• Pêcheur d'Islande ; Pierre Loti

    « Les noms des personnes et ceux des navires ont une physionomie par eux-mêmes, presque un sens. »

    Pêcheur d'Islande ; Pierre Loti

    Publié en 2009

    Editions Le Livre de Poche (collection Les Classiques de Poche)

    219 pages

    Date de parution originale : 1886

    Résumé :

    C'est l'histoire d'un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors admiré par plusieurs générations. Mais c'est surtout un grand drame de la mer, et l'une des expressions les plus abouties de ce thème éternel. Marin lui-même, Pierre Loti y déploie une poésie puissante, saisissante de vérité, pour dépeindre la rude vie des pêcheurs, l'âpre solitude des landes bretonnes, le départ des barques, la présence fascinante et menaçante de l'Océan. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Pêcheur d'Islande est un livre particulier, un classique d'une qualité indéniable, certes, mais il y'a autre chose. On n'en sort pas indemne, il ne fait assurément pas partie de ces livres vite lus puis vite oubliés. Vite lu passerait encore parce qu'il est court, mais d'une teneur incroyable et d'une magnifique beauté triste , qui sert le coeur. C'est un hommage vibrant à la mer, au littoral mais aussi aux populations qui en vivent et notamment ces pêcheurs paimpolais qui, chaque printemps et chaque été, montaient vers les mers froides du nord pour aller y pêcher la morue, revendue ensuite dans les ports français.

    Pêcheur d'Islande ; Pierre Loti

     

    Les pêcheurs dans la cabine de leur navire (illustration d'Edmond Rudaux)


    Yann Gaos, jeune pêcheur d'une vingtaine d'années, en fait partie. Il fait partie de ceux que l'on appelle les Islandais, ceux qui partent, acceptant de laisser leur famille pendant de longs mois pour aller gagner leur vie très loin de leur foyer mais aussi, parfois, la perdre. Gaud -de son vrai prénom Marguerite-, est une jeune Bretonne de vingt-trois ans, qui a vécu à Paris et fait figure de demoiselle depuis qu'elle est revenue à Paimpol. Mais Gaud, qui est riche, va tomber amoureuse de Yann, qui, sans être pauvre, vit modestement avec ses parents et leur grande famille. Elle va combattre les idées reçues de son temps mais aussi le trop grand amour de celui qu'elle aime pour la mer. Entre Gaud et l'océan, c'est une lutte sans merci qui s'ouvre, combat de deux femmes jalouses, l'une voulant ravir à l'autre une même prise. Et, au milieu de tout cela, le monde continue de tourner, immuable, avec ses joies -les mariages et les naissances- mais aussi ses peines et ses deuils éternels -les disparus en mer, les déceptions, les cruautés d'une vie qui n'épargne personne, Gaud en fera l'amère expérience, car elle ne sera pas la dernière à connaître des épreuves.
    Pêcheur d'Islande est un beau roman, servi par un style conventionnel -conventionnel dans le sens où Loti ne se démarque pas vraiment, par sa plume, de ses contemporains, mais cela ne signifie pas pour autant que son style est plat et inintéressant, bien au contraire-, percutant mais aussi très poétique. Le roman est comme une sorte de long poème en prose, un hommage à la Bretagne, terre d'élection de Loti, à ces hommes et à ces femmes qui en vivent et qui, parfois, en meurent. La Bretagne du XIXème siècle était encore un pays sauvage, ancré dans ses légendes et son identité bien marquée et c'est un très beau portrait de cette mer coléreuse et de ces landes de bruyère que nous livre ici l'auteur, homme de la mer par excellence. Né sur ses bords, il choisira ensuite toujours des régions littorales pour élire domicile. Marin lui-même, c'est aussi avec beaucoup de tendresse que Loti décrit l'existence, certes pleine de liberté mais aussi pleine de périls, de ces hommes courageux qui choisissaient de tout quitter quelques mois par an pour aller pêcher bien loin, dans les mers inhospitalières du nord, au large de l'Islande.

     

    Pêcheur d'Islande ; Pierre Loti

    Yann faisant sa cour à Gaud


    Empreint de tristesse et de nostalgie, Pêcheur d'Islande recèle aussi sa part d'optimisme, notamment de part l'immuabilité de l'existence de ces gens de la mer qui, malgré les morts, les disparitions et les plaques mortuaires dans les petites chapelles érigées le long de la côte, continuent de vivre obstinément, par et pour la mer, parce qu'ils sont encore capables d'aimer et d'être heureux malgré tout. Un très beau roman, un classique qui émeut et remue.

    En Bref :

    Les + : roman paradoxal, plein de nostalgie mais aussi d'espoir, un style intéressant.
    Les - : Aucun.

     


  • Commentaires

    1
    Lucie
    Dimanche 26 Juillet 2015 à 13:14
    J'ai lu ce roman il y a plus d'un an et je m'en souviens encore très bien, comme tu l'a si bien écris"on n'en sors pas indemne"! Il m'a vraiment marqué par sa beauté et l'histoire m'a touchée, mes arrières grands parents étaient Bretons et j'ai retrouvé dans ce livre une petite part de mes origines, c'est un livre qui restera toujours dans ma bibliothèque pour que je puisse le relire de temps en temps car un roman d'une telle intensité est dur à trouver.
    2
    Jeudi 30 Juillet 2015 à 19:34

    J'ai l'intention de lire ce livre depuis de nombreuses années car il figure parmi les classiques. Je m'attend aussi à beaucoup de nostalgie

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :