• La Maison sur la Falaise ; Audrey Perri

    « Le plus grand bonheur isole, comme esseule la plus grande tristesse. »

    Publié en 2018

    Editions City

    476 pages

    Résumé : 

    Dévastée par une récente rupture, Alma quitte Londres pour passer l'été chez sa grand-mère Mina, dans un petit village au bord de la mer. C'est là, dans la bibliothèque familiale, qu'elle découvre entre les pages d'un livre, une ancienne lettre.


    Le courrier est adressé à son arrière-grand-mère, autrefois employée chez les Wilson, une famille habitant une grande maison du coin, battue par les embruns.
    Qui est cette femme noyée dont la lettre parle avec tant de douleur ? Quel rôle a été joué par sa propre famille dans ce drame ?

    Alma se lance sur les traces de Selina Wilson, une jeune femme qui a vécu dans les années 1910. Une femme éprise de liberté, refusant de se plier à un mariage arrangé. Dans les méandres d'une histoire familiale tourmentée, Alma va découvrir un secret bouleversant...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    La lecture dont je vais vous parler aujourd'hui est une lecture particulière. Une lecture particulière et qui me tient à cœur parce que je chronique aujourd'hui le premier roman d'une autre lectrice, d'une autre blogueuse, en un mot, d'une autre passionnée.
    J'avoue que, en général, lorsque je chronique un livre, j'occulte le fait que l'auteur peut avoir vent de ma chronique et venir la lire. Je ne me mets pas de filtre et j'essaie de livrer mon ressenti, le plus sincèrement possible, qu'il soit positif ou négatif, d'ailleurs. Mais, la plupart du temps, je n'ai finalement partagé quelque chose avec ces auteurs que le temps d'une lecture. Ils ne sont rien pour moi et je ne suis rien pour eux, malgré toute l'affection que je peux avoir pour leur plume ou leur univers.
    Ici, c'est nettement différent : je n'ai pas non plus lu le livre d'une amie mais j'ai lu le livre de quelqu'un que je connais un tant soit peu. Certes, les échanges avec Audrey sont, depuis un an et demi, des échanges virtuels. Mais ils sont réguliers et constructifs et je pense que nous avons fini par apprendre un peu l'une de l'autre via nos commentaires et nos messages. En gros, avant d'être une auteure, Audrey Perri est une autre blogueuse et une blogueuse avec qui un lien assez important s'est tissé au fil des mois alors évidemment, je n'ai pas abordé ce roman comme je le fais d'habitude et je ne l'ai pas lu non plus comme je le fais d'habitude, c'est certain. J'ai découvert que c'était grisant mais aussi stressant de lire le roman de quelqu'un qui ne nous est pas inconnu.
    Déjà, avant de rentrer dans le vif du sujet, de quoi il parle, ce roman ?
    La Maison de la Falaise fait partie de ces romans que j'appelle des « romans à secrets ». La maîtresse du genre c'est Kate Morton, avec ses romans se passant à deux époques différentes mais liées par un secret ou un événement dramatique. Ensuite d'autres auteurs se sont engouffrés dans la brèche, de façon plus ou moins heureuse, mais force est de constater que ce genre de romans a le vent en poupe.
    Dans son roman, Audrey Perri reprend tous les codes du roman à secrets : les deux époques, le secret, l'héroïne un peu perdue et en pleine introspection, qui finit par lever le voile sur ce secret enfoui depuis des années voire des décennies.
    Ici nous faisons la connaissance d'Alma. Nous sommes en juin 2011 et la jeune femme qui s'apprête à fêter ses trente ans, rejoint la maison de sa grand-mère au bord de la mer, le temps d'un été. Fragilisée à la suite d'une rupture douloureuse, la jeune femme quitte Londres pour se remettre, sous les yeux attentifs de Mina, sa grand-mère, quatre-vingt-dix-huit ans mais toujours alerte et pleine d'énergie.
    En découvrant un jour une mystérieuse lettre dans un livre de sa grand-mère, Alma exhume un secret, devenu une légende de la région : celle de la jeune femme noyée, retrouvée sur la plage, en 1913.
    C'est alors que, à la veille de la Première guerre mondiale, nous faisons la connaissance des Wilson et des Clark. Les deux familles se côtoient et vivent dans les maisons de la falaise, surplombant la mer. Si les parents ne se fréquentent pas, Selina, la cadette des Wilson, est la meilleure amie de Laura Clark. Âgées d'une quinzaine d'années toutes deux, elles sont très différentes mais liées par un lien très fort remontant à l'enfance. Malgré leurs différences, elles sont les meilleures amies du monde. Mais un drame couve, un drame qui les changera à jamais : une passion amoureuse destructrice, un geste irrémédiable, des familles rongées par les non-dits, le poison des secrets et plein d'autres choses qui font la complexité de toutes les familles. Mais pour les Wilson et les Clark, le drame va être si violent que personne n'en sortira indemne.
    Et cent ans plus tard, partant de cette lettre trouvée par hasard, Alma va remonter le temps et tenter de comprendre ce qu'il s'est passé dans cette fameuse maison de la falaise, en 1913. Est-elle elle-même liée à cette histoire ? Qu'est-ce que sa grand-mère lui cache ? Que s'est-il passé pour que cette jeune femme se noie ? Était-ce un accident ou un suicide ? Alma va devenir enquêtrice et ce qu'elle va trouver ne manquera pas de la surprendre, tout comme nous.
    A l'issue de cette lecture, je ne peux dire qu'une chose : ce premier roman est vraiment une réussite. Et je ne dis pas ça pour faire plaisir à l'auteure, loin de là ! J'aurais été très embêtée de devoir lui dire que je n'avais pas aimé son livre et je suis donc soulagée que ce ne soit pas le cas. Oui, j'ai aimé ce roman et ce que j'écris n'est pas une fausse critique élogieuse, au contraire. Sans être sans défaut, La Maison de la Falaise est un roman abouti et maîtrisé. J'ai aimé la pléthore de personnages, tous plus ciselés les uns que les autres et bien plus complexes qu'ils ne le paraissent de prime abord. Même Alma a su me séduire : parfois, dans ce genre de romans, je suis plus captivée par la partie historique que la partie contemporaine mais là j'ai tout de suite aimé le personnage, dans lequel je me suis retrouvée. Je n'ai pas ressenti la légère déception que j'ai parfois éprouvé dans certaines lectures, quand j'arrivais à la fin d'un chapitre historique et que je devais revenir avec l'héroïne contemporaine : c'est ce qui m'est arrivé avec Un goût de Cannelle et d'Espoir par exemple. La partie historique m'avait captivée mais le personnage de Reba ne m'avait pas spécialement plu et je la retrouvais vraiment sans plaisir. Ici, j'ai trouvé qu'Audrey Perri parvenait à nous intéresser tout autant aux destins de Selina et Laura qu'à Alma, que j'ai trouvée touchante et surtout, Alma joue à la perfection son rôle de trait d'union entre les années 2010 et les années 1910. Elle n'a pas cherché non plus à rendre tous ses personnages aimables mais ils sont tous intéressants même ceux pour lesquels l'attachement est peu évident voire impossible. Elle leur a créé un passé, un vécu et aucun n'est lisse, ils ont tous une vraie consistance. J'ai aussi aimé cette ambiance très anglaise à la Downton Abbey que l'auteure parvient à faire revivre avec beaucoup de naturel. On s'y croirait ! Et enfin, mention spéciale à ces romans qui émaillent le texte et m'ont rappelé pour la plupart de bons souvenirs de lecture : on sent tout l'amour de l'auteure pour la littérature et faire de ses personnages des lecteurs est un vrai bel hommage à la littérature en général et à sa propre expérience de lectrice. 
    Vous l'aurez compris, certainement, j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Je ne l'ai pas dévoré, par manque de temps, mais si j'avais pu, je l'aurais fait ! J'avais tellement envie de savoir enfin ce qui allait se passer, quel drame allait se jouer et pourquoi. L'histoire au cœur de La Maison de la Falaise n'a rien d'une promenade de santé : les épreuves que vont traverser les personnages sont éprouvantes et ils y laisseront des plumes et parfois leurs illusions. Le roman est parfois dur et sans concession mais c'est aussi un bel hommage à l'espoir et à l'envie de vivre, malgré tout.
    Et tout ça est bien évidemment servi par un style vraiment sympa, dont j'ai plus pris la mesure ici que dans Une Bonne Âme qui était une nouvelle et c'est difficile avec un texte court de se faire une idée précise d'un style, d'un univers.
    La Maison de la Falaise m'a fait sourire, m'a aussi fait pleurer (oui oui) et m'a fait passer par toute une gamme d'émotions et de sentiments divers. Cette lecture m'a plu au-delà même de ce que je pouvais espérer, au-delà même de ce que je croyais. Retrouver le livre était toujours synonyme de bon moment, que je lise à chaque fois quelques pages ou plusieurs chapitres.
    Ce premier roman est abouti, maîtrisé et n'a rien à envier aux meilleurs Kate Morton ou Katherine Webb.
    Le seul bémol que je pourrais soulever c'est qu'il y'a des coquilles, quelques mots absents parfois ou un mot donné pour un autre mais c'est une première édition et je serai donc indulgente.
    Un seul conseil avant de reposer ma plume : lisez La Maison de la Falaise. Si vous aimez ce genre de romans nul doute que celui-ci saura vous plaire j'en suis sûre

    En Bref :

    Les + : une histoire très bien menée, émaillée de personnages tous intéressants et aux personnalités multiples et complexes. Pour un premier roman, c'est vraiment une réussite. 
    Les - : quelques coquilles d'impression. 

     

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 5 Juillet à 08:10

    Comme toi, je serai quelque peu gênée si, par exemple, un jour je devais écrire un avis sur le livre que tu viendrais d'écrire, car on se connait virtuellement depuis Skyblog donc ça fait trèèèès longtemps ! Je ne sais pas si tu écris donc j'ai encore le temps pour y songer :-P

    Heureusement, tu as aimé. Et je crois que je pourrai aussi aimer car j'adore les histoires qui se déroulent entre 2 époque, avec une héroïne comme personnage principal et des secrets à débusquer. Bref, je note encore !

      • Jeudi 5 Juillet à 15:55

        Oui, c'est exactement ça ! Je suis Audrey Perri depuis un peu moins de temps (j'ai découvert son blog en janvier 2017) mais j'ai tout de suite aimé son univers, ses chroniques, son blog en général, qui est vraiment sympa. On s'est rendu compte qu'on avait beaucoup en commun, des goûts littéraires assez semblables, d'ailleurs... happy Il était donc évidemment que je la lirais un jour ou l'autre, quand j'ai su qu'elle écrivait. En décembre, j'ai lu Une Bonne Âme, une petite nouvelle sympa, basée sur un fait divers authentique se passant dans le Londres victorien. Et je me suis alors aperçue que ce n'est vraiment pas facile de parler du livre de quelqu'un que l'on connaît, même si ce n'est que par écran interposé. Certes, la relation n'est pas la même, mais les échanges sur la blogosphère sont sincères et parfois, très constructifs et intéressants, on fait en général de belles rencontres. ^^ Et du coup, c'était hyper dur de mettre des mots sur ce que j'avais ressenti : faire une chronique dithyrambique ? Et si l'auteur croit qu'on est hypocrite ? erf Et si, à l'inverse, on n'a pas aimé, ce qui aurait pu arriver ? Comment le tourner pour ne pas vexer non plus ? Un exercice assez difficile mais sympa au final ! yes

        (et pour répondre à ta question : oui, j'écris, mais je ne publie pas, donc pour le moment, la question ne se pose pas ! sarcastic Mais qui sait ? Peut-être un jour...)

         

        Et le mois dernier, donc, je me suis attaquée à La Maison de la Falaise, son premier roman. J'ai vraiment beaucoup aimé et franchement, c'est sincère ! Cette chronique n'est pas du tout une chronique pour faire plaisir, loin de là : j'ai trouvé cette histoire vraiment réussie, la plume de l'auteure est très fine, j'ai aimé sa manière de raconter son histoire ! Je me suis attachée autant à Alma qu'aux personnages du début du XXème. Sa description de l'époque est irréprochable et même si le secret, la quête d'une jeune femme un peu perdue dans sa vie et qui va trouver un certain apaisement grâce aux réponses qu'elle va trouver est du vu et du revu (notamment chez Kate Morton et toutes ces auteures qu ont ensuite surfé sur la vague), franchement, ça fonctionne super bien ! 

        Je te recommande le livre et d'aller faire un tour sur le blog d'Audrey : Cellardoor. Je suis sûre qu'il te plairait. smile

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