• Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    « Ceux que nous aimons, c'est à l'aune de leurs vertus et de leurs défauts confondus qu'il nous faut les apprécier. »

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    Publié en 2012

    Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

    435 pages

    Huitième tome de la saga Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet

    Résumé :

    A la cour de Versailles, la reine s'ennuie.
    D'escapades nocturnes en bals costumés, Marie-Antoinette s'étourdit de plaisirs... mais la fête tourne court lorsqu'un de ses précieux bijoux, volé pendant le Bal de l'Opéra, devient l'enjeu d'une affaire aux multiples ramifications. Alors que la guerre navale se développe contre l'Angleterre, Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet et familier des arcanes du pouvoir, plonge dans un jeu de dupes au parfum de trahison.
    Entre les frasques du duc de Chartres, les manigances du comte de Provence, le double jeu de l'inspecteur Renard et un assassin qui le défie avec orgueil, Le Floch n'aura pas la tâche facile. Car à la cour, ce royaume du mystère et de l'indiscrétion, toutes les batailles ne se jouent pas à fleurets mouchetés !

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Eté 1778. A Versailes, la reine Marie-Antoinette s'ennuie. Elle est enceinte, peut-être attend-t-elle enfin l'héritier du trône que tout le monde attend ? Mais à la joie de la grossesse de la reine s'ajoute l'inquiétude car la France est en guerre contre l'Angleterre. Et, de plus, il se trouve qu'un bijou très apprécié de Sa Majesté a disparu lors d'un bal au début de l'année et que ledit bijou est introuvable...enfin, la police du royaume a fort à faire pour empêcher d'immondes pamphlets et libelles d'inonder la Cour, fustigeant le comportement frivole et léger de la jeune souveraine. Et, pour couronner le tout, une affreuse canicule afflige le royaume depuis la fin du printemps et ne semble pas décidée à laisser le pas à la fraîcheur.
    C'est dans ce contexte que nous retrouvons notre cher commissaire Le Floch, qui a du pain sur la planche ! Alors qu'il est mandaté par le roi lui-même pour accompagner le duc de Chartres à Ouessant, où une bataille doit opposer les flottes françaises et anglaises -la bataille d'Ouessant, le 27 juillet 1778-, le commissaire, par ailleurs marquis de Ranreuil, connaît le baptême du feu sur les navires royaux. Mais, bien vite, c'est sa casquette -ou plutôt devrions-nous dire, son tricorne wink2- de commissaire que Nicolas va être obligé de remettre quand il se rend compte que l'enquête sur la disparition du bijou de la reine prend des tours et détours de plus en plus sinistres. Et, comme cela ne manque pas, encore une fois, ce sont de nombreux cadavres que va semer sous ses pas notre cher commissaire et ce seront bien des embûches que ses adversaires ne vont pas manquer de placer sur sa route ! Mais, flanqué de son fidèle Bourdeau, inspecteur de police, de Semacgus, ancien médecin de marine, de Le Noir, lieutenant général de police et de l'éternel Sartine, Nicolas ne se laisse pas impressionner et est bien décidé à démêler les fils d'un écheveau qui semble toucher au plus près les intérêts du trône et de la reine, trop souvent calomniée. Et voici qu'un noyé, qui donne d'ailleurs son titre au livre, va être retrouvé dans le Grand Canal de Versailles et va amorcer une enquête de longue haleine pour nos chers personnages et surtout, notre commissaire préféré ! oops

     

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    La Bataille d'Ouessant par Thédore Gudin (XIXème siècle)


    Après Le Cadavre Anglais, dont l'intrigue était relativement peu enlevée -disons que Nicolas nous avait habitué à mieux-, nous retrouvons enfin une enquête rythmée, dynamique, malgré les longueurs. En effet, si les enquêtes se déroulent en général sur quelques semaines, ici, le roman s'ouvre en février 1778 pour ne s'achever que le 19 décembre 1778...ceux qui aiment l'Histoire ou Marie-Antoinette -où les deux, comme moi-, reconnaîtront immédiatement cette date comme étant celle de la naissance du premier enfant des souverains : Marie-Thérèse, dite Madame Royale. Nous avons donc presque toute une année qui se déroule ici, même si l'intrigue policière à proprement parler ne se déroule que sur quelques semaines de l'été 1778 -encore un changement : Jean-François Parot a souvent habitué ses lecteurs à des intrigues qui se situent en hiver, là, c'est en plein cœur d'un été torride que se trame de sombres menées. Paradoxalement, le tome est relativement lent à démarrer puisque les premiers chapitres traitent surtout de la mission de Nicolas auprès du duc de Chartres en Bretagne mais l'intrigue policière est haletante et le suspense, puissant. Autant l'enquête dans Le Cadavre Anglais était relativement facile à suivre, là, je dois avouer que, dans Le Noyé du Grand Canal, j'en ai retrouvé une particulièrement retorse, ficelée et re-ficelée, qui fait se perdre le lecteur dans de nombreuses conjectures et je dois avouer que, à la fin, lorsqu'enfin la lumière se fait et que le voile se lève, il m'a fallu parfois relire deux-ou trois fois un passage pour être bien sûre de comprendre et encore, parfois, je n'arrivais pas forcément à relier tous les éléments entre eux tant les faits se croisent pour ne former finalement plus qu'une enquête...Ainsi, la disparition du bijou passe-partout de la reine et l'empêchement des libelles à circuler dans le royaume se trouvent bientôt liées à une affaire étrange d'opéra, de vols particulièrement incongrus au Grand Commun...l'auteur prend un malin plaisir à nous balader comme le -ou les- meurtrier (s) balade (nt) Nicolas et ses fidèles suivants.
    Bref, la seule chose que je reprocherais finalement à ce roman, ce sont les longueurs et la lenteur à démarrer mais elles sont très vite compensées par la qualité de l'intrigue policière qui leur succède...quant au style, je n'en dirai rien : les amateurs de notre cher commissaire le connaissent déjà, pour les autres, je vous engage à le découvrir rapidement. Entre truculence, recettes de cuisines qui mettent l'eau à la bouche et citations qui font sens, Nicolas Le Floch reste décidément une saga historique qui tient la route et se lit avec plaisir.

     

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 8, Le Noyé du Grand Canal ; Jean-François Parot

    Nicolas Le Floch (Jérome Robart) et sa maîtresse, Aimée d'Arranet (Nora Lehembre) dans l'adaptation télévisée

    En Bref :

    Les + : une enquête dynamique, enlevée, compliquée à suivre mais c'est ça aussi qui fait son charme.
    Les - :
     des longueurs, heureusement compensées par la qualité de l'intrigue policière. yes


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