Masque (collection Labyrinthes)

       417 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

     En Provence durant la guerre de Cent Ans, la capitale du comté cherche à se libérer de trois autorités : celle de la reine Jeanne, celle du pape Innocent VI et celle de Charles IV, empereur d'Allemagne, qui, pour soumettre les Provençaux à son pouvoir, n'hésite pas à envoyer une compagnie de pillards saccager le pays sous la houlette d'Arnaud de Cervole, dit l'Archiprêtre. 
    Le prévôt de Saint-Sauveur, Raimond Aldebert ainsi que Fouques d'Agout, le sénéchal de Provence, décident de réunir leurs trois cités, pour créer Aguensi - Aix - et ainsi gagner en autonomie et en résistance. Pietro da Sangallo, jeune ambassadeur de Florence, a pour mission d'apporter une importante somme d'argent au sénéchal afin de financer la lutte contre les pillards. Mais à peine arrivé dans le comté, il apprend que plusieurs personnes de haut rang ont été assassinées. Dans ce climat de conspiration, le jeune homme va tout mettre en oeuvre pour démasquer les instigateurs d'un tel complot, avec l'aide de la jeune et belle veuve Sance Béranger. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1358, le sort de la Provence semble bien incertain : alors que la ville d’Aix-en-Provence, qui n’existe pas encore telle qu’on la connaît est sur le point de voir le jour, avec la réunification des trois bourgs qui la composent alors, un jeu de conflits d’intérêt et d’influence, qui dépasse les habitants de la région, anime les grands de ce monde : dans ce petit bout de terre qui n’appartient pas encore à la France mais au Saint-Empire, tout en étant gouverné par la famille d’Anjou, dont deux branches, les Tarente et les Duras, se vouent une guerre fratricide, les ambitions larvées se dévoilent au grand jour et la Provence est mise dans la balance. Qui tirera son épingle du jeu ? Là-bas, plus prosaïquement, on se demande avec inquiétude ce que fait aux pieds des remparts l’un des pires routiers du Moyen Âge, Arnaud de Cervole dit L’Archiprêtre, qui n’est probablement pas venu jusqu’en Provence pour un voyage d’agrément. Et quand, en plus, des notables aixois favorables à la fusion des trois villes sont assassinés dans des circonstances plutôt troubles, il n’en faut pas plus pour que la cité s’enflamme, dans une angoisse plus que palpable.
    Jean d’Aillon, qui nous a souvent habitués à de conséquentes séries dans lesquelles il prend le temps de faire évoluer ses personnages, s’est contenté ici d’un roman unique, pour raconter un pan de l’histoire de la ville où il vit : Aix-en-Provence, comme il l’a déjà fait dans Le trésor du palais comtal ou encore Marius Granet et les compagnons du Soleil.
    En ce XIVème siècle, la ville d’Aix connaît des bouleversements d’ampleur : sa population a été décimée une dizaine d’années plus tôt par la violente épidémie de peste qui déferle sur l’Europe en 1348 et dure plusieurs années, réduisant parfois à néant les populations des villages ou des villes et la Provence, bien que ne faisant pas partie du royaume de France, se retrouve parfois assaillie par les bandes de routiers qui sillonnent le territoire. Alors quand, en plus, on devient l’objet des appétits des plus grands, du pape en passant par le roi de France, l’Empereur et la reine Jeanne de Naples, à la réputation exécrable, le moins que l’on puisse dire, c’est que le quotidien n’est pas de tout repos !
    C’est dans ce contexte que le jeune florentin Pietro da Sangallo (qui serait un ancêtre de Giuliano da Sangallo) arrive à Aix, dans une ville en alerte et qui s’attend à tout moment à être prise et pillée par Arnaud de Cervole et ses troupes de mercenaires. Chargé d’apporter de l’argent prêté par la cité italienne, lui-même ancien routier, Pietro va se retrouver enquêteur bien malgré lui.
    L’Archiprêtre et la Cité des Tours est un roman historique et policier à la fois, qui s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de Jean d’Aillon. Très riche, il aborde un pan très précis de l’Histoire et dans un territoire donné. La Provence du XIVème siècle est une terre à part et on comprend qu’elle soit sujet de bien des convoitises à commencer par celles du royaume de France qui a pourtant bien des chats à fouetter avec le conflit qui, depuis 1337, l’oppose à son cousin le royaume d’Angleterre.
    Assez facile et agréable à lire, j’ai trouvé cependant que les liens familiaux décrits au début du roman ne sont pas forcément super évidents à suivre et si vous vous lancez dans la lecture de ce roman, un conseil : prenez un stylo, une feuille de papier et Wikipédia pas loin pour vous situer dans la généalogie de la famille d’Anjou de l’époque (d’autant plus qu’il m’a semblé, après recherches, que quelques petites confusions entre les personnages ont parfois eu lieu au cours du récit). Une fois ces premiers chapitres passés, on entre dans le vif du sujet : le Moyen Âge de Jean d’Aillon n’est pas celui de l’amour courtois et chevaliers et gentes dames laissent place à des personnages ambitieux voire des soudards qui ne reculent devant rien. Les villes sont sales et dangereuses, les épidémies comme les guerres et les pillards vous font craindre pour votre vie quotidiennement. En somme, ce n’est pas une balade de santé que vous propose l’auteur. Le roman est malgré tout assez fluide et captive, par l’instauration d’un certain suspense, inhérent à tout roman policier qui se respecte.
    Ceci dit, ce n’est pas le meilleur Jean d’Aillon que j’ai lu. Il m’a manqué quelque chose pour être pleinement captivée par ce roman. Je l’ai trouvé très agréable à lire, ce n’est pas une déception mais je m’attendais à autre chose peut-être, très honnêtement, je ne sais pas. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je ne le classerai pas dans mes préférés de l’auteur, tout en ne le déconseillant pas, parce qu’il a le mérite d’aborder un épisode plutôt méconnu de l’Histoire médiévale.
    Pour conclure, je dirais que L’Archiprêtre et la Cité des Tours est un bon roman parce qu’il est efficace et qu’il « fait son job » mais, en comparaison, j’avais bien mieux apprécié Marius Granet et les compagnons du Soleil ainsi que Le Trésor du Palais Comtal qui, eux aussi, prenaient corps à Aix-en-Provence. Une lecture que je ne regrette donc pas mais qui ne m’a pas enthousiasmée outre mesure malgré tout ! Cela ne m’empêchera pas de continuer à lire du Jean d’Aillon pour autant.

    En Bref :

    Les + : un roman qui s'inscrit parfaitement dans l'univers historique et policier de Jean d'Aillon et qui met en avant un pan bien précis de la ville d'Aix, où vit l'auteur. 
    Les - :
    sans pouvoir mettre le doigt précisément sur ce qui me chagrine, je dois dire qu'il m'a manqué quelque chose pour apprécier pleinement ce roman.


    L'Archiprêtre et la Cité des Tours ; Jean d'Aillon

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Juin à 14:50

    Ca  a l'air vraiment super. Je me le note !!

      • Lundi 7 Juin à 19:59

        Jean d'Aillon n'est pas beaucoup connu, j'ai l'impression et pourtant il est un auteur vraiment prolifique ! Si tu aimes les romans historiques (et je crois effectivement que c'est le cas), tu ne devrais que trouver ton bonheur dans sa vaste bibliographie ! smile

    2
    Mardi 22 Juin à 16:16

    J'ai un Jean d'Aillon dans ma PAL (Marseille 1198) mais je pensais que c'était un premier tome, mais il semble que non, du coup je n'ai toujours pas découvert cet auteur. 

    En tous cas, il me fait très envie, moi qui suis passionnée par le Moyen Âge. Je crois que sa série qui reprend de façon détournée les titres des œuvres d'Arthur Conan Doyle, se passe aussi au moyen âge. A voir donc ! 


    En tous cas, celui que tu nous présente m'intéresse beaucoup. 


    Bisous

      • Samedi 26 Juin à 10:29

        Ah si si, il me semble bien que Marseille 1198 est un tome 1 ! Je l'ai lu il y'a un moment et je ne sais plus si c'est le tome 1 ou le tome 2 mais il fait partie de la saga Guilhem d'Ussel ! Après, je crois que ces romans peuvent être lus dans le désordre même si l'auteur fait des liens entre les différents tomes, c'est assez facile de suivre l'histoire grâce à des rappels (souvent bienvenus) en début de roman. 


        Et sa saga adaptée de Sherlock Holmes se passe en effet au Moyen Âge mais pendant la Guerre de Cent Ans, à l'époque de Charles VI, Isabeau de Bavière. C'est une époque qui me passionne et je prends toujours un grand plaisir à lire une enquête d'Edward Holmes et Gower Watson ! 


         


        Je ne sais pas si tu aimes le XVIIème siècle mais je pourrais aussi te conseiller Les Enquêtes de Louis Fronsac qui sont passionnantes. ^^

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