• Romans Contemporains / Feel Good

     

    Romans Contemporains / Feel Good

     

    SOMMAIRE ROMANS CONTEMPORAINS ET ROMANS FEEL GOOD

     

    - A - 

    - B - 

    - C - 

    - D - 

    - E - 

    - F - 

    - G - 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    - K - 

    - L - 

    - M -

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « Je voyais comment un mythe naissait. Il avait pour père le sens, pour mère l'exagération. Il supposait que rien n'arrivait par hasard et que les événements contrastaient. L'esprit mettait de l'ordre dans le chaos, la sensibilité y ajoutait de l'art. Forcément, la fable déroulait un programme intelligent qu'aucun détail contradictoire ou superfétatoire ne brouillait. »

    Couverture La Traversée des Temps, tome 1 : Paradis Perdus

     

     

         Publié en 2021

      Éditions Albin Michel

      576 pages

      Premier tome de la saga La Traversée des Temps

     

     

     

     

    Résumé :

    Cette Traversée des Temps affronte un prodigieux défi : raconter l'histoire de l'humanité sous la forme d'un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd'hui naissance et nous propulse d'un monde à l'autre, de la préhistoire à nos jours, d'évolution en révolution, tandis que le passé éclaire le présent.

    Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a huit mille ans dans un village lacustre, au cœur d'une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s'est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge. Non seulement le Déluge fit entrer Noam-Noé dans l'Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Éric-Emmanuel a décidément le don de s’emparer de sujets originaux : après l’histoire de Jésus dans L’Évangile selon Pilate et la jeunesse d’Hitler dans La part de l’autre (et bien d'autres œuvres, romans et pièces de théâtre) pouvait-on s’attendre à autre chose de lui que raconter l’histoire de l’humanité depuis des temps immémoriaux, rien de moins ?
    Fruit d’un travail de recherches de trente ans, La traversée des temps est une vaste saga dont deux tomes pour le moment ont été publiés mais qui doit en compter huit. L’histoire de la Terre et de l’humanité y est racontée par Noam, né il y a plus de huit mille ans au bord d’un vaste lac qui, un jour, sera à l’origine d’un événement fondateur de notre Histoire commune mais qui n’est peut-être qu’une légende : le Déluge, ce fameux Déluge raconté dans la Bible et qui dure quarante jours, associé au personnage de Noé et de son arche dans laquelle il aurait sauvé les hommes et les animaux. Doté d’immortalité (ce qui est d'ailleurs plus une malédiction pour lui qu'une bénédiction) et d’une jeunesse éternelle qui lui permet de traverser les temps et de s’y adapter sans peine, Noam observe de loin les évolutions du monde, de l’humanité, de l’Histoire, ses sursauts, ses convulsions, ses horreurs comme ses progrès. Tel un philosophe doté d’une sagesse millénaire et d’une connaissance parfaite du passé, Noam nous délivre ses réflexions sur l’évolution, sur les hommes et le monde en général, posant un regard sans concession sur ses semblables et revivant avec nous un temps où l’état de nature n’était pas un mythe mais bien une réalité, avant que les éléments ne se déchaînent et ne forcent les hommes à s’adapter, à évoluer différemment, probablement pour leur malheur et surtout celui du monde qu’ils vont petit à petit asservir, l’humanité ne cessant de croitre et de se développer, modelant les territoires comme elle domestique les espèces.
    Mélange d’époques radicalement différentes, des rues surpeuplées du Beyrouth contemporain aux vastes territoires de la fin du néolithique, dans une nature luxuriante où animaux et hommes cohabitent dans une harmonie définitivement perdue, Paradis perdus est un premier tome dense et riche. Ambitieux serait le premier mot qui me viendrait à l’esprit pour décrire ce roman, follement original arrivant en deuxième position. Moi qui m’étais enthousiasmée pour la plume de Schmitt il y a une dizaine d’années, j’ai retrouvé avec plaisir son univers très particulier dans ce roman. Très bien écrit, ressemblant par moments à un conte philosophique, Paradis perdus n’est pas dénué de quelques longueurs, mais c’est le premier tome d’une formidable saga qui va embrasser plus d’un millénaire : on peut donc comprendre que l’auteur ait eu besoin d’appuyer sa saga sur des bases solides et peut-être ces longueurs sont-elles un « mal nécessaire ». Ici, nous découvrons Noam, son destin, son existence normale dans un village lacustre de la fin de la préhistoire : les sédentaires, établis dans des villages, pratiquant le commerce, l’artisanat, les débuts de la domestication des animaux et de l’agriculture, cohabitent encore avec des chasseurs-cueilleurs nomades, dont les points de chute ne sont jamais fixes et qui bougent au gré des saisons et de leurs besoins. La Terre est en pleine mutation, tant au niveau de ses occupants qu’au niveau de son climat, qui est en train de se réchauffer, entraînant de fait une montée des eaux (même si cela n’est pas prouvé scientifiquement, ce réchauffement climatique néolithique serait à l’origine de la création de la Mer Noire, anciennement un lac et qui devient une mer intérieure après sa submersion par la Méditerranée, un événement repris dans les textes et notamment dans la Bible où il est appelé…Déluge).

    Le Paradis terrestre d'Adam et Eve dans le tableau de Johann Wenzel Peter (début du XIXème siècle) pourrait rappeler par certains de ses aspects (luxuriance, harmonie des paysages, des animaux et des hommes) le monde connu par Noam et les siens avant le Déluge...


    Si Noam et ses semblables nous sont relativement familiers, malgré tout certaines caractéristiques leur sont propres : la vie harmonieuse avec une nature qui donne et qui n’est pas domestiquée, le mimétisme et l’observation de l'environnement qui permettent d’acquérir des connaissances médicales ou techniques, une existence rude et souvent courte mais pas dénuée de connaissances, d’amour et de bonheurs. Pour autant, tous ces personnages ne sont que des hommes au plus profond d’eux-mêmes, pas bien différents de nous, leurs descendants directs et auxquels on peut s’attacher assez facilement. Cette plongée au cœur d’une communauté du début des âges a quelque chose de très dépaysant, comme la découverte d’un monde inconnu, comme la découverte de nos propres racines.
    Ce roman a suscité chez ses lecteurs des avis assez tranchés. Je crois qu’on aime ou qu’on n’aime pas, il n’y a pas d’avis modérés, mais n’est-ce pas le propre des grands romans, après tout ? Il ne faut pas perdre de vue non plus que ce livre n’est qu’un roman, donc une œuvre de fiction et que si les recherches et les connaissances accumulées par Schmitt pendant trente ans ont permis de lui donner cohérence et vraisemblance, l’imagination prend aussi une grande part dans l’élaboration de l’œuvre (et je dois dire que si un ressenti est évidemment subjectif, certains arguments avancés, au vu de l’immensité de l’œuvre à venir, sont bien minces et parfois un peu superficiels à mon avis). Nous ne sommes pas ici face à un livre scientifique, destiné à énoncer une vérité vraie ou à apporter de nouvelles connaissances, un nouvel éclairage sur tel ou tel événement. Par exemple, quelle importance que le Déluge ne soit pas à l’origine de la Mer Noire ? Après tout, cela n’est qu’un petit dixième du roman et de la saga en général. Ce qui est intéressant, c’est cette idée colossale de raconter l’histoire de l’humanité à travers un personnage qui n’est pas tout à fait humain (ou plus tout à fait) et qui n’est pas exactement divin non plus. J’ai ressenti un peu ce sentiment d’une lecture atypique et déroutante, comme avec Circé, de Madeline Miller, où les dieux du panthéon grec n’avaient jamais présenté sous un jour aussi humain. Ici, ce sont la Bible et ses mythes qui n’ont jamais été aussi moins divins et semblent descendre à notre portée, mettant en avant l’essence humaine avant tout – sans pour autant la ménager, ni même notre société contemporaine et les évolutions dont elle résulte et qui ont donné autant de bon que de mauvais.
    Conte philosophique, roman historique, épopée, Paradis perdus est le premier tome d’une anthologie et le début d’une formidable lecture, je le sens – je devrais même dire d’une formidable aventure : car après avoir refermé ce premier opus, il est clair que je vais lire les suivants avec plaisir et intérêt, en espérant être tout autant séduite, voire plus. Une chose est sûre, ces retrouvailles avec Éric-Emmanuel Schmitt sont loin d’être manquées ! Moi qui avais tant aimé L’Évangile selon Pilate et La part de l’autre, c’est comme si je retrouvais un vieil ami.

    En Bref :

    Les + : roman hybride, ovni littéraire qui s'attaque à nos mythes fondateurs, Paradis perdus a quelque chose de déroutant, de follement ambitieux et d'original. Une lecture atypique et unique à l'image de l'univers de Schmitt.
    Les - :
    pas mal de longueurs mais qui sont malgré tout nécessaires pour poser l'intrigue.


    La Traversée des Temps, tome 1, Paradis perdus ; Eric-Emmanuel Schmitt

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « C’était l’Amérique. Des seins. Du sexe. De la drogue. C’était l’été. C’était la colère. C’était rock n’roll. »

    Couverture Daisy Jones & the Six

     

     

     

         Publié en 2019 aux États-Unis

      En 2020 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Daisy Jones & the Six

      Éditions 10/18

      480 pages

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Daisy Jones & The Six... Le groupe de rock le plus mythique de tous les temps. De leurs débuts dans les bars miteux d'un Sunset Strip écrasé de soleil californien à la gloire, leur histoire est celle d'une ascension fulgurante. C'est aussi celle de Daisy Jones, l'icône ultime. Mais le 12 juillet 1979, après le plus mémorable des concerts, le groupe a éclaté. Personne n'a jamais su pourquoi...Jusqu'à aujourd'hui. Musiciens, fans, managers, amants, gardiens d'immeubles, ils ont tous été les témoins de cette histoire...Mais quarante ans plus tard, chacun a sa propre version de la vérité.  

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Imaginez l’histoire d’un groupe de rock mythique raconté dans un roman : à la limite, pourquoi pas ? Imaginez le plus grand groupe de rock des années 70…la particularité de Daisy Jones & the Six ? Ce groupe n’a jamais existé. Et pourtant, il est plus vrai que nature.
    Dans les années 1960, Billy et son frère Graham Dunne créent un groupe de musique avec des amis du lycée. Petit à petit, le jeu devient sérieux, ils se perfectionnent, commencent à gagner en notoriété, de nouveaux membres rejoignent le groupe jusqu’à former…The Six, un groupe destiné à devenir légendaire. Commence alors un tourbillon où le succès appelle le succès : les concerts, les groupies qui vendraient père et mère pour passer une seule nuit avec leur idole, les excès, parce que drogues et alcool sont disponibles sans limites. C’est un monde sulfureux et de débauche où il faut être suffisamment fort pour ne pas plonger. 
    Ce n’est pas le cas d’une autre artiste, originaire quant à elle de Los Angeles : Daisy Jones. Daisy est aussi droguée qu’elle est belle et elle est magnifique, c’est dire. Fragile, la jeune femme écrit et aimerait percer dans le monde de la musique et interpréter ses propres chansons. Sa rencontre avec les Six lors d’un concert en Californie changera leur vie à tous et leur collaboration précipite le groupe en haut des charts mais les conduira aussi jusqu’au clash final qui consommera la séparation du groupe, en pleine ascension, durant l’été 1979.
    Daisy Jones & The Six est un ovni littéraire à bien des égards. La forme narrative, déjà est surprenante. La perception biaisée qu’induit l’auteure, en nous faisant croire tout au long de la lecture que ce qu’on est en train de lire est vrai, est un autre des points particuliers de ce roman.
    Il y a plein d’influences diverses dans ce roman : j’ai retrouvé celle du roman The Girls, d’Emma Cline ou encore Lola Bensky de Lily Brett. Difficile aussi de ne pas penser à Jacqueline Susann et son sulfureux La Vallée des Poupées. Taylor Jenkins Reid raconte des années insouciantes. Nous sommes à peine vingt ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, quand débute le roman. Les Etats-Unis sont certes engagés dans la terrible guerre du Vietnam mais en même temps, on cherche à s’étourdir, à tester ses limites, à s’amuser, le cœur léger : jamais l'adage sex, drugs and rock'n'roll n'aura été plus vrai. La musique connaît une émulation sans pareille dans les années 1960/1970 (rock,  disco, reggae), c’est l’avènement de groupes qui vont devenir mythiques : les Beatles, les Rolling Stones, les Doors, Pink Floyd, Led Zeppelin… des formations qui existent encore, ou pas, mais qui sont encore écoutées, dont le succès ne s’est jamais démenti. C’est aussi l’époque de météores aussi éphémères que talentueux : Jimi Hendrix, Janis Joplin, qui succomberont justement d’avoir trop cherché à atteindre et dépasser leurs limites.

    Le festival mythique de Woodstock en 1969

    Daisy Jones et les Six, s’ils avaient existé, auraient pu être de ceux-là. Taylor Jenkins Reid raconte avec justesse un monde interlope et fascinant, où tout le monde n’a pas sa place, où il y a beaucoup de volontaires mais peu d’élus. Il faut être fort, il faut être costaud pour supporter la pression du succès, les exigences des fans, la vie déréglée que l’on mène sur les routes, dans les salles d’enregistrements, parfois (souvent) loin des siens. Certains y arriveront, d’autres finiront comme les Six, par se séparer, malgré le succès, malgré la reconnaissance, parce qu’il faut composer avec les ego de chacun, parce que l’entente au bout d’un moment n’est plus là, parce qu’un groupe, si au départ c’est une question d’entente et d’affinités, de passion, devient vite une petite entreprise et le  but d’une entreprise, c’est d’être rentable et lucrative. Tout au long du roman, on pressent le choc brutal et final, l’ascension qui n’en finit pas, qui n’en finit pas et qui, fatalement, va s’achever par une terrible chute libre. L’arrivée de Daisy Jones dans le groupe sera finalement autant un atout qu'une tare. Deux extraordinaires talents se rencontrent : celui de Daisy et celui de Billy, le leader du groupe. Deux musiciens nés, dont on n’explique pas les dispositions – et c’est fascinant évidemment. Mais en même temps, comment deux personnes comme ça peuvent cohabiter sans, à un moment donné, empiéter sur l’autre ?
    En forme de long interview, Daisy Jones and the Six donne la parole équitablement à tous les membres du groupe. On découvre parfois un même événement raconté par deux personnes et leur version ne sera pas exactement identique… on découvre aussi les souvenirs de personnes qui ont côtoyé le groupe s’en en faire partie (producteurs, proches…) et qui, des années après la séparation des Six, racontent leur propre façon d’avoir vécu la naissance de ce groupe, leurs débuts, leur succès et leur façon de s’y confronter. J’ai beaucoup aimé cette forme narrative et qui donne évidemment beaucoup de caractère au livre : pour ça, Daisy Jones & the Six est assez unique.
    Je n’ai pas eu de coup de cœur mais j’ai dévoré ce roman en quelques jours. Cette immersion dans le monde d’un groupe de rock m’a permis de voir d’un autre œil le travail qu’il y a derrière les chansons qu'on écoute chaque jour : c’est en effet le produit fini mais on oublie souvent tout le travail qu’il y a eu avant. Certes, la musique, c’est d’abord un don et une passion mais c’est aussi du travail, parfois des larmes et des renoncements. Et ce n’est sûrement pas aussi facile qu’on pourrait bien le croire. Bref, on peut dire que cette première rencontre avec Taylor Jenkins Reid aura été réussie.

    En Bref :

    Les + : la forme narrative étonnante, l'histoire aussi et le fait que l'auteure parvient à nous balader tout au long de la lecture, à tel point qu'on finit par se demander réellement si ce qu'elle raconte est vrai ou non !
    Les - :
    pour moi, aucun point négatif n'est à soulever dans ce roman. C'est une réussite.


    Daisy Jones and the Six ; Tara Jenkins Reid

        Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

    • Envie d'en savoir plus sur les livres que je vous cite dans l'article ? 

     

    Ma chronique de Lola Bensky de Lily Brett juste là

    Et celle de La Vallée des Poupées de Jacqueline Susann est juste ici

    Quant à The Girls d'Emma Cline, c'est par là

     

     

     


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  • « Rien ne durait éternellement, pensa-t-elle, même si les hommes aimaient à le croire. Tout ce qu'on pouvait faire était de profiter des instants de bonheur, tant qu'il était encore temps. »

    Couverture Les sept soeurs, tome 3 : La soeur de l'ombre

     

     

     

         Publié en 2016 en Irlande

      En 2020 en France (pour la présente édition)

      Titre original : The Shadow Sister

      Editions Le Livre de Poche

      755 pages Troisième tome de la saga Les Sept Sœurs 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    A la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a ramenées des quatre coins du monde et adoptées lorsqu'elles étaient bébés, Star d'Aplièse et ses sœurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, une magnifique demeure sur les bords du lac de Genève. Pour héritage, elles reçoivent chacune un indice qui leur permettra peut-être de percer le mystère de leurs origines. 
    Mais Star, la plus énigmatique, hésite à sortir du cocon qu'elle s'est créé avec sa sœur CeCe. Elle décide pourtant de suivre le premier indice, qui l'entraîne dans une librairie de livres anciens à Londres et sur la piste d'une certaine Flora McNichol, une femme indépendante et exemplaire qui a connu Beatrix Potter. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Au printemps 2007, les six sœurs d'Aplièse apprennent la disparition soudaine de leur père adoptif, un énigmatique milliardaire suisse surnommé Pa Salt par ses filles. Avant de disparaître, il a pris soin de laisser à chacune d'entre elles des indices pour les aider à rechercher leurs origines, si elles le souhaitent. Et tandis qu'ils emmènent l'aînée, Maia, sur les traces de sa famille au Brésil et Ally, la deuxième des sœurs, vers les steppes glacées de la Norvège à la rencontre d'une lignée de mélomanes, Star, la troisième des sœurs, hésite à ouvrir la lettre laissée par son père et à partir à la recherche des siens.
    Star (diminutif d'Astérope, la troisième sœur des Pléiades qui, dans la mythologie grecque, aurait été la conjointe du dieu de la guerre Arès) a vingt-sept ans : c'est une jeune femme extrêmement secrète et mystérieuse, qui a toujours vécu dans l'ombre de sa cadette, CeCe, beaucoup plus volubile et extravertie. Mais Star étouffe dans cette vie qu'elle n'a pas choisie et qu'elle subit. Elle sait déjà que son émancipation ne se fera pas sans mal, notamment du côté de CeCe mais, lorsque les indices laissés par Pa Salt guident ses pas vers une librairie de livres anciens en plein coeur de Londres et qu'elle y fait la connaissance d'un libraire aussi excentrique qu'attachant, elle comprend qu'elle a peut-être fait le bon choix et que, pour la première fois, elle a choisi de vivre par elle-même et pour elle-même. Cette rencontre va l'emmener ensuite jusque dans le Kent et sur les traces d'une certaine Flora McNichol qui, au début du XXème siècle, a connu Beatrix Potter.
    Après la légère déconvenue ressentie à la lecture du tome 2 (et pourtant, dieu sait que j'ai aimé en savoir plus sur Ally, mais la partie historique a peiné à me captiver et les personnages ne m'ont pas forcément emballée), je ne savais pas trop si j'allais apprécier ce nouvel opus. Pourtant, je me doutais que oui : Star est la sœur dont je me sentais la plus proche par le caractère. Son mystère, son côté secret sont assez évocateurs pour moi parce que je suis aussi un peu comme ça. Alors je me disais que j'allais probablement m'attacher à elle et oui, en effet, ça a été le cas. J'ai beaucoup aimé Star, que j'ai trouvée touchante et désarmante, mais aussi tous les personnages qui gravitent autour d'elle et ça, c'est vraiment génial. Quand vous lisez un roman et que vous aimez retrouver chacun des personnages, qu'ils vous deviennent familiers au bout de quelques pages, c'est plutôt sympa, non ?
    Et puis indéniablement, il y a l'aspect historique du roman qui, là pour le coup, remporte tous mes suffrages. J'ai trouvé un petit côté Kate Morton à cette histoire (et si me suivez ici depuis un moment, vous savez combien j'aime cette auteure depuis presque 10 ans) qui se déroule dans l'Angleterre des années 1910 aux années 1940. On y fait donc la connaissance d'une certaine Flora McNichol, esprit libre et amoureuse de la nature et des animaux. De son Lake District natal jusqu'au Kent, on découvre la destinée de cette jeune femme qui est tout sauf consensuelle et qui va nous permettre d'en apprendre un peu plus sur la famille de Star et sur les habitants du somptueux domaine de High Weald, qui en son temps a tant plu à Flora avant de taper dans l'oeil de Star. J'ai retrouvé cette ambiance que j'aime tant dans les romans qui se passent en Grande-Bretagne au XIXème ou au XXème siècles, les grands domaines, les paysages...franchement, j'y étais. Je m'attendais à ce que Beatrix Potter soit plus présente dans le récit mais finalement j'ai aimé qu'il soit très centré sur Flora que, dès le début, on pressent être un peu différente : quels secrets, quels mystères entourent cette jeune femme ? Evidemment, ce qu'elle découvrira changera sa vie à jamais ainsi qu'une rencontre décisive, comme Star en 2007, qui découvre une famille et le sentiment d'appartenance...on a coutume de dire que les liens du sang ne font pas tout et c'est vrai mais parfois, ils parlent malgré tout.
    Ce troisième tome m'a baladée de page en page sans que jamais je m'ennuie. Je n'ai pas réellement ressenti de longueurs, sauf peut-être sur la fin : j'ai trouvé que le dénouement mettait un peu de temps à venir mais je ne me suis pas sentie lassée non plus. J'ai vraiment apprécié de suivre Star et je ne l'ai quittée qu'avec regret, avec l'envie de savoir ce qui va lui arriver par la suite. Je l'avoue, je serais bien restée avec elle un petit peu plus longtemps...peut-être que le charme et le magnétisme de High Weald agissent aussi sur les lecteurs, qui sait ?
    Alors oui, il y a toujours beaucoup de romance, c'est parfois un peu prévisible et le schéma ne change pas beaucoup par rapport aux deux premiers tomes. Mais ça reste une lecture distrayante et agréable, avec des personnages tous attachants et finalement assez complexe.

    En Bref :

    Les + : le personnage de Star dont le caractère s'est effectivement révélé être proche du mien, l'histoire et les grandes demeures anglaises qui font toute la différence, il faut bien le dire.
    Les - :
    c'est toujours très très fleur bleue mais bon, je crois que c'est le jeu quand on commence une saga comme celle-ci. 

     


     

    Les Sept Sœurs, tome 3, La sœur de l'ombre ; Lucinda Riley 

       Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • «  Qu'est-ce qui fait qu'on est sorcière, alors, si ce n'est la divinité ?  »

    Couverture Circé

     

     

     

     Publié en 2018 aux Etats-Unis

     En 2019 en France (pour la présente édition)

     Titre original : Circe

     Editions Pocket

     549 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Fruit des amours d'un dieu et d'une mortelle, Circé la nymphe grandit parmi les divinités de l'Olympe. Mais son caractère étonne. Détonne. On la dit sorcière, parce qu'elle aime changer les choses. Plus humaine que céleste, parce qu'elle est sensible. En l'exilant sur une île déserte, comme le fut jadis Prométhée pour avoir trop aimé les hommes, ses pairs ne lui ont-ils pas plutôt rendu service ? Là, l'immortelle peut choisir qui elle est. Demi-déesse, certes, mais femme avant tout. Puissante, libre, amoureuse...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Fille d’Hélios et d’une nymphe, l’hautaine Persé, Circé n’est pas n’importe qui. Mais, dans l’immense famille des dieux grecs et des Titans, elle n’est qu’une parmi d’autres : pas la plus jolie, ni la plus puissante, ni la plus estimée, au contraire même. Sa mère lui préfère sa sœur Pasiphaé (future reine de Crète) et son frère Persès. Quant à son père Hélios, qu’elle admire, il est au mieux indifférent. Circé ne trouvera un peu d’affection qu’auprès de son jeune frère Aetès, avant que celui-ci ne parte à son tour vers son destin (devenu maître de Colchide, il sera le père de Médée). Immortelle mais portant en elle une autre essence que la divinité pure, Circé ne se sent pas à sa place au milieu des nymphes, naïades, dryades et autres océanides qui peuplent les profondeurs. Comme Prométhée qui, en son temps, fut puni pour avoir donné le feu aux Hommes, Circé se sent irrémédiablement attirée par eux et, paradoxalement, par leur mortalité.
    Et puis, un jour, elle découvre la puissance des plantes et des sorts : Circé découvre qu’elle possède en elle un héritage, qui sera aussi celui de ses frères et de sa sœur. Elle est une sorcière, pouvant user de charmes et de sortilèges pour arriver à ses fins.
    Par amour pour un dieu et par jalousie envers une autre nymphe, elle scelle son destin : transformant sa rivale, Scylla, en un horrible dieu marin, Circé doit être punie. Son père Hélios décide alors de l’exiler sur une petite île où elle vivra isolée des hommes comme des dieux. C’est Eéa, l’île où, un jour, un bateau accostera avec à son bord un marin à la ruse inépuisable : Ulysse. Ulysse errant en Méditerranée depuis son départ de Troie et dont les hommes seront transformés en pourceaux par Circé. D’Ulysse, la sorcière d’Eéa serait tombée amoureuse et de leur amour, naîtront plusieurs enfants (un unique fils, Télégonos, futur fondateur des cités de Préneste et de Tusculum, est mentionné dans le roman de Madeline Miller).
    Circé, présentée dans les textes anciens comme une magicienne ou une sorcière, a été popularisée par des auteurs comme Ovide, Hésiode, Virgile mais c’est surtout Homère qui l’a fait connaître, en la faisant apparaître dans le chant X de L’Odyssée. Par la suite, les artistes s’empareront aussi du personnage : ainsi John William Waterhouse la représentera en jolie nymphe portant une tunique vaporeuse et offrant une coupe ou bien en sorcière vénéneuse versant une un poison vert translucide dans de l’eau, au milieu d'un univers sinistre et noirâtre, symbolisant sûrement sa dangerosité.
    L’auteure Madeline Miller s'empare du personnage et en fait un symbole résolument moderne et, je crois qu'on peut le dire, féministe. Circé devient un personnage émancipé, certes puni au départ mais qui saura retourner la situation en sa faveur et fera d’Eéa un havre, dans lequel elle développera son pouvoir de sorcière, ou de « magicienne », s’entourant d’animaux et de plantes (Circé reste d’ailleurs associée à des plantes comme le datura ou le perce-neige). Abusée par les hommes, elle s’en vengera de la plus violente des manières : transformer des hommes en porcs, n’est-ce pas une image assez éloquente ? Mais elle saura aussi reconnaître leur valeur, quand ils en ont et elle tombera amoureuse fermement, éperdument, de l’un d’entre eux, le beau et rusé Ulysse, qui lui donnera des enfants.
    Circé est une incarnation de l’indépendance et de la compétence des femmes. Parce qu’on peut se retrouver en elle, toutes, d’une manière ou d’une autre, on ressent rapidement une proximité avec le personnage. Personnellement, cela m’a aidée à apprécier l’œuvre et à m’y immerger parce que ce n’était pas gagné au départ.

    Circé, par John William Waterhouse (Circé offrant la coupe de drogue à Ulysse, 1891)


    Quand j’ai commencé ce roman, j’ai eu l’impression d’être propulsée dans Xénia la guerrière ou dans La Colère des Titans, au choix ! L’ambiance est évidemment très fantastique, fantasmagorique. Circé vit ses jeunes années (si tant est que l’on puisse parler de jeunes années pour une nymphe au sang divin promise à l’immortalité) dans les palais d’Océan, au fin fond de la mer. Sa grand-mère est la divine Thétys, ses oncles des dieux marins recouverts d’algues, elle est la nièce de la Lune et la fille du Soleil, rien que ça. J’avoue que les premiers chapitres ont été assez laborieux et j’ai eu peur que mon côté cartésien ne me freine et ne m’empêche d’aimer ce roman à qui j’avais envie de laisser une chance, même s’il se trouve à des années-lumière de ma zone de confort.
    Fut un temps, j'ai aimé la mythologie mais cet intérêt s'est ensuite dissipé au profit de l'Histoire, évidemment plus cartésienne. Et d'ailleurs, ce n'est pas vraiment pour l'aspect mythologique du roman que je l'ai choisi mais plus, finalement, pour la symbolique moderne que lui donne l'auteure, l'hommage aux femmes aussi.
    Circé, comme les sorcières du Moyen Âge, comme celles de Salem au XVIIème siècle, n'est-elle pas l'incarnation d'une grande peur ancestrale et masculine ? La sorcière, femme émancipée et mystérieuse, souvent isolée du monde et qui renonce volontairement à ce que l'on croit être l'essence de la femme, c'est-à-dire le mariage et la maternité ? Une femme qui s'est libérée des carcans sociaux et qui acquiert une puissance en manipulant plantes, végétaux et, on le croit, des sorts et des charmes. Ce n'est finalement pas si étonnant que cela si la sorcière aujourd'hui se retrouve un peu comme une figure tutélaire des mouvements féministes.
    Après son exil, Circé prend sa vie en mains. Cela ne se fait pas sans mal, elle devra faire des choix, parfois des concessions et elle connaîtra des renoncements (mais n'est-ce pas le cas de tout un chacun ?). Jamais les dieux de l'Olympe n'ont été si humains que dans ce roman, à commencer par elle. Jamais divinités n'ont été représentées avec autant de qualités (générosité, bonté, abnégation) que de travers (mauvaise ambition, jalousie, concupiscence, vanité) éminemment humains. Peut-être est-ce pour cela aussi que l'identification qui, au départ, peut sembler malaisée dans un tel roman, se fait assez facilement (pour moi, pas dès le début, je dois l'avouer, mais au final, j'ai eu rapidement envie de rester avec Circé le plus longtemps possible et de ne pas la quitter). Et parce que ce roman, comme je le souligne un peu plus haut, ne peut aussi faire qu'écho à notre actualité, notamment à l'heure où les revendications féministes n'ont jamais été aussi fortes.
    Et puis au-delà de cet aspect très féminin du roman, j'ai trouvé que Circé abordait pléthore de sujets tous très intéressants et sur lesquels l'auteure livre une très fine analyse : la féminité justement, la maternité, les liens familiaux et notamment les liens parents-enfants ou frère-sœur, l'amour, les choix auxquels on est confrontés au cours d'une vie, l'amitié, la solitude...bref, une multitude de sujets qui forment vraiment la richesse de ce roman. 

    Si comme moi l'aspect fantastique du roman vous fait peur, je crois pouvoir vous rassurer en vous disant que, certes il est très présent, mais n'empêche pas pour autant de ressentir les qualités du livre et n'occulte pas ce qui fait toute la richesse du propos. Déjà, il est très bien écrit et c'est un bon point. Il est aussi très riche et très dense, ce n'est pas un roman anecdotique qui prendrait pour personnages principaux des dieux de l'Olympe. L'humanité de Circé finit aussi par estomper sa divinité et on l'oublierait presque si, soudain, Hermès ne se matérialisait soudainement sous nos yeux ou si Circé ne jetait pas un charme quelconque. Je ne regrette pas, pour une fois, d'être sortie de ma zone de confort. Oui, parfois mon esprit cartésien a un peu souffert, c'est vrai, mais heureusement la globalité du roman a su me plaire et la symbolique contenue m'a plu, évidemment. Un roman un peu hors normes mais qui peut plaire et à un public relativement large, voilà sa force. C'est maintenant avec curiosité que je lirai Le Chant d'Achille.

    En Bref :

    Les + : indéniablement, le personnage de Circé, la proximité qui s'établit avec elle au fil du récit très dense et l'écriture de l'auteure, également. 
    Les - : pour moi les premiers chapitres un peu trop fantasmagoriques mais c'est évidemment un ressenti très subjectif, dû probablement au fait que je ne suis pas une adepte de ce type de romans en temps normal.


    Circé ; Madeline Miller

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     


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  • « Tu es bien placée pour savoir que l'important n'est pas d'où l'on vient génétiquement parlant, mais qui l'on devient. »

     

           Publié en 2015 en Irlande 

       En 2020 en France (pour la présente édition)

       Titre original : The Storm Sister

       Editions Le Livre de Poche

       758 pages 

       Deuxième tome de la saga Les Sept Sœurs 

     

     

     

     

    Résumé :

    A la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a ramenées des quatre coins du monde et adoptées lorsqu'elles étaient bébés, Ally d'Aplièse et ses sœurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, une magnifique demeure sur les bords du lac de Genève. Ally, la deuxième sœur au caractère courageux et volontaire, est navigatrice et musicienne. Frappée par une nouvelle tragédie, la jeune femme, perdue, se lance sur les traces de ses origines. Les indices que lui a laissés son père en guise d'héritage vont la mener au cœur de la Norvège et de ses fjords sublimes. Entourée par la beauté de son pays natal, Ally découvre l'histoire intense d'une lignée de virtuoses célébrés pour leur talent un siècle plus tôt. Une famille aux lourds secrets...
    La Sœur de la Tempête est le deuxième tome de la série événement Les Sept Sœurs, qui a conquis 20 millions de lecteurs dans le monde. A travers ses romans au souffle unique, peuplés de personnages inoubliables, liés par les drames et l'amour, Lucinda Riley a affirmé son immense talent, créant un genre littéraire à part entière. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 2007, les six sœurs d'Aplièse, Maia, Ally, Star, CeCe, Tiggy et Electra perdent leur père, surnommé Pa Salt, mystérieux milliardaire suisse qui les a toutes adoptées aux quatre coins du monde alors qu'elles étaient bébés. Elles apprennent alors qu'avant de disparaître, celui-ci leur a laissé de quoi partir sur les traces de leur famille d'origine : indices et coordonnées géographiques qui peuvent leur permettre, le moment venu, de lever le voile sur le mystère de leurs origines.
    Et tandis que Maia a découvert ses racines au Brésil, Ally, la deuxième sœur, ne semble pas pressée de partir à la recherche de ses ancêtres. Passionnée de voile, elle doit participer, à l'été 2007, à une célèbre course qui doit avoir lieu au sud de l'Angleterre. Et puis Ally n'est pas très disponible puisqu'elle vient de rencontrer l'amour en la personne d'un jeune navigateur avec lequel elle s'entraîne en Grèce lorsqu'elle apprend le décès de son père. Autant dire que la jeune femme de trente ans est bien plus tournée vers son avenir que vers le passé.
    Mais une seconde tragédie va finalement la pousser dans les pas de ses ancêtres et la mener jusqu'en Norvège où, un peu plus de cent ans plus tôt, le Théâtre de Christiania (Oslo) est le lieu de création d'un opéra aujourd'hui célèbre dans le monde entier : le Peer Gynt de Grieg, d'après l'oeuvre originale d'Ibsen. Nous sommes en 1876 et la capitale norvégienne est le théâtre de la rencontre d'Anna Landvik, fille de fermiers mais dotée d'une voix extraordinaire et de Jens Halvorsen, jeune flûtiste de talent. Leur amour de la musique et une attirance mutuelle va les lier à jamais, pour le meilleur et pour le pire.
    Les quelques indices laissés par Pa Salt mettent donc Ally sur la trace de la famille Halvorsen, lignée de mélomanes, entre Leipzig, Bergen et Oslo, de la fin du XIXème siècle jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale. Et ce qu'Ally va découvrir dépasse de loin toutes ses attentes.
    Ally c'est donc la deuxième sœur d'Aplièse, de quatre ans la cadette de Maia. Elle a trente ans quand démarre l'intrigue du roman et mène une vie bien remplie. Elle tire son nom de la deuxième Pléiade, Alcyone, fille du titan Atlas et de l'Océanide Pléioné et compagne de Poséidon dont elle aura plusieurs enfants. C'est une jeune femme au tempérament vif et optimiste mais qui est malgré tout durement touchée par la mort brutale de Pa Salt. Ally est alors tiraillée entre son deuil et le bonheur d'une nouvelle vie à deux qui commence et culpabilise de continuer à vivre sa vie alors que son père vient de mourir. Même si ce n'est pas la sœur dont je me sentais forcément proche au départ (j'étais plus curieuse de Maia et de Star, la troisième sœur), j'ai bien aimé Ally et j'ai apprécié de la suivre dans ses pérégrinations et notamment en Norvège, dans des paysages grandioses.
    Toutefois, ce roman m'a clairement moins emballée que le premier. Je l'ai trouvé moins fluide et vraiment beaucoup trop long. D'habitude, dans les romans à double-temporalité, c'est plutôt la partie historique qui me plaît le plus mais là, ça n'a pas été le cas. J'ai trouvé que celle-ci n'était pas vraiment équilibrée, on passe énormément de temps avec Jens et Anna et on survole un peu les générations suivantes, c'est un peu dommage. Alors oui, c'est très intéressant de découvrir le processus de création de Peer Gynt et je dois dire que c'est l'un des gros points forts du roman mais je n'ai malheureusement pas réussi à mobiliser mon intérêt tout au long du récit, ce qui m'a donné un sentiment d'inégalité. Oui, je crois pouvoir dire sans exagérer qu'il y'a des chapitres superflus et qui auraient pu ne pas être là sans nuire forcément à l'intrigue. Celle-ci n'en aurait peut-être coulé que plus facilement, finalement.
    Il y'a autre chose que j'avais déjà remarqué dans le premier tome et qui ml'a vraiment exaspérée ici : ce sont les « bon » ou « enfin bon » au début des dialogues ! Sans rire, je ne sais pas combien il y'en a mais au bout d'un moment je n'ai pas réussi à faire abstraction et je n'ai pas trouvé ça franchement naturel. C'est probablement un parti-pris de traduction et peut-être qu'en VO ça fonctionne mais là vraiment, c'était plus gênant qu'autre chose. Je passerai aussi sur les comparaisons un peu too much comme l'écume de la mer qui ressemble à du cappuccino ou encore la jeune mère qui se découvre un instinct maternel comme le canard découvre la mare et ne veut plus en sortir (je suis vraiment restée totalement perplexe en lisant cette comparaison ! Une telle association d'idées ne me serait jamais venue à l'esprit).
    Mais heureusement, le roman a aussi des points forts et même si je suis un peu mitigée, je lirai les autres tomes avec plaisir, c'est sûr. Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé Ally alors qu'en la découvrant dans le premier tome elle n'est pas celle qui m'a le plus attirée de prime abord. Je l'ai finalement trouvée très sympathique et simple, déterminée avec beaucoup de caractère aussi, mais au final douce et gentille. Comme je le disais plus haut, j'ai aimé la suivre dans sa quête norvégienne parce que c'est un pays que je ne connais pas et qui n'est, si je ne m'abuse, pas forcément mis en avant en littérature (du moins c'est le cas dans les genres littéraires que je lis). Je crois que cela aurait été encore plus grandiose en plein hiver sous la neige mais malgré tout, l'auteure a réussi, avec ses descriptions, à nous faire ressentir ce côté très hygge, cosy et douillet qui vient à l'esprit dès que l'on pense à la Scandinavie. J'ai été contente pour Ally qu'elle puisse y trouver un nouvel équilibre, une nouvelle sérénité et surtout, un sens à sa vie.
    La Sœur de la Tempête est clairement ce que je pourrais appeler une lecture en demi-teinte : c'est le genre de livres dont on ressort sans être complètement déçu mais qui laisse malgré tout comme un petit goût de regret. J'ai beaucoup aimé la première partie du roman mais j'ai malheureusement été moins emballée par la suite, ça arrive. Une chose est sûre c'est qu'on est loin du coup de cœur et même de l'engouement que j'avais ressenti en lisant le premier tome, que je ne lâchais qu'à regret. Heureusement, La Sœur de la Tempête, malgré ses (trop) nombreuses longueurs et quelques maladresses reste quand même relativement fluide et se lit plutôt bien. C'est une lecture vraiment divertissante. 
    Je n'abandonnerai pas la saga pour autant et j'ai maintenant très envie de lire le tome 3 centré sur Star qui est peut-être la sœur qui, par son caractère, m'intrigue le plus. 

    En Bref :

    Les + : une héroïne attachante, des lieux grandioses dans lesquels on se sent bien, une intrigue originale. 
    Les - :
    des longueurs, beaucoup trop de longueurs malheureusement et des maladresses dans le style qui m'ont gênée.


    Les Sept Soeurs, tome 2, La sœur de la Tempête ; Lucinda Riley 

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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