• Marco Polo, tome 1, La Caravane de Venise ; Muriel Romana

    « Tu dois t'endurcir si tu veux aller loin, Marco Polo. Car le chemin est long et effrayant. Pense au lendemain, cela t'aidera. A chaque matin suffit son aube. »

    Couverture Marco Polo, tome 1 : La caravane de Venise

     

     

         Publié en 2001

      Editions 1 (Edition°1)

      415 pages 

      Premier tome de la saga Marco Polo

     

     

     

     

     

    Résumé :

     1271. Marco Polo n'a que dix-sept ans lorsqu'il quitte Venise avec son père et son oncle pour rejoindre la cour de Khoubilaï, petit-fils de Gengis Khan et héritier de l'immense Empire mongol qui s'étend de la Russie à l'océan Pacifique. 

    A une époque où il faut près d'une année pour traverser l'Asie, la Route de la Soie est celle de tous les dangers. Quinze mille kilomètres séparent la toute puissante cité des Doges de la mystérieuse Pékin. Quinze mille kilomètres de déserts brûlants ou glacés, à travers les cols vertigineux de l'Himalaya. Pour survivre, Marco Polo est prêt à braver la fureur des éléments. Émissaire du pape Grégoire X, messager secret de l'ilkhan Abaga, il devra déjouer les pièges des hommes, brigands, guerriers ou espions, afin de poursuivre son rêve. Dans les bras d'une esclave aux yeux d'amande, il découvre l'amour. Et quand la caravane de Venise arrive devant le Grand Khan, l'adolescent fougueux est devenu un homme et, sans le savoir, le plus célèbre des aventuriers. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Au début des années 1270 à Venise, le jeune Marco est un adolescent comme les autres. Amoureux de la belle et capricieuse Donatella, il vit seul avec sa mère qui attend désespérément le retour de son époux, parti huit ans plus tôt pour l'Orient et d'où il n'est jamais revenu.
    À la mort de cette dernière, Marco est embauché par son oncle paternel et doit se satisfaire d'un travail modeste au port. Mais, le jour où Niccolo Polo revient enfin à Venise, alors qu'on ne l'y attendait plus, les bras chargés des splendeurs de l'Orient, emmenant dans son sillage des esclaves aux délicats yeux bridés comme Marco n'en a jamais vu, celui-ci n'a alors plus qu'une envie : voyager à son tour et découvrir cette route, pas exempte de dangers (« Là-bas, tout se ligue pour te faire renoncer. Là-bas, tu ne peux même pas accroire ce que tu vois. Attends-toi au pire, tu seras encore en deçà. »), qui emmènent les Occidentaux jusqu'aux merveilles de Khanbaliq, la capitale du Grand Khan Kubilaï. Cette route, c'est la fameuse route de la soie, si fascinante encore aujourd'hui et qui serpente, sur plusieurs milliers de kilomètres, entre l'Europe et la Chine, au milieu de paysages spectaculaires habités par des peuplades aux physiques aussi surprenants que leurs coutumes.
    La Caravane de Venise est le premier tome consacré à Marco Polo et ses fameux voyages. Et qu'importe si, aujourd'hui, bon nombre d'historiens remettent en cause les descriptions que l'on peut lire dans Le livre des Merveilles et de façon générale, la véracité des voyages de Polo en Asie, au milieu du XIIIème siècle. Le débat n'est pas tranché et nous ne pouvons dire aujourd'hui avec certitude si Marco Polo, marchand et explorateur vénitien, a bien voyagé jusqu'en Chine où il se serait mis au service du Grand Khan pendant plusieurs années avant de revenir à Venise, près de vingt-cinq ans plus tard. Le Devisement du Monde aussi appelé Livre des Merveilles est-il une pure invention ou une relation détaillée d'un voyage ayant bien eu lieu ? Aujourd'hui rien ne nous permet d'affirmer clairement l'un ou l'autre.
    Toujours est-il que ce fameux voyage, au cœur d'un Moyen Âge que l'on imagine volontiers sédentaire (ce qui n'est pas forcément le cas), a de quoi fasciner. Encore aujourd'hui on reste sans voix devant les splendeurs traversées par la route de la soie, qu'elles aient été érigées par la main de l'homme comme Samarcande ou bien qu'elles soient naturelles, comme les vallées du Tigre et de l'Euphrate, les sommets spectaculaires de l'Hindou Kouch, les déserts inhospitaliers à l'entrée de la Chine... La mondialisation nous permet de connaître ces régions, ne serait-ce que par des photos ou des reportages télévisés. On ne peut s'empêcher toutefois d'en ressentir le grand pouvoir dépaysant, le grand pouvoir de fascination qu'elles dégagent encore aujourd'hui. On ne peut alors qu'imaginer ce que pouvaient représenter ces régions du globe pour un voyageur du Moyen Âge dont l'horizon s'était arrêté, jusque là, aux limites de la lagune vénitienne. Certainement pour Marco Polo, adolescent d'une quinzaine d'années qui découvre la Terre Sainte puis le Moyen-Orient jusqu'aux steppes chinoises, ce fut comme découvrir un nouveau monde, une autre planète.

    L'arrivée à Boukhara, enluminure médiévale illustrant Le livre des voyages de Marco Polo (XVème siècle)


    Ce roman est dépaysant au possible. En nous plaçant dans les pas de ces explorateurs médiévaux, à qui se dévoilent les secrets de régions enclavées et discrètes, Muriel Romana nous fait découvrir le monde à travers leurs yeux. C'est donc doublement exotique que d'imaginer la surprise d'un jeune homme ayant toujours côtoyé des personnes à la peau claire et aux grands yeux découvrir des hommes et des femmes à la peau mate et aux yeux bridés, adorant d'autres dieux que lui et vivant différemment. C'est exotique et intéressant de suivre les pérégrinations d'un jeune chrétien en terre musulmane... Oui, réellement, on a le sentiment de découvrir un monde nouveau comme si on voyageait sur la Lune ou dans l'espace.
    Grâce à de solides recherches et des descriptions précises, servies par une superbe plume qui sait se faire poétique comme incisive, Muriel Romana signe un roman excellent et que j'ai pris un grand plaisir à découvrir. J'avais déjà beaucoup aimé La Sultane andalouse pour son haut potentiel dépaysant. Ici, j'en ai eu mille fois plus !!! J'ai voyagé dans le temps et dans des régions que je me plaisais à découvrir en même temps que les héros du roman, Marco, son père et son oncle, Niccolo et Matteo en tête.
    On suit littéralement le voyage initiatique d'un jeune homme qui devient un adulte, en découvrant le monde, la nature humaine et l'amour. Personnage intelligent et perspicace mais toujours en quête de l'aval et du regard paternels, Marco est un personnage attachant. J'ai apprécié aussi celui de Noor-Zade, l'esclave ouïgoure qui représente l'arrachement, le déracinement et l'espoir sans cesse vivace de revenir un jour chez soi.
    Ce roman a été une magnifique surprise dans la mesure où je ne m'attendais pas à aimer autant ! J'ai été happée, totalement : par les personnages, par l'intrigue, par les lieux décrits. Tout y est ! Voilà un roman comme je les aime, mêlant fiction et réalité, pour finalement créer une intrigue romanesque qui, je me plais à le croire, doit fortement ressembler à la réalité.
    Un conseil, si vous aimez les romans historiques, lancez-vous : des terres arides du Moyen-Orient jusqu'aux terres opulentes du Grand Khan, vous voyagerez dans des splendeurs oubliées, dans des senteurs d'épices et de neige.
    J'ai d'ores et déjà remonté tout en haut de ma pile a lire les deux autres tomes de la saga, que je vais garder un peu toutefois histoire de faire durer le plaisir de lecture !!! 

     

    La chasse au porc-épic dans la ville de Cassem, illustration du Livre des Merveilles

    En Bref :

    Les + : pour moi, il n'y a rien à dire, tout y est. Ce roman historique, assis sur des recherches solides, est excellent et en plus, très bien écrit. Que demander de plus ? 
    Les - :
    j'ai relevé deux ou trois coquilles d'impression ici ou là, mais franchement, au regard du fond, ce n'est qu'un désagrément mineur !

     

    Les soeurs Brontë : la Force d'Exister ; Laura El Makki

    Thème d'août, « Road Trip », 8/12

     


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