• Les Hauts de Hurlevent ; Emily Brontë

    « J'aime le sol qu'il foule, l'air qu'il respire, et tout ce qu'il touche, et tout ce qu'il dit. J'aime tous ses regards, et tous ses gestes, je l'aime entièrement et complètement. »

    Les Hauts de Hurlevent ; Emily Brontë

     

     

         Publié en 2020

      Date de publication originale : 1847

      Titre original : Wuthering Heights

      Editions RBA (collection Romans Eternels / Cranford    Collection)

      300 pages 

     

     

     

    Résumé :

    Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    2020 aura été l'année d'une rencontre et d'un challenge perso que je me suis lancé en novembre dernier. Ma participation au Pumpkin Autum Challenge et la découverte des beaux ouvrages de la Cranford Collection, édités depuis quelques mois par RBA (je ne reviendrai pas dans cet article sur le débat de la traduction et des coquilles d'impression, ce n'est pas le sujet) m'auront donc motivée à lire enfin un classique dans lequel j'hésite à me plonger depuis...des années ! Peut-être pas dix ans, mais presque.
    Je connais les sœurs Brontë depuis longtemps mais je me suis aperçue que beaucoup de lecteurs les avaient découvertes justement via l'unique roman d'Emily, peut-être la plus connue des trois sœurs, avant de s'intéresser à Charlotte et Anne. Pour moi, c'est un peu le contraire : j'ai d'abord lu Jane Eyre, le roman emblématique de l'oeuvre de Charlotte. Ce classique m'avait beaucoup plu et beaucoup secouée aussi : je me souviens que c'est le premier roman dont la lecture m'avait mise si mal à l'aise, littéralement je traînais ma lecture avec moi, j'y pensais sans cesse, avec un sentiment de malaise assez particulier. Mais lorsque j'ai eu tourné la dernière page, j'ai refermé le livre avec le sentiment d'avoir découvert un monument, vraiment. Les romans d'Anne, Agnes Grey et La Dame du Manoir de Wildfell Hall ont été aussi de très bonne découvertes : Agnes Grey est un classique comme j'ai l'habitude d'en lire, qui m'a rappelé Jane Austen, par exemple ou Elizabeth Gaskell...En revanche, j'avais été extrêmement surprise (et agréablement, je dois bien le dire) par la modernité de La Dame du Manoir de Wildfell Hall, la vision de la femme, de son indépendance etc... Pour des auteures qui écrivent au milieu du XIXème siècle, on peut dire que les Brontë sortent vraiment des précurseurs. 
    Et puis il manquait Emily. Emily et son fameux Les Hauts de Hurlevent, au titre sinistre et qui évoque les landes désolées et battues par les vents du Yorkshire natal des trois sœurs. Ce roman, sans l'avoir lu, je le connaissais quand même un peu, mais je m'en faisais toute une histoire... J'avais peur de ne pas aimer, j'avais peur de ce que j'allais y trouver, surtout après avoir lu Jane Eyre (qui fait partie de mes romans préférés mais je n'ai jamais réussi à me défaire tout à fait de ce sentiment étrange qu'il avait fait naître en moi). Je crois aussi que l'aspect gothique du roman me freinait parce que j'associais forcément le gothique à quelque chose de très sombre et d'effrayant.
    Au final, Les Hauts de Hurlevent n'est pas si terrifiant que ça mais c'est un roman sans nul doute perturbant. On découvre l'histoire de cette demeure isolée à travers les yeux de Lockwood, qui loue la maison de Trushcross Grange à Heathcliff. Un jour, sa gouvernante, Ellen Dean, surnommée Nelly, se met à lui raconter l'histoire des Hauts de Hurlevent, cette maison étrange tenue d'une main de fer par Heathcliff, tout aussi mystérieux et inquiétant que sa demeure.

    Les Hauts de Hurlevent, un film de 1992 - Vodkaster

    Les Hauts de Hurlevent a été adapté à plusieurs reprises au cinéma et même réécrit voire transposé à notre époque : ici, l'adaptation de 1992 avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche dans les rôles d'Heathcliff et Catherine Earnshaw


    On découvre alors une implacable histoire de vengeance qui se couple à une superbe histoire d'amour. Les Hauts de Hurlevent est une grande fresque où se mêlent le meilleur et le plus mauvais de l'humain. A travers des personnages intéressants et complexes, sinon attachants, Emily Brontë écrit, en 1847, un roman fortement implanté dans son époque mais aussi étonnamment moderne.
    Je l'ai lu doucement, en un peu plus d'un mois, en parallèle d'autres lectures, parfois je l'ai abandonné plusieurs jours, avant de le reprendre. Mais au final, c'était bien comme ça, j'ai pris mon temps, j'ai lu à un rythme qui me convenait pour ce roman. Je l'ai savouré et je l'ai apprécié. C'est loin d'être un coup de cœur mais c'est une bonne surprise : le personnage de Heathcliff, magnétique et repoussant à la fois m'a attirée tout en me faisant peur parfois, la maison des Hauts a aussi quelque chose de sinistre et, en même temps, de singulièrement fascinant, dans son isolement et son délabrement.
    L'ambiance du roman est très particulière : je crois que c'est surtout là que le gothique se manifeste le plus et le mieux et les paysages grandioses qu'Emily Brontë nous donne à voir évoque un lieu tourmenté et inhospitalier, qui répond à la violence du récit. Parce que, oui, je crois qu'on peut dire que l'intrigue des Hauts de Hurlevent est assez violente et torturée par moments, elle bouleverse, elle ne laisse pas indifférent.
    Emily Brontë a signé un seul roman au cours de sa vie, mais quel roman, un roman qui continue aujourd'hui de fasciner, d'être lu, d'être adapté voire réécrit, ce qui prouve bien la modernité et l'universalité d'un tel récit. Grande histoire d'amour mais pas que, je me réjouis d'avoir enfin lu ce classique qui me faisait défaut. Il aurait été regrettable, après avoir lu Charlotte et Anne, que je ne lise pas Emily, dont l'oeuvre, assez semblable à celle de sa sœur Charlotte, a aussi quelque chose d'éminemment unique. Quelle intrigue, quels personnages ! C'est plein d'un souffle épique et c'est surtout une superbe histoire qui constitue la trame du récit : Emily Brontë nous prouve bien que toutes les grandes histoires d'amour n'ont pas besoin de bien se terminer pour être sublimes et puissantes. Une chose est sûre, c'est que Les Hauts de Hurlevent ne laisse pas indifférent : on n'aime ou pas mais je crois que c'est le genre de romans que l'on porte longtemps en nous, après l'avoir lu. En un mot, une véritable expérience de lecture, comme je les aime.

    Description de cette image, également commentée ci-après

    Emily Brontë, morte à trente ans en 1848 est connue pour n'avoir écrit qu'un seul roman, qui deviendra un monument de la littérature mondiale : Les Hauts de Hurlevent est publié pour la première fois un avant sa mort, en 1847. 

    En Bref :

    Les + : l'ambiance particulière, le magnétisme du personnage masculin principal, l'histoire d'amour au centre du récit, passionnée et dramatique...
    Les - :
    Aucun.

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Janvier à 16:31

    Voilà un roman que j'ai lu il y a bien longtemps ! Je fais partie de la catégorie de gens qui ont commencé par lire Charlotte. Je dois aussi encore lire l'oeuvre d'Anne.

    Du coup, je l'ai lu il y a longtemps et je ne m'en souviens plus très bien... Ta critique me donne envie de me replonger dedans en fait...

      • Vendredi 15 Janvier à 19:34

        Il était vraiment temps que je lise Les Hauts de Hurlevent et je ne regrette pas...j'ai mis plus de temps que prévu mais ce fut une agréable surprise. 

        Je ne peux que te conseiller de lire Anne : c'est la soeur la moins connue mais son univers est vraiment intéressant. Je l'ai trouvé plus proche de ceux d'autres auteures, comme Elizabeth Gaskell. C'est peut-être moins gothique, moins sombre que chez Charlotte et Emily mais c'est passionnant aussi. J'avais beaucoup aimé Agnes Grey mais j'ai une préférence pour La dame du manoir de Wildfell Hall et sa grande modernité, notamment concernant les femmes. Je ne sais pas si on peut parler réellement d'écrit féministe mais il est clair que c'est un roman avant-gardiste. smile

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