• La Fille du Pasteur Cullen, tome 1 ; Sonia Marmen

    « Un bonheur se gagne souvent au prix du sacrifice d'un autre. » 

    La Fille du Pasteur Cullen, tome 1 ; Sonia Marmen

     

    Publié en 2007 au Canada ; en 2011 en France (pour la présente édition)

    Editions City (collection Poche)

    700 pages

    Premier tome de la saga La Fille du Pasteur Cullen


    Résumé : 

    L'Ecosse, aux premières lueurs des années 1800. Dana Cullen, la fille d'un pasteur rigoriste, est fiancée à un garçon de son âge. Mais la rencontre de la jeune femme avec l'étrange docteur Francis Seton va bouleverser le cours d'une vie jusque-là très conventionnelle. En dépit de tout ce qui les oppose, l'amour les prend sournoisement dans ses serres. Petit à petit, des incidents tragiques exhument le trouble passé du chirurgien, de sombres secrets resurgissent et plongent Dana dans un cauchemar qui semble sans issue... Ce grand roman entraîne le lecteur des cimetières occultes d'Edimbourg aux salons feutrés de la grande bourgeoisie du XIXe siècle, des batailles napoléoniennes aux balbutiements de la médecine moderne.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Paroisse de Kirkcaldy, début du XIXème siècle. La petite Dana Cullen est la fille d'un pasteur rigoriste de la Kirk d'Ecosse. Elevée dans une éducation traditionnaliste et fortement religieuse, la jeune fille est très proche de son frère aîné, Jonat, qui, contrairement à leur père, a choisi la modernité et l'ouverture d'esprit en devenant chirurgien. A cette époque-là, la chirurgie est une science balbutiante, qui rencontre l'opposition de l'Eglise, ne tolérant pas que les médecins et les étudiants s'exercent sur les morts avant de pratiquer sur les vivants. Le pasteur Cullen prend bien évidemment le parti de l'Eglise contre son fils Jonat qui part à Londres...Il ne reviendra jamais et la jeune Dana ne se remettra pas de la disparation de ce frère chéri et qui l'avait tant aidée et soignée, dans son enfance, lorsqu'elle avait contracté une poliomyélite.
    A la mort de leur père, les filles Cullen et leur mère doivent quitter la cure pour s'installer chez l'aînée, Maisie Cullen, mariée à Scott Chalmers dont elle a eu de nombreux enfants. Janet Cullen, la mère décide alors d'envoyer la jeune Dana à Edimbourg, chez sa propre soeur, Flora, mariée au papetier Nasmyth. Flora n'a eu que des garçons et, très vite, Dana se rapproche de son cousin Logan mais c'est de Timmy, qui a son âge, qu'elle va finalement tomber amoureuse.
    Et pourtant...pourtant, Dana n'est pas au bout de ses peines. Pour réparer une erreur de son cousin et fiancé, la jeune femme, courageuse, endosse la responsabilité de la faute et devient servante dans la maison du chirurgien Seton, un médecin d'Edimbourg, d'illustre famille. La voici à Weeping Willow, le domaine de famille des Seton...entre mystères et non-dits, Dana va voir sa vie bouleversée car elle se sent vite attirée par l'étrange et taciturne docteur Seton, qui pourrait bien être plus lié qu'il n'y paraît à Jonat Cullen...
    Entre roman noir et romance historique, le premier tome de La Fille du Pasteur Cullen augure bien du reste... je me suis donc plongée dans cette lecture avec un intérêt certain. Et pourtant, le premier tiers du livre est d'une longueur...je me suis particulièrement ennuyée je dois bien le dire, et j'abandonnais souvent ma lecture au bout de quelques pages parce que je n'arrivais pas à entrer dans l'histoire...et pourtant, la description de cette Ecosse sauvage et sublime et des balbutiements de la science médicale et chirurgicale, est particulièrement intéressante. Mais je n'arrivais pas forcément à m'attacher aux personnages ni même à trouver un quelconque intérêt à l'histoire.
    Et puis, tout se délie assez rapidement finalement et l'histoire prend un tour inattendu à partir du moment où Dana entre au service du docteur Seton. Le roman prend alors une autre dimension et entre mystères, chuchotements, craquements de la vieille maison, on se laisse happer...le mystère se transforme en suspense et l'on a envie de savoir ce qui va se passer, coûte que coûte. Alors la lecture devient plus fluide et les pages se tournent toutes seules. On retrouve l'ambiance de ces romans noirs et gothiques qui ont fait le succès des auteurs britanniques entre la fin du XVIIIème et le XIXème siècle...on peut penser par exemple aux Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe ou encore au Moine, de Matthew Lewis, même si l'aspect horrifique est complètement absent du roman de Sonia Marmen. En tous cas, clin d'oeil ou non à ce courant littéraire, l'auteure fait du roman de Lewis le roman de chevet de Dana.
    Rapidement, dans cette seconde partie du roman, on s'attache un peu plus à l'héroïne aux yeux vairons. Dana Cullen ne fera certainement pas partie de mes héroïnes romanesques préférées mais au moins, on finit par se sentir un peu plus proche d'elle. On la comprend et on vit ses doutes. Dana devient un personnage un peu plus humain et un peu moins intolérant et rigoureux, enfermé dans un carcan religieux et archaïque. Sous nos yeux, Dana Cullen s'éveille à l'amour et affronte les embûches semées sur sa route par la vie...avec brio, toutefois et l'on ne peut s'empêcher d'avoir quelque peu d'admiration pour elle.
    Autre bémol que je soulèverais...les « malgré que » qui reviennent assez souvent au cours du récit font particulièrement mal aux yeux ! Alors une coquille de temps en temps, ça peut passer, l'imprimerie n'étant pas infaillible...mais là, c'est une faute de grammaire qui aurait pu être évitée. Après renseignements, j'ai lu que cette tournure n'était pas forcément considérée comme une faute grammaticale, même si, personnellement, c'est ainsi qu'on me l'a enseignée, j'ai donc un peu de mal avec cette formulation...
    Ce premier tome de la saga, malgré ses longueurs en début, m'a donné envie de connaître la suite et je pense que c'est un bon point !! C'est finalement une belle description d'un pays et des débuts d'une science qui occupe aujourd'hui une place centrale dans nos vies et que l'on n'imaginerait plus, 200 ans plus tard, remettre en cause, comme cela pouvait être le cas à l'époque.

    En Bref :

    Les + : de jolies descriptions, une belle histoire en soi.
    Les - :
    des longueurs et des erreurs de grammaire récurrentes, dommage.

     


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