• Murena, tome 2, De Sable et de Sang ; Jean Dufaux et Philippe Delaby

    « Parole de sage. Avoir beaucoup ou suffisamment, tout est là... Celui qui a beaucoup en veut toujours plus... C'est bien la preuve qu'il n'en a pas suffisamment. Celui qui en a suffisamment a obtenu ce qu'il n'est jamais donné au riche de connaître... la fin de son désir ! »

    Publié en 1999

    Editions Dargaud 

    51 pages

    Deuxième tome de la saga Murena

    Résumé :

    « Son libertinage, sa lubricité, sa profusion, sa cupidité et sa cruauté se manifestèrent d'abord graduellement et d'une façon clandestine, comme dans l'égarement de la jeunesse, et portant, même alors, personne ne put douter que ces vices n'appartinssent à son caractère plutôt qu'à son âge. »

    Suétone, Néron XXVI. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Dans ce deuxième tome, la calculatrice Agrippine est arrivée à ses fins. Elle a expédié ad patres son époux Claude, avec un plat de champignons empoisonnés. Néron, son fils de dix-sept ans, a revêtu la poupre impériale mais, amoureux, le jeune homme a la tête tournée par autre chose que le pouvoir. Au grand plaisir de sa mère qui en profite pour tirer les ficelles.
    Dans le même temps, Lucius Murena, ami du jeune empereur, enquête sur un drame qui vient de se dérouler dans sa famille.
    La vie n'est toujours pas de tout repos à Rome, vous l'aurez compris. Et ça n'ira sûrement pas en s'arrangeant. Les premières années du règne de Néron ne furent pas aussi négatives qu'on pourrait le croire au contraire... le caractère maniaque et sadique que l'empereur développera par la suite est encore en sommeil. Certes, comme tous ses compatriotes, le jeune homme connaît et est habitué à la violence. Mais à cet âge-là, il n'est ni plus ni moins ambitieux et violent que les autres, à commencer par sa propre mère.
    Ce deuxième tome est intéressant, on entre dans le vif du sujet mais il m'a moins plu que le premier. Murena, qui devrait être au centre du récit, puisque la BD porte son nom, s'avère être au final un personnage secondaire et un peu terne comparé aux héros ayant réellement existé : comme quoi, parfois, la réalité peut dépasser la fiction !
    Je me suis mélangée dans les personnages, j'avais l'impression qu'ils se ressemblaient tous plus ou moins, surtout les personnages masculins...

    Murena, tome 2, De Sable et de Sang ; Jean Dufaux et Philippe Delaby


    À part ça, encore une fois, les auteurs ont bien su saisir toute la mesure de cette époque, cruelle et violente ! Ils ont su, tant avec les dialogues qu'avec les dessins, restituer un tableau plausible, cohérent et qui fonctionne. Quel plaisir en effet de se faufiler dans l'ombre des palais où se trament meurtres et complots et jusque dans les geôles où pourrissent les ennemis du pouvoir. L'Empire romain se déploie sous nos yeux, entre grandeur et décadence.
    L'ambition démesurée des grands, leur cruauté dénuée de scrupules nous pousse à ressentir une répulsion mêlée d'intérêt pour eux... parce que les rouages du pouvoir et l'ambition de nos semblables ont toujours quelque chose d'infiniment intéressant au fond. L'atmosphère est lourde et tendue, servie par la colorisation, qui alterne entre des planches très colorées et d'autres qui le sont moins, tirant vers le noir et blanc ou le sépia. Je ne m'attendais pas à ça, au départ cela m'a fait bizarre et puis je me suis habituée et cela ne m'a pas gênée.
    L'intrigue repose également sur un savant mélange d'informations vérifiées et fiables et de fiction, sur un mélange de personnages ayant existé et imaginaires, ce que j'apprécie. Murena est une fiction historique, peut-être pas dénuée d'erreurs -que je serais incapable de déceler ceci étant dit-, mais qui fonctionne tout de même.
    Pour autant, vous l'avez certainement remarqué, si j'aime l'Histoire, je ne suis pas très intéressée par l'Antiquité : ce n'est pas qu'elle ne l'est pas, au contraire, mais c'est une époque très abstraite pour moi et qui me passionne moins. Et je lis peu, voire pas du tout de BD. Les deux premiers tomes de Murena m'ont été offerts, donc je voulais les lire. Mais j'avoue que j'ai démarré sans grand enthousiasme et que, à l'issue de la lecture de ce deuxième volume, je vais m'arrêter là. Je ne suis pas assez fan de bande-dessinée pour avoir envie de lire la suite. Sans avoir été déçue, je n'ai pas été totalement captivée. L'expérience aura eu le mérite de me faire sortir de ma zone de confort et, il faut bien le dire, j'aurais pu tomber plus mal ! Si vous aimez la Rome antique, ses intrigues et la BD, lancez-vous, cette saga est faite pour vous !

    En Bref :

    Les + : un tome qui prend encore une fois bien la mesure de l'époque traitée, de sa grandeur comme de sa décadence. 
    Les - :
     ce deuxième tome m'a moins plu, sans que je puisse pourtant expliquer pourquoi. Mon intérêt pour l'intrigue s'est émoussé et je me suis souvent mélangée entre les différents protagonistes.

     

    Murena, tome 2, De Sable et de Sang ; Jean Dufaux et Philippe Delaby

    Bingo littéraire du printemps

     


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :