• Lettres choisies ; Marie de Sévigné

    « Le brillant de votre esprit donne un si grand éclat à votre teint et à vos yeux que, quoiqu'il semble que l'esprit ne dût toucher que les oreilles, il est pourtant certain que le vôtre éblouit les yeux. »

    Amazon.fr - Lettres choisies - Sévigné, Madame de, Marie de  Rabutin-Chantal, Duchêne, Roger - Livres

     

     

     

         Publié en 2016

      Date de parution originale : 1725

      Editions Folio (collection Classiques)

      752 pages 

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Mme de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, coulant de source, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, la succulente spontanéité. Lettres de la ville, lettres de la cour, lettres de Bretagne, lettres au cousin Bussy. Lettres surtout à sa fille, les plus belles après le départ de Mme de Grignan pour la Provence où son mari était nommé lieutenant-général. La passion parle là toute pure, comme aurait dit Alceste et comme le dira un personnage de Proust : Ce que ressentait Mme de Sévigné pour sa fille peut prétendre beaucoup plus justement ressembler à la passion que Racine a dépeinte dans Andromaque ou dans Phèdre que les banales relations que le jeune Sévigné avait avec ses maîtresses. 
    Une originalité de cette édition : elle ne propose que des lettres authentiques, dont les manuscrits sont connus, alors que le Sévigné fictif ou approximatif a pullulé depuis la première édition des lettres de la marquise en 1725. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Madame de Sévigné n’est pas une femme de lettres au sens premier du terme. Elle n’est pas une mademoiselle de Scudéry ou une madame de La Fayette (par ailleurs l’une de ses lointaines parentes)…elle n’est pas une romancière, elle n’aime même pas vraiment écrire. Sauf des lettres à sa fille. Et pourtant, aujourd’hui, c’est justement pour sa plume qu’elle est la plus connue.
    Née le 5 février 1626, Marie de Rabutin-Chantal est la fille de Celse-Bénigne de Rabutin et de Marie de Coulanges. Elle est la petite-fille de Jeanne de Chantal, canonisée en 1767 et qui fonde, sous la direction spirituelle de François de Sales, l’ordre de la Visitation en 1610. Marie est aussi la cousine de Roger de Bussy-Rabutin, auteur de la fameuse Histoire amoureuse des Gaules, qui lui vaudra la colère du pouvoir royal et l’exil sur ses terres bourguignonnes.
    A l’âge de dix-huit ans, Marie de Rabutin épouse Henri de Sévigné. Elle ne sera désormais plus connue que sous ce nom-là : madame de Sévigné ou parfois, la marquise de Sévigné. Veuve à vingt-cinq ans, elle ne se remariera jamais. De son mariage avec le marquis de Sévigné, deux enfants naissent : Françoise-Marguerite, en octobre 1646 et Charles, en mars 1648.
    Quand sa fille se mariera à son tour, avec François Adhémar de Monteil de Grignan et quittera Paris – et sa mère –, pour la Provence, la marquise, pour tromper l’attente et le manque, prend la plume. Son destin d’épistolière se développe alors. Elle n’écrit pas qu’à Françoise-Marie, mais celle-ci reste la destinataire principale des lettres de sa mère. Malheureusement, si l’on possède encore de nombreuses lettres de la marquise, aucune des réponses de Françoise-Marguerite de Grignan ne nous est parvenue.
    Dans ces Lettres choisies, un recueil de plus de trois cents pages quand même, la principale destinataire des lettres est effectivement la comtesse de Grignan. Quelques lettres de la marquise à certains de ses amis ou à son cousin Bussy-Rabutin sont reproduites mais sont en minorité. La plupart des missives sont celles d’une mère triste et esseulée à une fille éloignée, qu’elle aime trop, qu’elle étouffe un peu peut-être mais pour laquelle elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter et à qui elle ne cesse de dispenser conseils sur conseils.
    Les relations entre madame de Sévigné et son aînée – et unique fille – sont assez chaotiques. Tandis que la mère pleure le départ de la jeune femme, celle-ci contre toute attente, est plutôt heureuse en mariage avec le comte de Grignan, plus âgé qu’elle certes mais avec lequel elle s’entendra bien. Madame de Sévigné doit supporter le départ d’une fille qui « fait sa vie » alors qu’elle-même s’achemine doucement vers la vieillesse : ainsi, elle parle dans de nombreuses lettres des problèmes de santé qui l’affectent et de l’âge qui vient. Possessive, peut-être un peu étouffante, Madame de Sévigné n’en reste pas moins une mère attentive, probablement plus proche des mères contemporaines que de celles de son temps. On sent l’intérêt sincère qu’elle porte à sa fille, l’inquiétude qu’elle ressent pour elle alors que Françoise-Marie est loin est non feinte, le manque également.

    Image dans Infobox.

     

    L'un des portraits les plus connus de Madame de Sévigné, vers 1665. Il est attribué au peintre Claude Lefèbvre, portraitiste qui a notamment peint la marquise de La Vallière


    Mais le fait que le recueil ne tourne QUE autour de ça a fini par me lasser, je dois l’avouer. J’ai mis neuf jours pour lire un peu plus de trois-cent-cinquante pages, j’avais l’impression de faire du sur-place et de ne pas avancer. De plus, l’absence des réponses, surtout celles de Françoise-Marie, donnent l’impression de lire un long monologue et parfois, la compréhension n’est pas évidente parce qu’on ne comprend pas forcément de quoi la marquise veut parler. J’ai dû avoir souvent recours aux notes en fin de volume qui apportent des éclaircissements, des repères chronologiques mais ces incessants allers et retours dans le volume ont fini par casser mon rythme de lecture d’où, peut-être aussi, l’ennui qui a fini par s’insinuer insidieusement.
    Je ne peux pas vous dissuader de lire ce recueil parce que Madame de Sévigné est une épistolière née. Elle qui pourtant n’aimait pas spécialement écrire, a un véritable talent. Son style est vraiment maîtrisé et plaisant à lire même si parfois un peu complexe du fait des évolutions de la langue. Mais, mon conseil, c’est de ne pas lire ce recueil comme un roman, comme j’ai pu le faire. Honnêtement, je pense que c’était une erreur. Alterner cette lecture avec une autre, c’était courir le risque de ne jamais la finir et de la laisser traîner. Honnêtement, j’ai beaucoup de mal à me positionner face à ce recueil mais je crois sincèrement qu’il vaut mieux peut-être fractionner cette lecture, ne pas la faire d’une traite, au risque de se lasser. Finalement, ce recueil ressemble à un long monologue où Madame de Sévigné se répète beaucoup. Ce n’est pas inintéressant, ce n’est pas forcément très captivant non plus et c’est dommage même si en lisant ses propres mots, on la comprend mieux et on comprend mieux aussi la relation complexe qui peut l’unir à sa fille. J’avoue que j’aurais été curieuse de lire les réponses de Françoise-Marie, juste pour voir aussi la manière dont la jeune femme se positionnait face à l’amour très exclusif de sa mère.
    En somme, je suis en train de vous chroniquer un livre que je ne regrette pas d’avoir lu, que je suis contente d’avoir enfin découvert mais qui me laisse malgré tout comme un sentiment d’inachevé de « tout ça pour ça ». Je pense que ce recueil ne donne pas encore la pleine mesure du talent d’épistolière de Madame de Sévigné. Tant pis. Il faudra peut-être que j’en essaie un autre pour me rendre compte et surtout, voir si la sélection des lettres diffère un peu car après tout, Madame de Sévigné a été le témoin d’une époque formidable : les jeunes années de Louis XIV puis son règne personnel. Par chance, malgré un léger goût amer de déception, je me sens toujours aussi intéressée par le personnage de Marie de Sévigné !

    Image illustrative de l’article Françoise de Sévigné

     

    Françoise-Marguerite de Sévigné plus connue comme Madame de Grignan fut célébrée dans sa jeunesse pour sa beauté (peinture attribuée à Pierre Mignard, vers 1669). Elle est la principale destinataire des lettres écrites par sa mère.

    En Bref :

    Les + : le style authentique et pur de Madame de Sévigné, malgré tout adapté pour être parfaitement lisible de nos jours ! 
    Les - : un sentiment de longueur à la lecture de ce livre, pas dénué de qualités mais qui ne m'a pas convaincue pleinement, malheureusement.  


    Lettres choisies ; Marie de Sévigné

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • Commentaires

    1
    Samedi 26 Juin à 23:34

    Ah j'ai déjà lu des lettres de Madame de Sévigné mais cela tenait en une quarantaine de pages donc je ne m'étais pas lassé - j'adore cette époque et le genre épistolaire !


    Peut-être faut-il lire ces lettres en alternance avec d'autres romans, d'autres activités... comme le faisait sa fille. Une prof m'avait recommandé l'édition de Roger Duchêne en cours de littérature (mon préféré) alors j'aimerais bien me laisser tenter :-d

      • Dimanche 27 Juin à 11:36

        Oui effectivement, je crois que c'est un peu mon erreur : j'aurais dû alterner avec autre chose mais c'est aussi, pour moi, prendre le risque de laisser tomber ou de laisser traîner. erf 


        Après je ne regrette absolument pas cette lecture parce que j'adore aussi cette époque et que j'aime aussi beaucoup Madame de Sévigné je trouve que c'est vraiment un personnage incontournable du XVIIème siècle, c'est vraiment un témoin de premier plan !! 


        Comme je sais que tu aimes bien cette époque, je pense que tu pourrais bien aimer ce livre. Mais tu as raison si tu choisis d'alterner cette lecture avec une autre, tu l'apprécieras un peu mieux je pense. wink2

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