•  In My Mail Box - Juin, Juillet 2020

     

    In My Mail Box - Juin, Juillet 2020

     

     

    Bonsoir à tous ! Nous sommes le 31 juillet aujourd'hui, on se retrouve pour le In My Mail Box de juin et de juillet. J'ai (un peu) craqué ce mois-ci puisque c'est 16 livres qui ont été ajoutés à ma PAL, dont deux services de presse (merci encore aux éditions de l'Archipel et à leur super community manager, Mylène). 

    En juillet, j'ai effectué ma deuxième commande sur le site lalibrairie.com . Les délais sont un peu longs mais ma commande est arrivée encore une fois nickel et je l'ai récupérée en début de semaine dernière. Après avoir lu des avis assez négatifs sur ce site de vente, j'avais un peu peur de refaire une commande et finalement, tous les livres sont arrivés à destination sans problème. C'est sûr qu'il faut attendre un peu mais à part ça, aucun point négatif à soulever. 

    C'est parti pour la découverte des petits nouveaux... On va commencer avec les livres qui sont arrivés dans ma PAL au mois de juin... 

     

    Couverture L'île de la mangrove rouge

     

    • L'île de la Mangrove Rouge, Sarah Lark, Editions de l'Archipel, 2020, 484 pages

    Est-il encore besoin de présenter Sarah Lark, la reine du roman d'évasion ? Son succès ne cesse de croître depuis la parution de sa saga Le Pays du Nuage Blanc et, franchement, c'est mérité. 

    Résumé : Jamaïque, 1753. Deirdre, la fille de Nora et de l'ancien esclave Akwasi, vit dans la plantation de sa mère et de son beau-père.
    Les garc¸ons de l'île, fascinés par la jeune métisse, ne cessent de lui tourner autour. Mais Deirdre n'a d'yeux que pour un seul homme : le Dr Victor Dufresne...
    Après L'Île aux mille sources, Sarah Lark entraîne de nouveau ses héroïnes dans les décors enchanteurs des îles caribéennes. Mais, sous les tropiques, le temps comme le destin se montrent parfois capricieux...

    J'ai fini ce roman il y'a quelques jours et, sans surprise, je l'ai autant aimé que le précédent (L'île aux mille sources). A nouveau, Sarah Lark met en scène des héroïnes fortes et déterminées à se battre pour leurs idéaux. En toile de fond, elle dénonce l'esclavage et ses horreurs, comme, dans Le Pays du Nuage Blanc, elle a pu pointer l'envers bien sombre de la colonisation britannique en Océanie, en parlant notamment des dépossessions dont ont été victimes les populations maories, en Australie comme en Nouvelle-Zélande. Bref, une bonne lecture et si vous aimez Sarah Lark, vous ne serez pas déçu. 

    • Ma chronique : juste là. 

     

     

    Couverture Swan Hill, tome 1 : Les pionniers

    • Swan Hill, tome 1, Les Pionniers, Anna Jacobs, Editions de l'Archipel, 2020, 374 pages

    Anna Jacobs, comme Sarah Lark, fait partie de ces auteures qui nous font voyager en nous proposant de grandes fresques familiales se passant bien loin de nos latitudes. Révélée par sa saga des soeurs Blake, Swan River, elle récidive avec Swan Hill, une saga en cinq tomes dont le premier sort cette année en grand format chez l'Archipel. Une saga étroitement liée à la première, d'ailleurs, puisqu'on me dit dans l'oreillette qu'il est bien possible que l'on recroise une ou plusieurs des soeurs Blake dans Swan Hill...

    Résumé : Si, dans les années 1860, Singapour a tout d'une destination exotique, elle n'en reste pas moins une ville impressionnante pour Isabella, jeune Anglaise sans le sou, orpheline depuis la mort de sa mère.
    Ne trouvant pas de place de gouvernante, elle accepte l'offre de M. Lee, un riche marchand chinois. Elle s'installera chez lui et lui enseignera l'anglais. Deux ans plus tard, ce dernier lui présente Bram Deagan, un Irlandais ambitieux souhaitant s'installer en Australie et y ouvrir un négoce. M. Lee pousse Isabella à épouser Bram et à le suivre dans l'aventure...
    Début d'une fresque qui verra Isabella et Bram tenter de s'inventer une vie nouvelle dans la colonie de Swan Hill, au cœur de l'Australie sauvage. Mais la vie réserve des dangers, parfois des infortunes. Le bonheur sera-t-il au bout du voyage ?

    Contre toute attente, cette lecture a été un gros bof pour moi. Pas un flop non plus mais j'avoue en être ressortie un peu déçue... j'avais réussi à dépasser les faiblesses rencontrées dans Swan River mais dans ce premier tome, j'ai trouvé les personnages caricaturaux, sauf Isabella, qui m'a bien plu et surtout, l'intrigue est trop prévisible et, pour moi, cousue de fil blanc mais évidemment, je suis persuadée que cette saga saura trouver son public parce que malgré tout, elle est dépaysante et nous fait voyager. 

    • Ma chronique : juste là.

     

                          Couverture Marco Polo, tome 1 : La caravane de Venise   Couverture Marco Polo, tome 2 : Au-delà de la Grande Muraille   Couverture Marco Polo, tome 3 : Le Tigre des mers

    • Saga Marco Polo, Muriel Romana, Editions First, 2001 - 2003

    En juin, j'ai eu envie de relire La Sultane Andalouse, de Muriel Romana. Cette lecture a accompagné mes derniers jours de confinement et de télétravail et j'ai été ravie de retrouver ce roman qui, je m'en souvenais, m'avait fait forte impression en 2012, lorsque je l'avais lu la première fois. En découvrant que l'auteure avait écrit une trilogie sur Marco Polo, un personnage fascinant malgré les doutes jetés ces dernières années par les historiens sur son soit-disant voyage en Chine, j'ai eu envie de la lire et, même si j'ai eu du mal à trouver les trois tomes, qui ne sont plus édités, je les ai enfin et je me fais une joie de les découvrir rapidement. 

    Résumé du premier tome : 1271. Marco Polo n'a que dix-sept ans lorsqu'il quitte Venise avec son père et son oncle pour rejoindre la cour de Khoubilaï, petit-fils de Gengis Khan et héritier de l'immense Empire mongol qui s'étend de la Russie à l'océan Pacifique. A une époque où il faut près d'une année pour traverser l'Asie, la Route de la Soie est celle de tous les dangers. Quinze mille kilomètres séparent la toute puissante cité des Doges de la mystérieuse Pékin. Quinze mille kilomètres de déserts brûlants ou glacés, à travers les cols vertigineux de l'Himalaya. Pour survivre, Marco Polo est prêt à braver la fureur des éléments. Émissaire du pape Grégoire X, messager secret de L'ilkhan Abaga, il devra déjouer les pièges des hommes, brigands, guerriers ou espions, afin de poursuivre son rêve. Dans les bras d'une esclave aux yeux d'amande, il découvre l'amour. Et quand la caravane de Venise arrive devant le Grand Khan, l'adolescent fougueux et insouciant est devenu un homme et, sans le savoir, le plus célèbre des aventuriers.

    Je prévois de lire le premier tome, La Caravane de Venise, cet été donc je vous donnerai rapidement un avis, en espérant qu'il soit aussi bon que pour La Sultane Andalouse, qui m'a fait voyager à Grenade au XVème siècle. 

     

    In My Mail Box - Juin, Juillet 2020

     

    Et voici maintenant ma commande de juillet... une nouvelle saga, la suite des Déracinés de Catherine Bardon, la suite aussi des Enquêtes du commissaire aux morts étranges d'Olivier Barde-Cabuçon...bref, du très bon ! 

    Couverture Une sorcière à la cour

    • Une sorcière à la Cour, Philippe Madral, Editions JC Lattès, 2019, 474 pages 

    Voilà un livre qui, pour le coup, est un illustre inconnu. Je ne l'ai jamais croisé, ni sur Instagram ni sur les autres blogs...Il est récent et il est sorti en fin d'année dernière en grand format. Je l'ai découvert à l'occasion de recherches pour le boulot, cet hiver. Maintenant, il est temps de le lire. 

    Résumé : « Si les hommes étaient plus aimants, ces prétendues sorcières n’existeraient pas. Ces malheureuses, que leurs époux battent, parfois jusqu’à la mort, n’est-il pas juste qu’elles cherchent à s’en défendre ? C’est la condition dans laquelle notre société tient les femmes qui provoque de telles aberrations criminelles. »

    1678. Tandis que Louis XIV mène grand train à Saint-Germain et Versailles, Paris est frappé par les meurtres les plus abominables et la rumeur enfle : des empoisonneuses œuvrant pour le diable auraient infesté la ville.
    Lorsque le scandale gagne la cour, le roi ordonne à La Reynie, lieutenant général de police, de démanteler les officines et de punir les sorcières. À mesure qu’il enquête, ce dernier comprend que le roi est victime d’un complot. Mais surtout, il découvre que derrière ces actes diaboliques se cache une plus grande violence encore, subie par les femmes. Maintenues toute leur vie sous l’autorité d’un père, d’un frère ou d’un mari, ont-elles d’autre choix que le crime pour conquérir leur liberté ?

    Dans cette enquête sulfureuse, Philippe Madral nous plonge au cœur d’une société en pleine mutation et revisite sous un jour complètement nouveau la célèbre affaire des Poisons, avec un souffle romanesque exceptionnel.

    Vous le savez, j'adore les romans historiques et plus particulièrement ceux qui se situent au XVIIème siècle ou au XVIIIème. Du coup, je me fais une joie de découvrir ce roman, que je me réserve pour cet automne. Le résumé, en tout cas, est alléchant. 

    Couverture Lady Louise

    • Lady Louise, Joël Raguenès, Editions JC Lattès, 2006, 476 pages 

    Bon, on ne va pas se mentir, ce qui m'a attirée quand j'ai découvert ce roman c'est, évidemment, sa magnifique couverture. Quelle beauté que ce tableau qui évoque aussitôt le XVIIème siècle et ses fastes. 

    Résumé : Louise de Keroual, fille d'un hobereau breton ruiné, entame un fabuleux destin l'année de ses 18 ans, lorsque le Duc de Beaufort la prend sous son aile et l'introduit à la cour de France. Elle devient la demoiselle d'honneur de Madame, belle sœur du roi Louis XIV et sœur du roi d'Angleterre Charles II Stuart. A la mort de Madame, Louis XIV confie à Louise une mission d'espionnage et l'envoie à la cour d'Angleterre; devenue maîtresse de Charles II, elle parvient à faire de l'Angleterre l'alliée fidèle de la France. Adulée par les uns, haïe par les autres (notamment ses nombreuses rivales), elle donne un fils à Charles, devient duchesse de Portsmouth, et demeure la favorite royale pendant quinze ans. C’est elle qui assure la survie de toute la famille…

    Louise de Keroual a eu un destin assez exceptionnel. Née au fin fond de la Bretagne, elle était presque condamnée à y passer toute sa vie. Et puis la voilà qui devient la favorite du roi d'Angleterre, qui la fera duchesse de Portsmouth. Elle donnera un fils au souverain, un lointain ancêtre de la future princesse de Galles, Diana Spencer. Louise de Keroual fait partie de ces destins fascinants et pourtant trop souvent boudés et oubliés par l'Histoire. J'ai donc hâte de lire ce roman. 

    Couverture Waringham, tome 1 : La roue de la fortune

    • Waringham, tome 1, La Roue de la Fortune, Rebacca Gablé, Editions Pocket, 2019, 559 pages 

    Il était temps ! Ca faisait un moment que je voulais découvrir cette fresque médiévale qui prend corps en plein coeur d'une Angleterre secouée par la Guerre de Cent Ans. Inutile de vous dire que j'ai hâte de lire ce premier tome. 

    Résumé : 1360. L'Angleterre vient de se lancer dans une guerre dont on ne sait pas encore qu'elle durera cent ans. Robert Waringham, jeune noble de 12 ans élevé dans un monastère, apprend le même jour que son père est mort et que, accusé de haute trahison, il a été déchu de son titre et de ses terres. Le garçon choisit pourtant de s'enfuir pour retourner vivre à Waringham, de changer son nom en Robin et d'y travailler aux écuries où il se découvre un étrange don de communication avec les chevaux.

    Je ne connais pas l'univers de l'auteure mais, une chose est sûre, le résumé du roman est alléchant et je me fais une joie de le lire rapidement...Peut-être cet automne ou cet hiver : le livre est conséquent et je me vois bien le lire sous un plaid, avec une grande tasse de thé à portée de main. 

    Couverture Waringham, tome 2 : Les gardiens de la rose

    • Waringham, tome 2, Les Gardiens de la Rose, Rebecca Gablé, Editions Pocket, 2019, 640 pages 

    Deuxième tome de la trilogie, il possède une superbe couverture qui donne envie de la soulever pour découvrir toutes les aventures qui se passent en-dessous. 

    Résumé : Angleterre, 1413. Lorsque Jean de Waringham, jeune noble de treize ans, apprend que son père souhaite le voir embrasser une carrière ecclésiastique, il s'enfuit du château familial et se met en route pour Londres.
    À Westminster, il rencontre le roi Henri V. Embarquant pour la France aux côtés du charismatique souverain, il ne tarde pas à être armé chevalier et se distingue sur le champ de bataille par ses actes de bravoure.
    Les troupes anglaises sont en passe de remporter la guerre, mais la mort subite du vaillant monarque plonge le royaume dans une crise profonde, car son fils est à peine âgé de huit ans. Le jeune héritier devient la cible d'attaques de tous bords, et Jean est alors chargé de le protéger...

    Le XVème siècle est une période peu représentée dans les romans et pourtant, elle est si passionnante. Le début du XVème siècle français, par exemple, est particulièrement intéressant : c'est l'époque de Charles VI, Isabeau de Bavière, Louis d'Orléans...en Angleterre, un roi qui marquera l'Histoire règne, c'est Henry V, futur héros d'une pièce de Shakespeare. Evidemment, j'ai hâte ! 

    Couverture Duel pour un roi : Mme de Montespan contre Mme de Maintenon

    • Duel pour un roi : Mme de Montespan contre Mme de Maintenon, Agnès Walch, Editions Jean-Pierre Taillandier, 2019, 329 pages

    Si vous me suivez depuis un moment, vous connaissez ma passion pour l'Histoire...en découvrant ce livre, il était donc presque inévitable que je l'ajoute un de ces jours à ma PAL. 

    Résumé : La blonde Montespan contre la brune Maintenon. L’une porte un grand nom quand l’autre est née dans une cellule de la prison de Niort. L’une, étincelante, spirituelle, ambitieuse, splendide, s’attache l’amour du Roi-Soleil et lui donne sept enfants. L’autre devient gouvernante des bâtards royaux et entre dans la vie du roi. Louis XIV, contre toute attente, délaisse la sublime Montespan pour la discrète et redoutable Maintenon, de six ans plus âgée que sa rivale, moins tempétueuse, moins belle selon les canons de l’époque, moins éclatante, moins, moins… Et alors que la première mourra oubliée de tous, l’autre épouse dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683 le roi, autrefois volage, désormais fidèle, et dont elle partagera la vie pendant trente-deux ans. Avec une plume alerte, l’historienne Agnès Walch nous plonge dans les coulisses de la Cour de Versailles et nous restitue pour la première fois l’affrontement de deux femmes, d’abord amies intimes puis ennemies mortelles, étonnamment modernes, éprises de liberté, déterminées et courageuses. Le Grand siècle raconté du côté des femmes…

    Voilà un duel bien improbable, celui d'une femme sûre de son charme et de son pouvoir sur le roi et d'une autre, plus réservée, qui fera sa place tout doucement et parviendra au final à évincer sa rivale. Qui aurait pu parier que la flamboyante et insolente Athénaïs de Montespan serait un jour supplantée par celle qu'elle avait choisie pour s'occuper des enfants qu'elle eut du roi ? Evidemment, ce livre me tente déjà énormément et je sens qu'il ne va pas rester longtemps dans ma PAL ! 

    Couverture La prisonnière du temps

    • La Prisonnière du Temps, Kate Morton, Editions Pocket, 2020, 720 pages

    Inutile de présenter Kate Morton, la reine des romans à secrets et des grandes sagas familiales...

    Résumé : À l'été 1862, un groupe de jeunes peintres proches des Préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s'installe au Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily avec qui il vit une passion ravageuse, Edward peint des toiles qui marqueront l'histoire de l'art. Mais à la fin de sa retraite, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d'Edward Radcliffe est brisée. Plus d'un siècle plus tard, Elodie Winslow, jeune archiviste à Londres fiancée à un golden-boy qui l'ennuie, découvre dans une vieille sacoche deux objets sans lien apparent : le portrait sépia d'une femme à la beauté saisissante en tenue victorienne, et un cahier de croquis contenant le dessin d'une demeure au bord de l'eau. Pourquoi le Birchwood Manor semble-t-il si familier à Elodie ? L'inconnue de la photo pourra-t-elle enfin livrer tous ses secrets ? Et si, en l'entraînant sur les traces d'une passion d'un autre siècle, son enquête l'aidait à percer le mystère de ses propres origines et à enfin mener la vie qu'elle désire ?

    Parce que le sujet, parce que l'auteure, parce que...y'a-t-il besoin d'argumenter ? C'est Kate Morton, donc évidemment, ce roman ne pouvait que rejoindre ma PAL !! 

    • L'Américaine, Catherine Bardon, Editions Pocket, 2020, 583 pages

    Parce que je vois cette saga partout depuis un moment et parce que les couvertures magnifiques et délicieusement rétro me font de l'oeil à chaque fois...

    Résumé : Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l’université, un stage au Times. Une nouvelle vie... Elle n’en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm. Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre-culture,l’opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam... Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s’interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?

    Vraiment, je ne sais pas à quoi m'attendre avec cette saga, mais, comme avec L'Amie Prodigieuse d'Elena Ferrante, j'ai un bon sentiment, une bonne intuition. J'ai ajouté Les Déracinés à ma PAL en mai et je sens que cette trilogie qui, déjà, marque le monde du livre, va m'accompagner pendant quelques mois. 

    Couverture Le commissaire aux morts étranges, tome 3 : Tuez qui vous voulez

    • Une enquête du commissaire aux morts étranges, tome 3, Tuez qui vous voulez, Olivier Barde-Cabuçon, Editions Babel, 2016, 391 pages 

    Une saga policière au XVIIIème siècle ? Des couvertures originales et des résumés noirs, très très noirs ? Voilà qui ne pouvait qu'attirer mon attention. 

    Résumé : Hiver 1759.
    Alors que s’élèvent les fusées multicolores d’un splendide feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C’est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe.
    Le commissaire aux morts étranges se charge de l’affaire dans une atmosphère aussi singulière que les meurtres dont il a la charge : les miracles se multiplient au cimetière Saint- Médard, et des femmes se font crucifier dans des appartements discrets pour revivre les souffrances du Christ ; les rues de Paris s’enfièvrent à l’approche de la fête des Fous qu’un mystérieux inconnu invite à ressusciter ; la cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV…
    Les tensions s’exacerbent dans les quartiers populaires. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Quant au moine, oubliant son âge, il semble se laisser gagner par l’esprit de cette antique fête, où les fous deviennent sages et les sages fous.
    La royauté est menacée, les interdits transgressés. L’ordre social est-il en train de s’inverser ? Le commissaire aux morts étranges garde la tête froide et mène l’enquête.

    J'ai découvert les personnages d'Olivier Barde-Cabuçon il y'a deux ans et j'ai beaucoup aimé le premier tome de cette saga. J'avais peur de la comparer fatalement avec Les Enquêtes de Nicolas Le Floch mais, au final, nous sommes dans deux univers complètement différents, si ce n'est l'époque, qui est la même. Toujours est-il que cette saga m'enthousiasme toujours et que ce sera donc avec plaisir que je lirai ce troisième tome cette année, peut-être en octobre, quand la lumière baisse et que les esprits et autres personnages effrayants s'apprêtent à sortir... 

    Couverture Le commissaire aux morts étranges, tome 4 : Humeur noire à Venise

    • Une enquête du commissaire aux morts étranges, tome 4, Humeur noire à Venise, Olivier Barde-Cabuçon, Editions Babel, 2017, 332 pages

    La couverture est totalement anachronique mais le résumé nous remet les pendules à l'heure : nous sommes bien dans les années 1760, dans une ville sulfureuse et qui sent le soufre, la ville de Casanova et de tous les excès. 

    Résumé : Des pendus qui se balancent sous les ponts de Venise comme autant de fleurs au vent, un comte que l’on a fait le pari d’assassiner dans son palazzio. Autant de raisons pour que Volnay, le commissaire aux morts étranges, quitte Paris et réponde à l’appel au secours de Chiara, son ancien amour. Il espère aussi, par ce voyage, chasser l’humeur noire de son assistant, le moine hérétique, plongé dans une profonde dépression.
    Mais, dans la Venise du XVIIIe siècle qui agonise lentement en s’oubliant dans de splendides fêtes, les rencontres et les événements ruissellent d’imprévus. Une jeune fille travestie en garçon, un auteur de théâtre, un procurateur de Saint-Marc manipulateur et son énigmatique fille entament le plus sombre des bals masqués.
    Entre rêve et réalité, tragédie et comédie, Volnay et le moine se retrouvent confrontés à des assassins non moins qu’à leurs démons. Avec cette quatrième enquête du commissaire aux morts étranges en forme de parenthèse vénitienne, Olivier Barde-Cabuçon délaisse le temps d’un roman le royaume de l’intrigue pour la ville des masques.

    Le commissaire aux morts étranges s'expatrie le temps d'une enquête et, évidemment, cela ne peut que piquer ma curiosité. Que va-t-il retrouver à Venise, hormis une ancienne maîtresse ? Ce roman va désormais trôner en bonne place dans mes lectures prioritaires. 

    Couverture Les lumières de Cape Cod

    • Les Lumières de Cape Cod, Beatriz Williams, Editions Pocket, 2018, 444 pages

    Beatriz Williams m'avait enchantée il y'a trois ans avec L'Eté du Cyclone, que j'ai lu comme en apnée...et l'année dernière, j'ai adoré détester son insupportable héroïne de La vie secrète de Violet Grant, Vivian, qui, au fil des pages, s'avère être bien plus qu'une Blair Waldorf des années 60... Alors, il était évident que je lirai la suite de La vie secrète..., avec Les Lumières de Cape Cod...et...on est d'accord, non ? Cette couverture est vraiment jolie ! 

    Résumé : Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c'est d'abord les courriers menaçants d'un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c'est tout le passé de Tiny qui ressurgit. Un passé bien moins lisse qu'il n'y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l'écho, s'il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle...
    Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

    Peut-être une lecture d'été, une lecture légère...pour l'instant, je ne sais pas encore quand je vais lire ce bouquin mais il est sûr qu'il me rend curieuse. 

    Couverture Le souffle des feuilles et des promesses

    • Le souffle des feuilles et des promesses, Sarah McCoy, Editions Pocket, 2018, 384 pages

    Sarah McCoy est une auteure que j'aime suivre depuis Un goût de cannelle et d'espoir. J'essaie donc d'ajouter petit à petit tous ses romans à ma PAL pour les découvrir tranquillement. 

    Résumé : Hallie Erminie, issue d'une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère qui adore écrire. À New York, où elle s'est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l'être. Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de XIXe siècle, et s'attachent l'un à l'autre sans oser se l'avouer. Malheureusement, quand Post part pour l'Alaska du jour au lendemain, la possibilité d'une histoire d'amour s'évanouit.
    Commence alors un chassé-croisé qui durera une dizaine d'années, des États-Unis à l'Italie en passant par l'Angleterre ou la France. Tandis que Hallie Erminie rencontre le succès grâce à ses livres, Post Wheeler se destine finalement à une carrière politique. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens grandissent mais le destin semble peu enclin à les réunir. Oseront-ils s'avouer leur amour ?

    Le résumé m'évoque un récit plein de souffle et de voyage, une histoire bien ficelée autour de secrets savamment distillés comme sait si bien le faire l'auteure...Voilà une lecture qui me ravit d'avance, en espérant bien sûr ne pas être déçue. 


    4 commentaires
  • « A force de trop sentir, on ne sent plus rien. »

     

     

     

     

       Publié en 1999

      Editions JC Lattès

      240 pages 

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    C'était la princesse la plus titrée et la plus fortunée d'Europe. Petite-fille d'Henri IV, fille de Gaston d'Orléans, cousine de Louis XIV, Anne-Louise duchesse de Montpensier avait à ses pieds les splendeurs du monde entier. 
    Et pourtant...
    Elle voulut tout. Elle voulut trop. Gagner l'estime de son père, le cœur de son roi ou l'amour d'un grand prince. Pendant la Fronde, elle prit parti contre Mazarin, s'empara -telle Jeanne d'Arc- d'Orléans, fit tonner les canons de la Bastille. Mais tant de passion et d'énergie finirent par se retourner contre elle. On ne lui pardonna pas ses exploits. Elle aime au point d'effrayer ceux qu'elle aimait. On l'exile et lorsqu'elle s'éprit follement d'Antoine de Lauzun, on lui refusa ce dernier bonheur. 

    Alors, avec rage, elle prit la plume et rédigea ses Mémoires pour dessiner avec brio et mordant une chronique de ce grand siècle aux contrastes si violents. 

    C'est autour de cette femme, à partir de ces Ecrits, que Jacqueline Duchêne a construit son roman : un destin extraordinairement flamboyant qu'elle fait vivre en reconstituant avec précision les mœurs et les coutumes de l'époque. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    On l'appelle Mademoiselle ou encore, la Grande Mademoiselle, surnom sous lequel l'Histoire l'a retenue. Elle, c'est Anne-Marie-Louise d'Orléans, la fille aînée de Gaston d'Orléans et de la richissime Marie de Bourbon, sa première épouse, duchesse de Montpensier, héritière d'une fortune fabuleuse qu'elle léguera à son unique fille.
    Mademoiselle est la fille de Monsieur, frère du roi. Orpheline de mère dès la naissance puisque Marie de Bourbon meurt en couches, elle passera ses premières années dans le giron de Louis XIII et Anne d'Autriche, ses oncle et tante : encore stérile et se désolant d'avoir des enfants à lui, le couple royal entoure d'affection la petite fille délaissée par un père trop occupé à comploter et qui, bientôt, lui préférera sa seconde épouse, une princesse étrangère de Lorraine et les filles que celle-ci lui donnera.
    Unique cousine germaine de Louis XIV du côté français, Anne-Marie-Louise a onze ans de plus que lui. Connue pour avoir été Frondeuse, à l'instar de sa cousine Madame de Longueville ou du frère de cette dernière, le prince de Condé, ses faits d'armes sont encore racontés aujourd'hui et sont dignes d'Alexandre Dumas : elle a fait ouvrir les portes de la ville d'Orléans, telle une Jeanne d'Arc moderne. Puis, en pleine Fronde des princes, devançant son père, éternel indécis, elle s'est portée à la Bastille d'où elle a fait tirer les canons sur les troupes royales pour protéger celles de Condé.
    Mais ce qu'on sait moins, c'est qu'Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, fut une éternelle malheureuse. Déceptions et désillusions émaillent une vie riche tout en étant pauvre et qui s'éteint définitivement en 1693, dans l'amertume de ne s'être jamais mariée et d'avoir été manipulée. Bercée pendant ses jeunes années par l'idée d'épouser un jour le petit Louis, né en 1638, elle doit céder sa place à une infante inconnue (une autre cousine), pour sceller la paix avec l'Espagne. Prenant fait et cause avec les frondeurs, contre Mazarin, elle se met à dos la reine Anne d'Autriche et connaîtra même un long exil loin de la Cour, à Saint-Fargeau en Bourgogne. Manipulée, aimée et respectée pour sa fortune et les largesses qu'elle est susceptible de dispenser, courtisée par de bons partis qui finiront tous par se dérober, à commencer par son cousin le roi Charles II d'Angleterre, Mademoiselle tombe amoureuse sur le tard d'un cadet gascon laid mais roué et au charisme certain, faisant tomber toutes les femmes dans ses rets : cet homme, c'est Lauzun, qui la traitera aussi mal qu'elle l'aimera. Entichée de lui au point de demander à son cousin le roi Louis XIV l'autorisation de se marier avec lui -autorisation qui lui sera accordée puis retirée-, elle verra avec désespoir son amant partir pour la forteresse de Pignerol puis différentes prisons dont il ne sortira que pour la maltraiter, lui reprochant avec ingratitude de n'avoir jamais rien fait pour lui.
    Le destin de Mademoiselle est grandiloquent, romanesque et, en même temps, infiniment triste et solitaire. Trop riche pour trouver un parti à sa mesure et pour pouvoir se marier selon son cœur, la fille aînée de Gaston d'Orléans chemine dans la vie comme une Amazone : on en garde l'image d'une vieille fille un peu flétrie et aigrie par une vie qui ne lui a pas fait de cadeaux. Une femme un peu hors normes, en dehors des codes de son époque où une princesse devait se marier.
    Née à la fin des années 1627, morte presque à l'aube du XVIIIème siècle, sans mari, sans enfants, dépouillée de son héritage par la rapacité de Mme de Montespan, qui manœuvrera habilement pour que l'argent et les terres de la cousine riche revienne à son fils préféré, le duc du Maine, elle verra le petit Louis, chassé de Paris par les frondeurs, devenir le puissant roi de gloire que l'on connaît encore, mettant à genoux sa noblesse et la tenant en coupe réglée. Mademoiselle n'en restera pas moins rebelle dans l'âme : son combat pour imposer l'homme qu'elle aimait, peu importe son rang, en est bien la preuve.
    Encore une fois, Jacqueline Duchêne brosse le portrait d'une grande figure du Grand Siècle. Après Madame l'Etrangère, consacré à la Palatine, seconde épouse du frère de Louis XIV, Philippe et La Dame de Vaugirard, qui a pour héroïne la fameuse Madame de La Fayette ainsi que La Femme du Roi-Soleil, dédié à Marie-Thérèse d'Autriche, voilà que la romancière et historienne s'intéresse à un autre personnage féminin qui a marqué son temps pour bien des raisons.

    Portrait d'Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, dite Mademoiselle, par Louis Ferdinand Elle l'Aîné (XVIIème siècle)


    J'ai toujours eu une certaine affection pour cette Grande Mademoiselle que l'Histoire se plaît volontiers à égratigner. Parce qu'elle est femme ? Peut-être. Parce qu'elle est rebelle et ne rentre dans aucun moule ? Certainement aussi. Anne-Marie-Louise d'Orléans est une femme à part, ni un modèle, ni une antithèse non plus. Son destin fait sens au XVIIème siècle et, en même temps, elle est étonnamment moderne. Pour moi, on est injuste avec cette femme pour qui sa trop grande fortune sera la croix de toute une vie, la coupant de ses contemporains. Suscitant la jalousie et la convoitise, on s'émeut du fait que cette adolescente, puis jeune femme, délaissée par un père versatile et irrésolu puis par une tante déçue, ne trouvera jamais nulle part aucun réconfort. Aimée et trahie, donnant avec largesse et naïveté ce qu'on lui extorque en fait avec la pire des perfidies...devant nous se déroule le portrait d'une femme qui cherchera toute sa vie une reconnaissance sincère, une reconnaissance humaine, en dehors des titres, de l'argent, du rang. Son amour flamboyant pour Lauzun qui la met plus bas que terre, elle, la petite-fille d'Henri IV, en est bien la preuve pitoyable. On a envie de la prendre dans nos bras, cette Anne-Marie-Louise d'Orléans, tellement naïve à force de vouloir casser un peu la solitude terrible dans laquelle elle vit et qui, elle le sait à mesure que les années passent, sera irrémédiable.
    Par certains aspects, le destin de Mademoiselle est aussi grandiose que pathétique et l'historienne Jacqueline Duchêne décrit bien cela dans son roman. En ne laissant jamais la grande Histoire de côté, elle fait la part belle, cela dit, à l'histoire personnelle. Ces femmes qui ont eu, par la naissance ou par le mariage, parfois par les deux, des destinées fabuleuses n'en sont pas moins des êtres humains comme les autres, avec des joies, des peines, des qualités et des défauts. Mademoiselle, au-delà de sa naissance, n'eut pas une belle vie et ne fut jamais heureuse, preuve, s'il en est, que l'argent ne fait pas le bonheur.
    Le XVIIème siècle de Louis XIV ne fut pas tendre pour les femmes : la reine Marie-Thérèse ne fut jamais qu'une ombre pâle dans le sillage de son soleil de mari, Mademoiselle fut sacrifiée à la raison d'Etat et à la gloire de son cousin germain préparant d'une main de maître un règne qui resterait dans les annales comme l'un des plus fantastiques, voire le plus fantastique de l'Histoire de France. Il sacrifia aussi ses filles, ses brus, à sa propre grandeur. Mademoiselle ne fut pas la dernière, ni la première. Il n'empêche que son destin émouvant et que cette femme qui toute sa vie ne chercha qu'à se faire aimer est touchante. Elle nous parle au-delà des siècles parce que, au fond, ses aspirations ne sont-elles pas les nôtres aussi ?

    En Bref :

    Les + : en alliant politique, Histoire et histoire personnelle, Jacqueline Duchêne dresse le portrait nuancé d'une princesse à la personnalité complexe et hors normes. 
    Les - : 
    Aucun ! C'est toujours aussi passionnant. 


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  • « Je ne me vois pas m'établir ici. Ce qui est un refuge à vos yeux est une prison aux miens. »

    Couverture L'Héritage de Cassandra

     

     

        Publié en 2011 en Angleterre 

       En 2020 en France (pour la présente édition)

       Titre original : Destiny's path

       Editions de l'Archipel

       369 pages 

       Troisième tome de la saga Swan River

     

     

     

    Résumé :

    1866. Dans l'arrière-pays australien où il n'a pas plu depuis des mois, Maia et Xanthe Blake, 27 ans, les deux soeurs cadettes de Cassandra, abordent un tournant de leur vie. 

    Maia, gouvernante dans une propriété, est amoureuse de son patron. Mais ce dernier est marié...Xanthe, de son côté, n'a qu'une idée : voyager et retrouver son Lancashire natal. 

    Les jumelles, qui ont toujours vécu ensemble, parviendront-elles à prendre la bonne décision ? Quitte à accepter d'être séparées ? A moins que l'arrivée d'un inconnu ne chamboule leurs projets...

    Le destin, parfois, peut vous transporter bien au-delà de vos rêves. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Avec ce troisième tome, qui est comme un retour aux sources et la promesse, pour les quatre sœurs, d'être un jour prochain réunies, Anna Jacobs clôture sa première saga australienne, Swan River, de laquelle découle Swan Hill (le premier tome, Les Pionniers, a été publié en juin aux éditions de l'Archipel).
    Après avoir été obligées de quitter l'Angleterre, poursuivies par la haine aveugle de leur tante, Cassandra, Pandora, Xanthe et Maia Blake y ont tant bien que mal trouvé leur place...tandis que Cassandra y a fondé une famille et que Maia est tombée amoureuse de son patron, Conn Largan, un Irlandais déporté en Australie sur de fausses accusations, Pandora, elle, a de plus en plus ressenti le mal du pays au point de vouloir revenir en Angleterre en laissant ses soeurs derrière elles. Et, en ce milieu des années 1860, Xanthe, la jumelle de Maia, a elle aussi de revoir l'Angleterre et de voyager même si, à cette époque-là, c'est plutôt compliqué pour une femme seule.
    Les jumelles, qui n'ont jamais été séparées, vont devoir pour la première fois, envisager de faire leur vie loin l'une de l'autre. Maia, très amoureuse de Conn et espérant qu'un jour il pourra se délier d'un premier mariage malheureux, ne souhaite pas quitter l'Australie, où elle a trouvé un semblant d'équilibre. Déchirée, elle ne peut cependant retenir sa jumelle qui, elle, souhaite voir le monde et surtout, revenir au moins une fois dans leur Lancashire natal.
    Entre l'outback australien, l'horizon bardé d'usines du Lancashire industriel et les prairies verdoyantes de l'Irlande, Anna Jacobs nous entraîne dans une fin de saga tourbillonnante, menée tambour battant. Les soeurs Blake se trouvent à un tournant de leur vie, à un moment où il faut faire des choix, où, parfois, ce que l'on veut ne correspond pas forcément à ce que veulent les autres. Xanthe et Maia, pour la première fois de leur vie, aspirent à des existences différentes et vont devoir faire avec, même si la séparation est compliquée et douloureuse. Cassandra voit partir une autre de ses soeurs, sans savoir quand elle la reverra, tandis que Pandora, la seule des soeurs Blake établie en Angleterre, se réjouit de voir revenir Xanthe. Et qu'en est-il de cette dernière, si désireuse de voir le monde mais se confrontant à des conditions de voyage éprouvantes et à la convoitise des hommes pour une femme voyageant seule ?
    Finalement, Anna Jacobs aborde dans ce troisième tome pas mal de sujets : la gémellité et la difficile séparation des frères ou sœurs jumeaux qui parfois doivent prendre leur liberté dans la douleur, l'amour plus fort que tout et même plus que les liens du mariage, le choix cornélien de devoir laisser ce que l'on aime derrière soi pour faire sa vie et suivre ses rêves, l'amour plus que fort que les convictions aussi, parfois.
    Après avoir été déçue par le premier tome de la saga qui fait suite à Swan River (Les Pionniers, premier tome d'une série en cinq tomes intitulée Swan Hill), j'avoue que j'avais un peu peur de me plonger dans L'Héritage de Cassandra, même si j'avais apprécié les deux premiers tomes malgré leurs (quelques petites) faiblesses. Et au final, j'ai retrouvé avec plaisir les sœurs Blake et la pléiade de personnages secondaires découvert tout au long de cette trilogie. Autant je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages dans Les Pionniers, autant ici, j'ai retrouvé l'authenticité et la sincérité de certains, la fraîcheur ou la gravité des autres. L'intrigue des Pionniers était aussi ultra prévisible et finalement pas hyper captivante alors qu'ici, ce ne fut pas le cas. A mon grand soulagement, je dois dire. Cette saga qui m'a fait découvrir Anna Jacobs se termine aussi bien qu'elle avait commencé. Parfois, c'est peut-être un petit peu trop romanesque mais après tout, nous sommes dans un roman, donc ce n'est pas bien grave. Franchement, je n'ai que peu de choses à reprocher à ce roman et je suis ravie de terminer sur cette note positive et porteuse d'espoir. Vu que le saga aura une suite, même si elle ne sera pas basée sur les soeurs Blake, on sait qu'on ne les quitte pas vraiment et j'espère d'ailleurs les retrouver à l'occasion. En espérant surtout que la suite de Swan Hill me plaise un peu plus que Les Pionniers, vraiment trop inégal pour avoir su me convaincre. 

    En Bref :

    Les + : un troisième tome tourbillonnant, virevoltant comme Xanthe, qui est la vraie héroïne de ce roman. Une fin de saga bien menée et une magnifique couverture, ce qui ne gâche rien.
    Les - :
    quelques petites faiblesses, quelques rebondissements un peu trop romanesques à mon goût mais sinon rien de grave.


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  • « Tu dois t'endurcir si tu veux aller loin, Marco Polo. Car le chemin est long et effrayant. Pense au lendemain, cela t'aidera. A chaque matin suffit son aube. »

    Couverture Marco Polo, tome 1 : La caravane de Venise

     

     

         Publié en 2001

      Editions 1 (Edition°1)

      415 pages 

      Premier tome de la saga Marco Polo

     

     

     

     

     

    Résumé :

     1271. Marco Polo n'a que dix-sept ans lorsqu'il quitte Venise avec son père et son oncle pour rejoindre la cour de Khoubilaï, petit-fils de Gengis Khan et héritier de l'immense Empire mongol qui s'étend de la Russie à l'océan Pacifique. 

    A une époque où il faut près d'une année pour traverser l'Asie, la Route de la Soie est celle de tous les dangers. Quinze mille kilomètres séparent la toute puissante cité des Doges de la mystérieuse Pékin. Quinze mille kilomètres de déserts brûlants ou glacés, à travers les cols vertigineux de l'Himalaya. Pour survivre, Marco Polo est prêt à braver la fureur des éléments. Émissaire du pape Grégoire X, messager secret de l'ilkhan Abaga, il devra déjouer les pièges des hommes, brigands, guerriers ou espions, afin de poursuivre son rêve. Dans les bras d'une esclave aux yeux d'amande, il découvre l'amour. Et quand la caravane de Venise arrive devant le Grand Khan, l'adolescent fougueux est devenu un homme et, sans le savoir, le plus célèbre des aventuriers. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Au début des années 1270 à Venise, le jeune Marco est un adolescent comme les autres. Amoureux de la belle et capricieuse Donatella, il vit seul avec sa mère qui attend désespérément le retour de son époux, parti huit ans plus tôt pour l'Orient et d'où il n'est jamais revenu.
    À la mort de cette dernière, Marco est embauché par son oncle paternel et doit se satisfaire d'un travail modeste au port. Mais, le jour où Niccolo Polo revient enfin à Venise, alors qu'on ne l'y attendait plus, les bras chargés des splendeurs de l'Orient, emmenant dans son sillage des esclaves aux délicats yeux bridés comme Marco n'en a jamais vu, celui-ci n'a alors plus qu'une envie : voyager à son tour et découvrir cette route, pas exempte de dangers (« Là-bas, tout se ligue pour te faire renoncer. Là-bas, tu ne peux même pas accroire ce que tu vois. Attends-toi au pire, tu seras encore en deçà. »), qui emmènent les Occidentaux jusqu'aux merveilles de Khanbaliq, la capitale du Grand Khan Kubilaï. Cette route, c'est la fameuse route de la soie, si fascinante encore aujourd'hui et qui serpente, sur plusieurs milliers de kilomètres, entre l'Europe et la Chine, au milieu de paysages spectaculaires habités par des peuplades aux physiques aussi surprenants que leurs coutumes.
    La Caravane de Venise est le premier tome consacré à Marco Polo et ses fameux voyages. Et qu'importe si, aujourd'hui, bon nombre d'historiens remettent en cause les descriptions que l'on peut lire dans Le livre des Merveilles et de façon générale, la véracité des voyages de Polo en Asie, au milieu du XIIIème siècle. Le débat n'est pas tranché et nous ne pouvons dire aujourd'hui avec certitude si Marco Polo, marchand et explorateur vénitien, a bien voyagé jusqu'en Chine où il se serait mis au service du Grand Khan pendant plusieurs années avant de revenir à Venise, près de vingt-cinq ans plus tard. Le Devisement du Monde aussi appelé Livre des Merveilles est-il une pure invention ou une relation détaillée d'un voyage ayant bien eu lieu ? Aujourd'hui rien ne nous permet d'affirmer clairement l'un ou l'autre.
    Toujours est-il que ce fameux voyage, au cœur d'un Moyen Âge que l'on imagine volontiers sédentaire (ce qui n'est pas forcément le cas), a de quoi fasciner. Encore aujourd'hui on reste sans voix devant les splendeurs traversées par la route de la soie, qu'elles aient été érigées par la main de l'homme comme Samarcande ou bien qu'elles soient naturelles, comme les vallées du Tigre et de l'Euphrate, les sommets spectaculaires de l'Hindou Kouch, les déserts inhospitaliers à l'entrée de la Chine... La mondialisation nous permet de connaître ces régions, ne serait-ce que par des photos ou des reportages télévisés. On ne peut s'empêcher toutefois d'en ressentir le grand pouvoir dépaysant, le grand pouvoir de fascination qu'elles dégagent encore aujourd'hui. On ne peut alors qu'imaginer ce que pouvaient représenter ces régions du globe pour un voyageur du Moyen Âge dont l'horizon s'était arrêté, jusque là, aux limites de la lagune vénitienne. Certainement pour Marco Polo, adolescent d'une quinzaine d'années qui découvre la Terre Sainte puis le Moyen-Orient jusqu'aux steppes chinoises, ce fut comme découvrir un nouveau monde, une autre planète.

    L'arrivée à Boukhara, enluminure médiévale illustrant Le livre des voyages de Marco Polo (XVème siècle)


    Ce roman est dépaysant au possible. En nous plaçant dans les pas de ces explorateurs médiévaux, à qui se dévoilent les secrets de régions enclavées et discrètes, Muriel Romana nous fait découvrir le monde à travers leurs yeux. C'est donc doublement exotique que d'imaginer la surprise d'un jeune homme ayant toujours côtoyé des personnes à la peau claire et aux grands yeux découvrir des hommes et des femmes à la peau mate et aux yeux bridés, adorant d'autres dieux que lui et vivant différemment. C'est exotique et intéressant de suivre les pérégrinations d'un jeune chrétien en terre musulmane... Oui, réellement, on a le sentiment de découvrir un monde nouveau comme si on voyageait sur la Lune ou dans l'espace.
    Grâce à de solides recherches et des descriptions précises, servies par une superbe plume qui sait se faire poétique comme incisive, Muriel Romana signe un roman excellent et que j'ai pris un grand plaisir à découvrir. J'avais déjà beaucoup aimé La Sultane andalouse pour son haut potentiel dépaysant. Ici, j'en ai eu mille fois plus !!! J'ai voyagé dans le temps et dans des régions que je me plaisais à découvrir en même temps que les héros du roman, Marco, son père et son oncle, Niccolo et Matteo en tête.
    On suit littéralement le voyage initiatique d'un jeune homme qui devient un adulte, en découvrant le monde, la nature humaine et l'amour. Personnage intelligent et perspicace mais toujours en quête de l'aval et du regard paternels, Marco est un personnage attachant. J'ai apprécié aussi celui de Noor-Zade, l'esclave ouïgoure qui représente l'arrachement, le déracinement et l'espoir sans cesse vivace de revenir un jour chez soi.
    Ce roman a été une magnifique surprise dans la mesure où je ne m'attendais pas à aimer autant ! J'ai été happée, totalement : par les personnages, par l'intrigue, par les lieux décrits. Tout y est ! Voilà un roman comme je les aime, mêlant fiction et réalité, pour finalement créer une intrigue romanesque qui, je me plais à le croire, doit fortement ressembler à la réalité.
    Un conseil, si vous aimez les romans historiques, lancez-vous : des terres arides du Moyen-Orient jusqu'aux terres opulentes du Grand Khan, vous voyagerez dans des splendeurs oubliées, dans des senteurs d'épices et de neige.
    J'ai d'ores et déjà remonté tout en haut de ma pile a lire les deux autres tomes de la saga, que je vais garder un peu toutefois histoire de faire durer le plaisir de lecture !!! 

     

    La chasse au porc-épic dans la ville de Cassem, illustration du Livre des Merveilles

    En Bref :

    Les + : pour moi, il n'y a rien à dire, tout y est. Ce roman historique, assis sur des recherches solides, est excellent et en plus, très bien écrit. Que demander de plus ? 
    Les - :
    j'ai relevé deux ou trois coquilles d'impression ici ou là, mais franchement, au regard du fond, ce n'est qu'un désagrément mineur !

     

    Les soeurs Brontë : la Force d'Exister ; Laura El Makki

    Thème d'août, « Road Trip », 8/12

     


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  • « La fille aux cheveux noirs se retourna et capta mon regard. Elle me sourit et mon ventre se noua. Quelque chose sembla passer entre nous, un transformation subtile de l'air. Cette manière directe, impénitente, de soutenir mon regard. »

    Couverture The girls

     

     

         Publié en 2016 aux Etats-Unis

      En 2017 en France (pour la présente édition)

      Titre original : The Girls

      Editions 10/18

      360 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Lorsqu'elle se dispute avec sa seule amie, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Séduite par l'aînée, Suzanne, elle se laisse entraîner dans une secte au leader charismatique, Russell. Leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'intégrer. Son obsession pour Suzanne grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche d'une violence impensable.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Durant l'été 1969, la jeune Evie Boyd se brouille avec son amie d'enfance, Connie. Solitaire, délaissée par sa mère, Evie rencontre un jour dans le parc trois jeunes femmes un peu plus âgées qu'elle et au magnétisme certain : surtout Suzanne, qui semble être la leader et attire singulièrement l'attention d'Evie.
    Le jour où Suzanne s'intéresse à elle et lui accorde un peu de place dans sa vie, lui faisant découvrir son lieu de vie, une communauté installée dans un vieux ranch en plein cœur des collines californiennes, Evie semble revivre et se révéler. Loin de son existence d'adolescente un peu seule, sans amis, elle découvre le mode de vie de ces hippies fascinants, se contentant de peu, drogués à la marijuana et au speed, à la vie sexuelle libérée et surtout, soudés autour d'une figure tutélaire, Russell, qui est en fait un gourou, ni plus ni moins et exerce une influence subtile mais néfaste sur sa communauté, la rendant dépendante de lui. Une influence telle qu'à force de paroles lénifiantes et de propos contestataires fustigeant la société américaine de cette fin des années 1960, la guerre au Vietnam etc... il parviendra à armer leurs bras et à leur faire commettre le pire...l'été se termine dans le pire des marasmes pour Evie, soudain mise brutalement face à la vraie personnalité de ceux qu'elle avait pris pour des amis, des frères et des soeurs.
    Plusieurs années plus tard, c'est une Evie devenue adulte qui raconte, qui se raconte. Hantée par les souvenirs de l'été de ses quatorze ans, elle a vécu toute sa vie avec l'ombre planante de la communauté à côté d'elle et celle de Suzanne, dont elle n'a jamais vraiment réussi à se défaire. Suzanne qu'elle n'a jamais revue mais qui continue d'exercer, de loin, à travers des lambeaux de souvenir, une influence sur Evie qui, à plus de cinquante ans, mène une vie peu satisfaisante, habitée par l'idée lancinante que, s'il n'a pas participé à l'horreur dont vont se rendre coupables les filles de la communauté, elle aurait pu. Elle aurait pu le faire et ce sentiment obsédant a fini par conditionner toute sa vie...
    En lisant The Girls, difficile de ne pas penser à ces meurtres qui se sont réellement produits au mois d'août 1969, en Californie. Difficile de ne pas penser à l'actrice Sharon Tate, âgée de vingt-six ans, alors jeune épouse de Roman Polanski et enceinte de leur premier enfant, qui sera assassinée dans sa maison d'Hollywood, le 9 août, Sharon Tate qui sera assassinée par une certaine...Susan Atkins. Difficile aussi de ne pas sentir l'ombre glaçante de Charles Manson et de sa secte, La Famille, en lisant ce roman. En tout cas, j'y ai pensé tout au long de ma lecture et je pense que c'est, évidemment, l'une des inspirations claires d'Emma Cline. La ressemblance n'est pas fortuite, c'est sûr.
    J'ai lu ce roman comme en apnée, en retenant mon souffle, la gorge souvent serrée par une angoisse latente, le ventre noué. En soi, il n'y a pas vraiment de suspense dans ce roman, on sait forcément ce qui va arriver...et pourtant on redoute, tout au long de la montée en puissance du récit, son point d'orgue. On redoute ce que l'on va lire, peut-être parce que, même si The Girls est une oeuvre de fiction, elle évoque une véritable affaire qui épouvante le Hollywood de la fin des années 1960.
    A part ça, Emma Cline décrit finement les mécanismes du sectarisme et le cercle vicieux insidieux qui se met en place. Surtout, elle démontre bien que chacun peut, un jour, être la victime d'une telle communauté. Evie, jeune fille de quatorze ans fragilisée par une brouille violente avec sa seule amie, délaissée par des parents qui se débattent chacun dans une vie sentimentale un peu compliquée, livrée à elle-même, tombe sous la coupe de Suzanne et de Russell, suffisamment manipulateurs et intelligents pour la faire se sentir à part, pour la faire se sentir confiante en elle-même, différente, unique. Parce qu'elle se sent vue, regardée, aimée aussi d'une certaine manière et surtout, estimée pour ce qu'elle est, Evie tombe toute entière dans le piège. Dans cette communauté qui prône des valeurs bien différentes de celles dans lesquelles elle a été élevée, Evie apprend à être quelqu'un, à se sentir révélée sous un regard positif et orienté, forcément appréciateur, elle apprend le désir sexuel et l'amour charnel mais surtout, elle apprend la soumission, l'impression de décider de sa vie quand on vous dicte en fait subtilement ce que vous voulez que vous fassiez. Elle devient un pion, un être malléable et manipulable à souhait, comme les autres membres de la communauté.
    The Girls nous fait découvrir la phase plus sombre du mouvement hippie, qui s'est développé à la fin des années 1960, en réaction au puritanisme, à la surconsommation des Trente Glorieuses et au capitalisme galopant, à la guerre du Vietnam qui renvoie chez eux de jeunes Américains meurtris et choqués à vie, tant physiquement que psychologiquement...si la non-violence a été prônée par beaucoup d'entre eux, on se rend compte que malheureusement, certains ont basculé dans la plus noire des barbaries, sans même s'en rendre compte, juste pour satisfaire un gourou qui, un jour, leur avait fait seulement sentir toute la puissance de leur être, son caractère unique et, par conséquent, sacré.
    Je pense que toute la puissance de ce roman réside dans le fait que ce n'est pas entièrement une oeuvre de fiction, comme je le disais plus haut. Je pense aussi qu'il est dérangeant pour cela. Ce roman est glaçant et savoir que les faits qu'Emma Cline décrit ont réellement eu lieu fait froid dans le dos.
    Pour autant, notamment pour la richesse de la plume de l'auteure, pour le récit aussi, qui est de qualité, quoique effroyable, ce roman est à lire. Il secoue, il vous assène un véritable coup de poing en pleine face, assurément, vous n'en sortirez pas indemne ! Vous prendrez aussi le risque de garder le récit longtemps en mémoire...je suis en train de lire un autre roman et, pourtant, l'intrigue de The Girls me tourne encore dans la tête. Je pense que je ne vais pas oublier de sitôt Evie Boyd et Suzanne Parker.

    En Bref :

    Les + : un récit qui accroche, qui percute, servi par une plume au style riche. L'intrigue de The Girls est d'autant plus glaçante qu'elle s'inspire de faits réels...
    Les - : Aucun, pour moi.


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