• Péril au Fournil ! ; Céline Barré

    « Après tout, ceux qui réussissent rêvent grand. Elle décida donc de rêver très très grand. »

    Couverture Péril au Fournil ! : Une boulangère mène le Président à la baguette...

     

     

         Publié en 2016

      Editions Createspace (auto-édition)

      296 pages

      Deuxième tome de la saga Les Farfelus

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Après plus de 12 000 exemplaires vendus de son premier roman Quel Pétrin !, Céline Barré vous propose son nouvel opus : un roman irrévérencieux qui ne vous laissera pas indifférents. 

    Entre vaudeville, amour, humour et satire, découvrez un univers ubuesque et loufoque. 

    Une femme ordinaire va sortir de son cocon et reprendre son existence en main. 

    Le Président de France se comporte comme un despote ! Il provoque des avalanches de catastrophes, faisant fi des besoins de ceux qui l'ont élu. Qu'à cela ne tienne, Jocelyne, une boulangère, décide de monter à Paris afin de hurler sous ses fenêtres !
    Insoumise et candide, la boulangère souhaite prendre la tête de la seconde Révolution française. Elle va mettre tout en oeuvre afin de torpiller les manœuvres présidentielles. 

    Pourra-t-elle compter sur le soutien de son mari volage et de ses voisins dans cette entreprise ô combien risquée ? Une armée de gentils bras cassés parviendra-t-elle à renverser le pouvoir en place ? 

    Qui est ce blogueur qui prend un plaisir chafouin à moquer le Président ? 

    Et ce chanteur has been qui semble leur vouloir du bien est-il sincère ou manipulateur ? 

    Deux femmes de tête vont prêter main forte à la boulangère. Entre révolution personnelle et Révolution tout court, suivez les destins croisés de Joce, Martine et Marie-Cécile de La Morne. Elles vous feront voyager du Cotentin jusqu'à la frontière espagnole en passant par Paris et l'Angleterre. 

    D'embûches en rebondissements rocambolesques, amusez-vous de leurs mésaventures. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

     Auteure à l’univers loufoque et déjanté, Céline Barré a signé il y’a quelques années une trilogie intitulée Les Farfelus et qui met en scène des Français lambda qui vont soudain se révéler comme de redoutables révolutionnaires.
    Imaginez : la France de la fin des années 2010 est devenue une sorte de dictature, sous le quinquennat de Françis Ollanzi, surnommé « le Président de France » (et je crois que toute ressemblance avec un personnage existant n'est pas du tout mais alors, pas du tout fortuite). Nationalisations arbitraires, emplois devenus rares, chômage au plus haut, réformes ubuesques des examens scolaires et surtout, fusions des communes ponctuent le quotidien des Français, devenu bien morose.
    A Tresville, une petite bourgade normande du Cotentin, la boulangère Jocelyne Lamaseau voit rouge quand on lui annonce que sa ville, considérée comme peu productive par le président, va fusionner avec sa voisine, la détestée Grogneul. Non, Jocelyne ne veut pas devenir grogneulaise et décide de faire la révolution, entraînant dans son sillage tout un panel de personnages plus branques et déjantés les uns que les autres : Killian, le jeune originaire du 93, envoyé en villégiature chez son grand-père, au fin fond de la Normandie, cador des réseaux sociaux qui coache avec habileté Jocelyne, quarantenaire un peu dépassée par les nouvelles technologies, les La Morne, les bourgeois de la région, ruinés mais toujours dignes, Martine, prof d’anglais désabusée et qui s’ennuie auprès de son mari Gérard, propriétaire du magasin d’électroménager et amateur de saucisson et de rillettes comme le montre bien son imposant tour de taille, qui n’a cessé de s’arrondir au fil des ans, Francis Tatanne, chanteur has been mais engagé et qui aimerait bien que la révolution de la boulangère cotentine lui redonne un peu de visibilité et le réconcilie avec le succès, Kevin Laverge, l’ami d’Artus de La Morne, qui peine à fédérer un public autour de ses films pornos thématiques et aux titres absolument improbables…
    Vu comme ça vous vous dites peut-être : mais c’est quoi ce truc ? C’est vrai que c’est déjanté et, sans mauvais jeu de mots, un peu barré ! Et en même temps, quand on y réfléchit, on se dit que ça ne l’est pas tant que ça, parce que ce que Céline Barré raconte, en forçant un peu le trait, ce n’est ni plus ni moins que tous les petits travers de notre société. Certes, nous ne vivons pas en dictature (n’en déplaise à certains) mais la France de Tresville-sur-mer ressemble quand même furieusement à la nôtre par bien des aspects. Ainsi, les Tresvillois sont râleurs, révolutionnaires dans l’âme, prêts à tout péter sur le papier mais pas forcément enclins à réagir quand on leur en donne la possibilité et quand l’un d’entre eux se transforme en Pasionaria de la liberté perdue : ça ne vous rappelle rien ni personne ? Le pouvoir est vu comme un ramassis d’incapables dès lors qu’on les a élus et ceux qui nous plaisaient quand ils n’étaient que candidats deviennent des cons finis dès qu’ils accèdent au pouvoir suprême. Et puis au-delà de ça, c’est aussi les petits travers intimes de chacun que l’auteure se plaît à mettre en exergue, avec un malin plaisir et pour le nôtre aussi parce que ce deuxième tome des Farfelus est un vrai roman feel-good qui fait souvent sourire et même rire !
    J’ai retrouvé dans Péril au fournil ce que j’avais aimé dans Quel pétrin, une ambiance unique, des personnages complètement dingos qui ont pu me rappeler ceux de Gilles Legardinier, par exemple. Et puis il y’a aussi, au-delà de la forme et du fond qui apparaît comme relativement léger, un sérieux qui apparaît et qui vient équilibrer un peu l’humour et apporter au roman un petit quelque chose qui n’est vraiment pas mal du tout ! Faut-il saisir sans réfléchir toutes les chances que la vie vous offre, faut-il oser se rebeller quand votre confort et celui de vos voisins et compatriotes est menacé par les élucubrations d’un président à qui le pouvoir est monté à la tête et qui met en place réforme sur réforme en dépit du bon sens ? Comment motiver les troupes, toujours enclines à râler mais souvent bien moins décidées quand il est question d’agir ? Et le bonheur, alors ? Est-ce qu’il faut le provoquer un petit peu ou l’attendre sagement au risque qu’il vous passe sous le nez et ne revienne pas ?
    J’aime ces romans feel-good qui ne sont pas que légers, pas qu’humoristiques, qui abordent aussi d’autres sujets plus sérieux, qui osent nous mettre devant les contradictions de la société dans laquelle on vit.
    En bref, pour moi qui ne suis pas une fan des romans contemporains, je dois dire que Céline Barré a su, en travestissant notre quotidien, créer un univers bien à elle, des personnages farfelus et attachants, tous différents les uns des autres et qui, comme chacun d’entre nous, traînent leurs propres rêves, leurs déceptions, parfois une vie peu épanouissante mais qui est devenue le quotidien et dont on s’accommode un peu par habitude et parfois, par confort parce qu’il n’est pas facile de tout envoyer balader, surtout quand le contexte général ne le permet pas. Alors oui, la France du roman est quand même bien moins reluisante que celle que l’on connaît mais elle en reste un pendant assez fidèle et nous permet de nous retrouver dans cet univers relativement familier. Encore une fois une réussite et si je peux seulement vous donner un conseil : lancez-vous dans cette saga si vous aimez les romans contemporains et pleins d’humour, qui n’en omettent pas pour autant d’aborder sans langue de bois des sujets sérieux et qui ne manqueront pas d’évoquer quelque chose à chacun.

    En Bref :

    Les + : un univers déjanté et très personnel toujours très agréable, des personnages loufoques qui nous font mourir de rire ou, au contraire, nous interroger. C'est du feel-good un peu sérieux malgré tout et j'aime beaucoup cette approche. 
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever...il y'a bien quelques coquilles mais c'est de l'auto-édition et j'ai tendance à être bien plus indulgente. Franchement, ça n'a aucune influence sur la lecture et comme on dit, personne n'est parfait. C'est pareil pour les livres. Quand ils sont faits avec amour, ça passe sans problème.


    Péril au Fournil ! ; Céline Barré

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Juin à 14:50

    Je ne connaissais absolument pas.
    Je suis contente que tu aies aimé, mais j'ai peur que ce soit un peu trop loufoque et déjanté pour moi.

      • Lundi 7 Juin à 20:00

        C'est vraiment un univers particulier, je pense qu'on aime ou n'aime pas, il n'y a pas vraiment de demi-mesure. Mais c'est un feel-good intéressant parce qu'au delà de l'humour, il fait passer un message et j'aime beaucoup ces romans légers en apparence mais avec un fond sérieux. smile

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