• « Tout irait tellement mieux si la concorde régnait entre les membres de ma nouvelle famille ! Pour l'instant je ne veux voir autour de moi que des sourires... »

    De Deux Roses l'Une ; Juliette Benzoni

     

    Publié en 2014

    Editions Bartillat 

    240 pages

    Résumé :

    La guerre des deux roses...C'est sous cette appellation poétique qu'il fut convenu d'évoquer une des guerres les plus sanglantes qu'ait connues l'Angleterre de 1455 à 1485. Au cœur de cette querelle, Marguerite d'Anjou, fille de René, roi de Sicile et comte de Provence, une petite princesse française qui à l'aube de ses quatorze ans; alors qu'elle était la vie et la fraîcheur mêmes, épousa Henri VI, roi d'Angleterre, ignorant qu'elle allait se trouver au centre de la célèbre lutte fratricide des York et des Lancastre, deux clans symbolisés l'un par la rose blanche, l'autre par la rose rouge. 

    A travers les épreuves tragiques endurées par cette jeune reine, accusations d'adultère, d'espionnage au service de la France, de haine du peuple anglais, puis la folie du roi qui va la laisser seule pour défendre les intérêts de son fils, Edouard, prince de Galles, et les dernières persécutions de la fin de sa vie, Juliette Benzoni a su nous emporter au coeur du combat exceptionnel d'une femme tour à tour reine, mère, guerrière, amazone de la raison d'Etat et du droit d'aimer. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Marguerite d'Anjou...le nom, en France, reste relativement méconnu et pourtant, cette reine d'Angleterre est née en France, sur les terres lorraines appartenant à sa famille. Fille d'Isabelle de Lorraine et de René d'Anjou (« le Roi René » ), duc d'Anjou, comte de Provence, roi de Sicile et de Jérusalem, Marguerite voit le jour à Pont-à-Mousson en 1430. Par son père, qui est le frère de Marie d'Anjou, mère de Louis XI, elle est également cousine germaine de ce sévère roi de France avec lequel elle partage une grand-mère, et quelle grand-mère ! La célèbre Yolande d'Aragon.
    L'année de ses quatorze ans, elle est mariée au jeune souverain anglais, Henri VI. Ils régneront pendant cette affreuse période qui vit l'Angleterre se déchirer en luttes intestines, entre descendants d'Edouard III. Les Lancastre, dont était issu Henri VI, le jeune époux de Marguerite, descendants de Jean de Gand, troisième fils d'Edouard III et Philippa de Hainaut et duc de Lancastre, s'opposèrent à leurs cousins York, issus, eux, de Edmond de Langley, duc d'York et dernier fils d'Edouard III. Par mariage, les York étaient également apparentés au second fils du roi, Lionel d'Anvers, duc de Clarence. Plus ou moins semblable à la lutte qui déchira, en France, Armagnacs et Bourguignons -même si, bien sûr, le contexte n'est pas le même-, ce conflit familial restera connu dans l'Histoire sous le nom de Guerre des Deux-Roses et s'achèvera en 1485, sur le champ de bataille de Bosworth par la victoire complète du dernier représentant des Lancastre, Henri Tudor, sur Richard III, le dernier York. Henri Tudor, devenu roi sous le nom d'Henri VII, en ceignant la couronne d'Angleterre, est le premier roi d'une dynastie particulièrement puissante, qui régna peu de temps mais donna au pays deux de ses plus grands souverains : Henry VIII et Elizabeth Ière.

    De Deux Roses l'Une ; Juliette Benzoni

    Statue de Marguerite d'Anjou (avec son fils le prince de Galles) dans la série des Femmes Illustres du Jardin du Luxembourg à Paris


    Marguerite, en butte à la haine et à la méfiance du peuple anglais, dut affronter les grands barons et les débuts du conflit qui secouait son nouveau pays. Déterminée, intelligente, elle devait composer avec le jeune souverain, son époux, qu'elle aimait tendrement mais qui préférait la vie monacale au pouvoir royal et qui développa rapidement, à l'instar de son infortuné grand-père Charles VI, des tendances à la démence qui compliquèrent d'autant plus la situation. Seule, abandonnée de tous, Marguerite se battit pourtant comme une lionne pour défendre les intérêts des Lancastre, représentés par Henri VI mais aussi par son fils, Edouard, le prince de Galles, à qui elle se dévoua complètement.
    C'est le destin de cette princesse angevine pas préparée à affronter de telles horreurs que Juliette Benzoni se propose de nous raconter dans ce petit roman, qui fait partie de l'un de ses premiers écrits. Il est d'ailleurs tout à fait différent des autres romans de l'auteure et moi qui fait partie d'un lectorat fidèle à Benzoni, je dois dire que j'ai parfois été un peu déroutée par ce petit bouquin, très intéressant, certes, mais qui, parfois, m'a paru un peu étrange. Beaucoup de passages, consacrés uniquement au rappel du contexte et à la relation d'événements divers m'a fait l'effet de lire une biographie historique lambda et je me suis parfois demandé si ce livre était bien un roman. Les fréquents bonds dans le temps et surtout, dans le futur, que l'on peut retrouver dans une biographie mais rarement dans un roman historique plus souvent basé sur un déroulement chronologique m'ont parfois surprise sans me gêner outre-mesure non plus, ceci dit.
    Pour les lecteurs habitués aux récits aventureux et pleins de chaleur de Benzoni, je dois dire que la froideur et la distance instaurée entre le lecteur et les personnages peut perturber un peu également -en effet, ce n'est pas ce à quoi l'auteure nous a habitués dans ses plus célèbres sagas. Je pourrais reprocher, également, mais ceci est un petit bémol, la trop grande modernité de certains dialogues, les personnages utilisant parfois des mots ou des tournures un peu trop modernes à mon avis. Cela dit, de part le contexte même où se déroule l'intrigue, on ne peut que se laisse prendre au jeu. Même si ce livre-là est moins aventureux que les autres, plus centré sur les événements historiques et le destin exceptionnel, bien que malheureux, de la reine Marguerite, on se laisse emporter rapidement au cœur de cette lutte fratricide et horrible qui ensanglanta l'Angleterre pendant plus de trente ans et saoula le pays de sang et d'exactions en tout genre, avant que l'avènement des Tudors n'apaise enfin la guerre civile. C'est avec fascination, un peu comme devant une scène de bataille au cinéma, que l'on suit le flux et le reflux de chaque partie et que l'on vibre, tantôt avec les York tantôt avec les Lancastre. Et même si, malheureusement, il est un peu difficile de s'attacher aux personnages, on ne peut s'empêcher de ressentir beaucoup d'admiration devant le courage et la force de cette femme qui se battit jusqu'au bout et connut de bien grands malheurs. 
    Un livre qui se laisse lire et reste particulièrement intéressant malgré ses défauts.

    En Bref :

    Les + : un livre intéressant qui brosse le portrait d'une femme au caractère bien trempé ; la documentation historique est solide et le contexte bien restitué. 
    Les - : 
    du vocabulaire parfois un peu trop moderne utilisé dans les dialogues.


    2 commentaires
  • Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     

    En binôme avec : Tachas.

    Colis reçu le : 15 octobre 2014

     

    PHOTOS

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Le colis

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Le déballage du colis Versailles... :) 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Petits savons Fragonard (ça tombe bien, c'est l'un de mes peintres préférés) qui sentent super bon ! 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Un petit carnet de notes très sympas et une carte fleurie 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Les bouquins...Dans lesquels j'ai déjà hâte de me plonger. :) 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Les marque-pages... :) 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Le paquet Marie-Antoinette : une jolie trousse et une tasse venue tout droit de Versailles. ;) 

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Le coup de <3 du colis : le sac Nicolas Le Floch ! J'adoooooore !  

    Swap Un Saut dans le Temps - Ouverture du colis

     Les gourmandises et...la boule à thé en forme de feuille ! 

     


    4 commentaires
  •  « Dans la vie, j’avais deux ennemis : le vocabulaire et les épinards. Maintenant j’ai la botte secrète et je bouffe plus d’épinards. Merci, de rien, au revoir messieurs-dames. » Perceval, dans l'épisode La Botte Secrète II

     

    Kaamelott, Scripts, Livre II ; Alexandre Astier

     

    Publiés en 2012

    Editions J'ai Lu

    309 et 303 pages

    Résumé :

    Prenez une brochette de chevaliers incapables, un mage notoirement incompétent, des beaux-parents pour le moins hostiles, une épouse pressante, des dieux exigeants, essayer de les mettre tous d'accord et vous aurez une vague idée de la tâche titanesque qui, chaque jour, attend Arthur, roi de Bretagne. Ou tout du moins de l'ambiance qui règne à Kaamelott...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

     Une chose est sûre...que ce soit en série télévisée ou en livres, Kaamelott reste une valeur sûre. Les scripts sont d'ailleurs à conseiller à tous les fans de la série, non seulement parce qu'il est toujours plaisant de retrouver les personnages entre deux visionnages de la série mais aussi parce qu'on a vraiment l'impression d'y être complètement immergé, en lisant les textes bruts, sans les ajouts, improvisations et changements qui peuvent survenir durant le tournage.
    Personnellement, je suis une fan absolue de Kaamelott depuis très longtemps. Pas depuis le début, parce qu'au début, je trouvais ça particulièrement con. Oui, je l'avoue. Et encore, particulièrement con est un euphémisme ! yes Mais bon...ne dit-on pas que ce sont les histoires d'amour qui commencent mal qui sont celles qui durent le plus longtemps ?! Car finalement, après un visionnage plus sérieux et régulier des épisodes des premiers livres, eh bien je me suis finalement trouvée prise à mon propre piège et je n'ai plus jamais lâché Kaamelott ! Je pense que j'ai dû voir les premiers livres au moins une trentaine de fois -ma dernière période Kaamelott date de l'été, et j'ai fini le Livre VI il y'a à peine une semaine-, et j'ai suivi avec grand intérêt les livres V et VI, un peu plus longs, plus dramatiques aussi mais tout aussi intéressants que les premiers livres et au potentiel humoristique certain également -quand on connaît bien la série, en tous cas, on retrouve pas mal de rappels et de déjà-vu. Et si je n'ai pas sorti une dizaine de citations de Kaamelott dans ma journée -parce qu'on se rend vite compte que les dialogues s'adaptent vachement à toutes les situations du quotidien, finalement-, c'est que je suis malade. biggrin

    Kaamelott, Scripts, Livre II ; Alexandre Astier


    On est ici en présence des scripts du Livre II...pendant un temps, c'était celui-ci que j'aimais le moins, je ne sais pas trop pourquoi...peut-être parce que j'avais beaucoup vu le Livre I, que je connaissais les épisodes par coeur et que ceux-là, forcément, m'ont un peu déroutée au début. Et puis à force de le voir, eh bien je me suis laissée prendre au jeu et ce livre-là me plaît autant que les autres, au final ! Il y'a même des épisodes à crever de rire : Séli et les rongeurs (en vidéo ci-dessous, j'ai pas pu résister yes), par exemple ou La Quinte Juste. C'est donc avec un grand plaisir que je me suis plongée dans les scripts. Non seulement les couvertures des éditions J'ai Lu, avec des photos issues du Livre V, sont vraiment très jolies mais, en plus, le format poche permet d'emmener ces bouquins partout histoire de se faire un ou deux petits épisodes de temps en temps, au cours de la journée, dans les transports ou même, pourquoi pas ? Au boulot...cela dit, je n'ai pas encore osé les emmener au boulot, pour ma part...sachant que j'ai pas mal d'accueil et de contact avec le public, on va éviter d'être morte de rire tout au long de la journée ! Alors c'est ma petite pause détente du soir et, quand je rentre, je me pose cinq ou dix minutes sur mon lit, je prends le temps de lire un ou deux épisodes, je rigole bien et c'est comme si je retrouvais, pour un petit moment, la série et ses personnages hauts en couleur -dans le Livre II, on fait justement la connaissance de Kadoc, le frère de Karadoc, un peu attardé, qui est à mourir de rire wink2 !
    Bref, si vous souhaitez passer un bon moment et que vous aimez la série, jetez-vous sur les scripts, vous passerez très certainement un bon moment et vous rigolerez bien !

    En Bref :

    Les + : retrouver les scripts bruts donne une autre image à la série.
    Les - : 
    Aucun...bien sûr ! 

      

     
     
    kitd.html5loader("flash_kplayer_iLyROoaft76_","http://api.kewego.com/video/getHTML5Thumbnail/?playerKey=0df9b773a15b&sig=iLyROoaft76_");
    Kaamelott Saison 2 Episode 2 : Séli et les rongeurs - wideo
    Auteur : Alexandre Astier Réalisé par : Alexandre Astier Avec : Anne Girouard , Alexandre Astier, Nicolas Gabion, Lionel Astier, Thomas Cousseau © Calt - Dies Iræ – 

    1 commentaire
  • « Le cadavre surgit et le désordre suit au moment exact où chaque détail ménagé visait à ce qu'il n'y en eût point... »

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 7, Le Cadavre Anglais ; Jean-François Parot

     

    Publié en 2012

    Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

    432 pages

    Septième tome de la saga Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet

     

    Résumé : 

    Paris 1777, un mystérieux prisonnier meurt en tentant de s'évader de la prison du Fort-l’Évêque. Dans le même temps, la reine Marie-Antoinette, prodigue et insouciante, demande à Nicolas Le Floch de contrer des menées visant à la compromettre. Haletante et minutieuse enquête ! De Paris à Versailles, le policier des Lumières poursuit sa traversée du siècle et va de surprise en surprise. Armée de la confiance du jeune Louis XVI et du soutien de ses amis, Nicolas Le Floch parviendra-t-il, malgré périls et obstacles, à démêler les arcanes de ces affaires extraordinaires ? Dans ce septième volume, notre héros connaîtra l'exaltation d'une traque criminelle et l'amertume d'une rupture. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1777, Louis XVI règne depuis trois ans, mais, déjà, la déception est là et la colère gronde. La haine du peuple se cristallise sur la reine, Marie-Antoinette, jeune femme de vingt-deux ans dont les folies, les dépenses et la frivolité déplaisent fortement. Tandis que la souveraine demande à Nicolas Le Floch d'enquêter sur une intrigante, madame Cahuet de Villers, qui n'hésite pas à utiliser son nom dans des affaires douteuses, un mystérieux cadavre est retrouvé sur le trottoir, dans la neige, devant la prison du Fort-l'Évêque, à Paris. Tout porte à croire que ce mystérieux jeune homme retrouvé dans la neige est mort à la suite d'une chute alors qu'il tentait de s'évader...une banale mort naturelle ? Et pourtant, notre commissaire va vite être convaincu du contraire et chercher à convaincre qu'on a aidé l'inconnu à mourir...une simple affaire d'évasion qui tourne mal va alors rapidement se transformer en affaire d'Etat dans laquelle des ministres vont se trouver mêlés à de sombres affaires d'espionnage...Une personne ayant eu une place privilégiée dans la vie de Nicolas pourrait bien reparaître dans ce tome-là également...
    C'est toujours avec un grand plaisir que je me plonge dans une enquête de notre cher commissaire au Châtelet...Le Cadavre Anglais est le septième tome et, pourtant, je ne m'en lasse pas. J'ai d'ailleurs vu récemment sur internet qu'une nouvelle aventure venait d'être publiée et j'en suis particulièrement ravie ! Nicolas Le Floch fait partie de ces sagas addictives qu'on a énormément de mal à lâcher une fois qu'on a mis le nez dedans ! ^^

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 7, Le Cadavre Anglais ; Jean-François Parot

    Jérôme Robart dans l'adaptation télévisée 


    Même si cette enquête-là est peut-être un peu moins prenante et un peu moins palpitante que les autres, il est toujours plaisant de s'immerger dans ce XVIIIème siècle si bien restitué par Parot et de retrouver nos héros favoris (pour celles qui me lisent depuis un moment, vous savez combien je suis amoureuse de Nicolas...sarcastic ) !! Entre la Ville et la Cour, Nicolas nous balade des salons feutrés du Château jusqu'aux bas-fonds de la capitale et c'est avec bonheur qu'on retrouve le style bien particulier de Jean-François Parot, entre plume haute en couleur et vocabulaire truculent et imagé. Les personnages prennent de l'ampleur à mesure que les années passent...Nicolas, confronté depuis peu à ses responsabilités de père, semble plus mâture, organisé dans sa vie et réfléchi...en ce qui concerne le contexte des enquêtes, il a beaucoup changé, du fait du contexte historique relativement tendu à la fin des années 1770...la monarchie française amorce son lent déclin, qui sera effectif douze ans plus tard, avec les débuts de la Révolution Française. Le couple royal a perdu l'oreille et l'amour de son peuple et la reine est sans cesse éclaboussée par d'horribles pamphlets et libelles qui ternissent l'image royale et lui enlèvent la légitimité en même temps que le respect. Le contexte international est également particulièrement sous tension...après la désastreuse paix de 1763, la France et l'Angleterre sont à couteaux tirés, notamment en ce qui concerne les colonies d'Amérique du Nord...la France s'est engagée depuis peu auprès des Insurgents, les Américains en révolte contre leur métropole, une décision qui n'est pas pour faire l'unanimité dans le pays... Le commissaire reste pourtant, de part son histoire familiale -les aficionados ne sont pas sans savoir qu'en plus d'être commissaire au Châtelet, Nicolas est aussi le marquis de Ranreuil à la Cour-, un serviteur zélé de la Couronne...Bénéficiant dans sa jeunesse de la confiance et de l'estime du roi Louis XV, par respect à sa mémoire, il s'institue rapidement comme l'oreille attentive et respectueuse du nouveau roi, Louis XVI, petit-fils du feu roi.
    Bref, même si ce tome-là est peut-être un peu moins palpitant que les autres, il n'en reste pas moins très plaisant à lire et, en le refermant, on n'a qu'une envie : découvrir une prochaine enquête...preuve que, malgré quelques petits défauts, ce septième tome des Enquêtes de Nicolas Le Floch tient ses promesses.

    Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, tome 7, Le Cadavre Anglais ; Jean-François Parot

    La reine Marie-Antoinette vers 1767, par Martin van Meytens 

    En Bref :

    Les + : le style, l'atmosphère, les personnages.
    Les - :
    une enquête peut-être un peu moins captivante mais qui se laisse lire ! yes


    1 commentaire
  •  

    Henri III, huile sur bois (XVIème siècle)

     

    I. Naissance et enfance d'un fils de France

     

    Catherine de Médicis et ses enfants, dont le duc d'Anjou, futur Henri III (copie du XXème siècle d'un tableau du XVIème)

    Quatrième fils d'Henri II et Catherine de Médicis, le futur Henri III vout le jour le 19 Septembre 1551 à Fontainebleau, sous le nom d'Alexandre-Edouard et est immédiatemment titré duc d'Angoulême. Il est le frère des futurs François II et Charles IX, de François d'Alençon, son puîné et de la célèbre Reine Margot, de deux ans sa cadette. Il passe une grande partie de son enfance, au moins jusqu'à la mort tragique de son père, en 1559, avec ses frères et soeurs, aux châteaux de Blois et Amboise. Il est ensuite confié, comme tous les jeunes garçons, à deux précepteurs, connus pour leur humanisme : il s'agit de Jacques Aymot et François de Carnavalet. Ce sont eux qui lui apprennent à aimer les belles lettres et les discussions intellectuelles. Très tôt, le jeune prince, appelé Edouard dans sa famille, exerce son rôle de prince royal et siège même, alors qu'il n'a que neuf ans, aux Etats Généraux de 1560, auprès de son frère Charles IX. Il sera aussi du grand tour de France que la reine-mère entreprend avec ses enfants et toute la Cour, pour montrer au peuple son jeune roi. 

    Le jeune Edouard est certainement le fils et même l'enfant préféré de la reine Catherine, c'est à lui qu'elle se confie le plus sur les affaires de l'Etat et souhaite qu'il devienne un ferme appui pour la royauté. 

    En 1560, quand son frère François II meurt de la mastoïdite qui le fait souffrir depuis son plus jeune âge, son frère Charles devient roi, sous le nom de Charles IX et Alexandre-Edouard devient duc d'Orléans. Ce n'est que cinq ans plus tard, lors de sa confirmation, qui a lieu à Toulouse, que le jeune adolescent prend le nom de son père, Henri. L'année suivante, en 1566, il prend le titre de duc d'Anjou. 

    II. Les victoires du jeune duc d'Anjou et sa nomination au trône de Pologne

    Le duc d'Anjou (XVIème siècle)

    A seize ans, Henri, qui bénéficie plus que les autres de l'affection de sa mère, est nommé lieutenant général du royaume malgré son très jeune âge. En lui confiant cette charge, la reine-mère et le roi font de Henri le second personnage du royaume après Charles IX lui-même. Mais cette nomination n'est pas du goût de tous...En effet, le prince de Condé convoitait également la charge. Il quitte donc la Cour avec plusieurs autres chefs protestants et s'ensuivent quelques hostilités. 

    Toujours très jeune, le duc d'Anjou s'investit énormément dans la troisième Guerre de Religion, qui fait rage alors. Ses efforts militaires sont couronnés de succès puisqu'il remporte deux batailles restées célèbres : celle de Jarnac puis celle de Montcontour. La réputation du jeune homme se base donc essentiellement sur ses hauts faits militaires, connus de l'Europe entière. Cela vaut au jeune duc d'Anjou la jalousie de son frère aîné et Henri, envié par Charles IX, s'entend de moins en moins bien avec lui. 

    Bientôt, le duc d'Anjou participe à la politique intérieure du royaume, sa mère l'ayant introduit au Conseil du roi. Niveau affinités politiques, il est plus proche des Guise que des Montmorency et prône même une politique rigoriste envers les huguenots. Son ambition à gouverner mais aussi ses capacités font de lui un successeur à la Couronne très attendu. 

    Henri est un jeune homme passionné également, alors follement épris peut-être de la seule femme qu'il aimera jamais : il s'agit de la belle Marie de Clèves. Mais Catherine de Médicis entend marier son fils à une autre, une princesse bien née et de haut rang. Un instant, il avait été envisagé de marier le jeune prince à Elizabeth Ière d'Angleterre, mais le mariage n'avait pu se faire à cause de divergences religieuses. Catherine décide donc de chercher une couronne européenne pour donner à son fils préféré...

    C'est décidé, ce sera la couronne de Pologne que ceindra le duc d'Anjou. Catherine de Médicis envoie l'évêque de Valence, Jean de Montluc, en Pologne, pour appuyer la candidature du duc d'Anjou auprès de la Diète polonaise, qui procèdent à des élections en 1573. Grâce à ses talents de diplomate, Monluc parvient à persuader les membres de la Diète de choisir le jeune prince français. Henri est désormais roi de la Rzeczpospolita de Pologne-Lituanie, sous le nom de Henri IV de Valois (Henryk IV Walezy, en polonais). Le 19 Août 573, une délégation polonaise arrive en France pour ramener le prince dans son nouveau pays. Mais Henri, n'étant pas pressé, fit traîner, et assez longuement, son départ. Finalement, sur l'insistance de son frère, il est obligé de faire ses adieux à sa famille et à la France en Décembre 1573. Voilà le duc d'Anjou, nouveau roi de Pologne, en partance pour son nouveau pays, dont les ambassadeurs avaient paru bien archaïques à la Cour de France, fastueuse et raffinée, quand cette dernière les avaient accueillis. 

    Parti de Fontainebleau, le nouveau roi arrive finalement en Pologne, à Cracovie, en Février 1574, après un voyage assez mouvementé et difficile à travers les Etats allemands. Accompagné par une suite assez nombreuse de jeunes nobles français, tels Albert de Gondi ou Charles de Guise, pour ne citer qu'eux, Henri est sacré roi de Pologne le 21 Février 1574, soit quatre jours après son arrivée. Il a vingt-trois ans et refuse le mariage qu'on lui propose avec Anne Jagellon, la soeur de Sigismond II Auguste, une femme bien plus vieille que lui (elle est quadragénaire) et que, de toute façon, il juge laide. 

    Quelques mois plus tard, il apprend la mort de son frère Charles IX, le 14 Juin 1574. Il est donc roi de France, puisque son frère n'a eu qu'une fille d'Elisabeth d'Autriche et un fils bâtard de sa maîtresse, Marie Touchet. Henri songe donc à quitter la Pologne pour prendre possession du trône laissé vacant. De plus, il s'ennuie en Pologne, où le roi à moins de pouvoir qu'en France. Et il regrette également les fêtes données à la Cour de ses parents...C'est sans le consentement de la Diète polonaise et presque comme un fugitif qu'Henri quitte son palais et galope à bride abattue vers le Sud pour rentrer en France. Le 18 Juin 1574, il s'échappe du palais de Wawel pour ne plus y revenir. Etienne Bathory succède à Henri sur le trône de Pologne...

    III. Le roi de France (1574-1589)

    Estampe représentant le roi Henri III et son épouse, la princesse de Lorraine Louise de Vaudémont

    Henri s'arrête d'abord en Autriche puis rallie l'Italie et Venise, où il fait des dépenses considérables. Là, il a une liaison assez brève avec une jeune courtisane, Veronica Franco mais la quitte vite pour se rendre à Padoue, Ferrare et Mantoue. Ensuite, il gagne Turin, où il revoit sa tante Marguerite de France (elle avait été mariée, comme sa nièce Elisabeth, lors de la fatale année 1559). C'est de Chambéry qu'il regagne la France, depuis une litière vitrée. 

    Le 6 Septembre, il est accueilli à Lyon par la reine Catherine, sa mère. Il pense déjà à délier Marie de Clèves pour l'épouser et en faire sa reine mais il apprend la mort de sa bien-aimée, qui a succombé à la naissance d'un enfant mort-né. Fou de douleur, anéanti, le roi cesse de s'alimenter pendant dix jours. 

    Enfin, le 13 Février 1575, Henri de Valois, devenu Henri III est sacré roi de France en la cathédrale de Reims par le cardinal de Guise. Deux jours plus tard, il épouse une jeune femme qu'il avait croisée lors de son voyage vers la Pologne : il s'agit de Louise de Lorraine-Vaudémont, fille du duc de Lorraine, qui n'en revient pas d'avoir été choisie pour devenir la reine d'un aussi prestigieux royaume. 

    Le nouveau roi apparaît alors, en ses débuts, comme celui qui pourra restaurer la France, alors en piteux état. Mais, dés son avènement, Henri est confronté à la guerre menée par celui qui se dit « roi du Languedoc », Henri de Montmorency. A la Cour, il doit également faire face à tous les complots et intrigues montés par son frère puîné, François d'Alençon, qui mène le parti des Malcontents et affronter son beau-frère, Navarre, qui finira par quitter la Cour avec Alençon. Tandis que ce dernier s'allie au parti protestant, Henri de Navarre, qui avait abjuré en faveur du catholicisme, revient à la religion calviniste. Une campagne s'engage alors, qui sera désastreuse pour Henri III. Malgré une victoire du duc de Guise à Dormans, le roi de France est obligé de s'incliner et, le 6 Mai 1576, l'édit de Beaulieu est signé. Ce dernier accorde de nombreuses faveurs à Alençon, voilà pôurquoi il est également appelé "Paix de Monsieur". Les protestants se voient eux aussi favorisés, au grand dam des catholiques. Cet édit participera à la naissance des premières ligues...La sixième Guerre de Religion débute peu de temps après et ne prendra fin qu'en 1577 avec la Paix de Bergerac et l'édit de Poitiers. 

    Henri III est un roi marqué par les malheurs de son temps, ce qui le fait se tourner vers une vie plus austère et consacrée à la prière. En 1584, François d'Anjou, ex-Alençon, meurt de tuberculose, sans descendance et une grave crise dynastique s'ouvre pour la France. Henri III et Louise de Vaudémont, la reine, ne parviennent pas, eux non plus, à avoir des enfants, d'ailleurs, leur union restera stérile. Henri III est donc confronté à un énorme dilemme : le royaume peut échoir autant à Henri de Navarre qu'à Henri de Guise, ce que ne souhaite pas le roi. Quant à Navarre, il est protestant et cet éventuel choix pose un problème aux catholiques, qui estiment qu'une réconciliation entre huguenots et catholiques n'est pas possible. En attendant, le roi est parfaitement conscient qjue la dynastie des Valois est condamnée à s'éteindre car, malgré tout les pèlerinages entrepris avec son épouse, ils ne parviennent pas à engendrer. 

    Au même moment, le duc de Guise, chef de la Ligue catholique avec ses frères et sa soeur, complote en secret pour empêcher Henri de Navarre de monter un jour sur le trône. Brandissant haut leur ascendance avec Charlemagne, les Guise espèrent un jour voir leur chef, Henri, ceindre la Couronne, après Henri III. S'engage alors une lutte entre le roi en place et les deux prétendants au trône. Cette lutte est appelée "La Guerre des Trois Henri", du nom des belligérants Henri de Valois, Henri de Navarre et Henri de Guise. 

    Ce conflit va pousser peu à peu Henri III a fomenter un complot contre le duc de Guise. Le 23 Décembre 1588, à Blois, Henri jette ses célèbre Quarante-Cinq, des gentilshommes gascons, sur Henri de Guise, qui tombe mort dans la chambre même du roi. Celui-ci dira, en sortant de sa cachette :  « Il me semble encore plus grand mort que vivant ». Le cardinal de Guise, frère d'Henri de Guise, est lui aussi assassiné. Ces meurtres ne seront jamais pardonnés au roi. Quelques semaines plus tard, au début du mois de Janvier 1589, Henri III perd sa mère, Catherine de Médicis, âgée de soixante-dix ans. 

    IV. L'assassinat et la légende noire

    Assassinat d'Henri III par le moine fanatique Jacques Clément

    Le 1er Août 1589, Henri III se trouve avec la Cour à Saint-Cloud. C'est le matin, le roi va s'installer sur sa chaise-perçée quand on  lui annonce qu'un moine souhaite le rencontrer. Ce dernier est introduit auprès du roi et demande à Henri III d'éloigner ses proches, ce qu'il a à dire ne concerne que le roi. Henri III s'exécute et reste seul avec le moine, Jacques Clément. Ce dernier commençe à parler puis, brusquement, sort un couteau de sa manche et frappe le roi au bas ventre. Le roi se lève et s'écrie : « Méchant moine, tu m'as tué ! ». Jacques Clément sera pris et assassiné à son tour comme régicide. C'était un catholique fanatique et ligueur. Après une douloureuse agonie, le roi Henri III, dernier de sa dynastie, s'éteint, au matin du 2 Août 1589. C'est son cousin et beau-frère, Henri de Navarre, qui monte sur le trône.

    Effondrée par la mort de son époux, Louise de Lorraine, véritablement éprise de lui (Henri III l'a aimée également), se retire complètement du monde, en son château de Chenonceau, où elle prend le deuil des reines de France=. Toute vêtue de blanc, elle sera désormais surnommé « la Dame Blanche ». 

    Pierre de l'Estoile dira, comme éloge funèbre : « Ce Roy étoit un bon prince, s’il eût rencontré un meilleur siècle. ». Cela prouve que, malgré la haine qu'il s'était attirée, ce roi avait aussi des qualités. Aujourd'hui encore, il fait l'objet de débats, notamment à propos de sa sexualité. Henri III est resté un roi honni, comme son frère Charles IX, avec une réputation d'homme coquet et délicat, se parfumant, se maquillant...La présence de ses mignons et archimignons n'a rien arrangé. 

    Malgré l'idée tenace qu'Henri III était bien plus attiré par les hommes que par les femmes, il ne faut pas oublier qu'il entretint de nombreuses liaisons, même après son mariage. Mais, par respect pour la reine, il organisait en secret ses rencontres avec ses maîtresses. Comme son frère Charles IX, il aima sa femme. Peut-être Henri III souffrit-il de sa mauvaise réputation, comme sa mère, dont la légende noire est encore aujourd'hui, bien vivace. 

    Ces mauvaises images laissées par les derniers souverains de la Renaissance participent à donner à tous une image décadente des derniers Valois. 

    © Le texte est de moi, je vous demanderais donc de ne pas le copier, merci.

    Pour en savoir plus :

    -Henri III : un désir de majesté, Jean-François Solnon. Biographie.
    -Henri III, Philippe Erlanger. Biographie.
    -Catherine de Médicis, Jean-François Solnon. Biographie.

     


    votre commentaire