• Les Rohan Montauban, tome 1, L'Héritier des Pagans ; Anne-Laure Morata

    « Quoi qu’il ait enduré, il demeurait un être humain et, pour la première fois depuis de longues semaines, il éprouva de la joie mêlée de tristesse. »

    Les Rohan Montauban, tome 1, L'Héritier des Pagans ; Anne-Laure Morata

    Publié en 2009

    Editions du Masque (collection Labyrinthes)

    285 pages

    Premier tome de la saga Les Rohan Montauban

    Résumé : 

    Automne 1629 : l’orage et la tempête se déchaînent sur les côtes bretonnes du pays Léon. Un splendide trois-mâts vient s'abîmer sur les rochers, attiré par les feux des pagans, ces naufrageurs de navires tant redoutés des marins. Les pilleurs d'épaves ont tôt fait d'emporter leur butin, laissant derrière eux un unique témoin d'à peine trois ans, recueilli par la femme de l'un d'entre eux. Quelques années plus tard, élevé en petit paysan breton, Gilles Le Bars, jeune homme insouciant, retrouve à la fête du village Gaël, son ami d'enfance. Au petit matin, au bord du lavoir, Gilles se réveille couvert de sang et, à son côté, gît le corps sans vie de Gaël. Qui veut éliminer Gilles Le Bars, jeune paysan sans histoire, au point de commettre un meurtre pour l'envoyer aux galères ? L'adversaire tapi au sein de la cour du jeune Louis XIV s'annonce redoutable... 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    C'est une trilogie que Anne-Laure Morata ouvre avec L'héritier des Pagans, trois livres qui peuvent cependant se lire indépendamment les uns des autres.
    Pour ma part, j'aime faire les choses dans l'ordre et je vais donc lire la trilogie dans son ordre chronologique. Entre la Fronde et les débuts du règne personnel de Louis XIV, l'auteure nous emmène donc en plein cœur du XVIIème siècle français, pour une saga pleine de rebondissements et d'aventures, qui porte le nom de l'une des plus grandes familles de la noblesse française : les Rohan. En effet, la trilogie est sobrement intitulée Les Rohan Montauban.
    De l'aventure, du rythme, de l'Histoire, une époque qui me plaît et m'a rappelé aussi Les Enquêtes de Louis Fronsac, par Jean d'Aillon... Sur le papier, ce premier tome des Rohan Montauban avait tout pour me plaire : outre Jean d'Aillon, c'était aussi Juliette Benzoni que ce roman me rappelait. Assurément, j'allais passer un bon moment. 
    Oui mais voilà... Voilà quoi ? C'est justement ça, le problème. C'est que c'est resté sur le papier et ne s'est pas concrétisé.
    L'Héritier des Pagans est donc ma première déception de l'année 2018, d'autant plus importante que j'avais repéré cette saga depuis un moment et que j'en attendais pas mal de choses.
    Mais je n'ai pas du tout été emballée par cette histoire d'enfant escamoté lors d'un naufrage et qui réapparaît vingt ans plus tard pour se venger.
    Justement, l'histoire, qu'en est-il ? Le roman s'ouvre en 1629 alors qu'une terrible tempête fait rage au large de la Bretagne. Sur la plage, un groupe de naufrageurs a attiré un bateau pour le piller et les rares rescapés sont tués, sauf un petit garçon qu'une paysanne prend en pitié et persuade son mari d'épargner. Vingt ans plus tard, le garçon, prénommé Gilles et élevé en Bretagne près de Yann et Marie, ses parents adoptifs, est accusé du meurtre de son meilleur ami Gaël. Commence alors pour Gilles qui l'amènera des chemins de France vers le bagne de Marseille, en passant par Lyon puis par Paris où il n'aura de cesse de découvrir qui il est et surtout pourquoi on lui en veut.
    Bon... Vous voyez, dis comme ça, c'est plutôt sympa -même si assez lambda, comme histoire finalement- et franchement c'est vrai que le résumé est vendeur et alléchant. Seulement le reste ne suit pas et j'ai été vraiment déçue par ce que l'auteure en a fait. Des dialogues qui sonnent faux, des personnages un peu caricaturaux que se soient dans leur description ou dans leurs comportements, des anglicismes qui m'ont fait me hérisser : le terme de zombie pour qualifier les bagnards ou le leadership du prince de Condé m'ont fait bondir de ma chaise ! Sérieusement ? ! Soyons clair, je ne suis pas réac et je n'ai rien contre certains anglicismes. On en utilise tous sans nous en rendre compte mais là, leur emploi m'a vraiment gênée d'autant plus que des termes en bon français étaient à fait utilisables. Le propos est, de toute façon dans sa globalité, trop moderne à mon goût. Qu'on écrive dans une langue du XXIème siècle, d'accord. Les auteurs ne vont pas s'amuser à écrire leurs livres dans la langue de l'époque : n'est pas Françoise Chandernagor qui veut. Mais un minium est requis quand même, à commencer par le bannissement de termes trop modernes, qui ne collent pas au propos... 
    Quand à l'intrigue mi-aventureuse mi-policière qui emmène Gilles sur les traces de sa famille et du secret de sa naissance, je l'ai trouvée intéressante même si j'ai parfois levé les yeux au ciel devant la succession très rapprochée des péripéties et mésaventures qui arrivent au héros -un vrai poissard ce Gilles, ca ne peut pas être autrement quand on se rend compte qu'il lui arrive un pépin à peu près tous les deux mois !
    Dire que l'intrigue est sans intérêt est peut-être un peu fort...et ce n'est pas forcément vrai non plus, dans la mesure où elle a quand même des points positifs, à commencer par le contexte historique, plutôt bien raconté par l'auteure. J'ai peut-être été un peu gênée par la description légèrement négative de la Cour et notamment de Mazarin et Anne d'Autriche, dans la mesure où c'est une époque qui me plaît beaucoup et que j'ai appris à nuancer à force de lectures : non, Anne d'Autriche n'était pas qu'une pauvre malheureuse écervelée séduite par son ministre tandis que celui-ci ne cherchait qu'à s'enrichir avant la majorité de son filleul, Louis XIV. Mais dans l'ensemble, Anne-Laure Morata nous raconte la Fronde de façon simple et claire et c'est ce qui faut, pour comprendre un tel contexte, très complexe, avec des multitudes d'alliances, de retournements, de personnages. 

    Mais voilà, il y'a cette intrigue romanesque qui vient s'y greffer et qui m'a tout, sauf convaincue. Je n'ai pas du tout réussi à y entrer, je suis passée à côté et, à quelques exceptions près, je ne me suis jamais sentie ni surprise, ni captivée. Parfois, l'auteure a réussi à me faire m'étonner, mais c'était malheureusement trop peu fréquent ou trop tard. Le roman fait moins de trois cents pages, un avis mitigé dès le départ est donc peu facilement rattrapable. C'est dommage. J'aurais voulu m'attacher au personnage principal Gilles -qui prend un autre nom par la suite-, j'aurais voulu me sentir concernée par son histoire, j'aurais voulu m'y sentir intégrée mais ça n'a pas été le cas. 
    Je vais maintenant essayer de conjurer le mauvais sort avec les deux prochains tomes, en espérant que ceux-ci me plaisent bien plus

    En Bref :

    Les + : le contexte historique choisi et bien raconté par l'auteure.
    Les - : une intrigue trop faible, des personnages caricaturaux auxquels on ne parvient pas à s'attacher, des termes trop modernes qui n'ont rien à faire dans une intrigue historique et lui font perdre en crédibilité. Ce premier tome est bien trop bancal, à mon goût, pour que j'aie pu me sentir captivée de bout en bout. Dommage.

     

    Brooklyn ; Colm Tóibín

    Thème de février, « Jeune premier », 2/12


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  • Commentaires

    1
    Lundi 19 Février à 10:32
    Le Chat du Cheshire

    Je ne connaissais pas, je note :)

      • Lundi 19 Février à 10:57

        Une saga que je conseille et que je ne regrette pas d'avoir découverte, malgré le léger goût amer laissé par ce premier tome ! yes Le tome 2 m'a réconciliée avec la saga quant au tome 3, il a tout d'un très bon roman historique et policier et plaira sûrement aux amateurs du genre. ^^

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