• L'Île de la Mangrove Rouge ; Sarah Lark

    « Nous allons triompher ! J'ai vu Hispaniola en flammes, Caesar. Et c'est nous qui allons l'incendier ! »

    Couverture L'île de la mangrove rouge

     

     

      Publié en 2012 en Allemagne

      En 2020 en France 

      Titre original : Der Insel den roten Mangroven 

      Editions de l'Archipel

      484 pages 

      Deuxième tome de La Saga des Îles

     

     

     

    Résumé :

    Jamaïque, 1753. Deirdre, la fille de Nora et de l'ancien esclave Akwasi, vit dans la plantation de sa mère et de son beau-père. 

    Les garçons de l'île, fascinés par la jeune métisse, ne cessent de lui tourner autour. Mais Deirdre n'a d'yeux que pour un seul homme : le Dr Victor Dufresne...

    Après L'Île aux mille sources, Sarah Lark entraîne de nouveau ses héroïnes dans les décors enchanteurs des îles caribéennes. Mais, sous les tropiques, le temps comme le destin se montrent parfois capricieux...

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Quel plaisir de retrouver Sarah Lark avec le deuxième tome de sa saga des îles ! Imaginez un plongeon dans les Caraïbes au XVIIIème siècle et, dans les grandes lignes, vous aurez la trame de cette saga que j'ai découverte l'an dernier et aimée tout de suite. Dans le premier tome, nous découvrions Nora, la fille d'un entrepreneur londonien qui, dans les années 1730, quitte l'Angleterre pour épouser un planteur jamaïcain, Elias Fortnam. Là-bas, elle se heurte à l'esclavage et à la traite négrière qui la révulsent et contre lesquels elle va choisir de lutter.
    Dans L'île de la Mangrove Rouge, nous découvrons Deirdre la fille de Nora. C'est une magnifique jeune fille de dix-huit ans qui fait tourner les têtes. Mais un secret entache sa naissance et lorsqu'elle tombe amoureuse d'un jeune médecin venu de Saint-Domingue, Victor Dufresne et que celui-ci se montre tout disposé à l'épouser, Doug et Nora, ses parents, n'hésitent pas et autorisent leur unique fille à se marier. Direction Cap-Français où Victor possède un cabinet. fils de planteurs aisés installés dans une plantation au nom évocateur : Nouveau-Brissac, en référence au fameux château de Brissac, en Anjou. Digne fille de Nora, Deirdre se place immédiatement du coté des esclaves, demandant à son époux d'affranchir leurs serviteurs, entretenant des relations amicales avec sa femme de chambre, Amali, et ne prêtant aucune attention à ce que peuvent penser ses beaux-parents et les amis de ces derniers de son comportement. Et puis un jour la jeune femme, qui s'ennuie un peu dans sa nouvelle vie, rencontre un homme débarqué d'un bateau pirate, venu avec l'un de ses camarades blessé pour demander à Victor de le soigner...et Deirdre, sans comprendre pourquoi, se sent irrémédiablement attirée par lui. En suivant les destinées de plusieurs personnages, souvent rencontrés plus jeunes dans le premier tome, on comprend petit à petit l'intrigue qui est en train de se mettre en place...on frémit et on vibre avec Deirdre. Peut-être ne vous apparaîtra-t-elle pas tout de suite aussi attachante que Nora, plus mature au même âge mais tout aussi exaltée et prête à défendre ce en quoi elle croit. C'est vrai que j'ai mis plus de temps à m'attacher à Deirdre mais en même temps j'ai aimé la suivre et la découvrir dans sa nouvelle vie sur l'île de la mangrove rouge : Saint-Domingue, la future Haïti.
    Si vous avez aimé le premier tome, nul doute que vous aimerez celui-ci. Personnellement, j'ai commencé ce roman avec beaucoup d'attentes qui n'ont pas été déçues. Je voulais de l'exotisme, de l'évasion, des plages de sable fin et en même temps, derrière cette façade un peu légère, un propos plus grave, un vrai message. En somme, je voulais Le Pays du Nuage Blanc mais aux Caraïbes et c'est effectivement ce que j'ai eu. Dans sa saga néo-zélandaise, l'auteure ne se privait pas de dénoncer les travers de la colonisation britannique en Océanie, notamment les dépossessions dont furent victimes les populations maories. Dans sa saga des îles, évidemment, elle ne pouvait manquer parler de l'esclavage, les Caraïbes à l'époque étant majoritairement peuplées de colons européens et...de leurs esclaves, travaillant dans les plantations de coton ou de canne à sucre. L'auteure situe son intrigue à Saint-Domingue, alors que François Macandal se soulève contre les planteurs blanc et entraîne avec lui des centaines de marrons. Né probablement en Afrique, Macandal est ce que l'on appelle un bossale (un esclave originaire du continent africain). Pour certains historiens c'est un prêtre vaudou mais, ce qui est sûr, c'est qu'il fut le meneur de plusieurs rébellions plutôt violentes, qui finiront par lui coûter la vie (il est exécuté le 20 janvier 1758 à Cap-Français). Si, dans le premier tome, l'auteure nous faisait découvrir la cité clandestine de Nanny, une esclave ashantie, dans les montagnes bleues de Jamaïque, elle dresse ici le portrait d'un autre leader des révoltes d'esclaves au XVIIIème siècle. C'est ça que j'aime chez Sarah Lark : la romance et l'évasion ne prennent pas le pas sur des sujets plus graves, au contraire et l'auteure les aborde sans manichéisme ni pathos ni jugement. Jusqu'ici elle ne m'a jamais déçue et ce fut encore le cas avec ce roman.
    J'ai pris un grand plaisir à suivre Deirdre dans sa nouvelle vie. Je ne me souvenais pas d'elle dans le premier tome, étrangement, peut-être parce qu'elle n'y apparaissait que bébé et petite fille. Toujours est-il qu'elle est une héroïne à la hauteur de sa mère, Nora, et que j'ai aimé la suivre même si je ne me suis pas spécialement identifiée à elle.
    J'ai toujours beaucoup aimé les romans qui se passent dans les îles au XVIIIème siècle. En début d'année par exemple, j'ai découvert avec intérêt la saga La Bougainvillée de Fanny Deschamps et j'ai retrouvé un peu la même ambiance dans le roman de Sarah Lark. Si, comme moi, vous la connaissez déjà et que vous avez aimé ses conséquentes sagas se passant en Nouvelle-Zélande, Le Pays du Nuage Blanc mais aussi Les Rives de la Terre Lointaine, vous ne serez pas déçus, nul doute là-dessus. En revanche, si vous ne connaissez pas encore cette auteure allemande qui s'est imposée, ces dernières années, comme l'une des reines du roman d'évasion et de la romance historique, je pense que sa saga des îles est toute recommandée pour démarrer. Ces deux romans qui, j'espère, auront une suite, nous montrent bien que parfois les tropiques peuvent être amers et que ces paysages de carte postale devant lesquels on soupire quand on a besoin de vacances ont eu une histoire bien difficile et parfois même, sanglante.

    ENCORE UNE FOIS UN GRAND MERCI A MYLÈNE ET AUX EDITIONS DE L'ARCHIPEL POUR CET ENVOI ET LEUR CONFIANCE. 

    En Bref :

    Les + : Ce fut plaisir de retrouver Sarah Lark dans cette nouvelle saga caribéenne qui nous fait voyager ! Après L'île aux mille sources, qui m'avait beaucoup plu, j'ai retrouvé avec vraiment beaucoup d'intérêt Nora et sa fille Deirdre. Une chouette lecture, que j'ai savourée comme il se doit.
    Les - :
    Même si certains événements me sont apparus comme un peu...invraisemblables, la qualité de l'intrigue a pallié ce petit inconvénient.

     


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