• Le Chardon et le Tartan, tome 6, La Neige et la Cendre ; Diana Gabaldon

    « On a beau savoir qu'un événement horrible surviendra dans le futur on refuse toujours de penser que le futur peut être demain. »

    Outlander, tome 6, La Neige et la Cendre ; Diana Gabaldon

    Publié en 2005 aux Etats-Unis ; en 2015 en France (pour la présente édition)

    Titre original : Outlander, book 6, A Breath of Snow and Ashes

    Editions J'ai Lu

    1531 pages

    Sixième tome de la saga Le Chardon et le Tartan

     

    Résumé :

    1772. Le brûlot de la rébellion flambe : à Boston, des cadavres gisent dans les rues, et en Caroline du Nord, des cabanes s'embrasent dans la forêt. Une ombre plane au-dessus de Fraser's Ridge, communauté dans laquelle Claire et Jamie coulaient des jours heureux. 

    Quand le gouverneur cherche une personnalité charismatique capable d'unir l'arrière-pays et d'apaiser les tensions entre Indiens et colons, tous les membres de la colonie en émoi voient en Jamie l'homme de la situation. Mais les choses ne sont pas si simples...

    Malgré eux, Claire et le guerrier écossais sont emportés dans un tourbillon de violence, de règlements de comptes et de perfidies.  Après avoir défié les siècles, leur amour pourra-t-il survivre à ces tourments ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    L'intrigue de ce sixième volume de Outlander commence en 1772, alors que la situation commence à se dégrader sérieusement dans les colonies américaines. Alors qu'à Boston et dans d'autres villes surviennent ce que l'Histoire a retenu sous le nom de Tea Parties (celle de Boston est la plus célèbre et aura lieu en 1773), dans les montagnes de Caroline du Nord, on n'est pas plus épargné par la grogne de plus en plus violente et il n'est pas rare de retrouver des cabanes isolées calcinées et leurs habitants avec. À Fraser's Ridge peut-être plus qu'ailleurs la situation est prise au sérieux mais aussi avec fatalisme car Claire, Brianna et son époux Roger, qui viennent du futur, savent que la guerre est inéluctable et entraînera un bouleversement immense à l'échelle mondiale. En effet, l'indépendance des Etats-Unis, effective en 1783 avec la ratification du traité de Paris, implique une nouvelle répartition des forces et des influences et préfigure la mainmise de l'Amérique sur l'international.
    Pour le moment c'est surtout l'éclatement de la guerre qui préoccupe Jamie, responsable non seulement de sa famille mais aussi de toutes celles qui sont venues s'installer à Fraser's Ridge et permettent à la communauté de vivre et prospérer. L'heure des choix a sonné et si, grâce à son épouse, sa fille et les connaissances historiques de son gendre, Jamie connaît déjà l'issue de la guerre imminente, il sait aussi qu'il est impossible de changer le cours des choses : la Guerre d'Indépendance éclatera, quoiqu'il se passe. Le soulèvement et la bataille de Culloden en 1746, en est un bon exemple : malgré tous leurs efforts et leur prescience de l'avenir tragique des Stuarts et des clans Highlanders, Claire et Jamie n'ont rien pu empêcher mais ont pu cependant permettre aux habitants de Lallybroch de traverser la période de répression qui suivit la bataille sans trop d'encombres. Encore une fois, Jamie va essayer de sauver le plus grand nombre tout en sachant qu'il ne pourra, malheureusement, pas faire échapper certains à un destin funeste qui se rapproche de plus en plus dangereusement.... et, paradoxalement, pour essayer de sauver Fraser's Ridge et les siens, il va aussi falloir, dans un premier temps, qu'il les exposent tous aux dangers qu'impliquent une trahison à la Couronne. Car si, aujourd'hui, avec le recul, la victoire des Insurgents paraît évidente, à l'époque elle ne l'était pas, et de loin !
    Quant à Claire, Brianna et Roger ainsi que le petit Jemmy, la perspective d'un nouveau voyage à travers les pierres se profile aussi à l'horizon...
    Alors... partiront ? Partiront pas ? Pour le savoir, il faut s'armer de courage et ouvrir ce très volumineux sixième tome, qui porte le joli titre de La Neige et la Cendre. 1531 pages, ça n'est pas rien, c'est sûr et ça n'est pas un livre qu'on lit en quelques jours, non seulement de part sa quantité de pages mais aussi sa teneur en intrigues diverses et variées qu'il faut toutes prendre le temps de bien découvrir pour ne pas être perdu lorsqu'on poursuit sa lecture. L'inconvénient de romans aussi importants, c'est que certains aspects peuvent parfois passer à la trappe puis resurgir brusquement et égarer légèrement le lecteur. Outlander présente cette caractéristique depuis le début, qui tend à devenir de plus en plus importante à mesure que le nombre de pages augmente ! Alors certes, cette lecture reste avant tout un divertissement mais quand même... cela n'empêche pas, à mon avis, de la prendre au sérieux et, pour un confort de lecture, éviter par exemple de revenir en arrière chercher tel ou tel passage qui nous a échappé, il vaut mieux se mettre en condition dès le départ, encore plus si la Guerre d'Indépendance américaine n'est pas un sujet qu'un connaît très bien. C'est mon cas et j'ai apprécié d'ailleurs d'en apprendre un peu plus sur cette période importante de l'Histoire mondiale. À part la Déclaration d'Indépendance du 4 juillet 1776, la bataille de Yorktown en 1781 et l'intervention française représentée par Rochambeau et surtout, La Fayette et son fameux navire, L'Hermione, mes connaissances étaient relativement peu étendues.
    Diana Gabaldon, qui est américaine, nous raconte l'Histoire de son propre pays. Pas étonnant donc, qu' elle y ait mis tout son cœur ! Cependant, sans être écossaise, elle avait aussi très bien restitué le contexte du Soulèvement, au milieu des années 1740 qui se solde par la sanglante défaite de Culloden Moor.

     


    On se rend compte ici que, comme dans n'importe quelle autre révolution, le contexte n'est pas aussi simple qu'on veut bien nous le présenter ... comme lorsqu'on prend le temps de gratter un peu le vernis de l'Histoire convenue appliqué consciencieusement sur la Révolution française, ici on se rend compte que la Guerre d'Indépendance américaine n'opposa pas uniquement, la métropole d'un côté et de l'autre ceux qui ne se considéraient plus ni comme Anglais ou sujets du roi George III mais comme les citoyens d'une nation en devenir et appelée à occuper un jour proche une place prépondérante... À cette quête d'indépendance, il faut aussi ajouter les colons qui s'opposèrent entre eux, les loyalistes contre les insurgés, mais aussi les Indiens, qui auront une place importante dans le conflit, chaque camp essayant de les récupérer à son profit. Loin d'une présentation manichéenne qui pourrait être tentante, au contraire l'auteure fait l'effort de nous présenter l'événement dans toute sa complexité et fait en sorte de bien nous décrire tous les impacts qu'une guerre proche peut avoir sur chaque futur citoyen de la nation américaine car pour chacun, le conflit aura une implication particulière : et même si l'idéal de chacun est la liberté, chacun va aussi se battre pour ce qu'il possède et certains, pour des motifs très personnels aussi.
    Pour Jamie, la guerre peut remettre en cause ce qu'il s'est échiné à construire, pour Claire, pour Brianna, pour Roger, elle pourrait avoir un dénouement bien plus important encore et bouleversant, à savoir, leur retour dans leur époque, au XXème siècle.
    À côté de ca c'est tout un réseau d'intrigues domestiques qui se tisse, intrigues qui pourraient paraître moins importantes face aux intrigues plus historiques ou aventureuses mais qui le sont en fait tout autant parce qu'elles donnent aussi un caractère humain et assez universel au récit : Roger et Brianna font face à des questionnements perturbants sur leur capacité à concevoir de nouveau tandis que Fergus et Marsali, tous deux enfants adoptifs de Jamie et tombés amoureux au cours des pérégrinations antillaises de Claire et Jamie, sont confrontés à une naissance aussi étonnante qu'inattendue. En ce qui concerne Fraser's Ridge en général, l'arrivée de presbytériens radicaux tous droits arrivés d'Ecosse va créer des incompréhensions religieuses.
    Peut-être êtes-vous surpris que je ne parle pas de l'aspect fantastique du roman, qui est quand même, si on peut dire, la colonne vertébrale de la saga de Gabaldon ! Serait-il moins important dans ce tome-là ? Absolument pas ! La présence de Claire, de sa fille, de son gendre et de son petit-fils ne peut, de toute façon, que nous rappelle à chaque fois qu'il y'a quelque chose qui cloche dans cette histoire, qu'au-delà de la rationalité et de la vraisemblance apparente, il y'a quand même cet aspect un peu plus onirique qu'il ne faut pas occulter. Depuis plusieurs tomes déjà, Diana Gabaldon apporte de plus en plus d'explications qu'on pourrait presque qualifier de scientifiques quant au voyage à travers les pierres. Ce qui aurait pu s'avérer, au départ, être seulement un événement isolé et intimement lié aux légendes celtiques très vivaces en Écosse, ne l'est en fait absolument pas et il se pourrait bien que Claire et les siens rencontrent d'ailleurs d'autres voyageurs... le processus du voyage est de mieux en mieux décrit, Diana Gabaldon nous distille subtilement des clés à chaque volume et cela nous permet de mieux le comprendre et surtout de lui accorder foi. Même le plus cartésien des lecteurs ne peut que se laisser prendre au jeu à mon avis et, d'ailleurs, incroyable mais vrai, moi qui avais énormément hésité au départ à lire cette saga à cause justement de l'aspect fantastique de la saga, je me suis surprise à connaître un regain d'intérêt à chaque fois qu'il était de nouveau question des pierres et du voyage dans le temps ! Comme quoi ! On peut dire que Diana Gabaldon a gagné son pari et haut la main qui plus est !
    Ce sixième tome d'Outlander est énorme mais, vraiment, c'est toujours un plaisir de retrouver les personnages qu'on a appris à connaître, pour certains, depuis plus de vingt ans. Et malgré ses quelques petits défauts, le roman est extrêmement captivant. Encore une fois je n'ai pas été déçue et je n'ai déjà qu'une envie, me jeter sur le tome 7 !

     

    Le Chardon et le Tartan, tome 6, La Neige et la Cendre ; Diana Gabaldon

    S'ils apparaissent tout juste dans la série, dans les romans, les personnages de Roger et Brianna prennent de plus en plus d'importance...

     

    En Bref :

    Les + : une intrigue toujours aussi palpitante, des personnages de plus en plus palpitants, bref, c'est toujours aussi génial !
    Les - :
    quelques inégalités et deux trois longueurs mais rien de grave pour un livre de cette ampleur. 


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  • Commentaires

    1
    Lundi 7 Novembre 2016 à 18:28

    Ouhhh quelle chronique fournie, je vois que tu vas vraiment au fond des choses dans tes avis !

    Et aussi que tu regardes la série ^^ (moi pas encore, j'attends d'avoir terminé les romans ^^)

      • Lundi 7 Novembre 2016 à 18:36

        J'avais beaucoup de choses à dire sur ce roman, c'est vrai ! Certaines de mes lectures m'inspirent plus que d'autres, aussi, il faut dire. cool

        Et oui, je regarde la série. En fait, c'est comme ça que j'ai découvert l'univers d'Outlander. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas commencé par les romans, même si je les connaissais déjà mais j'hésitais beaucoup à me lancer ! Et au final j'ai aimé la série, que je n'ai pas trouvée trop invraisemblable, je suis tombée dans les romans et maintenant, je suis fan ! ! Je te la conseille, en tous cas, mais peut-être as-tu raison d'attendre d'avoir terminé les raisons parce qu'à partir de la saison 2 c'est déjà très différent, notamment au niveau du découpage (il est vrai que c'est difficile de transcrire en images les romans très fournis de Diana Gabaldon mais les créateurs de la série ont fait un bon travail, à mon avis. yes ) 

         

        Merci pour ton passage par ici, j'espère à bientôt ! 

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