• Le Soleil des Rebelles ; Luca Di Fulvio

    « Apprends à considérer la vie comme un don précieux et pas comme une chose de rien, comme font les imbéciles et les désespérés. »

    Couverture Le soleil des rebelles

     

     

            Publié en 2015 en Italie 

       En 2019 en France (pour la présente édition)

       Titre original : Il Bambino che trovo il Sole de       Notte

       Editions Pocket

       830 pages

     

     

     

     

    Résumé :

    Royaume de Saxe, 1407. Marcus II, prince héréditaire, grandit choyé dans son château, nourri de tartes aux pommes, vêtu de fourrures épaisses le protégeant du froid. Au début de l'hiver, tandis que l'enfant s'émerveille de la tombée des premières neiges, l'impitoyable Agomar, seigneur du royaume voisin, pénètre avec ses troupes dans l'enceinte fortifiée. Sous les yeux impuissants du jeune Marcus, les membres de sa famille et de la Cour sont massacrés. 
    Grâce à la fille d'une domestique il parvient à s'enfuir et trouve refuge chez les serfs. Une nouvelle vie commence pour le prince. Mais l'héritier saura-t-il oublier d'où il vient pour survivre ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    L'année dernière après avoir vu ce roman partout, je décide de lire enfin Le Gang des Rêves, assurée, par tous les commentaires dithyrambiques que j'avais pu lire ici ou là que je serais très emballée, voire que j'aurais un coup de cœur comme beaucoup de lecteurs, qui ne juraient plus que par cet auteur. Donc en janvier, je lis Le Gang des Rêves, que j'ai aimé : dire le contraire serait mentir. Mais il m'a manqué le petit truc, la petite étincelle qui fait que... en revanche, quelle merveilleuse plume que celle de Luca Di Fulvio, auteur que je découvrais et qui, en effet, est extrêmement talentueux.
    Cette année, j'ai décidé de retenter l'expérience : après tout, ce n'est pas le coup de cœur qui fait forcément une bonne lecture. On peut beaucoup aimer un roman sans éprouver de coup de foudre, au contraire on peut lui trouver des défauts et en même temps en garder un très bon souvenir. Donc j'ai décidé de me lancer dans Le Soleil des Rebelles dont le résumé m'attirait plus, peut-être de part l'époque choisie, le lieu aussi...
    Ici, nous ne sommes pas à New York dans les années 1920 mais en plein cœur de l'Europe au début du XVème siècle. Le jeune Marcus II de Saxe, âgé d'une dizaine d'années mène une vie extrêmement protégée dans le château paternel, ne se confrontant ni au froid ni à la misère qui est celle du peuple à l'époque. Mais tout bascule lorsque, au début d'un hiver particulièrement précoce et rigoureux, ses parents sont assassinés par un seigneur voisin convoitant leurs terres. Sauvé in extremis par Eloisa, la fille de la sage-femme, Marcus doit disparaître de la circulation pour sauver sa vie. Rebaptisé Mikael, élevé près d'Eloisa par la mère de cette dernière, Agnete, une femme sage mais rude, le jeune garçon doit apprendre la résilience, la patience et la vie, en général. Cela ne se fera pas sans mal, mais un jour Mikael deviendra un homme, en mesure de tenir tête à l'ennemi de son père et de venger ce dernier.
    Sublime roman sur la résilience, l'amour, filial ou charnel et la liberté, Le Soleil des rebelles nous transporte littéralement, dans tout un monde et toute une époque.
    Si, comme dans Le Gang des Rêves, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, je crois que j'ai été plus emballée par Le Soleil des Rebelles : comme je le disais plus haut, je pense que c'est essentiellement le lieu et l'époque qui ont plus correspondu à ce que j'aime. Je n'ai rien contre le New York des années 20 et Luca Di Fulvio en fait une formidable description...mais j'ai plus facilement voyagé dans cette Raühnvahl, vallée perdue aux confins des terres italiennes et impériales, perdue dans les rudes montagnes de l'Europe centrale. Nous ne savons pas exactement où nous sommes, les noms se mélangent, germaniques, slaves, italiens...on sait que Mikael est né Marcus de Saxe, on peut supposer qu'il appartient à cette ancienne maison royale (même si je n'ai rien trouvé dans l'Histoire qui puisse rappeler cette intrigue) et donc, que l'intrigue se situe quelque part entre la future Allemagne et les terres d'Europe centrale. Les personnages, à un moment donné, voyagent à Constance où se tient un concile : on sait alors que nous sommes entre 1414 et 1418, années durant lesquelles se déroule ce fameux concile qui, au début du XVème siècle, mettra fin au Schisme qui déchire l'Eglise catholique depuis cent ans. A part ça, peu d'indications concernant les lieux, le temps et si, en temps normal, cela me gêne un peu (j'aime pouvoir me situer), ce ne fut pas le cas ici : au final, cela donne beaucoup d'universalité au récit, qui pourrait se passer n'importe où, en Espagne, en Angleterre, en France, en Scandinavie, peu importe ! Et s'il y'a bien une chose que j'aime dans les romans, c'est justement lorsqu'on se rend compte de cet universalité qui lie les hommes depuis des siècles et que nos mécanismes les plus profonds ne sont pas beaucoup plus différents de ceux de nos lointains ancêtres.
    A part ça, j'ai retrouvé l'univers de Luca Di Fulvio, très personnel et, à mon avis, inimitable : cette histoire, personne d'autre que lui n'aurait pu l'écrire ou alors, certainement moins bien. S'il y'a bien une chose que j'avais remarquée dans Le Gang des Rêves, c'est que Di Fulvio est un excellent analyste du genre humain et un portraitiste hors pair et j'ai retrouvé cela dans Le Soleil des Rebelles, avec beaucoup de plaisir, cela va sans dire. Tous les personnages du récit sont importants et y ont leur place, les plus sympathiques comme les plus désagréables voire ceux qui semblent avoir une âme très noire pour espérer la voir un jour se purifier. Personne n'est bon ou mauvais par essence et celui qui est mauvais peut s'amender et s'améliorer, voilà ce qui transparaît de ce récit et qui finit par se vérifier.
    Si j'ai vraiment craint, au début, de ne pas réussir à aimer cette intrigue, de ne pas réussir à y rentrer, ne sachant franchement pas où l'auteur allait m'emmener, heureusement ce sentiment un peu désagréable pour un lecteur s'est vite dissipé et le roman s'est déroulé tout seul, avec fluidité, avec simplicité. Je me suis entièrement plongée dans ce roman, je ne le posais qu'avec regret et je suis aussi arrivée à regret aux dernières pages.
    Mené de main de maître, ce roman d'apprentissage qui n'est pas tendre pour son héros et le fait tomber plusieurs fois durement mais pour mieux le relever est formidablement porteur d'espoir, d'optimisme et est une bulle de positif dans un monde qui semble courir à sa perte, jeté en pâture à un seigneur cruel et sans scrupules. Peut-être que, des fois, c'est un peu cliché...peut-être que, dès le début (allez, la moitié) du livre on sent arriver le happy end qui semble inévitable. Ok. Mais en même temps, c'est tellement bien écrit, tellement captivant, on se prend tellement d'amitié pour les personnages qu'on oublie tout ça. Une lectrice a soulevé de troublantes analogies entre ce roman et Le Trône de Fer, la fameuse saga de G.R.R Martin. Personnellement, n'ayant pas lu l'oeuvre de ce dernier, j'accorde le bénéfice du doute à Luca Di Fulvio et je recommande mille fois ce roman : même si vous n'aimez pas les romans historiques ou qu'ils vous font peur, ici, nous sommes plus dans un roman de l'humain que dans un roman historique. Cette histoire, comme je le disais plus haut, pourrait se passer n'importe où...je pourrais ajouter qu'elle pourrait se passer n'importe quand. Peut-être n'aurions plus à faire, au XXIème siècle, à des serfs se dressant contre un système féodal qui rappelle inévitablement une histoire médiévale ou, du moins, relativement ancienne. Mais je crois qu'il existe encore, aujourd'hui en 2020, des Mikael et des Eloisa, qui luttent pour leur liberté et prouver qu'ils existent. Alors ne vous laissez pas impressionner par l'époque, au final, elle n'est qu'un faire-valoir, un appui pour le récit et le contexte historique est peu présent.
    Si vous aimez déjà Luca Di Fulvio, peut-être n'aurez-vous pas besoin de lire mes mots pour vous sentir convaincus. Mais si vous le connaissez pas encore, si vous hésitez ou si, comme moi, vous avez lu d'abord son immense succès, Le Gang des Rêves, mais sans l'aimer autant que la grande majorité des lecteurs, certainement Le Soleil des Rebelles pourra vous réconcilier avec son univers, infiniment tendre et philosophique comme immensément froid et cruel quand il faut.
    Si je n'ai pas éprouvé de coup de cœur (le début un peu laborieux et quelques longueurs en milieu de récit me l'ont fait louper, je pense), j'ai malgré tout passé d'excellentes heures de lecture avec ce roman et j'en garderai bien évidemment un très bon souvenir.

    En Bref :

    Les + : roman d'apprentissage faisant la part belle à l'amour, l'optimisme, la liberté et la résilience, Le Soleil des Rebelles est un roman sur l'humain, qui fait réfléchir.
    Les - :
    quelques longueurs en milieu de récit et un début un peu laborieux pour moi, mais heureusement, ce n'est que passager.

     

    Les soeurs Brontë : la Force d'Exister ; Laura El Makki

    Thème de juin, « La Felicità », 6/12


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