• « On ne doit combattre avec honneur que contre des ennemis honorables. »

    La Dame sans Terre, Intégrale ; Andrea H. Japp

    Publié en 2009

    Editions Le Livre de Poche (collection Majuscules) 

    1076 pages

    Comprend : Les chemins de la bête ; Le souffle de la rose ; Le Sang de grâce ; Le Combat des ombres

     

     

    Résumé :

    1304. La France est déchirée par les luttes de pouvoir opposant le roi Philippe le Bel, l'Eglise et le très puissant ordre des Templiers. La Belle Agnès de Souarcy, jeune veuve d'un seigneur du Perche, suscite des convoitises, car elle possède la noblesse et la beauté des anges.

    Autour de cette héroïne au caractère bien trempé gravitent un espion de l'ordre des Hospitaliers, un banquier qui a jadis vendu des croisés aux Sarrasins, des traîtres abjects, des assassins, des inquisiteurs, un tueur en série. Très vite, Agnès voit son destin basculer sans comprendre à quel point il est lié à ceux du royaume et de la chrétienté...

    Cette saga historique servie par une intrigue démoniaque réunit les quatre volumes de la série La Dame sans Terre, qui a déjà passionné plusieurs dizaines de milliers de lecteurs. 

    Ma Note : ★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Il y'a longtemps que je veux découvrir Andrea H. Japp mais j'hésitais. D'une part parce que j'avais lu des chroniques plutôt mitigées et, d'autre part, parce que j'avais l'impression que son univers, bien que très marqué par l'historique, était assez noir et assez violent et cela me freinait un peu, même si les résumés de ses romans m'attiraient et me donnaient envie de les découvrir.
    Finalement, j'ai acheté il y'a peu l'intégrale de sa saga La Dame sans Terre, qui en comprend les quatre tomes. Si je devais résumer cette première expérience après avoir tout juste refermé le livre, je dirais que j'ai été très agréablement surprise. Oui oui...malgré l'aspect très trhiller, très noir, voir poisseux, de la saga, je me suis vite laissée entraîner dans cet univers très particulier et je n'avais plus qu'une envie : tourner les pages, avancer, avancer pour enfin comprendre...
    Nous sommes en 1304, au début du XIVème siècle, Philippe le Bel règne alors sur la France. Quelque part en Normandie, vit une jeune femme, Agnès de Souarcy, qui va devenir notre héroïne. Dix ans plus tôt, pendant un terrible hiver durant lequel elle avait perdu son époux, la jeune Agnès, alors âgée de seize ans et demi, ne voyant pas d'autre issue que le suicide, tente de mettre fin à ses jours avant d'être sauvée in extremis par sa nourrice. A vingt six ans, alors que la vie semble sourire de nouveau à la jeune dame de Souarcy, voilà que des démons millénaires vont la rattraper, elle, et l'entraîner dans un désagréable tourbillon fait de meurtres, d'empoisonnements, de quêtes prophétiques...Agnès se rend alors compte qu'elle pourrait être le maillon d'une chaîne immémoriale mais que, plutôt que de la distinguer, cette singularité la met  particulièrement en danger.
    Polar délicieusement poisseux dans lequel se croisent des chevaliers hospitaliers ou templiers, des conseillers obscurs, des papes sans scrupules, des traîtres, des enherbeurs, d'ensorcelantes mais bien vénales vipères, des moniales déterminées, un roi presque absolu, La Dame sans Terre m'a surprise de part la teneur de son intrigue. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'enquête policière mêlée d'une quête plus spirituelle et scientifique. On sent que l'auteure a bossé son sujet et y a longuement réfléchi avant de commencer la rédaction de cette saga. L'intrigue se noue, s'emmêle, s'entremêle, nous perd, parfois, mais pour mieux nous retrouver et nous faire retomber sous nos pieds. Énormément de questionnements se bousculent dans notre esprit à mesure que l'on découvre les romans...Volontairement complexe, le récit de La Dame Sans Terre n'en est pas moins particulièrement captivant et je suis passée non loin du coup de cœur. Non loin, car je m'attendais à recevoir des réponses à mes questions à la fin, mais elles ne sont pas venues.  Je pourrais reprocher aussi le côté manichéen du bouquin, le Bien triomphant irrémédiablement du Mal à la fin -ce qui est quand même un peu bateau. Si les méchants sont sévèrement châtiés à la fin, malheureusement, aucun aboutissement à la quête ne survient -ce qui, en soi, n'est pas catastrophique non plus- mais surtout, des questions que l'on avait pu être amené à formuler durant la lecture restent sans réponse aucune et je me suis donc sentie un peu frustrée en refermant le bouquin. Tant pis,  cette absence de réponses confère aux romans une aura mystérieuse qui leur va bien !  Ceci dit, j'ai quand même passé un très bon et je ne regrette pas cette première incursion dans le monde très particulier d'Andrea H. Japp et c'est avec un grand plaisir que je découvrirais ses autres sagas...j'ai beaucoup aimé les personnages (un petit coup de cœur pour Artus d'Authon et le chevalier Francesco de Leone, deux personnages différents mais aux destins intéressant et au charisme certain oops ) et la plume de l'auteur, ce qui me pousse à m'intéresser plus avant à son univers unique. 
    La Dame sans Terre m'a un peu fait penser, par moments, au Nom de la Rose, d'Eco et j'en ressors tout aussi enthousiasmée, malgré le petit -tout petit- bémol soulevé plus haut. ^^ 

     

    En Bref : 

    Les + : une intrigue enlevée, bien menée, sombre et poisseuse mais qui entraîne aussitôt le lecteur dans son univers.
    Les - : 
    dommage que l'issue de la série ne réponde pas à toutes les questions que l'on se pose durant la lecture.

     

     


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  • «Qui aime le sait. Qui n'aime pas ne le sait pas. Celui-là, je le plains et n'ai rien à lui dire.» 

    Appelez la Sage-Femme ; Jennifer Worth

     

    Publié en 2008 en Angleterre ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Titre original : Call the Midwife

    Editions Albin Michel

    464 pages

     

     

    Résumé :

    Rien ne prédestinait Jennifer Worth à devenir sage-femme dans les quartiers miséreux des Docklands. Quand à vingt-deux ans elle rejoint les sœurs de Nonnatus House, une maternité qui vient en aide aux plus pauvres, elle s'apprête à vivre l'expérience de sa vie...

    A la fois bouleversant et bourré d'optimisme, aussi captivant qu'un roman, cet inoubliable témoignage a inspiré la série désormais culte, Call the Midwife

    Ma Note :  ★★★★★★★★★★ 

     Mon Avis :

    Beaucoup d'entre nous ont découvert le roman de Jennifer Worth par le biais de la série qui en a été adaptée en Angleterre, sous le titre Call the Midwife. Personnellement, j'ai découvert ce livre un peu par hasard mais le résumé m'a bien plu et je me suis dit « pourquoi pas » ? Le témoignage de cette femme qui fut sage-femme dans les quartiers pauvres de Londres après la guerre ne pouvait être qu'intéressant.
    Et, oui, en effet, ça l'est. Déjà, parce que le métier de sage-femme n'est finalement pas si connu que cela, même si on s'accorde à dire que c'est le plus beau du monde. Et ça l'est également de part l'époque qui est traitée...Jennifer Worth a vingt ans dans les années 1950 et la médecine et l'obstétrique ont encore de gros progrès à faire...la pilule contraceptive n'existe pas encore, les familles continuent d'être très nombreuses, surtout dans les couches défavorisées de la population qui n'ont pas accès aux moyens de contraception qui existaient à ce moment-là -on se rend compte d'ailleurs que les différences de conditions de vie et d'hygiène étaient encore très marquées à ce moment-là-, les antibiotiques n'en sont encore qu'à leurs débuts...l'auteure nous décrit également le cadre dans lequel elle exerce sa profession, l'East End de Londres, ces quartiers populaires et miséreux dans lesquels les conditions de vie des plus mal lotis n'ont certainement pas évolué depuis des lustres. Parfois, ce sont des réminiscences de Zola, de Dickens, de Gaskell, avec leurs romans populaires et industriels, que l'on retrouve dans la description des Docks par Jennifer Worth...et pourtant, cette femme, motivée et dévouée, n'exerçait pas il y'a cent-cinquante ans de ça mais à peine soixante...!

     

    Appelez la Sage-Femme ; Jennifer Worth

    La série Call the Midwife, adaptée du livre

     

    Plus que de simples Mémoires, Appelez la Sage-Femme est un véritable portrait d'une société très populaire et industrieuse mais chaleureuse et pleine de joie de vivre, dans laquelle l'arrivée d'un enfant est souvent un rayon de lumière...Jennifer Worth nous décrit également l'évolution de la profession, les conditions dans lesquelles les femmes, il n'y a pas encore si longtemps, étaient obligées de mettre au monde leurs enfants, faute de moyens médicaux et sanitaires suffisants. Il est parfois complètement aberrant de lire qu'au début du XXème siècle, la nécessité d'être encadrée, lors de la naissance, par du personnel qualifié, faisait débat...il est aberrant de voir comment, pendant des années, les médecins se sont ingéniés à mettre des bâtons dans les roues des sage-femmes parce qu'ils estimaient que la médecine était leur terrain de chasse gardée et qu'elles n'avaient absolument aucune légitimité...Mais, au-delà de ces considérations, Jennifer Worth nous livre aussi de beaux portraits, émouvants de par leur beauté, de par leur tragique, également, la pauvreté brisant des vies sans espoir de se voir réparées un jour...Poignant mais aussi plein d'optimisme, Appelez la Sage-Femme est un très beau livre, truffé d'humour mais aussi, quand il le faut, de gravité. On sent chez Jennifer Worth un profond attachement à ce métier qu'elle exerça dans sa jeunesse, auprès de gens qui n'avaient pas eu beaucoup de chance dans leur vie mais suffisamment d'ingéniosité pour en faire quelque chose. Un livre que je conseille.

     

    Appelez la Sage-Femme ; Jennifer Worth

    Les tenements de Londres, immeubles ouvriers encore habités dans les années 1950

     

    En Bref :

    Les + : un beau témoignage, émouvant et drôle, sur un beau métier.
    Les - : 
    Aucun.

     


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  • « Ces femmes de l'ombre, éclairées par la lumière de la puissance, ont toutes compté à travers cinq siècles de notre histoire. »

     

    La Saga des Favorites ; Jean des Cars

    Publié en 2013

    Editions Perrin

    451 pages

     

    Résumé : 

    Après le succès de La Saga des reines, Jean des Cars signe les étincelants portraits des favorites les plus célèbres. Proches du pouvoir, et l'exerçant parfois d'une manière clandestine, elles forment un galant cortège de femmes à qui de grands hommes doivent beaucoup.
    Qu’est-ce qu’une favorite ? Le mot, sans doute d’origine italienne, signifie qu’une femme « a les faveurs » d’une personne de haut rang. Elle ne se contente pas d’être une maîtresse, elle dispose de moyens, a une influence politique, économique ou artistique ; elle obtient des résultats, heureux ou calamiteux. Rien ne se fait ou se défait sans elle.

     

    Les égéries retenues par l'auteur ont toute joué un rôle en raison de leur emprise sur un monarque, prince-président, roi, empereur, qu'il soit marié, veuf ou célibataire : Agnès Sorel, Diane de Poitiers, Gabrielle d'Estrées, Louis de la Vallière, la marquise de Montespan, Mme de Maintenon, les soeurs de Nesle, la marquise de Pompadour, Mme du Barry, Zoé du Cayla, Lola Montez, Miss Howard, Katia Dolgorouki, Blanche Delacroix, Magda Lupescu et Wallis Simpson.

     

    Une quinzaine de portraits de femmes qui ont bousculé l'Histoire du monde. Pour le meilleur et pour le pire. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★ 

    Mon Avis : 

    Favorite...le mot, encore aujourd'hui, fleure les amours interdites et le scandale...Les favorites furent, depuis que Charles VII, au XVème siècle, distingua pour la première fois une très belle jeune femme du nom d'Agnès Sorel comme une maîtresse au-dessus des autres, hors normes, des femmes belles (ou pas), intelligentes (en majorité) et surtout, douées d'une sensualité qui leur firent s'attacher les plus grandes têtes couronnées du monde...Ainsi de Diane de Poitiers, la magnifique, qui fut l'amante d'un homme de vingt ans son cadet (le roi Henri II), de la superbe et pétillante Athénaïs de Montespan, grand amour de Louis XIV ou encore, la scandaleuse et sulfureuse Gabrielle d'Estrées qui fit tourner la tête du Vert-Galant...puis il y'eut également les toutes jeunettes, les naïves, qui s'attachèrent à leur royal amant, comme la jeune Louise de La Vallière, qui aima Louis XIV pour lui-même et non pas pour la couronne qu'il portait sur la tête. Il y'eut celles, comme cette dernière, qui furent aimées du peuple et celle, honnies, comme Wallis Simpson, en Angleterre ou encore, Magda Lupescu, la maîtresse du roi Carol II de Roumanie...celles, encore, qui parvinrent à s'accrocher contre vents et marées à leur position privilégiée, à force d'intelligence et d'esprit, comme la Pompadour qui, après avoir été la maîtresse de Louis XV fut, en quelque sorte, sa favorite spirituelle et l'amie dont il ne pouvait pas se passer...Et il y'en eut encore d'autres, englouties aujourd'hui dans un relatif oubli, comme Zoé du Cayla, favorite de Louis XVIII, Miss Howard, favorite du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte et qui, on l'oublie souvent, finança une partie de la campagne électorale de son amant ou encore, la jeune Blanche Delacroix, jeune fille de 17 ans qui prit dans ses filets le roi Léopold II de Belgique, qui avait presque cinquante ans ( ! ) de plus qu'elle...

     

    La Saga des Favorites ; Jean des Cars

    Agnès Sorel en Vierge à l'Enfant par Jehan Fouquet (XVème siècle)

    Toutes ces femmes eurent en commun de faire tourner la tête des grands de ce monde. Elles sont pourtant toutes différentes, issues de milieux, d'époques et de contextes disemblables. Mais elles ont toutes eu les faveurs d'une tête couronnée et cela, pour diverses raisons. Parce qu'elles étaient belles, intelligentes, sensuelles, aimantes...les raisons ne manquent pas à expliquer pourquoi plutôt celle-ci que celle-là. Parfois tragiques, parfois belles, leurs histoires nous font découvrir l'Histoire du monde sous une facette différente et, sous le vernis policé de la chronique officielle, les aventures des rois avec leurs favorites nous montrent, tout simplement, des hommes comme les autres, qui ont aimé, qui n'ont parfois pas eu le loisir d'épouser une femme qui leur convenait et dont il devait s’accommoder -la réciproque était vraie, ceci étant dit. Parfois, les favorites furent de véritables amantes, de cœur et de corps, parfois des femmes détestables seulement motivées par le luxe et les avantages dont elles pouvaient retirer d'une liaison, voire d'un mariage royal...Mais toutes, dans l'ensemble, furent des femmes aux destins complexes, à la vie flamboyante et parfois tragique, mais toujours intéressante. Il est intéressant de connaître l'intime de ces femmes de l'ombre, que l'Histoire aurait, très certainement voulu se débarrasser, mais en vain, parce que les favorites apportent avec elles ce parfum sulfureux de scandale qui plaît, qu'on le veuille ou non. Sans ses secrets d'alcôves et ses petites histoires croustillantes, l'Histoire ne serait pas l'Histoire.  Les favorites ont marqué plus de cinq siècles de notre histoire, avec plus ou moins d'engouement et de succès. Considérées comme des curiosités ou des sujets d'études intéressants, ces femmes n'en finiront certainement pas de nous faire parler et, grâce à des livres comme celui-ci, on pénètre dans l'intimité de grands destins et l'on en apprend beaucoup, tant sur les favorites que sur l'époque dans laquelle elles vivaient.
    Jean des Cars nous livre ici une sorte de livre-catalogue chronologique, facilement abordable et abondamment illustré, ce qui n'est pas mal du tout...quelques petites erreurs relevées de ci de là, mais ce serait vraiment le seul bémol que je soulèverais. Quant au style, rien à dire, il est on-ne-peut-plus claire et surtout, on retrouve cette plume chaleureuse et virevoltante qui caractérise en général les œuvres (je pense notamment à ses sagas sur les grandes familles européennes : Romanov, Windsor, Habsbourg) de des Cars. smile

     

    La Saga des Favorites ; Jean des Cars

    Blanche Delacroix, baronne de Vaughan et les deux enfants qu'elle eut de Léopold II de Belgique

     

    En Bref :

    Les + : livre intéressant, bien écrit et facile à aborder.
    Les - :
     quelques petites erreurs... (des coquilles ?) 


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  • « Certains infinis sont plus vastes que d'autres. »

    Nos Etoiles Contraires ; John Green

    Publié en 2012 aux Etats-Unis et Royaume-Uni ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Titre original : The Fault in Our Stars

    Editions Nathan

    327 pages

    Résumé :

    Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Depuis quelques temps, il est difficile de ne pas croiser Nos Etoiles Contraires et son cortège de chroniques élogieuses...Ne lisant pas beaucoup de contemporaine, je ne m'y étais pas spécialement intéressée. Je m'étais dit : « Un bouquin sur le cancer, ouais, bon...pourquoi pas ? » Mais alors, niveau lecture pathos, il n'y a pas mieux et j'avais vraiment peur de ressortir de cette lecture mal à l'aise ou avec le moral un peu plombé. Je crois que j'avais en mémoire le bouquin Love Story qui est dans ma PAL et qui est, paraît-il, particulièrement triste. Je crois d'ailleurs que c'est pour ça que je traîne autant pour le lire...le haut potentiel lacrymal d'un bouquin ne m'a jamais spécialement gênée -je suis une fille, j'aime bien pleurer de temps en temps yes - mais je me sens assez mal à l'aise avec tout ce qui traite de la maladie donc, en général, je passe mon tour. C'est très certainement ce qui serait arrivé pour Nos Etoiles Contraires si une amie, qui l'a lu il y'a à peine quelques semaines, ne m'en avait pas parlé en termes très élogieux -encore une fois !- et comme elle se proposait de me le prêter, je me suis dit : après tout, pourquoi pas ? Non seulement ça me change de mes lectures habituelles -c'est clair que c'est radicalement différent des romans historiques que j'ai l'habitude de lire- mais comme c'était un prêt, après tout...je ne sais pas si j'aurais acheté ce roman mais là, finalement, ça ne m'engageait à rien. Je l'ai commencé sans aucun a priori, ni positif ni négatif. Le manque de résumé sur la quatrième de couverture a finalement entretenu le mystère jusqu'au bout. 

     

    Nos Etoiles Contraires ; John Green

    Le film tiré du livre (sortie en France, août 2014)

    J'ai découvert le style très drôle de John Green et l'histoire, émouvante mais pleine d'humour également, d'Hazel, jeune Américaine de seize ans, vivant à Indianapolis et victime d'un cancer depuis ses treize ans. Bien qu'elle soit sous traitement, elle sait qu'elle ne guérira jamais et que sa maladie finira par l'emporter un jour ou l'autre, plus ou moins tard...lors d'un groupe de soutien, la jeune fille rencontre un jeune homme de son âge, Augustus, un peu alternatif et à qui elle semble plaire...c'est l'histoire d'amitié amoureuse qui unira Hazel et Augustus que John Green se propose de nous raconter ici. Les deux jeunes gens sont en sursis, ils le savent et, du coup, la vie en a, pour eux, une saveur très particulière et bien différente, en comparaison avec les personnes en bonne santé : eux, par exemple, n'ont pas la possibilité d'envisager l'avenir mais tentent, et souvent y parviennent, de vibre intensément au jour le jour et de profiter de tous les petits bonheurs quotidiens que l'on est peut-être moins enclin à remarquer quand on va bien. Loin du pathos ou du mélo, l'auteur nous décrit leurs deux vies, d'abord parallèles puis concomitantes avec une plume légère, aérienne et surtout, truffée d'humour. Par instants, j'ai eu l'impression de retrouver l'ambiance d'Et Soudain Tout Change, roman de Gilles Legardinier dans lequel il est également question de la maladie chez les adolescents et les mêmes questionnements. Ce sont finalement des enfants trop vite grandis et trop vites confrontés à des perspectives pas de leur âge que ces jeunes cancéreux au courage sans bornes. Les personnages sont bien traités, bien travaillés, immédiatement attachants. On aime l'optimisme et le courage d'Hazel et l'humour ainsi que les réflexions d'Augustus. On aime qu'ils s'aiment et on a l'impression de devenir leur ami au fil des pages.
    Finalement, j'ai trouvé ce petit bouquin sympa, bien écrit et presque rafraîchissant, malgré le sujet traité et qui n'a franchement rien de léger. Sans être forcément une fan de contemporaine, eh bien je crois que je pourrais vraiment le conseiller. C'est une belle réflexion sur la vie, sa finalité et surtout, sa fragilité. On en ressort en l'aimant encore plus, ça, c'est clair. happy

    En Bref :

    Les + : un beau récit, tout en nuances et en humour, pour dédramatiser la situation.
    Les - : Aucun.

     



    (La Bande-Annonce du film...émotion garantie... cry )


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  • INTERMÈDE HISTOIRE LXIV

    INTERMÈDE HISTOIRE LXIV

    Statue d'Anne de Beaujeau dans le jardin du Luxembourg à Paris (série des femmes illustres)

     

    Anne, fille aînée de Louis XI et Charlotte de Savoie, voit le jour en avril 1461 à Genappe. La date précise est inconnue. D'après son père, « c'est la femme la moins folle de France, car pour sage je n'en connais point ». Cette qualité l'amènera à exercer la régence en 1483, au nom de son jeune frère Charles VIII.
    Anne est à peine née qu'elle est déjà fiancée. A l'époque, les femmes des familles nobles et royales sont des pions sur l'échiquier politique et Anne n'échappe pas à la règle. Elle est donc fiancée au jeune Nicolas de Lorraine, marquis de Pont-à-Mousson et petit-fils du célèbre René d'Anjou. L'enfant est héritier des trônes de Lorraine, Bar, Anjou, Maine, Provence, Napoles et Sicile. A l'âge de neuf ans, la jeune Anne se voit gratifiée par son père de la vicomté de Thours mais aussi des seigneuries de Marans et de Berry. En 1472, son jeune fiancée Nicolas de Pont-à-Mousson meurt et c'est finalement à Pierre II de Beaujeu, le sire de Bourbon, qu'Anne est promise. Elle l'épousera. Le contrat est signé à Jargeau près d'Orléans en 1473, alors qu'Anne a douze ans. Le mariage est scellé un an plus tard. Anne va sur ses treize ans, son mari à 35 ans bien sonnés.
    Le destin d'Anne se révèle dix ans plus tard. Son père, obsédé par l'idée de sa mort prochaine, s'est retiré au Plessis-lès-Tours où il redoute plus que tout le poison. Il finit par mourir de sa belle mort à la fin de l'été 1483, en août. Il laisse un héritier bien trop jeune pour régner, Charles, qui est devenu le roi Charles VIII. Une régence doit donc être exercée pendant la minorité du souverain et c'est sa soeur aînée, âgée de vingt-trois ans, qui est désignée par Louis XI sur son lit de mort. Se révélant une femme politique à l'intelligence fine et acérée, Anne de Beaujeu, secondée par son mari Pierre de Beaujeu -dont elle a eu deux enfants, Charles et Suzanne de Bourbon, respectivement nés en 1476 et 1491- contient la noblesse. Elle exerce la régence de 1483 à 1491 (donc bien après la majorité de Charles VIII, puisque ce dernier a quatorze ans en 1484).
    Mécontents, certains princes vont déclencher ce que l'on a appelé la Guerre Folle, contre la politique de la régente. Cette révolte des princes visait aussi à lui confisquer la régence car ils estimaient le roi apte à gouverner avec un Conseil et voulaient constituer ce Conseil. Parmi ces princes félons, on trouve François II de Bretagne, Renée II de Lorraine, Charles d'Angoulême et bien d'autres. Leur chef de file est Louis d'Orléans, héritier de Charles VIII, son beau-frère également et celui d'Anne de Beaujeu, puisqu'il a épousé leur soeur Jeanne de France, laide, bossue, contrefaite et stérile.

     

    INTERMÈDE HISTOIRE LXIV

    Portrait d'Anne de Beaujeau par le Maître de Moulins (détail d'un triptyque, XVème siècle)

     

    Anne réussit la prouesse de mater cette rébellion rapidement et parvient ainsi à sauvegarder l'unité du royaume. En 1488, en Bretagne, a lieu la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, entre les armées royales et celles des rebelles, soutenues notamment par des mercenaires étrangers. C'est une victoire brillante pour la régente, une défaite cuisante pour les autres. Le traité du Verger prévoit que la jeune duchesse de Bretagne, Anne, fille aînée de François II, ne pourra se marier sans l'accord du roi de France. Louis d'Orléans, lui, devient prisonnier d'Anne de Beaujeu. Il ne sera libéré qu'en 1490, lorsqu'il on le chargera d'une mission d'importance : aller convaincre la jeune duchesse de Bretagne d'épouser Charles VIII.
    Comme les contestations avaient commencé dès la mort de Louis XI et que la régente juge que cela a trop duré, elle convoque les Etats Généraux à Tours. Pour se concilier les grands seigneurs, elle choisit de sacrifier deux des conseillers de son défunt père, le roi Louis XI : Jean Doyat et Olivier Le Daim. Enfin, autre conséquence de la Guerre Folle, Anne parvient à marier son frère Charles VIII à la jeune Anne de Bretagne. Cela parachève finalement l'expansion territoriale amorcée par Louis XI. Ce mariage, plus ou moins prévu, déjà, par le traité du Verger, prépare le futur rattachement de la Bretagne à la couronne de France : cet évènement aura lieu en 1532. En 1488, parce que ces deux frères n'ont pas eu d'héritiers, Pierre de Beaujeu devient duc de Bourbon. C'est son épouse qui négocie pour lui. Le couple installe à Moulins une cour fastueuse. Pendant la campagne d'Italie, Anne de Beaujeu y recevra sa jeune belle-soeur, Anne de Bretagne, enceinte alors de son deuxième enfant. Par son mariage, Anne de Beaujeu porte aussi d'autres titres : elle est ainsi duchesse d'Auvergne, dame de Beaujeu, comtesse de La Marche (après 1472, quand son mari récupère l'héritage de son cousin au troisième degré, Jacques III d'Armagnac).
    Alors que Suzanne a douze ans, en 1503, Anne se retrouve veuve. Pierre de Beaujeu, bien plus âgé qu'elle, vient de mourir. Elle se consacre à l'écriture des Enseignements à ma fille, source importante pour se renseigner sur l'éducation des jeunes filles aristocrates de l'époque. Elle publie aussi une Histoire du siège de Brest, oeuvre littéraire, roman pourrait-on dire, dont l'action se déroule durant la Guerre de Cent Ans. Anne de Beaujeu est finalement une véritable femme de lettres en plus d'être une fine politique !
    Anne de Beaujeu a su montrer sa connaissance plus qu'excellente de l'administration. Elle a su aussi mettre au pas les grands seigneurs (en 1485, elle avait réussi, grâce à la paix de Bourges, à revenir à la paix sans combats) et poursuivre la politique d'expansion de son père. Le 14 novembre 1522, à l'âge de soixante-et-un ans, Anne de Beaujeu disparaît à Chantelle. Elle est inhumée dans la chapelle neuve du prieuré clunisien de Souvigny, auprès de son époux et de sa fille Suzanne, morte en 1521.

     

     

    © Le texte est de moi, je vous demanderais donc de ne pas le copier, merci.

     

    Pour en savoir plus :

    -Anne de France (1461-1522), Pierre Pradel. Biographie.

     

     

     

     


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