• L'Or du Chemin ; Pauline de Préval

    « Penses-tu que le but de la peinture soit la beauté ? Qu'est-ce que la beauté si elle n'est pas habitée ? »

    Couverture L'Or du Chemin

     

     

     

           Publié en 2019

       Editions Albin Michel 

       144 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Qu’est-ce qu’aimer ? Comment mener une vie qui vise à l’essentiel ? Comment œuvrer à rendre l’homme meilleur ? Ces questions d’hier et d’aujourd’hui sont au cœur de la quête de Giovanni, un peintre florentin du début de la Renaissance. Pauline de Préval nous raconte son parcours singulier : les épreuves qu’il traverse, son combat contre ses doutes, mais aussi contre l’emprise de l’argent qui façonne la société de son temps, comme sa volonté de doter sa vie de sens. Léonora, sa bien-aimée, Brunelleschi, son ami, Starnina, son maître, le guident tour à tour vers le plus intime de lui-même. Dans l’Italie enfiévrée du XVème siècle, un roman initiatique porté par une émotion intense, qui propose à chacun de retrouver la clef du paradis.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Giovanni est un peintre florentin du Quattrocento. Un de plus, me direz-vous. On ne compte plus les artistes italiens et notamment ceux issus de Florence, en ce début de XVème siècle. Ce n'est pas encore la Renaissance mais celle-ci se profile néanmoins à l'horizon, notamment avec la construction du fameux dôme de Brunelleschi, dans la future cité des Médicis...Alors que le reste de l'Europe est encore engluée dans le Moyen Âge, déjà de nouvelles lumières s'élèvent sur la péninsule italienne.
    De Giovanni, on sait peu de choses hormis que l'art est une vocation d'enfance. Fils de teinturier, sa voie semble toute tracée : reprendre un jour l'affaire de son père. Mais le jeune garçon n'aime rien tant que dessiner, faire naître des figures sous sa main et jouer avec les couleurs, les plus belles, les plus puissantes, sans se restreindre aux simples coloris utilisés pour teindre la laine. Giovanni renonce donc à la vie qu'on lui avait promise, mais sans regrets. Il se lance alors dans la recherche d'une toute une vie : comment retranscrire la beauté, si subjective et abstraite, pour la rendre clairement perceptible à chacun ? Comment se faire une place dans le monde fermé des artistes ? Comment retrouver Léonora, son amour perdu, que les hommes puis la fatalité lui ont enlevée ? Dans une longue errance, l'artiste se perfectionne mais l'homme aussi, que Giovanni devient, fort d'une expérience unique et personnelle.
    L'Or du Chemin est un tout petit roman, d'un peu plus cent pages, presque de la taille d'une nouvelle. L'intrigue est pourtant riche et dense, autant que l'errance de Giovanni avant de se trouver est longue. A travers ce personnage fictif, c'est un peu toute l'émulation artistique de l'Italie du XVème, promise à influencer ensuite toute l'Europe, que Pauline de Préval interroge. En ce jeune artiste contemporain de Brunelleschi ou de Masaccio, on retrouve un peu de Giotto, un peu de Lippi, un peu de Léonard...il est un peu tous ces artistes à la fois tout en étant unique aussi par l'expérience de vie que l'auteure lui prête. Les questionnements qu'il se pose sont aussi criants d'une vérite pure.
    Toutefois, peut-être justement parce que le roman est relativement court et que l'auteure ne s'appesantit pas vraiment, j'ai eu l'impression de survoler un peu ces personnages et de ne pas réussir à les visualiser vraiment. Ainsi, je suis restée relativement distante d'eux et si l'intrigue ne m'a pas déplu, j'ai déploré de ne pas pouvoir me sentir plus proche des divers protagonistes du roman, à commencer par Giovanni qui en forme l'armature, la trame. Mais j'ai beaucoup aimé la façon d'écrire de Pauline de Préval, très actuelle mais qui, en même temps, se marie très bien avec son intrigue plus historique. Peut-être ce roman aurait-il mérité un peu plus de développements car il a beaucoup de potentiel et pour moi qui aime beaucoup l'Histoire de l'Art et notamment le XVème siècle italien (les romans de Sophie Chauveau lus il y'a quelques années n'y sont pas pour rien), j'avoue ne pas avoir été déçue et avoir trouvé quelque chose de captivant dans ce roman. Mais j'en aurais bien lu plus, franchement, ne serait-ce que pour rester encore un peu avec la plume de Pauline de Préval, douce et subtile, qui a su me séduire dès les premières pages.

    En Bref :

    Les + : un style doux et subtil ainsi que très moderne, qui se met au service d'une intrigue historique et artistique mais avec une résonance relativement universelle.
    Les - : des personnages à peine ébauchés qui peinent à toucher malgré la noblesse ou le beauté de leurs convictions.


    L'Or du Chemin ; Pauline de Préval

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 19 Novembre 2021 à 12:10

    Coucou, 

    Alors je te remercie car sans ta chronique, je serai passé à côté de ce roman. Je ne connaissais pas du tout, mais ayant eu de vrais gros coup de cœurs pour les ouvrages de Sophie Chauveau consacré à Lippi, Botticelli et Vinci, je ne peux qu'avoir envie de découvrir celui dont tu nous parles ici. 

    Merci. 
    Je reviendrais en jaser avec toi, quand je l'aurai acheté et lu. 

    Bises et bon vendredi. 

    Malorie

      • Vendredi 19 Novembre 2021 à 20:00

        Coucou Malorie, 

        Alors, L'Or du Chemin est assez différent des romans de Sophie Chauveau mais on trouve quand même quelques petite similitudes, notamment du fait de l'époque traitée (même si on est un peu plus tôt ici, puisque le héros, Giovanni, est contemporain de Brunelleschi, par exemple, le célèbre architecte du Dôme de Florence). 

        Sur Livraddict, ce roman n'avait pas une super note mais des avis assez nuancés, ni très bons mais pas trop mauvais non plus. Pourtant j'hésitais à le lire, de peur d'être déçue. Effectivement, je n'ai pas été complètement emballée sans être totalement repoussée non plus. Je pense que l'histoire de Giovanni aurait pu être traitée avec une centaine de pages de plus. On reste un peu extérieur à l'intrigue et indifférent aux personnages, c'est dommage mais cela n'empêche pas non plus d'apprécier le propos, la quête d'une vie (celle de la beauté, pour Giovanni et de son expression par la peinture) et la manière d'écrire de Pauline de Préval, qui est assez pointue sans être prétentieuse pour autant. 

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