• Les Mystères de Druon de Brévaux, tome 4, In Anima Vili ; Andrea H. Japp

    « Qu'avait-on besoin de changer le monde quand on se trouvait du bon côté ? »

    Les Mystères de Druon de Brévaux, tome 4, In Anima Vili ; Andrea H. Japp

    Publié en 2014

    Editions J'ai Lu 

    414 pages

    Quatrième tome de la saga Les Mystères de Druon de Brévaux 

     

    Résumé :

    Royaume de France, début du XIVe siècle. Héluise Fauvel va de cité en cité, travestie en médecin itinérant, sous le nom de Druon de Brévaux. Elle a découvert le mystère de la pierre rouge, qui l'a menée à d'anciens manuscrits dépositaires d'une science interdite.

    Druon doit mettre les textes à l'abri afin qu'ils ne tombent pas dans de viles mains. Ayant eu vent de l'affaire, l'Inquisition et l'ordre du Temple se lancent à sa poursuite. Qui fomente la machination dont Druon pourrait devenir victime ? Comment déjouer les pièges, tous plus terribles les uns que les autres, qui jalonnent son chemin ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Fin de l'année 1306. Le temps s'accélère pour Héluise-Druon, qui est proche du but. Mais, de fait, ses ennemis se font encore plus vindicatifs et déterminés et la jeune femme, toujours grimée en chevalier-mire itinérant, sous le nom de Druon de Brévaux, va devoir déployer des trésors d'imagination pour leur échapper et comprendre enfin, afin notamment de faire son deuil, la quête qui a mené son père à sa perte.
    Le quatrième tome des aventures de notre chevalier-mire achève donc la saga. Le temps de la quiétude -peut-être de l'amour- est proche pour Druon, qui va pouvoir redevenir sans crainte Héluise Fauvel, fille unique de l'exceptionnel mire de Brévaux, Jehan Fauvel, arrêté par l'Inquisition sous le prétexte qu'il pratiquait des accouchements sans douleur, mais en fait pour des raisons bien plus profondes et plus obscures. D'une intelligence exceptionnelle et flanquée du perspicace petit Huguelin, Héluise continue donc sa quête de la vérité pour enfin venger son père bien-aimé.
    Même si cet ultime volume ne répond pas forcément à toutes les interrogations que le lecteur peut légitimement se poser, j'ai trouvé qu'il clôturait plutôt bien cette saga palpitante, sombre et mâtinée d'un soupçon d'ésotérisme et de magie -ce qui la rapproche en cela de la saga La Dame sans Terre. Le personnage d'Héluise, auquel le lecteur a eu le temps de s'habituer, est devenue une jeune femme déterminée et attachante, à l'esprit vif et très éclairé, ce qui fait d'ailleurs de la jeune demoiselle Fauvel un personnage très moderne, à la réflexion quasi-contemporaine quand on sait que l'on se souciait bien peu, à cette époque-là, d'instruire les filles. Exerçant la médecine avec brio alors que toutes ses congénères étaient, dès leur plus jeune âge, préparées à devenir de bonnes croyantes, des femmes soumises, des mères et maîtresses de maison irréprochables, Héluise n'hésite pas à parcourir le pays du Perche pour poursuivre les objectifs qu'elle s'est fixé. En cela aussi son personnage ne peut que susciter l'affection du lecteur qui la suit depuis le premier tome de la saga, Aesculapius. Elle a grandi, les épreuves subies depuis la mort de son père lui ayant fait gagner en gravité mais aussi en maturité. La jeune femme découvre le monde, son monde, avec des yeux lucides et éclairés et comprend que les humains ne sont pas ou tout noirs ou tout blancs, ce qui fait, justement d'eux des hommes et des femmes. A travers Héluise et les personnages qu'elle côtoie au fil de ses pérégrinations normandes, Andrea H. Japp exploite les travers mais aussi les qualités humaines et sa plume donne donc naissance à des héros et héroïnes de fiction certes mais tellement humains, avec leurs failles, leurs forces et leurs doutes qu'il est parfois difficile de ne pas se retrouver en eux. Héluise -ou Druon, c'est selon-, reste la figure de proue de cette saga, une jeune femme pure mais aventureuse, prête à se battre pour ses convictions, un personnage auquel il est agréable de s'identifier, pour ses belles qualités d'âme, son altruisme et son intégrité. 
    Si, dans ce dernier tome, comme dans le troisième d'ailleurs, l'intrigue autour de la pierre rouge prend le pas sur l'enquête policière, plus pragmatique, le récit n'en reste pas moins enlevé, haletant, plein de suspense. En bref, un roman policier historique d'une qualité indéniable, servi par une plume talentueuse et à l'identité marquée et étayé par des recherches historiques toujours aussi solides et pertinentes. Le Perche, au début du XIVème siècle, revit sous nos yeux et, avec lui, toute la société qui le composait alors, comme bien d'autres provinces de France à la même époque : nobles, bourgeois, commerçants, manants, journaliers, serfs, moines, clercs...Mais, au fond, avec ses intrigues sombres et torturées, Andrea H. Japp, qui écrit aussi bien de l'historique que du contemporain, nous démontre avec brio que le mal et la mauvaiseté existent depuis que l'Homme est Homme et, en quelque sorte, inscrit ses personnages et ses récits dans une universalité intemporelle. C'est cela aussi qui fait tout l'intérêt de ses sagas.
    Pour la petite anecdote, ceux qui ont lu Les Enquêtes de M. de Mortagne, bourreau, auront la joie de recroiser, bien fugacement cela dit, le charismatique Hardouin cadet-Venelle, bourreau de Mortagne.

    En Bref :


    Les + :
    une intrigue enlevée et haletante, une plume d'une qualité indéniable.
    Les - :
       la fin de la saga ne nous apporte peut-être pas toutes les réponses que l'on attendait.


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