• Romances / Romans à Secrets / Romans d'évasion

    Romances et Romans à Secrets « Si la vie est un roman, prends ta plume et viens écrire avec moi, les plus beaux chapitres. »

    Josiane Coeijmans

     

    SOMMAIRE ROMANCES, ROMANS À SECRETS ET ROMANS D'EVASION

     

    - A - 

    - B - 

    - C - 

    - D - 

    - E - 

    - F - 

    - G - 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    - K - 

    - L - 

    - M -

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « Le monde est trop grand et trop varié pour que nous restions vissés dans une convention sociale qui ne sert plus le peuple pour lequel il a été créé. »

    Couverture Le bruissement du papier et des désirs

     

     

     Publié en 2018 aux Etats-Unis

     En 2020 en France (pour la présente édition)

     Titre original : Marilla of Green Gables

     Editions Pocket

     432 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Île du Prince-Edouard, au large du Canada, 1837. L'enfance de Marilla Cuthbert s'écoule, heureuse et paisible dans le cadre enchanteur de la campagne, avec ses parents et son frère aîné, Matthew. A la mort brutale de sa mère adorée, Marilla se jure de veiller toujours sur son père et son frère. Mais aussi sur tous ces orphelins, ces fugitifs noirs-américains qui, traqués par les chasseurs d'esclaves, débarquent sur leurs côtes. 
    Fidèle à ses principes, cette jeune femme éprise de liberté jettera toutes ses forces dans la bataille - au prix de ses désirs, au péril de sa vie... 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1837, dans la petite ville d'Avonlea sur l'île du Prince-Edouard, Marilla est une jeune fille heureuse, qui coule des jours paisibles dans la maison familiale, auprès de ses parents et de son frère aîné. Après un long hiver rigoureux, alors que le printemps revient et que Marilla goûte pour la première fois aux doux émois qui font battre le cœur, sa mère meurt brutalement en couches, la laissant seule avec son père et son frère. L'enfance de Marilla s'arrête et elle jure à sa mère qu'elle fera tout pour protéger Hugh, son père et Matthew, son frère. A à peine treize ans, Marilla prend la place de la disparue dans la maison aux Pignons Verts...
    Le temps passe, Marilla grandit, devient adulte : elle découvre la réalité de cette moitié du XIXème siècle sur le continent américain, l'esclavage encore pratiqué aux Etats-Unis, le chemin de fer clandestin qui emmène des centaines de fugitifs vers le Canada, où l'esclavage a été aboli, les orphelinats accueillant de jeunes enfants qui ont quitté l'enfer des plantations, les Etats du Sud qui menacent de faire sécession... Malgré un cadre de vie privilégié et isolé, sur une petite île au large du Canada, Marilla s'engage, au péril de sa propre sécurité, quand les chasseurs d'esclaves américains commencent à débarquer au Canada pour y traquer ceux qui se sont échappés. Marilla qui ne quitte pas la maison de son enfance, qu'elle partage avec Matthew, la maison aux Pignons Verts, Marilla qui vieillit et qui grandit avec les souvenirs des absents, des regrets, des peines mais aussi le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait et d'être à la bonne place.
    En achetant ce livre au printemps dernier, le résumé m'a évidemment fait penser à Anne...la maison aux Pignons Verts (Anne of Green Gables) de Lucy Maud Montgomery et à la série Anne with an E qui a eu beaucoup de succès cette année. Mais n'ayant pas lu l'un ni vu l'autre, je n'ai pas fait le rapprochement entre la Marilla de Sarah McCoy et celle de Lucy Maud Montgomery. Pour moi, l'univers de La Maison aux Pignons Verts avait peut-être servi d'inspiration pour Le Bruissement du Papier et des Désirs mais je n'avais pas compris qu'il en découlait directement, en fait. Peu importe, après tout, je me suis lancée dans ce roman avec beaucoup de curiosité : j'ai bien aimé Un goût de Cannelle et d'Espoir puis Un Parfum d'Encre et de Liberté donc pourquoi n'aimerais-je pas celui-ci ?
    On ne va pas se mentir, le début a été laborieux, je ne sais pas pourquoi mais le roman m'est souvent tombé des mains, à tel point que j'ai pensé un temps le laisser de côté et y revenir plus tard. Je ne sais pas ce que je redoutais (la mort de la mère, peut-être ?) mais je freinais des quatre fers et n'avançais pas...Et puis ce début un peu laborieux a laissé la place à un roman éclatant, lumineux, porteur d'espoir, plein de nostalgie et d'émotions diverses : j'ai soudain lu deux-cents pages d'un coup, j'ai senti que je rentrais enfin dans l'histoire, que je m'attachais à Marilla, que je trouvais ma place dans ce récit. Après m'être tombé des mains, le roman s'y est vissé, je n'ai plus réussi à le lâcher.
    Jamais coup de cœur ne sera arrivé de manière si surprenante. Oui oui, vous avez bien lu : Le Bruissement du Papier et des Désirs a été un coup de coeur alors que c'était franchement mal barré au départ. Souvent, je sens arriver le coup de coeur rapidement : ce peut être dès les premiers chapitres, les premières pages, parfois même dès les premiers mots...mon avis change rarement par la suite. Mais là, très honnêtement, je ne l'ai pas vu venir, ce coup de cœur, du coup il n'en a été que plus délectable par la suite.
    Je ne pourrais pas vous dire pourquoi ce roman m'a autant touchée, m'a autant émue : en tout cas, il a fait couler mes larmes plusieurs fois, parce que la manière dont Sarah McCoy décrit le deuil, la perte, les regrets, m'a touchée. Parce que le roman est profondément nostalgique, aussi...je ne dis pas que la nostalgie est forcément un sentiment triste, non, mais il génère une certaine émotion et j'y suis très sensible. Pour moi, la nostalgie n'est pas passéiste, au contraire, c'est un moyen de se souvenir...ça ne veut pas dire non plus qu'on regrette...c'est presque un sentiment réconfortant, des fois et c'est ce que j'ai ressenti en lisant ce roman. Se retourner sur le passé et voir ce qui a été et qui ne sera plus mais qui perdure dans les souvenirs et dans les cœurs : j'ai eu le sentiment que cette idée était au centre du récit, surtout lorsque Marilla et Matthew prennent de l'âge et je crois que c'est elle qui m'a finalement le plus émue.
    Le Bruissement du Papier et des Désirs est un roman puissant, fort, lumineux (je l'ai déjà dit, je crois mais tant pis), profondément humain. Il décrit la vie, tout simplement, qui n'est pas lisse, qui n'est pas linéaire, qui n'est pas que peines ni que joies. Marilla et Matthew ont connu des moments heureux, ils ont espéré, ils ont désespéré, ils ont ri, ils ont pleuré, ils ont regretté, ils ont laissé passer des occasions ou des opportunités, mais ils ont toujours trouvé dans leur vie et la manière de la mener une satisfaction personnelle et n'est-ce pas là le plus important ? Réussir sa vie (même si je n'aime pas forcément cette idée...et d'abord, ça veut dire quoi, réussir sa vie ?) ce n'est pas tout avoir et être heureux sans cesse : c'est s'écouter, c'est faire ce que l'on sent, c'est accepter les regrets et l'amertume dont personne n'est exempt. Ce roman peut nous parler à tous, à notre échelle : pas besoin d'avoir connu les mêmes épreuves que le frère et la soeur Cuthbert (et tant mieux d'ailleurs) pour se retrouver en eux et communier avec eux, sous la plume délicate et sensible de Sarah McCoy.
    J'ai apprécié tous les aspects de ce roman, du contexte historique que l'on retrouve en filigrane tout au long du récit (la menace de la guerre civile aux Etats-Unis, le débat au Canada entre libéraux réformistes et conservateurs, qui agite la politique du pays dans le courant des années 1840) au déroulé de la vie de Marilla et Matthew, que je découvrais, mais que les personnes ayant lu le roman de Lucy Maud Montgoremy connaissent bien. En se basant justement sur les informations distillées dans le roman de Montgomery, Sarah McCoy a imaginé les origines de La Maison aux Pignons Verts. Je ne sais pas si l'univers correspond à celui du roman original, mais j'ai bien apprécié l'ambiance qui se dégage du Bruissement du Papier et des Désirs : la vie isolée et rude, mais heureuse sur cette petite île qui m'a rappelé parfois l'Irlande ou l'Ecosse (n'allez pas me demander pourquoi, c'est comme ça, c'est tout), les paysages superbes, l'atmosphère chaleureuse de la maison aux Pignons Verts.
    Ce roman est une lecture d'automne idéale : on se blottit dans la chaleur de ses pages comme devant une cheminée où craque un bon feu. Ce peut être aussi une formidable lecture de Noël.
    En tout cas, si vous cherchez de l'émotion, un roman vibrant et profondément humain, si vous avez aimé la série Anne with an E ou le roman de Lucy Maud Montgomery et que vous voulez découvrir la jeunesse de Marilla et Matthew, les deux bienfaiteurs de la petite Anne, alors lancez-vous. Si vous aimez Sarah McCoy, vous ne serez sûrement pas déçus non plus. Elle nous livre là un roman efficace, bel hommage à un classique de la littérature jeunesse et surtout porteur d'une bonne dose de sentiments qui, immanquablement, touchent au cœur

    En Bref :

    Les + : un roman profondément humain, lumineux, porteur d'espoir. Nostalgique aussi, et qui touche forcément au cœur.  
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever, même si le début a été laborieux pour moi. Par chance, tout s'est arrangé par la suite. 

     

    Coup de cœur 

     

     


    votre commentaire
  • « Parfois, la situation nous échappe. On fait des choses sans en avoir l’intention et on donnerait tout pour revenir en arrière. »

    Couverture Le cercle des sept pierres

     

     

      Publié en 2017 aux Etats-Unis

     En 2018 en France (pour la présente édition)

     Titre original : Seven stones to stand or fall

     Editions J'ai Lu

     Hors-série dans l'univers de la saga Outlander (Le   Chardon et le Tartan)

     

     

     

    Résumé :

    Avec ce recueil, Diana Gabaldon ajoute sept pierres à son grand-oeuvre. 

    Lord John Grey sera sur tous les fronts : de la bataille de Québec au poste de gouverneur de la Jamaïque, en passant par La Havane pour voler au secours de sa mère. Maître Raymond arpentera les rues sombres de Paris tandis qu'on découvrira, entre autres, l'histoire mouvementée de la famille MacKenzie durant la Seconde Guerre mondiale. Pour finir, retour en France avec Jamie Fraser et Ian Murray qui, dans leur jeunesse, ont endossé le costume de mercenaires...

    Des nouvelles inédites dans l'univers d'Outlander, qui se lisent indépendamment et nous entraînent à travers le monde ! 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Quel plaisir de retrouver Diana Gabaldon et l'univers d'Outlander ! Bon, on ne va pas se mentir, j'aurais préféré retrouver Outlander avec le neuvième tome (dont on connaît déjà le titre anglophone Go tell the bees that I am gone) que j'attends impatiemment mais vu qu'il n'est pas même sorti aux États-unis, je me dis que je n'ai qu'à attendre et ces recueils hors-série sont justement un moyen distrayant de patienter.
    Dans Le cercle des Sept pierres, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on voyage et qu'on ne s'ennuie pas une seconde. L'auteure a mis sur le devant de la scène des personnages secondaires de la saga Outlander, donc si vous vous languissez de Jamie et Claire, inutile de vous jeter sur ce livre parce qu'ils en sont quasi absents : Jamie fait quelques apparitions, Claire est juste mentionnée... mais justement, c'est ce qui est intéressant ! On y retrouve à plusieurs reprises John Grey (à Québec lors de la bataille des plaines d'Abraham en 1759, en Jamaïque puis à La Havane lors du siège de 1762), on suit Joan McKimmie, la sœur de Marsali, dans son voyage d'Écosse vers Paris escortée par Michael Murray, le fils de Jenny et Ian (et frère de Petit Ian). On revient à Paris dans les années 1740, dans le sillage de l'inquiétant comte de Saint-Germain et de Maître Raymond.
    Et pour les inconditionnels de Roger, la nouvelle Le vent de la Toussaint revient en détail sur la vie de ses parents pendant la Seconde guerre mondiale et sur le mystère de la disparition de son père Jerry lors d'un entraînement militaire dans le Northumberland...

    Will Outlander Launch A Lord John Grey Spinoff? Here's The Latest -  CINEMABLEND

    John Grey apparaît dans plusieurs nouvelles du recueil, au Québec, à la Jamaïque ou encore à Cuba...


    Ce que j'ai aimé dans ce recueil plutôt dense, c'est justement cet aspect pas du tout linéaire, les retours incessants dans le temps (c'est bien la moindre des choses dans Outlander), les focus sur différents personnages secondaires ou sur la jeunesse pas forcément détaillée dans la série des personnages principaux (dans Novices, on découvre la jeunesse française de Jamie et Ian, dans une troupe de mercenaires)... Si l'auteure apporte des réponses, ce n'est pas forcément le but non plus et j'ai plus eu l'impression que ce recueil venait combler les « vides » en quelque sorte de la série où, évidemment, l'auteure ne peut pas s'étendre forcément en détails sur tout : on découvre par exemple le parcours de John Grey entre le moment où, gouverneur de la prison d'Ardsmuir en Écosse, il se lie d'amitié avec Jamie et le moment où ils vont se retrouver en Amérique, dans le contexte de la guerre d'indépendance... J'ai d'ailleurs apprécié de suivre ce personnage qui prend de plus en plus de place dans la saga (et c'est mérité car lord John est un personnage vraiment intéressant) et de découvrir la jeunesse de sa belle-sœur Minnie, mentionnée dans le huitième tome de Outlander mais qui a eu une jeunesse bien plus palpitante que celle de toute autre duchesse anglaise du XVIIIème siècle !
    Bref, si vous aimez l'univers d'Outlander, si vous avez lu tous les romans ou pas, certainement que vous trouverez votre compte avec ces romans hors-série qui permettent finalement de garder un lien avec la saga en attendant que sortent les neuvième et dixième tomes, qui concluront la saga principale. Je sais que des lecteurs ont considéré les spin-off d'Outlander comme des produits uniquement commerciaux et pas forcément utiles ni intéressants... chacun son avis. Personnellement je n'ai pas ressenti cela en lisant Le Cercle des Sept pierres. J'ai retrouvé au contraire ce qui fait le sel de la saga principale et la chronologie présentée au début du livre rafraîchit la mémoire (j'avoue avoir eu quelques petits flottements chronologiques par moments, donc elle n'était pas de trop) et permet d'inclure totalement ces nouvelles et romans courts dans l'univers touffu d'Outlander. Certes, on n'y croise à peine Jamie et Claire mais c'est aussi intéressant de se rendre compte que la série peut vivre sans eux ou du moins sans qu'ils soient au centre de toutes les intrigues. 
    Et si ces hors-série peuvent permettre à la saga de vivre et se développer au-delà de ses dix tomes principaux, personnellement ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre

    En Bref :

    Les + : des nouvelles ou des romans courts qui abordent pleins de sujets, mettent en scène divers personnages secondaires de la saga et nous les font mieux connaître, un voyage incessant dans les lieux et le temps...bref, on ne s'ennuie pas une seule seconde.>
    Les - :
    parfois quelques petits moments de flottement concernant la chronologie (surtout dans Le vent de la Toussaint) mais sinon rien de grave.


    votre commentaire
  • « Je ne me vois pas m'établir ici. Ce qui est un refuge à vos yeux est une prison aux miens. »

    Couverture L'Héritage de Cassandra

     

     

        Publié en 2011 en Angleterre 

       En 2020 en France (pour la présente édition)

       Titre original : Destiny's path

       Editions de l'Archipel

       369 pages 

       Troisième tome de la saga Swan River

     

     

     

    Résumé :

    1866. Dans l'arrière-pays australien où il n'a pas plu depuis des mois, Maia et Xanthe Blake, 27 ans, les deux soeurs cadettes de Cassandra, abordent un tournant de leur vie. 

    Maia, gouvernante dans une propriété, est amoureuse de son patron. Mais ce dernier est marié...Xanthe, de son côté, n'a qu'une idée : voyager et retrouver son Lancashire natal. 

    Les jumelles, qui ont toujours vécu ensemble, parviendront-elles à prendre la bonne décision ? Quitte à accepter d'être séparées ? A moins que l'arrivée d'un inconnu ne chamboule leurs projets...

    Le destin, parfois, peut vous transporter bien au-delà de vos rêves. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Avec ce troisième tome, qui est comme un retour aux sources et la promesse, pour les quatre sœurs, d'être un jour prochain réunies, Anna Jacobs clôture sa première saga australienne, Swan River, de laquelle découle Swan Hill (le premier tome, Les Pionniers, a été publié en juin aux éditions de l'Archipel).
    Après avoir été obligées de quitter l'Angleterre, poursuivies par la haine aveugle de leur tante, Cassandra, Pandora, Xanthe et Maia Blake y ont tant bien que mal trouvé leur place...tandis que Cassandra y a fondé une famille et que Maia est tombée amoureuse de son patron, Conn Largan, un Irlandais déporté en Australie sur de fausses accusations, Pandora, elle, a de plus en plus ressenti le mal du pays au point de vouloir revenir en Angleterre en laissant ses soeurs derrière elles. Et, en ce milieu des années 1860, Xanthe, la jumelle de Maia, a elle aussi de revoir l'Angleterre et de voyager même si, à cette époque-là, c'est plutôt compliqué pour une femme seule.
    Les jumelles, qui n'ont jamais été séparées, vont devoir pour la première fois, envisager de faire leur vie loin l'une de l'autre. Maia, très amoureuse de Conn et espérant qu'un jour il pourra se délier d'un premier mariage malheureux, ne souhaite pas quitter l'Australie, où elle a trouvé un semblant d'équilibre. Déchirée, elle ne peut cependant retenir sa jumelle qui, elle, souhaite voir le monde et surtout, revenir au moins une fois dans leur Lancashire natal.
    Entre l'outback australien, l'horizon bardé d'usines du Lancashire industriel et les prairies verdoyantes de l'Irlande, Anna Jacobs nous entraîne dans une fin de saga tourbillonnante, menée tambour battant. Les soeurs Blake se trouvent à un tournant de leur vie, à un moment où il faut faire des choix, où, parfois, ce que l'on veut ne correspond pas forcément à ce que veulent les autres. Xanthe et Maia, pour la première fois de leur vie, aspirent à des existences différentes et vont devoir faire avec, même si la séparation est compliquée et douloureuse. Cassandra voit partir une autre de ses soeurs, sans savoir quand elle la reverra, tandis que Pandora, la seule des soeurs Blake établie en Angleterre, se réjouit de voir revenir Xanthe. Et qu'en est-il de cette dernière, si désireuse de voir le monde mais se confrontant à des conditions de voyage éprouvantes et à la convoitise des hommes pour une femme voyageant seule ?
    Finalement, Anna Jacobs aborde dans ce troisième tome pas mal de sujets : la gémellité et la difficile séparation des frères ou sœurs jumeaux qui parfois doivent prendre leur liberté dans la douleur, l'amour plus fort que tout et même plus que les liens du mariage, le choix cornélien de devoir laisser ce que l'on aime derrière soi pour faire sa vie et suivre ses rêves, l'amour plus que fort que les convictions aussi, parfois.
    Après avoir été déçue par le premier tome de la saga qui fait suite à Swan River (Les Pionniers, premier tome d'une série en cinq tomes intitulée Swan Hill), j'avoue que j'avais un peu peur de me plonger dans L'Héritage de Cassandra, même si j'avais apprécié les deux premiers tomes malgré leurs (quelques petites) faiblesses. Et au final, j'ai retrouvé avec plaisir les sœurs Blake et la pléiade de personnages secondaires découvert tout au long de cette trilogie. Autant je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages dans Les Pionniers, autant ici, j'ai retrouvé l'authenticité et la sincérité de certains, la fraîcheur ou la gravité des autres. L'intrigue des Pionniers était aussi ultra prévisible et finalement pas hyper captivante alors qu'ici, ce ne fut pas le cas. A mon grand soulagement, je dois dire. Cette saga qui m'a fait découvrir Anna Jacobs se termine aussi bien qu'elle avait commencé. Parfois, c'est peut-être un petit peu trop romanesque mais après tout, nous sommes dans un roman, donc ce n'est pas bien grave. Franchement, je n'ai que peu de choses à reprocher à ce roman et je suis ravie de terminer sur cette note positive et porteuse d'espoir. Vu que le saga aura une suite, même si elle ne sera pas basée sur les soeurs Blake, on sait qu'on ne les quitte pas vraiment et j'espère d'ailleurs les retrouver à l'occasion. En espérant surtout que la suite de Swan Hill me plaise un peu plus que Les Pionniers, vraiment trop inégal pour avoir su me convaincre. 

    En Bref :

    Les + : un troisième tome tourbillonnant, virevoltant comme Xanthe, qui est la vraie héroïne de ce roman. Une fin de saga bien menée et une magnifique couverture, ce qui ne gâche rien.
    Les - :
    quelques petites faiblesses, quelques rebondissements un peu trop romanesques à mon goût mais sinon rien de grave.


    votre commentaire
  • « Nous allons triompher ! J'ai vu Hispaniola en flammes, Caesar. Et c'est nous qui allons l'incendier ! »

    Couverture L'île de la mangrove rouge

     

     

      Publié en 2012 en Allemagne

      En 2020 en France 

      Titre original : Der Insel den roten Mangroven 

      Editions de l'Archipel

      484 pages 

      Deuxième tome de La Saga des Îles

     

     

     

    Résumé :

    Jamaïque, 1753. Deirdre, la fille de Nora et de l'ancien esclave Akwasi, vit dans la plantation de sa mère et de son beau-père. 

    Les garçons de l'île, fascinés par la jeune métisse, ne cessent de lui tourner autour. Mais Deirdre n'a d'yeux que pour un seul homme : le Dr Victor Dufresne...

    Après L'Île aux mille sources, Sarah Lark entraîne de nouveau ses héroïnes dans les décors enchanteurs des îles caribéennes. Mais, sous les tropiques, le temps comme le destin se montrent parfois capricieux...

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Quel plaisir de retrouver Sarah Lark avec le deuxième tome de sa saga des îles ! Imaginez un plongeon dans les Caraïbes au XVIIIème siècle et, dans les grandes lignes, vous aurez la trame de cette saga que j'ai découverte l'an dernier et aimée tout de suite. Dans le premier tome, nous découvrions Nora, la fille d'un entrepreneur londonien qui, dans les années 1730, quitte l'Angleterre pour épouser un planteur jamaïcain, Elias Fortnam. Là-bas, elle se heurte à l'esclavage et à la traite négrière qui la révulsent et contre lesquels elle va choisir de lutter.
    Dans L'île de la Mangrove Rouge, nous découvrons Deirdre la fille de Nora. C'est une magnifique jeune fille de dix-huit ans qui fait tourner les têtes. Mais un secret entache sa naissance et lorsqu'elle tombe amoureuse d'un jeune médecin venu de Saint-Domingue, Victor Dufresne et que celui-ci se montre tout disposé à l'épouser, Doug et Nora, ses parents, n'hésitent pas et autorisent leur unique fille à se marier. Direction Cap-Français où Victor possède un cabinet. fils de planteurs aisés installés dans une plantation au nom évocateur : Nouveau-Brissac, en référence au fameux château de Brissac, en Anjou. Digne fille de Nora, Deirdre se place immédiatement du coté des esclaves, demandant à son époux d'affranchir leurs serviteurs, entretenant des relations amicales avec sa femme de chambre, Amali, et ne prêtant aucune attention à ce que peuvent penser ses beaux-parents et les amis de ces derniers de son comportement. Et puis un jour la jeune femme, qui s'ennuie un peu dans sa nouvelle vie, rencontre un homme débarqué d'un bateau pirate, venu avec l'un de ses camarades blessé pour demander à Victor de le soigner...et Deirdre, sans comprendre pourquoi, se sent irrémédiablement attirée par lui. En suivant les destinées de plusieurs personnages, souvent rencontrés plus jeunes dans le premier tome, on comprend petit à petit l'intrigue qui est en train de se mettre en place...on frémit et on vibre avec Deirdre. Peut-être ne vous apparaîtra-t-elle pas tout de suite aussi attachante que Nora, plus mature au même âge mais tout aussi exaltée et prête à défendre ce en quoi elle croit. C'est vrai que j'ai mis plus de temps à m'attacher à Deirdre mais en même temps j'ai aimé la suivre et la découvrir dans sa nouvelle vie sur l'île de la mangrove rouge : Saint-Domingue, la future Haïti.
    Si vous avez aimé le premier tome, nul doute que vous aimerez celui-ci. Personnellement, j'ai commencé ce roman avec beaucoup d'attentes qui n'ont pas été déçues. Je voulais de l'exotisme, de l'évasion, des plages de sable fin et en même temps, derrière cette façade un peu légère, un propos plus grave, un vrai message. En somme, je voulais Le Pays du Nuage Blanc mais aux Caraïbes et c'est effectivement ce que j'ai eu. Dans sa saga néo-zélandaise, l'auteure ne se privait pas de dénoncer les travers de la colonisation britannique en Océanie, notamment les dépossessions dont furent victimes les populations maories. Dans sa saga des îles, évidemment, elle ne pouvait manquer parler de l'esclavage, les Caraïbes à l'époque étant majoritairement peuplées de colons européens et...de leurs esclaves, travaillant dans les plantations de coton ou de canne à sucre. L'auteure situe son intrigue à Saint-Domingue, alors que François Macandal se soulève contre les planteurs blanc et entraîne avec lui des centaines de marrons. Né probablement en Afrique, Macandal est ce que l'on appelle un bossale (un esclave originaire du continent africain). Pour certains historiens c'est un prêtre vaudou mais, ce qui est sûr, c'est qu'il fut le meneur de plusieurs rébellions plutôt violentes, qui finiront par lui coûter la vie (il est exécuté le 20 janvier 1758 à Cap-Français). Si, dans le premier tome, l'auteure nous faisait découvrir la cité clandestine de Nanny, une esclave ashantie, dans les montagnes bleues de Jamaïque, elle dresse ici le portrait d'un autre leader des révoltes d'esclaves au XVIIIème siècle. C'est ça que j'aime chez Sarah Lark : la romance et l'évasion ne prennent pas le pas sur des sujets plus graves, au contraire et l'auteure les aborde sans manichéisme ni pathos ni jugement. Jusqu'ici elle ne m'a jamais déçue et ce fut encore le cas avec ce roman.
    J'ai pris un grand plaisir à suivre Deirdre dans sa nouvelle vie. Je ne me souvenais pas d'elle dans le premier tome, étrangement, peut-être parce qu'elle n'y apparaissait que bébé et petite fille. Toujours est-il qu'elle est une héroïne à la hauteur de sa mère, Nora, et que j'ai aimé la suivre même si je ne me suis pas spécialement identifiée à elle.
    J'ai toujours beaucoup aimé les romans qui se passent dans les îles au XVIIIème siècle. En début d'année par exemple, j'ai découvert avec intérêt la saga La Bougainvillée de Fanny Deschamps et j'ai retrouvé un peu la même ambiance dans le roman de Sarah Lark. Si, comme moi, vous la connaissez déjà et que vous avez aimé ses conséquentes sagas se passant en Nouvelle-Zélande, Le Pays du Nuage Blanc mais aussi Les Rives de la Terre Lointaine, vous ne serez pas déçus, nul doute là-dessus. En revanche, si vous ne connaissez pas encore cette auteure allemande qui s'est imposée, ces dernières années, comme l'une des reines du roman d'évasion et de la romance historique, je pense que sa saga des îles est toute recommandée pour démarrer. Ces deux romans qui, j'espère, auront une suite, nous montrent bien que parfois les tropiques peuvent être amers et que ces paysages de carte postale devant lesquels on soupire quand on a besoin de vacances ont eu une histoire bien difficile et parfois même, sanglante.

    ENCORE UNE FOIS UN GRAND MERCI A MYLÈNE ET AUX EDITIONS DE L'ARCHIPEL POUR CET ENVOI ET LEUR CONFIANCE. 

    En Bref :

    Les + : Ce fut plaisir de retrouver Sarah Lark dans cette nouvelle saga caribéenne qui nous fait voyager ! Après L'île aux mille sources, qui m'avait beaucoup plu, j'ai retrouvé avec vraiment beaucoup d'intérêt Nora et sa fille Deirdre. Une chouette lecture, que j'ai savourée comme il se doit.
    Les - :
    Même si certains événements me sont apparus comme un peu...invraisemblables, la qualité de l'intrigue a pallié ce petit inconvénient.

     


    votre commentaire
  • « Demain était un autre jour. Et, avec Isabella à son côté, partageant sa vie, l'aimant autant que lui l'aimait, qui savait ce que l'avenir lui réservait ? Ce qu'il avait à présent dépassait ses rêves les plus fous, mais il continuerait de travailler dur : pour elle, pour ses futurs enfants, pour sa famille là-bas en Irlande, aussi. Mais, par-dessus tout, pour elle. »

    Couverture Swan Hill, tome 1 : Les pionniers

     

      Publié en 2011 en Angleterre 

      En 2020 en France (pour la présente édition)

      Titre original : The Trader's Wife

      Editions de l'Archipel

      374 pages 

      Premier tome de la saga Swan Hill

     

     

     

     

    Résumé :

    Si, dans les années 1860, Singapour a tout d'une destination exotique, elle n'en reste pas moins une ville impressionnante pour Isabella, jeune Anglaise sans le sou, orpheline depuis la mort de sa mère.
    Ne trouvant pas de place de gouvernante, elle accepte l'offre de M. Lee, un riche marchand chinois. Elle s'installera chez lui et lui enseignera l'anglais. Deux ans plus tard, ce dernier lui présente Bram Deagan, un Irlandais ambitieux souhaitant s'installer en Australie et y ouvrir un négoce. M. Lee pousse Isabella à épouser Bram et à le suivre dans l'aventure...
    Début d'une fresque qui verra Isabella et Bram tenter de s'inventer une vie nouvelle dans la colonie de Swan Hill, au cœur de l'Australie sauvage. Mais la vie réserve des dangers, parfois des infortunes. Le bonheur sera-t-il au bout du voyage ?

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Au milieu du XIXème siècle, la jeune Isabella Saunders se retrouve dans une situation périlleuse : orpheline, qui plus expatriée à Singapour où elle n'a aucun soutien et aucune famille, elle doit rapidement trouver un emploi au risque de finir sans toit et peut-être obligée de se prostituer pour survivre. Mais c'est sans compter sur monsieur Lee, un riche négociant chinois qui décide de la prendre sous son aile : en échange de cours d'anglais qu'Isabella lui donnera, il lui offre le gîte et le couvert et s'engage à la former à tenir un magasin et à lui enseigner quelques rudiments de vente. Deux ans plus tard, quand Isabella fait fortuitement la connaissance de Bram Deagan, jeune Irlandais fraîchement installé en Australie et souhaitant faire des affaires à Singapour, monsieur Lee encourage sa protégée à l'épouser, même s'ils ne se connaissent pas.
    Avec Swan Hill et ce premier tome, Anna Jacobs nous entraîne une nouvelle fois dans une saga d'évasion australienne, en plein coeur du XIXème siècle. Après sa première trilogie, Swan River, mettant en scène les sœurs Blake voyageant de leur Lancashire natal jusqu'en Australie, Anna Jacobs remet ça avec de nouveaux personnages. Une lectrice sur le site Goodreads a écrit que cette saga dépeignait bien la condition périlleuse des premières femmes à s'installer dans les colonies australiennes et c'est vrai. On s'aperçoit que la vie n'y est pas simple même si Isabella débarque dans une petite bourgade déjà existante, déjà habitée, on l'on y trouve des commerces etc...Il faut s'habituer à un nouvel environnement, faire avec ce que l'on a parce que la colonie, toute neuve, ne bénéficie pas encore de tout le confort moderne...surtout, les îles britanniques envoient surtout en Australie des prisonniers ou y déportent des femmes pauvres cherchant une vie meilleure...c'est donc un monde assez particulier, corseté entre la morale rigoriste de certains (Mrs McBride, par exemple, qui gère la pension de famille de la petite ville) et la vie parfois plus malmenée des autres, qui ont connu la prison, la faim, parfois se sont rendus coupables de vols ou menus délits qui leur ont valu la « transportation ».
    Ce roman aurait pu me transporter mais malheureusement ce ne fut pas le cas et je crois même pouvoir dire que, après avoir lu les deux premiers tomes de la saga Swan River (il faut encore que je lise le troisième tome cet été), Les Pionniers a été une déception. Je n'ai pas détesté cette lecture, loin de là, mais je n'ai pas été emballée, je n'ai pas été transportée, au contraire. J'ai aimé les premiers chapitres qui se passent à Singapour, dans une ambiance vraiment exotique et dépaysante. Mais au fil de ma lecture, je me suis détachée des personnages que je n'ai pas trouvés si attachants que ça et surtout, l'intrigue est cousue de fil blanc ! Le hasard existe, bien sûr, mais franchement, trop de coïncidences tuent la coïncidence ! J'ai vraiment trouvé que c'était parfois trop gros pour être crédible et mon intérêt en a forcément pris un coup. Je n'ai pas non plus réussi à m'attacher vraiment aux personnages, même si Isabella est intéressante. La plupart sont assez caricaturaux et empêchent malheureusement de s'attacher aux autres : Isabella et Flora sortent cependant du lot et m'ont bien plu. C'est dommage que j'aie décelé autant de faiblesses dans ce roman, parce que j'attendais beaucoup de cette lecture et, au final, je n'ai fait que me concentrer sur les petits défauts : la saga des sœurs Blake, malgré quelques faiblesses, avait su me transporter et j'attendais la même chose de ce premier tome d'une saga qui, si je ne me trompe pas, en compte cinq. Bref, je suis déçue de ne pas avoir ressenti la même chose que la plupart des autres lectrices, qui en sont ressorties avec des avis globalement bons. Mais comme on dit, tous les goûts sont dans la nature et il arrive parfois qu'une lecture dont on espérait beaucoup soit un flop. On fera mieux la prochaine fois ! Je suis malgré tout bien décidée à laisser une seconde chance à cette saga. 
    Ce roman plaira certainement à d'autres et si vous aimez les grandes sagas qui se passent au XIXème siècle dans des contrées encore sauvages, si vous lisez avec plaisir les productions de Leila Meacham ou encore, Sarah Lark, alors peut-être que Les Pionniers vous plaira. C'est ce que je vous souhaite en tout cas.

    En Bref :

    Les + : une bonne idée de départ et une nouvelle héroïne sympathique que j'ai malgré tout envie de suivre et de découvrir dans sa nouvelle vie australienne, même si j'aurais aimé en apprendre un peu plus sur Isabella.
    Les - :
    une intrigue un peu trop cousue de fil blanc, où le hasard, à force, devient trop téléphoné pour être crédible. Et certains personnages sont caricaturaux, c'est dommage : on ne finit par ne voir qu'eux et ils éclipsent les personnages plus intéressants. 


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique