• Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 9, L'Honneur de Sartine ; Jean-François Parot

    « Il y'a des occurrences particulières dans lesquelles la logique est loin de diriger nos actions. »

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 9, L'Honneur de Sartine ; Jean-François Parot

    Publié en 2012

    Editions 10/18 (collection Grands détectives) 

    471 pages

    Neuvième tome de la série Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet

    Résumé :

    1780, la France en guerre aux côtés des Insurgents américains peine à financer les opérations maritimes contre l'Angleterre. Alors qu'il affronte la colère du peuple au cimetière des Innocents, Nicolas Le Floch est appelé pour enquêter sur la mort suspecte d'un ancien contrôleur général de la marine. De Versailles aux Porcherons, de la basse-geôle aux hôtels particuliers du nouveau Paris, le commissaire des Lumières et ses amis, anciens et nouveaux, se mettront en chasse, affrontant les embûches d'un dangereux adversaire aux multiples apparences. Face aux périls, aux cabales et aux menaces de défaveur, cette neuvième enquête sera aussi l'occasion pour Nicolas Le Floch, acteur et témoin du siècle, d'un poignant retour sur lui-même. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Encore une fois, avec cette neuvième -déjà !- enquête, nous sommes dans du très bon cru. Et pourtant, elle n'est pas facile, loin de là...Imbriquée et confuse, elle l'est pour nos héros, mais elle l'est aussi pour nous, lecteurs. Cela dit, on ressort de cette lecture avec un grand sentiment d'admiration pour Jean-François Parot, qui, en plus de sa rigueur d'historien, combine à ses intrigues une véritable maîtrise et un génie indéniable.
    Nous sommes donc en 1780. Le siècle, tout doucement, s'achemine vers sa fin. La monarchie aussi, mais elle ne le sait pas encore et continue de vivre de façon immuable dans les traditions et l'étiquette figées de Versailles. En plus de cela, le pays, qui s'est rangé aux côtés des Insurgents américains est -encore- une fois en guerre contre la puissante Angleterre. C'est dans ce contexte qu'un ancien contrôleur général de la Marine, monsieur de Chamberlin, meurt, dans l'hôtel de son neveu et sa nièce, d'une manière qui pourrait bien paraître accidentelle mais se révèle bientôt pour nos sagaces enquêteurs, j'ai nommé Nicolas et l'inévitable Bourdeau, bel et bien criminelle. Alors, entre menaces des intérêts du royaume, trahison, fleuretages secrets avec la perfide Albion et rivalités ancillaires, ce sont deux enquêtes intimement liées et pourtant bien différentes que vont mener Nicolas et ses amis.
    Ce neuvième tome présente donc une intrigue très impliquée dans son contexte historique puisqu'elle touche les intérêts de la Marine, ministère au premier plan depuis que la France est en guerre contre sa voisine mais aussi de son ministre, Sartine, ancien lieutenant général de police et qui fut pour Nicolas, à son arrivée à Paris vingt ans plus tôt, son conseiller et son mentor. Depuis, une longue et solide amitié, quoique ponctuée de quelques coups de sang du ministre, n'a cessé de les unir et quand Nicolas va comprendre que c'est justement l'honneur du ministre -celui-là même qui a donné son titre au roman- qui est menacé et, peut-être même sa place au gouvernement, il va s'échiner à démêler cet écheveau qui se présente à lui et qui est des plus embrouillé...j'avoue qu'il a parfois fallu que je revienne en arrière voire que je reprenne certains passages plusieurs fois pour bien comprendre -et encore, pas toujours- le déroulement des événements et, parfois, les tenants et aboutissants de tel ou tel détail, qu'on peut louper au cours de la lecture et qui s'avère finalement utile pour la compréhension de la suite. J'imagine que cet embrouillement est voulu et on n'est pas du tout de la confusion frisant à l'incohérence comme dans certains romans mal menés. Bien au contraire, on sent que l'intrigue a été longuement réfléchie et qu'une fois couchée sur papier, elle est maîtrisée avec brio par son auteur. Voilà pourquoi, plus haut, je parlais du génie de Parot. Parce que c'est bien de génie qu'il s'agit car, en plus de ses connaissances d'historien et sa restitution minutieuse d'une époque, Parot est aussi un romancier hors-pair qui n'a rien à envier aux plus grands. Ses enquêtes sont de qualité, plus ou moins faciles à suivre et à comprendre mais, justement, on ne peut qu'être admiratif de l'esprit et de l'intelligence qu'il y met !

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 9, L'Honneur de Sartine ; Jean-François Parot

    Nicolas Le Floch (Jérôme Robart) et Antoine Gabriel de Sartine (François Caron) dans l'adaptation télévisée par Nicolas Picard-Dreyfus


    Ce neuvième tome des enquêtes de notre cher commissaire est aussi beaucoup plus nostalgique, beaucoup plus intime que les autres -hormis, peut-être, L'Affaire Nicolas Le Floch dans lequel le meurtre de la maîtresse de Nicolas, Madame de Lastérieux, était au centre du récit. En effet, on sent clairement qu'une époque est révolue. La prime jeunesse s'est définitivement envolée et, avec elle, les naïvetés et les fougues du jeune âge. Nicolas, tout doucement, approche de l'âge mûr, dans ce tome-ci, il a quarante ans et commence à s'interroger sur sa vie. Louis, son fils, connu sur le tard, est devenu un homme qui fait la fierté de ses supérieurs dans l'armée du roi mais aussi de son père. Des questionnements également sur sa relation avec la jolie et frivole Aimée d'Arranet, fille d'honneur de Madame Elisabeth et beaucoup plus jeune que lui...enfin, le souvenir d'Antoinette, la Satin, mère de Louis, se fait de plus en plus lancinant dans l'esprit de notre commissaire, la jeune femme, vivant désormais en Angleterre, lui rappelant ses jeunes années quand, Breton tout juste débarqué de sa province natale, il s'était jeté, ni par choix ni par envie, dans les rouages si bien huilés de la police. En devenant plus adulte, plus posé, c'est aussi tout un pan du passé de Nicolas qui resurgit et serait bien susceptible de lui apporter des réponses -et à nous aussi, par le même coup-, qu'il n'attendait peut-être plus forcément et notamment sur son enfance et ses origines pour le moins troubles.
    L'Honneur de Sartine est un très bon roman -servi qui plus est par un style parfait et unique-, vous l'aurez certainement compris au vu de ce que j'ai dit plus haut. Difficile de faire plus élogieux, n'est-ce pas ? En tous cas, je ne peux que le conseiller aux amoureux de Nicolas et à ceux qui ne le connaîtraient pas encore, eh bien je ne peux que vous engager qu'à vous lancer ! !

    En Bref :

    Les + : une intrigue savamment maîtrisée, un style inimitable et les personnages, indéniablement.
    Les - :
     
    parfois des retours en arrière nécessaires ou bien des relectures de certains passages qui freinent un peu la lecture.

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 26 Février 2015 à 19:11

    Je ne connaissais pas, merci de la découverte :)

    2
    Jeudi 26 Février 2015 à 21:33

    De rien, si tu en as l'occasion, je ne te peux que chaudement te conseiller cette saga ! smile

    3
    Vendredi 27 Février 2015 à 10:42

    Je me suis toujours dit que ça devait être compliqué d'écrire un polar à une époque antérieure car ils ne possédaient évidemment pas la technologie d'aujourd'hui pour découvrir les coupables.

    Je ne connais pas cet auteur. Si j'ai l'occasion de découvrir ses livres à la bibliothèque, je me laisserais peut être tenter.

    4
    Vendredi 27 Février 2015 à 11:22
    Alison Mossharty

    Tu avances vraiment bien dans cette saga ^^ J'en suis toujours qu'au tome 1 :')

    Je devrais me regarder la série en fait =) 

    5
    Vendredi 27 Février 2015 à 11:35

    @Laplumeetlesmots : je suis d'accord avec toi ! ! Et au-delà de cela, il y'a aussi l'enquête et l'intrigue...on comprend pourquoi Parot passe autant de temps sur un seul roman mais bon, ça vaut le coup et Nicolas Le Floch est une saga à la qualité vraiment certaine, que je te conseille, d'ailleurs ! yes

    @Ali : Qu'entends-je ? Encore au premier tome, Ali ? happy A quand les prochains ? Pour la série télévisée, je ne peux que te la conseiller également, pour le moment, les quelques épisodes que j'ai vus m'ont paru plutôt pas mal même si certaines enquêtes ne font pas partie de la série romanesque... :) Pour l'instant, le seul épisode de la série vraiment tiré des bouquins que j'ai vu c'est Le Fantôme de la Rue-Royale et j'avais trouvé cet épisode plutôt fidèle à ce que j'avais pu lire ! J'avoue que j'ai quand même une petite préférence pour les livres, mais bon... sarcastic La série télé se défend... 

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