• Romances / Romans à Secrets / Romans d'évasion

    Romances / Romans à Secrets / Romans d'évasion

     

     

    SOMMAIRE ROMANCES, ROMANS À SECRETS ET ROMANS D'EVASION

     

    - A - 

    - B - 

    - C - 

    - D - 

    - E - 

    - F - 

    - G - 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    - K - 

    - L - 

    - M -

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « Est-il juste de mener des hommes à la mort pour une cause vaine ? »

    Couverture Le prisonnier écossais

     

     

      Publié en 2011 aux Etats-Unis 

      En 2017 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Lord John: The Scottish Prisoner

      Editions J'ai Lu (collection Pour elle - Best)

      541 pages 

     

     

     

    Résumé :

    Lake District, Angleterre, 1760. 

    Jamie Fraser vivrait une existence presque paisible depuis sa libération conditionnelle si le souvenir de Claire, sa femme disparue, ne venait le hanter chaque nuit...

    Londres, la même année. 

    Lord John Grey se retrouve en possession de documents révélant une affaire de corruption au sein de l'armée britannique. Il n'a d'autre choix que de convoquer Jamie. 

    Bientôt, les deux hommes arpentent les périlleuses routes d'Irlande sur les traces d'un officier à l'origine d'un vaste complot...

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    1760, dans le Lake District. Quinze ans après Culloden, Jamie Fraser n'est toujours pas complètement libre et continue de purger sa peine dans la propriété des Dunsany, Helwater, où il est palefrenier.
    Au même moment, à Londres, Hal Grey, duc de Pardloe et frère de John Grey, fait appel à ce dernier pour tenter de coincer un officier de l'armée britannique, Siverly, qui semble s'être livré -et se livre peut-être toujours- à des malversations. Au milieu des papiers rassemblés par une connaissance de Grey pour servir de preuves contre Siverly, un mystérieux texte écrit en erse (autrement dit, en gaélique). Et Grey, qui fut un temps gouverneur de la prison d'Ardsmuir, où il a retrouvé Jamie et noué une amitié avec lui, a l'idée de faire appel à l’Écossais pour les aider.
    Et voilà Jamie, tiraillé d'un côté par l'un de ses amis qui tente de l'entraîner dans une nouvelle conspiration jacobite, obligé d'aider les Anglais à arrêter leur brebis galeuse. Cela l'amènera, avec John Grey, jusque sur les routes d'Irlande, où les deux hommes ne manqueront pas de vivre un tas d'aventures.
    Le Prisonnier Écossais est un roman dans l'univers de la série Outlander (Le Chardon et le Tartan) et se situerait, chronologiquement, en parallèle du tome 3. On retrouve Jamie à Helwater, dans la demeure des Dunsany où, deux ans plus tôt, il s'est trouvé au centre d'un véritable drame familial. Sa position est un peu floue car s'il n'a pas été complètement blanchi pour ses actions lors du Soulèvement (qui se solde par la terrible défaite de Culloden, en avril 1746), il n'est pas complètement emprisonné non plus et reste relativement libre de ses mouvements. Quant à ses relations avec Grey, elles sont alors relativement tièdes mais, avec son sens de l'honneur développé et sachant malgré tout ce qu'il doit à l'officier de l'armée britannique, Jamie fera tout ce qui est en son pouvoir pour l'aider en Irlande.
    Roman historique et d'aventures plus que fantastique (contrairement à la saga à proprement parler), ce roman met en avant le personnage de lord John, qui apparaît régulièrement dans les romans mais toujours au second plan. Ici, la question des voyages dans le temps est absente ou presque et c'est surtout sur le contexte que l'auteure s'appesantit, avec la préparation en Irlande d'un nouveau soulèvement catholique que Jamie, encore marqué par la terrible défaite de Culloden et l'écrasement des clans des Highlands, est déterminé à faire avorter.

    Outlander: Who is the actor behind the former soldier, Lord John? - TV  Series

     

    Lord John Grey et Jamie Fraser sont interprétés, dans la série Outlander, par David Berry et Sam Heughan


    Si vous aimez Outlander, c'est un plaisir de retrouver les personnages (même si une grande partie d'entre eux, à commencer par Claire, sont absents) et l'univers familier. C'est toujours drôle, toujours aussi cru aussi parfois (mais je crois que cela participe aussi à la force comique de cette saga). Et puis en toile de fond on retrouve aussi l'Histoire des îles britanniques en ce milieu du XVIIIème siècle et c'est intéressant. Contrairement au Cercle des Sept Pierres, recueil de nouvelles et donc beaucoup plus varié, que ce soit au niveau des époques et des personnages, Le Prisonnier Écossais est un roman, avec une intrigue qui se tisse au fil des pages et où l'arrestation de Siverly devient aussi le prétexte de développer les relations entre lord John et Jamie, que l'on retrouvera par la suite très liés aux Amériques notamment (par exemple, lord John sera le confident de Brianna lorsque celle-ci rejoindra ses parents au XVIIIème siècle). On se rend compte que cette amitié est d'autant plus forte qu'elle a été précédemment chaotique, marquée par des événements malheureux ou gênants, par des dettes d'honneur que lord John et Jamie se devront successivement et réciproquement, mais qu'elle en sera en fait d'autant plus forte et que leur statut initial de geôlier et de prisonnier est dépassé par une estime et une compréhension mutuelle. Ces hors-série recentrés sur lord John permettent aussi de développer le caractère du personnage qui peut apparaître relativement lisse dans les romans mais ne l'est pas tant que ça, en fait
    Vous pouvez aisément le lire si vous ne connaissez pas la saga ou que vous n'avez vu que la série. L'univers est assez facile à appréhender même si certains événements abordés peuvent vous paraître un peu flous (mais cela fait longtemps aussi que j'ai lu la saga et j'avoue ne pas me souvenir de tout non plus).
    Faut-il aimer Outlander pour aimer et comprendre les hors-série ? Honnêtement, je n'en sais rien, parce que j'ai commencé la lecture de ces derniers bien après avoir lu les tomes formant la saga romanesque à part entière mais je pense en effet que c'est possible de commencer par ceux-là sans aucun problème.
    Et pour les fans de la saga, c'est un bon moyen aussi de patienter avant la sortie du tome 9 et de la saison 6. 

    En Bref :

    Les + : ces hors-série de Outlander nous permettent de retrouver un univers et des personnages familiers et de les développer dans des intrigues parallèles à celles de la saga à proprement parler. Quand on aime cet univers, c'est plutôt sympa. 
    Les - :
    quelques longueurs et, peut-être, un ou deux chapitres un peu superflus...

     


    Le Prisonnier Ecossais (dans l'univers de Outlander) ; Diana Gabaldon

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Parfois, il ne s'agit pas simplement de choisir entre le bien et le mal. Une bonne action peut aussi avoir des conséquences néfastes. »

    Couverture Les fleurs sauvages des bougainvilliers

     

     

           Publié en 2013 en Australie

       En 2017 en France (pour la présente édition)

       Titre original : The Perfect Wife

       Editions Pocket

       521 pages

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Kitty, peintre australienne, a bien des choses à se faire pardonner après le scandale qu'elle a déclenché à Londres et qui a bien failli mettre fin à son couple. Elle quitte l'Angleterre pour rejoindre son mari Theo en Afrique, au Tanganyika. Loin de tous ses repères, Kitty va tout mettre en oeuvre pour regagner la confiance de Theo et endosser le rôle d'épouse modèle. Mais très vite, elle s'ennuie. Jusqu'à ce que sa route croise celle de Taylor, un anti-colonialiste charismatique engagé aux côtés des Wagogo. La nature fougueuse de Kitty refait surface. Déchirée entre sa loyauté envers son mari, son attirance pour Taylor et son besoin de venir en aide à ce peuple démuni, Kitty saura-t-elle faire le bon choix ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1948, Kitty rejoint son mari au Tanganyika. Theo, ancien pilote de la RAF pendant la guerre, est aujourd’hui employé de l’OFC (Overseas Food Corporation) en Afrique, pour le compte du ministère des Colonies de la Grande-Bretagne. Dès le début, on sait que Kitty doit quitter l’Angleterre à cause d’un scandale qui l’a éclaboussée et doit se faire oublier.
    A Kongara, qui n’a de ville que le nom, Kitty découvre un mode de vie bien différent de celui qu’elle connaissait en Angleterre : si les épouses des dignitaires de l’OFC ont tenté de recréer un semblant de société comme dans leur pays d’origine –societé d’ailleurs pas mal basée sur l’hypocrisie et les préjugés-, rien n’est évidemment comparable ici avec la Grande-Bretagne. Kitty découvre avec émerveillement et intérêt, tandis que les autres Européens se replient sur eux-mêmes et leurs coutumes, les grandes plaines d’Afrique qui lui rappellent les vastes étendues du bush australien, où elle a grandi avant de gagner l’Angleterre, où elle a rencontré Theo. Mais elle doit aussi faire face à l’attitude imprévisible d’un époux qu’elle ne reconnaît plus, qui se montre changeant et parfois irascible. Est-ce les traumatismes de la guerre, encore mal évacués ou bien autre chose ? En tout cas, Kitty et Theo semblent ne plus rien partager…
    Dans un pays fortement divisé entre les peuples natifs (les Wagogo notamment) et les Européens, se comportant en terrain conquis, Kitty découvre l’envers des colonies, l’injustice innée qu’elles véhiculent, l’amertume justifiée des Africains envers les Européens qui ne les considèrent que comme de la main d’œuvre corvéable à merci et que l’on peut spolier de ses terres sans scrupules. Un jour, par hasard, lors d’une promenade dans la brousse, elle découvre une mission catholique qui redonne un sens à sa vie d’épouse délaissée et sans enfants…elle rencontre aussi Taylor, un Anglais né au Tanganyika et qui prend fait et cause pour les habitants de la région, au détriment des colons. Kitty ne va pas tarder à embrasser son combat.
    Les fleurs sauvages des bougainvilliers nous emmène donc tout droit en Afrique, à la fin des années 1940. La guerre est terminée depuis quelques années seulement et l’Europe se reconstruit doucement. Au Tanganyika (la future Tanzanie), l’OFC est responsable du « plan Arachide », qui a pour but à long terme de nourrir l’Europe éprouvée par les privations de la guerre. Expérimental, le « plan Arachide » sera voué à l’échec par la méconnaissance du terrain des cadres de l’OFC d’une part, leur précipitation d’autre part. Voilà pourquoi Kongara (ville fictive imaginée par Katherine Scholes sur le modèle de Kongwa) est une ville de bric et de broc, à demi-achevée, où se mêle une population bigarrée (Africains, Européens, Asiatiques) qui tente de survivre tant bien que mal dans des inégalités criantes. Alors que les cadres de l’OFC et leurs familles vivent dans les maisons cossues de la si bien nommée rue des Millionnaires, que les épouses engagent des ayahs pour s’occuper des enfants et passent de longues heures oisives au club ou au bord de la piscine, les ouvriers s’entassent dans des camps de toile rudimentaires, les machines rouillent au milieu de la savane, inutilisées et la prostitution pullule.

    Safari Tanzanie & Zanzibar : les incontournables à envisager | Loin de la  Foule

     

    Paysage typique de la Tanzanie


    Dans ce monde un peu chaotique d’après-guerre, où tout le monde est fragilisé par les années qui viennent de passer, les relations sont souvent tendues, hypocrites et peu spontanées. Heureusement à Kongara, Kitty, traînant elle-même ses propres démons, rencontre en Diana, l’épouse du supérieur de son mari Theo, une véritable amie et dans les pères de la mission catholique, un soutien sans faille qui redonnera un sens à sa vie. D’abord très dépaysée, encore ébranlée par le scandale qui l’a touchée de plein fouet en Grande-Bretagne, lui faisant perdre l’estime de sa belle-famille et la confiance de son époux, Kitty redevient forte et déterminée à choisir son camp : et ce ne sera pas celui de Theo et de l’OFC mais bien celui de l’Afrique et de ses habitants, injustement exploités par les colons européens.
    Grâce à de nombreux flash-back, la vie antérieure de Kitty se dévoile. Au départ, j’avoue que le personnage m’a laissée assez indifférente : sans la détester, je ne l’en aimais pas pour autant. Peut-être ce scandale flottant autour d’elle me prévenait contre elle, je n’en sais rien. Et puis, petit à petit, la jeune femme qui arrive en Afrique en ayant fui quasiment comme une voleuse se révèle sous le vernis de l’épouse modèle venue soutenir son époux dans sa tâche. Australienne, Kitty a quitté son pays natal pour l’Angleterre. Attirée par l’art, talentueuse, la jeune femme découvre un peu avant la guerre la Slade School of Art de Londres, où elle fera une rencontre qui changera sa vie…pour le meilleur comme pour le pire. Puis, un jour, alors qu’elle se promène dans les bois près de la propriété d’Hamilton Hall, elle en rencontre l’héritier, sans le savoir. Theodore Hamilton, surnommé Theo, est pilote. Pendant la guerre, il sera pilote dans la RAF, vivant dans l’angoisse constante d’effectuer son dernier vol. Marqué, fragilisé par cette expérience où il a vu plusieurs de ses collègues mourir, Theo en revient changé. Les relations avec lui ne seront plus jamais les mêmes. Et puis, un jour, le scandale qui arrive et la société, forcément encline à juger, obligeant Kitty à faire un choix…
    Alors évidemment, dès le départ, on se demande ce qu’est ce scandale qui pousse Kitty a changer drastiquement de vie. Adultère ? Secret de famille soudainement dévoilé ? Enfant caché ?
    Le fait que l’on se pose la question aiguise forcément l’intérêt et la curiosité et le fait que les flash-back nous distille petit à petit les informations et les clés nous donne forcément envie de continuer. Mais il n’y a pas que ça : les grands espaces du Tanganyika y sont aussi pour beaucoup, on voyage entre les pages de ce roman, découvrant des endroits différents et respirant des senteurs inconnues. Et puis il y’a Kitty aussi, qui change et se métamorphose petit à petit, à laquelle on s’attache progressivement, peut-être parce que son isolement, son statut d’épouse délaissée, nous pousse à avoir de la considération pour elle.
    Il y’a Taylor aussi, un personnage assez surprenant : né en Afrique, il en connaît les usages et respecte les natifs, tout comme il est respecté par eux. On comprend donc aisément que les Britanniques de l’OFC le considèrent d’un mauvais œil et lui fassent une très mauvaise réputation.
    Je pense ne rien vous divulguer d’énorme en vous disant qu’une certaine attirance entre Taylor et Kitty va naître… quasiment dès la lecture du résumé on se doute que quelque chose (mais quoi exactement ?) va se passer entre ces deux là. Alors oui, on peut dire que le roman est assez prévisible : mais en même temps, le cheminement pour arriver du point A au point B n’est pas linéaire et c’est ça aussi qui est intéressant ! Aurais-je pensé, en commençant la lecture de ce roman, découvrir que Kitty, loin des autres épouses britanniques, oisives et désœuvrées, deviendrait une vraie Africaine dans l’âme, retrouvant des similitudes avec la vie dans la brousse qu’elle a menée en Australie pendant son enfance ? Non. L’image que je me faisais de Kitty était finalement assez biaisée et pour mon plus grand plaisir j’ai découvert un personnage bien moins lisse que ce que je ne croyais.
    Les Fleurs sauvages des bougainvilliers a été une bonne surprise. Une découverte dépaysante comme je les aime, avec une trame historique intéressante : j’ai pris un grand plaisir à découvrir l’aventure (bien que quasiment condamnée dès le départ) de l’OFC, que je ne connaissais pas. En même temps, d’une certaine manière, ce roman dénonce les méfaits du colonialisme et Katherine Scholes a mis au service de son roman sa grande connaissance du continent africain. Si vous aimez la romance, ce roman est aussi fait pour vous !

    En Bref :

    Les + : un roman lumineux, un propos historique sur fond de romance et de dépaysement.
    Les - :
    peut-être certains aspects du roman sont-ils un peu trop cousus de fil blanc...


    Les Fleurs sauvages des bougainvilliers ; Katherine Scholes

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • «  On apprend des choses quand on parle avec les gens, surtout avec les gens qui ne vous ressemblent pas. »

    Couverture Les lumières de Cape Cod

     

     

      Publié en 2015 aux Etats-Unis 

      En 2018 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Schuyler Sisters, book 2: Tiny        Little Thing

      Editions Pocket

      444 pages

      Deuxième tome de la saga Schuyler Sisters

     

     

     

     

    Résumé :

    Tiny Schuyler était prédestinée : une éducation dans les meilleures écoles de New York, un mariage de rêve avec un beau parti et un chemin tout tracé vers la Maison Blanche. Car ne semble pouvoir arrêter l'ascension fulgurante de son mari, Frank Hardcastle. Bientôt, c'est sûr, Tiny sera la nouvelle First Lady
    Mais une série d'événements va venir assombrir le ciel bleu de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur QG. C'est d'abord l'arrivée de Pepper, la cadette des soeurs Schuyler, écervelée et insolente. Puis une lettre anonyme, menaçant la réputation de Tiny et de son époux. Enfin, les retrouvailles inattendues avec le séduisant cousin de Frank. Un homme que Tiny a aimé autrefois...
    Combien de temps avant que l'image de l'épouse modèle se fissure ? Dans la course au pouvoir suprême, les sentiments ont-ils une place ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1966, Tiny Hardcastle est en vacances à Cape Cod, Massachussetts, dans la maison familiale de son mari, Frank, très occupé par la préparation de l’élection présidentielle. Ce diplômé d’Harvard, issu de l’une des meilleures familles de la côte est sent que son destin est en marche : il est en bonne place pour devenir président des Etats-Unis, faisant de Tiny la First Lady. En compagnie des cousines de son époux et de sa grand-mère, Tiny assiste de loin à l’ascension irrésistible de Frank. Mais cet été n’est décidément pas comme les autres : la réputation de Tiny est soudain menacée par un mystérieux maître chanteur et c’était sans compter sur la réapparition de « Cap », Caspian Harrison, le cousin de Frank, héros de la guerre du Vietnam, un homme que Tiny a aimé avant.
    Tiny, c’est Christina Schuyler, l’aînée des trois sœurs Schuyler : dans le premier tome de la trilogie (La Vie secrète de Violet Grant) on rencontre Vivian, la deuxième sœur, vive et enjouée, qui part sur les traces d’une ancêtre qui a changé totalement de vie au début du XXème siècle. Le troisième, Une maison sur l’océan, sera consacré à Pepper, la dernière sœur. Dans La Vie secrète de Violet Grant, on apprend que les trois sœurs ne s’entendent pas très bien et c’est même avec condescendance que Vivian parle de sa sœur Christina et de sa petite vie bien rangée aux côtés de son mari propre sur lui.
    Et pourtant…la douce et délicate petite Tiny a un secret. Un gros secret qui, alors que son mari est en train de préparer la primaire électorale, pourrait se révéler être particulièrement dangereux s’il était dévoilé.
    On dit bien que c’est dans la meilleure société, la plus policée, la plus conformiste qu’il se passe les choses les plus « sales ». Les scandales ne viennent-ils pas souvent des plus hautes sphères ?
    Au fil de ce roman addictif, qu’on ne peut plus lâcher une fois les premières pages lues, la carapace bienséante des personnages se fissure et se craquelle. Car on se rend vite compte que si Tiny a des choses à cacher, elle n’est pas la seule : qu’en est-il de Frank, qui n’est peut-être pas celui qu’il laisse paraître ? Qu’en est-il de son beau-père, prêt à tout pour que son fils accède à la fonction suprême, quitte à flirter avec l’illégalité ? Qu’en est-il de la cousine Constance, dont le mariage semble si parfait mais qui n’en est pas moins aigrie et hypocrite ?
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que les relations familiales des Hardcastle sont bien compliquées et niveau toxicité, ils se posent tous là !
    Les Lumières de Cape Cod, c’est un peu un Gossip Girl à la sauce sixties : de pauvres petites filles riches désœuvrées, des mecs bien propre sur eux, la cravate bien nouée et les cheveux gominés mais qui ne sont peut-être pas si lisses qu’ils veulent bien le dire (Frank m’a parfois fait penser au personnage de Nate Archibald, le petit mec craquant du lycée au look de gendre idéal qui se défonce à la sortie des cours avec ses potes), des secrets, des rancœurs, des non-dits, des renoncements pour respecter la sacro-sainte règle du « comme il faut, sans faire de vagues ».
    Ce roman a un côté assez jouissif finalement parce que ces personnages qu’on pourrait envier pour plein de raisons (l’argent facile, les belles baraques, les belles voitures, les plages privées) ne sont en fait que des « pauvres petits enfants riches » et on se dit que finalement on est bien dans nos vies lambda à aimer qui on veut, à se satisfaire d’ambitions à notre hauteur, qui vont nous permettre de nous épanouir et pas de se retrouver prisonnier, au contraire.
    Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je n’ai pas détesté les personnages, au contraire, j’ai même beaucoup aimé Tiny, bien différente de la version qu’en donne Vivian dans La Vie secrète de Violet Grant. Tiny Schuyler n’est pas la gentille petite épouse dévouée pour laquelle elle passe au début du roman. Grâce à d’habiles flash-back qui nous ramènent en 1964, quelques semaines avant son mariage avec Frank Hardcastle, cador de Harvard qui vient d’être diplômé avec les honneurs, on comprend que Tiny n’est peut-être pas exactement celle pour laquelle elle passe : gentille, douce, policée et sans histoire, en un mot, banale. Non…Tiny a bien plus de ressources qu’on ne le croit et elle est même assez attachante. On comprend vite que sa vie de couple ne la satisfait pas vraiment, que des non-dits la minent et, de fait, sa relation avec Frank qui en pâtit. On comprend aussi que si elle avait pu faire autrement, peut-être l’aurait-elle fait…Si on ne l’avait pas retenue, Tiny aurait-elle vraiment épousé Frank, s’enfermant dans un faux mariage d’amour ? Seulement quand on est une princesse de Park Avenue, on ne fait pas ce qu'on veut. 
    Bref…vous avez aimé L’été du cyclone ? Lancez-vous. Vous n’avez pas lu L’été du cyclone ? Qu’attendez-vous ? Et surtout, n’oubliez pas de lire ensuite la trilogie des sœurs Schuyler, vous serez sûrement séduits. Personnellement, j’aime beaucoup l’univers de Beatriz Williams et sa manière de raconter. Et puis, petite mention pour le personnage de Caspian Harrison, le cousin de Frank, le seul électron libre de la famille et celui qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense quand il le pense. Il est vraiment plutôt sympa et bouscule un peu le récit, en plus d’être assez charismatique et séduisant (ça ne gâche rien, on est d’accord ?) Pour conclure je dirais : un vrai plaisir que cette lecture, idéale pour l’été, qui sent les embruns et le sable chaud. Comme avec les deux précédents romans, je me suis régalée, vraiment.

    En Bref :

    Les + : ce Gossip Girl transposé dans les années 60, raconté par Beatriz Williams, très cash, a quelque chose de finalement assez jouissif et addictif ! 
    Les - :
    certains chapitres à la fin m'ont moins convaincue que la première partie du récit, sans entacher pour autant mon très bon sentiment. 


    Schuyler Sisters, tome 2, Les Lumières de Cape Cod ; Beatriz Williams 

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Dans ce monde, monsieur Gilbert, les certitudes sont rares. Mais je puis vous faire part de celle-ci : la vérité dépend de la personne qui vous raconte l'histoire. »

     

     

     

     Publié en 2018 en Angleterre 

     En 2020 en France (pour la présente édition)

     Titre original : The clockmaker's daughter

     Editions Pocket

     720 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Londres, été 2017. Ce n'est qu'une vielle sacoche en cuir. Une de plus, à inventorier. Mais pour Elodie, jeune archiviste que ses fiançailles avec un golden-boy n'enthousiasment guère, c'est une révélation. Qui est cette belle femme en tenue victorienne, sur ce portrait jauni ? Et pourquoi ce manoir sur la Tamise, peint si délicatement, lui semble-t-il familier ? Entrant comme par effraction dans un mystère vieux de cent cinquante ans où se croisent un célèbre peintre préraphaélite, sa muse, et la disparition sanglante d'un diamant hors de prix, Elodie remonte bientôt le cours du temps - pour mieux échapper à son présent ?

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 2018, en terminant L'Enfant du Lac, je me suis dit que je venais de terminer mon Kate Morton préféré.
    En terminant La Prisonnière du Temps, je me dis la même chose. C'est grave, docteur ?
    Disons que dans mon palmarès Kate Morton, La Prisonnière du Temps arrive en première position et L'Enfant du Lac est juste derrière, quasi ex-æquo.
    Maîtresse des romans d'ambiance que j'aime appeler les romans à secrets, Kate Morton et son univers unique m'ont séduite en 2012 et, depuis cette date, c'est toujours avec plaisir que je lis ses livres. Globalement, cela dit, c'est ses romans les plus récents qui jusque là, m'ont le plus captivée, peut-être parce que le style de l'auteure et son univers s'affinent avec le temps.
    Comme pour L'Enfant du Lac, ce qui m'est venu à l'esprit comme qualificatifs en cours de lecture, c'est : quelle richesse ! Quelle densité ! L'intrigue est complexe mais maîtrisée de bout en bout par l'auteure et ça se sent. A aucun moment on ne ressent de confusion, à aucun moment on n'a l'impression de lire une intrigue brouillonne, non..Tout se tient. Tout est cohérent.
    Comme d'habitude, Kate Morton reprend les ficelles qui ont fait le succès de tous ses romans : plusieurs héros, plusieurs époques et des secrets qui seront révélés, distillés tout au long du récit.
    Ici, l'intrigue démarre en 2017 avec la découverte par Elodie, jeune archiviste londonienne, d'une vieille sacoche dans laquelle elle découvre un carnet à dessin et un cadre contenant la photo ancienne d'une jeune femme inconnue au physique magnétique. Mais ce qui interpelle la jeune femme c'est que l'ébauche qu'elle découvre dans le vieux carnet est celle d'une maison qui lui évoque quelque chose : une histoire, un conte que sa mère lui racontait quand elle était petite et dont elle a gardé un souvenir par-delà les années... Et cette jeune femme en robe blanche, si moderne et qui semble défier le temps, qui est-elle ?
    Elodie se plonge alors toute entière dans une enquête qui la ramène à ses propres souvenirs et qui l'aide à supporter la nervosité des préparatifs de son mariage, projet qui ne l'enthousiasme plus autant que cela... Du Londres moderne en passant par celui des années 1860, à la mystérieuse maison de Birchwood Manor, où un drame s'est joué durant l'été 1861, dans un cercle d'artistes préraphaélites, La Prisonnière du Temps est un roman extrêmement captivant, qui se tisse et se dénoue comme un roman policier. J'ai aimé le mélange des époques, j'ai aimé aussi la simplicité d'Elodie, le personnage principal contemporain, à laquelle on peut s'identifier facilement.
    Et j'ai aimé l'univers historique, découvrir Birchwood Manor à l'époque où Edward Radcliffe occupe les lieux avec ses amis artistes, peintres et photographes et pendant la Seconde guerre mondiale, quand la vieille maison élisabéthaine accueille une famille londonienne pendant le Blitz.
    C'est très dense, c'est très riche... l'auteure y aborde plein de sujets différents : le rapport à l'art, la fratrie, le mariage, le deuil, l'attachement que l'on peut avoir pour une demeure (en l'occurrence Birchwood Manor, maison tantôt mystérieuse, inquiétante ou protectrice, chargée des souvenirs de ses habitants successifs et qui semble en avoir, du même coup, acquis une âme), le secret... Il faut s'accrocher, il ne faut pas perdre le fil, mais ça vaut le coup.
    Au milieu du roman, j'ai quand même eu l'impression d'atteindre une sorte de plateau : je stagnais un peu et j'ai senti un peu de lassitude. J'ai eu un peu peur parce que ça ne m'était jamais arrivé jusque là avec un roman de Kate Morton. Heureusement ce sentiment n'a été que passager et l'intérêt est revenu rapidement. Au final, cette lecture n'a été qu'un pur plaisir, de bout en bout. C'était cocooning et apaisant, malgré la dureté qui n'est pas absente du récit.
    Ce qui est bien avec Kate Morton, c'est que jamais ce n'est mièvre. C'est toujours suffisamment intelligent et bien pensé pour éviter l'écueil de la niaiserie et de la naïveté.
    Oui, n'ayons pas peur des mots : encore une fois, l'auteure australienne mais qui a si furieusement su nous passionner pour l'Angleterre, ses secrets et ses vieux domaines, nous offre 700 pages de pur plaisir ! Si vous connaissez déjà son univers et que vous l'aimez, nul doute que vous aimerez La Prisonnière du Temps ! Si vous n'avez pas encore découvert Kate Morton, eh bien, pourquoi ne pas vous lancer avec ce roman passionnant et plein d'aventures ?

    En Bref :

    Les + : j'ai eu l'impression de lire un récit dont les fils conducteurs, au départ, semblent mener chacun à un but différent...comme un tissu compliqué dont on verrait la trame, sans comprendre pour autant la manière dont elle est tissée. Et puis, d'un coup...le dénouement. C'était magistral ! 
    Les - :
    un petit plateau en milieu de récit, où j'ai eu l'impression que le roman stagnait un peu mais, heureusement, c'était passager.

     


     

    La Prisonnière du Temps ; Kate Morton 

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Le monde est trop grand et trop varié pour que nous restions vissés dans une convention sociale qui ne sert plus le peuple pour lequel il a été créé. »

    Couverture Le bruissement du papier et des désirs

     

     

     Publié en 2018 aux Etats-Unis

     En 2020 en France (pour la présente édition)

     Titre original : Marilla of Green Gables

     Editions Pocket

     432 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Île du Prince-Edouard, au large du Canada, 1837. L'enfance de Marilla Cuthbert s'écoule, heureuse et paisible dans le cadre enchanteur de la campagne, avec ses parents et son frère aîné, Matthew. A la mort brutale de sa mère adorée, Marilla se jure de veiller toujours sur son père et son frère. Mais aussi sur tous ces orphelins, ces fugitifs noirs-américains qui, traqués par les chasseurs d'esclaves, débarquent sur leurs côtes. 
    Fidèle à ses principes, cette jeune femme éprise de liberté jettera toutes ses forces dans la bataille - au prix de ses désirs, au péril de sa vie... 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1837, dans la petite ville d'Avonlea sur l'île du Prince-Edouard, Marilla est une jeune fille heureuse, qui coule des jours paisibles dans la maison familiale, auprès de ses parents et de son frère aîné. Après un long hiver rigoureux, alors que le printemps revient et que Marilla goûte pour la première fois aux doux émois qui font battre le cœur, sa mère meurt brutalement en couches, la laissant seule avec son père et son frère. L'enfance de Marilla s'arrête et elle jure à sa mère qu'elle fera tout pour protéger Hugh, son père et Matthew, son frère. A à peine treize ans, Marilla prend la place de la disparue dans la maison aux Pignons Verts...
    Le temps passe, Marilla grandit, devient adulte : elle découvre la réalité de cette moitié du XIXème siècle sur le continent américain, l'esclavage encore pratiqué aux Etats-Unis, le chemin de fer clandestin qui emmène des centaines de fugitifs vers le Canada, où l'esclavage a été aboli, les orphelinats accueillant de jeunes enfants qui ont quitté l'enfer des plantations, les Etats du Sud qui menacent de faire sécession... Malgré un cadre de vie privilégié et isolé, sur une petite île au large du Canada, Marilla s'engage, au péril de sa propre sécurité, quand les chasseurs d'esclaves américains commencent à débarquer au Canada pour y traquer ceux qui se sont échappés. Marilla qui ne quitte pas la maison de son enfance, qu'elle partage avec Matthew, la maison aux Pignons Verts, Marilla qui vieillit et qui grandit avec les souvenirs des absents, des regrets, des peines mais aussi le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait et d'être à la bonne place.
    En achetant ce livre au printemps dernier, le résumé m'a évidemment fait penser à Anne...la maison aux Pignons Verts (Anne of Green Gables) de Lucy Maud Montgomery et à la série Anne with an E qui a eu beaucoup de succès cette année. Mais n'ayant pas lu l'un ni vu l'autre, je n'ai pas fait le rapprochement entre la Marilla de Sarah McCoy et celle de Lucy Maud Montgomery. Pour moi, l'univers de La Maison aux Pignons Verts avait peut-être servi d'inspiration pour Le Bruissement du Papier et des Désirs mais je n'avais pas compris qu'il en découlait directement, en fait. Peu importe, après tout, je me suis lancée dans ce roman avec beaucoup de curiosité : j'ai bien aimé Un goût de Cannelle et d'Espoir puis Un Parfum d'Encre et de Liberté donc pourquoi n'aimerais-je pas celui-ci ?
    On ne va pas se mentir, le début a été laborieux, je ne sais pas pourquoi mais le roman m'est souvent tombé des mains, à tel point que j'ai pensé un temps le laisser de côté et y revenir plus tard. Je ne sais pas ce que je redoutais (la mort de la mère, peut-être ?) mais je freinais des quatre fers et n'avançais pas...Et puis ce début un peu laborieux a laissé la place à un roman éclatant, lumineux, porteur d'espoir, plein de nostalgie et d'émotions diverses : j'ai soudain lu deux-cents pages d'un coup, j'ai senti que je rentrais enfin dans l'histoire, que je m'attachais à Marilla, que je trouvais ma place dans ce récit. Après m'être tombé des mains, le roman s'y est vissé, je n'ai plus réussi à le lâcher.
    Jamais coup de cœur ne sera arrivé de manière si surprenante. Oui oui, vous avez bien lu : Le Bruissement du Papier et des Désirs a été un coup de coeur alors que c'était franchement mal barré au départ. Souvent, je sens arriver le coup de coeur rapidement : ce peut être dès les premiers chapitres, les premières pages, parfois même dès les premiers mots...mon avis change rarement par la suite. Mais là, très honnêtement, je ne l'ai pas vu venir, ce coup de cœur, du coup il n'en a été que plus délectable par la suite.
    Je ne pourrais pas vous dire pourquoi ce roman m'a autant touchée, m'a autant émue : en tout cas, il a fait couler mes larmes plusieurs fois, parce que la manière dont Sarah McCoy décrit le deuil, la perte, les regrets, m'a touchée. Parce que le roman est profondément nostalgique, aussi...je ne dis pas que la nostalgie est forcément un sentiment triste, non, mais il génère une certaine émotion et j'y suis très sensible. Pour moi, la nostalgie n'est pas passéiste, au contraire, c'est un moyen de se souvenir...ça ne veut pas dire non plus qu'on regrette...c'est presque un sentiment réconfortant, des fois et c'est ce que j'ai ressenti en lisant ce roman. Se retourner sur le passé et voir ce qui a été et qui ne sera plus mais qui perdure dans les souvenirs et dans les cœurs : j'ai eu le sentiment que cette idée était au centre du récit, surtout lorsque Marilla et Matthew prennent de l'âge et je crois que c'est elle qui m'a finalement le plus émue.
    Le Bruissement du Papier et des Désirs est un roman puissant, fort, lumineux (je l'ai déjà dit, je crois mais tant pis), profondément humain. Il décrit la vie, tout simplement, qui n'est pas lisse, qui n'est pas linéaire, qui n'est pas que peines ni que joies. Marilla et Matthew ont connu des moments heureux, ils ont espéré, ils ont désespéré, ils ont ri, ils ont pleuré, ils ont regretté, ils ont laissé passer des occasions ou des opportunités, mais ils ont toujours trouvé dans leur vie et la manière de la mener une satisfaction personnelle et n'est-ce pas là le plus important ? Réussir sa vie (même si je n'aime pas forcément cette idée...et d'abord, ça veut dire quoi, réussir sa vie ?) ce n'est pas tout avoir et être heureux sans cesse : c'est s'écouter, c'est faire ce que l'on sent, c'est accepter les regrets et l'amertume dont personne n'est exempt. Ce roman peut nous parler à tous, à notre échelle : pas besoin d'avoir connu les mêmes épreuves que le frère et la soeur Cuthbert (et tant mieux d'ailleurs) pour se retrouver en eux et communier avec eux, sous la plume délicate et sensible de Sarah McCoy.
    J'ai apprécié tous les aspects de ce roman, du contexte historique que l'on retrouve en filigrane tout au long du récit (la menace de la guerre civile aux Etats-Unis, le débat au Canada entre libéraux réformistes et conservateurs, qui agite la politique du pays dans le courant des années 1840) au déroulé de la vie de Marilla et Matthew, que je découvrais, mais que les personnes ayant lu le roman de Lucy Maud Montgoremy connaissent bien. En se basant justement sur les informations distillées dans le roman de Montgomery, Sarah McCoy a imaginé les origines de La Maison aux Pignons Verts. Je ne sais pas si l'univers correspond à celui du roman original, mais j'ai bien apprécié l'ambiance qui se dégage du Bruissement du Papier et des Désirs : la vie isolée et rude, mais heureuse sur cette petite île qui m'a rappelé parfois l'Irlande ou l'Ecosse (n'allez pas me demander pourquoi, c'est comme ça, c'est tout), les paysages superbes, l'atmosphère chaleureuse de la maison aux Pignons Verts.
    Ce roman est une lecture d'automne idéale : on se blottit dans la chaleur de ses pages comme devant une cheminée où craque un bon feu. Ce peut être aussi une formidable lecture de Noël.
    En tout cas, si vous cherchez de l'émotion, un roman vibrant et profondément humain, si vous avez aimé la série Anne with an E ou le roman de Lucy Maud Montgomery et que vous voulez découvrir la jeunesse de Marilla et Matthew, les deux bienfaiteurs de la petite Anne, alors lancez-vous. Si vous aimez Sarah McCoy, vous ne serez sûrement pas déçus non plus. Elle nous livre là un roman efficace, bel hommage à un classique de la littérature jeunesse et surtout porteur d'une bonne dose de sentiments qui, immanquablement, touchent au cœur

    En Bref :

    Les + : un roman profondément humain, lumineux, porteur d'espoir. Nostalgique aussi, et qui touche forcément au cœur.  
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever, même si le début a été laborieux pour moi. Par chance, tout s'est arrangé par la suite. 

     

    Coup de cœur 

     

     


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