• Les Mots entre mes Mains ; Guinevere Glasfurd

    « La charité ne va pas toujours sans un prix à payer ou des faveurs à rendre. »

    Les Mots entre mes Mains ; Guinevere Glasfurd

     

    Publié en 2016 en Angleterre et en France

    Titre original : The Words in My Hands

    Editions Préludes

    448 pages


    Résumé :

    Helena Jans van der Strom n'est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire.
    Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le cœur et l'esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d'ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre.
    Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?

    En dévoilant cette relation amoureuse avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d'une femme lumineuse, en avance sur son temps, et révèle une autre facette du célèbre philosophe français. 
    Un roman de passion et de liberté qui nous plonge dans une fresque envoûtante des Pays-Bas au « siècle d'or », à la manière de La Jeune Fille à la Perle

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1634, René Descartes arrive à Amsterdam, après avoir séjourné à Leyde. Il loge au numéro 6, Westermarkt, chez un libraire anglais, Thomas Sergeant. Le célèbre philosophe travaille alors sur son Discours de la Méthode mais s'intéresse aussi à divers travaux scientifiques ou médicaux, en s'adonnant à de nombreuses expériences.
    Son logeur vit seul, aidé par une unique jeune servante, à son service depuis peu. Elle s'appelle Helena Jans et est originaire de Leyde : son père était un pêcheur -on apprend qu'il est mort au début de l'histoire et que c'est à cause de cela que sa mère est obligée de la placer comme servante. Son frère Thomas s'est engagé comme marin au sein de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie), la Compagnie des Indes Orientales hollandaises. Amoureuse des mots, la jeune fille, issue d'un milieu modeste, a appris à lire et écrire toute seule. D'elle, on ne sait que peu de choses, si ce n'est qu'elle est originaire de Leyde, est née en 1618 et la servante de Thomas Sergeant depuis plus d'un an quand Descartes débarque à Amsterdam.
    Contre toute attente, Descartes, de vingt-deux ans l'aîné de la jeune Helena, s'éprend d'elle et elle de lui. Au mois de juillet 1635 naît leur fille Francine, unique enfant connu de Descartes et certainement le seul avéré.
    Cette liaison est authentique et assez bien documentée. Suffisamment en tous cas pour pouvoir la reconstruire et lui faire prendre corps. Guinevere Glasfurd nous livre ici une oeuvre de fiction assise cependant solidement sur des bases historiques tangibles. Helena et Francine ont bien existé et permettent de mieux connaître un personnage important de notre Histoire scientifique et philosophique. Descartes devient un peu plus humain grâce à ce roman et l’auteure nous permet de le voir autrement qu'à travers ses œuvres, car derrière l'intellectuel et le penseur, il y'a aussi un homme qui aspirait, au-delà des controverses et disputes théologiques ou scientifiques, à mener une existence comme les autres.
    Malgré tout, il ne trouvera pas la quiétude auprès d'Helena... la naissance de la petite Francine en juillet 1635 complique leur situation. Ils ne sont pas mariés et il n'en est pas question ; Helena se retrouve mère célibataire à une époque où l'on est pas tendre avec les femmes à plus forte raison si elles ont péché. Quant à Descartes, l'existence d'un enfant illégitime, si elle venait à se savoir, pourrait avoir des conséquences néfastes quant à sa carrière, car utilisée comme une arme contre lui par ses ennemis et adversaires : et ils sont nombreux. La différence de religion n'est pas non plus pour faciliter les choses.
    Descartes et Helena vivront pourtant quelques années sinon dans le bonheur du moins avec une certaine stabilité. Partageant le même foyer, le philosophe prendra le temps d'enseigner et instruire la petite Francine, qu'il prévoit d'ailleurs d'envoyer parfaire son éducation en France, projet brutalement arrêté par la mort de l'enfant en septembre 1640. Ils seront soumis aux jugements impitoyables de la société mais connaîtront somme toute quelques épisodes amoureux plutôt harmonieux. La mort de leur enfant les unira aussi dans une même détresse.
    Dans une ambiance feutrée et intimiste qui rappelle les tableaux de Vermeer mais aussi le fameux roman de Tracy Chevalier, La Jeune Fille à la Perle, Guinevere Glasfurd nous raconte une très belle histoire, qui prend une toute autre teneur quand on sait qu'elle est authentique !
    Rien à dire quant au style. Il est très poétique sans être ampoulé pour autant. On y ressent toute la fragilité d'Helena mais aussi la force du lien qui l'unit à Descartes. Pas beaucoup de descriptions ce qui nous permet de faire naître dans notre imagination de lecteur une atmosphère propre à chacun. Guinevere Glasfurd a su trouver les mots justes pour parler de l'amour, de la maternité, de la vie, de la mort.
    Son roman se savoure comme une douceur sucrée, du début jusqu'à la fin. J'ai été époustouflée par la qualité des recherches et de la langue, c'est un roman sans anachronisme, complètement inséré à son époque mais questionnant en même temps un aspect universel de l'être humain. Pas un coup de cœur mais on le frôle dangereusement ! Une lecture qui m'a en tous cas transportée. 

    En Bref :

    Les + : un roman savoureux et émouvant, qui apporte un éclairage nouveau sur l'un de nos plus grands penseurs. 
    Les - :
    Aucun ! ! 

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 30 Octobre 2016 à 21:30

    C'est le genre de livre que je lis. On est toujours sûr d'apprendre des choses sur des personnalités, ici Descartes. Je suis très enthousiaste par rapport à cette lecture, tout comme tu sembles l'avoir été :-)

      • Lundi 31 Octobre 2016 à 20:04

        Je te le conseille ! ! Il ne peut que te plaire ! Je sais que tu aimes l'Histoire...et beaucoup la littérature ! Alors il n'y a pas de raisons ! Lance-toi, je suis sûre que tu aimeras ! Personnellement, j'ai été très agréablement surprise. 

    2
    Samedi 11 Février à 14:28

    Il s'en est également fallu de peu pour que ce soit le coup de coeur pour moi !! yes

    Je n'ai pas lu La Jeune fille à la perle, mais j'ai vu le film, et effectivement, on y retrouve la même ambiance intimiste.

    Je me demande quel thème l'auteure abordera pour son prochain roman car j'ai très envie de continuer à explorer son univers !!

      • Samedi 11 Février à 15:21

        C'est un univers assez particulier et difficile à restituer mais Tracy Chevalier comme Guinevere Glasfurd s'en sortent bien toutes deux ! Et puis il y'a beaucoup de points communs entre Griet et Helena, je trouve, d'où peut-être la proximité des deux univers. 

        Je ne sais pas exactement ce qui m'a manqué pour avoir un coup de coeur... m'a-t-il manqué quelque chose d'ailleurs ? Ce roman est tellement bien comme il est... non quand j'y réfléchis en fait il ne manque rien... le coup de coeur esr plutôt une question de sensibilité je crois... 

        J'espère que l'auteure nous donnera encore l'occasion de découvrir son univers avec de jolis romans comme celui-ci en tous cas. yes

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