• Les Lumières d'Assam ; Janet McLeod Trotter

    « Ecoute, Olivia, le jour où papa est mort, notre ancienne vie est morte avec lui. Nous devons nous débrouiller toutes seules, personne ne nous aidera, ce qui veut dire que nous devons accepter ce qu'on nous offre et travailler dur. »

    Les Lumières d'Assam ; Janet McLeod Trotter

     

    Publié en 2007 en Angleterre ; en 2016 en France (pour la présente édition) 

    Titre original : The Tea Planter's Daughter

    Editions Pocket

    527 pages 

    Résumé : 

    Inde britannique, 1904. Clarrie et sa petite soeur Olivia vivent une jeunesse idyllique sur une plantation de thé luxuriante. Mais quand leur père meurt brutalement, les deux jeunes filles n'ont d'autre choix que de rejoindre leur cousin, tenancier d'un pub en Angleterre. Transformée en esclave domestique par l'épouse de celui-ci, Clarrie va tenter d'échapper à son emprise en se faisant engager comme gouvernante chez un avocat. Mais la réapparition d'un homme de son passé risque de tout bouleverser. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    En 1904, en Inde, Clarissa et sa soeur Olivia vivent sur la plantation de leur père, Belgooree. Mais la modernité galopante et la mécanisation de la production, ainsi que la demande croissante, incitent les producteurs à changer leurs méthodes, ce à quoi Jock Belhaven, le père des deux jeunes filles, n'est pas prêt. Fragilisé depuis la mort de son épouse, il s'enfonce progressivement dans une mélancolie aux relents d'alcool et d'opium. Clarissa essaie tant bien que mal de tenir à bout de bras sa famille et la plantation mais l'obstination de son père les distance progressivement, leur production étant de plus en plus difficile à écouler, par manque de qualité.
    A la mort de Jock, Clarrie et Olivia se retrouvent dans une fâcheuse situation. Ayant refusé une demande en mariage qui aurait pu sauver Belgooree mais qui lui fait horreur, Clarrie se résout à quitter l'Inde pour l'Angleterre, le pays natal de son père.
    A Newcastle, les deux sœurs seront accueillies par des cousins de leur père, mais vont vite déchanter. Employées au Cherry Tree, le bar miteux de leur cousin, Clarrie et Olivia vont devoir s'habituer à une vie à laquelle elle n'avait sûrement songé... Et le retour en Inde semble de plus en plus incertain. Mais cette nouvelle vie leur réserve peut-être aussi quelques surprises...
    Ce livre, c'est un peu un mélange de la série Indian Summers et des romans de Jennifer Donnelly ! Du moins est-ce le sentiment que j'ai eu en m'y plongeant ! Dès le début, le roman nous fait voyager, nous dépayse : on découvre l'environnement familier de nos héroïnes, tellement exotique pour nous. Au sud de l'Himalaya, à l'extrême nord - est de l'Inde, l'Assam est une region réputée pour sa culture du thé. Entre jungles et plantations de thés se déployant sur des terrasses, on découvre un paysage luxuriant et une culture si différente pour nous, Occidentaux. Si je n'ai pas forcément aimé les premiers chapitres parce que les histoires humaines qui y sont racontées ne m'ont pas particulièrement convaincue, j'ai aimé voyager en Inde. Janet McLeod Trotter parvient à suffisamment bien décrire le lieu de vie de Clarrie et Olivia pour nous le faire toucher du doigt. On a vraiment l'impression de se glisser dans la jungle en même temps qu'elles, d'admirer les spectaculaires levers de soleil sur la vallée du Brahmapoutre en même temps qu'elles.
    Le roman se passe entre Inde et Angleterre -et nous emmène jusqu'après la fin de la Grande Guerre- et cette deuxième partie en métropole m'a fortement rappelé le roman L'Insoumise de Jennifer Donnelly. Si ma préférence va à cette dernière, je dois dire que Janet McLeod Trotter ne se débrouille pas trop mal pour nous décrire cette Angleterre de la fin de l'ère victorienne ! Nous sommes au début des années 1900 et les deux sœurs Belhaven débarquent dans un pays qu'elles ne connaissent pas et vont devoir s'habituer à une société fortement codifiée et relativement puritaine. Elles qui ont toujours vécu dans de grands espaces sauvages où la main de l'homme, finalement, ne se retrouvait que dans les plantations de thé, elles vont aller vivre dans une ville industrielle, Newcastle, où les façades sont noires de la suie des usines, les eaux du fleuve polluées par les manufactures. Au-delà de ça, c'est aussi à leur rang qu'elles vont devoir dire adieu : alors qu'en Inde elles étaient celles que l'on servait, en Angleterre, elles ne sont plus rien, sont traitées avec condescendance et leur sang indien considéré comme une honte.

    Une plantation de thé en Assam

    C'est l'Angleterre des plus pauvres ici, qui est décrite par l'auteure et cela m'a fait effectivement fortement penser à tous ces romans qui se passent à l'époque victorienne et qui en profitent d'ailleurs pour dénoncer les inégalités criantes de l'époque. Alcoolisme endémique, pauvreté, forte natalité, maladies : c'est le revers de l'industrialisation et du progrès.
    Clarrie m'a rappelé le personnage de Fiona, dans L'Insoumise...Mais j'ai quand même plus de tendresse pour la jeune londonienne de Jennifer Donnelly que pour Clarrie, aussi déterminée et courageuse soit-elle.
    En fait, je crois que c'est ça : je n'ai pas vraiment réussi à aimer les personnages, quels qu'ils soient. Certains sont franchement détestables il est vrai mais, même Olivia et Clarrie, pour lesquelles j'ai ressenti beaucoup de compassion n'ont pas vraiment réussi à me faire attacher à elles.
    Je n'ai pas détesté Les Lumières d'Assam, même si les premiers chapitres ne m'ont pas plu : paradoxalement, si les personnages y étaient insupportables, c'est eux qui m'ont fait le plus voyager. J'ai senti un regain d'intérêt à partir du moment où les filles arrivent en Angleterre et où leur situation première change peu à peu. J'aime les ambiances anglaises, j'aime les romans qui s'y passent, surtout à ces époques - là, entre XIXème et XXème siècles.
    Pour autant, j'ai eu le sentiment qui me manquait quelque chose... Mon ressenti est bizarre, un peu en dents de scie en fait : il est monté, descendu, remonté, redescendu... bref, c'est assez difficile de garder un intérêt intact !
    Ce roman a beaucoup de qualités mais n'a pas su vraiment me toucher. L'indifférence ressentie envers les personnages y est certainement pour beaucoup. J'ai aimé certains de ses aspects et j'en ai moins aimé d'autres. Mon avis est totalement subjectif est je ne peux raisonnablement pas vous déconseiller ce roman. Il ne m'a pas parlé certes, mais rien ne dit que ce sera le cas aussi pour vous. Il aura eu le mérite au moins de me dépayser (un peu) parce que j'ai souvent presque eu l'impression de toucher du doigt les feuilles des théiers de l'Assam. Et malgré tout, ce roman est un beau portrait de femme. Je ne regrette pas de l'avoir lu, même si j'ai moins aimé que ce que j'attendais. 

    En Bref :

    Les + : une belle description de l'Inde et un portrait de femme intéressant...
    Les - :
    ...malheureusement, une intrigue qui peine à capter l'attention et des personnages qui laissent indifférent et une fin (un peu trop) prévisible.

     

    Thème de novembre, « Thé matcha et poivre du Sichuan », 11/12


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 19 Novembre à 13:16
    anouklibrary

    Un roman que j'ai énormément aimé, que j'ai lu l'année dernière et dont je repense souvent tant je l'ai apprécié  ^^

      • Dimanche 19 Novembre à 15:00

        Contente de voir que tu as apprécié cette lecture ! ^^ J'aurais tellement aimé me sentir plus transportée que je ne l'ai été réellement ! J'attendais beaucoup de ce roman, le résumé était prometteur... Au final, ça a été pour moi une (petite) déconvenue... ! Ce n'est pas grave mais c'est toujours une déception pour un lecteur quand un roman ne plaît pas. ^^

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