• Romans Contemporains / Feel Good

     

    Romans Contemporains / Feel Good

     

    SOMMAIRE ROMANS CONTEMPORAINS ET ROMANS FEEL GOOD

     

    - A - 

    - B - 

    - C - 

    - D - 

    - E - 

    - F - 

    - G - 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    - K - 

    - L - 

    - M -

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « Les reines, y en a deux sortes : les chefs d'état et les gourdasses. Je vous le dis tout de suite, notre fille fait partie de la deuxième catégorie. »
    DAME SÉLI, LIVRE IV : TOUS LES MATINS DU MONDE, DEUXIÈME PARTIE

     

    Couverture Kaamelott (Scripts), intégrale, tome 4 : Livre IV, épisodes 1 à 99

     

     

     

     Publié en 2020

     Editions Télémaque

     442 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    « La particularité du Livre IV, si on est amateur de synthèses, c'est que tout y part en brioche. C'est le "livre-pivot-bascule-charnière". »

    ALEXANDRE ASTIER

    Imperturbablement se poursuit la publication des textes intégraux des scripts de Kaamelott proposés par Alexandre Astier. Après les trois premières saisons, voici donc le livre IV et on peut raisonnablement spéculer sur la parution prochaine des livres V et VI.
    Ce livre est, comme les précédents, un document inédit sur la création de l'univers d'une série culte et toujours un outil idéal pour les professionnels du spectacle et de l'éducation. 

     

    « Pour le Graal, j’ai bâti une forteresse, moi. Kaamelott, ça s’appelle. J’ai été chercher des chevaliers dans tout le royaume. En Calédonie, en Carmélide, à Gaunes, à Vannes, aux Pays de Galles. J’ai fait construire une grande table, pour que les chevaliers s’assoient ensemble. Je l’ai voulue ronde, pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve assis dans un angle, ou en bout de table. C’était compliqué, alors j’ai essayé d’expliquer ce qu’était le Graal, pour que tout le monde comprenne. C’était difficile, alors j’ai essayé de rigoler pour que personne ne s’ennuie. J’ai raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai. »
    ARTHUR, LIVRE V : LE RETOUR DU ROI

     

    Couverture Kaamelott (Scripts), intégrale, tome 5 : Livre V, épisodes 1 à 8

     

     

     

     Publié en 2020

     Editions Télémaque 

     350 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    « Elle m'intimide, cette cinquième saison... Si j'ai écrit tout le reste avec la tête et peut-être un peu le coeur, ça, je l'ai écrit avec l'inconscient. Comme un rêve retranscrit : totalement personnel et totalement involontaire. »

    ALEXANDRE ASTIER

    C'était annoncé. Sans surprise, la publication du Livre V suit immédiatement celle du Livre IV. Mais le plaisir reste intact et Alexandre Astier nous propose à nouveau un document inédit : le texte intégral des huit épisodes du cinquième Livre de Kaamelott.

     

    « Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il n'y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles. »
    CAESAR, LIVRE VI : NUPTIAE

     

    Couverture Kaamelott (Scripts), intégrale, tome 6 : Livre VI, épisodes 1 à 9

     

     

     

     Publié en 2020

     Editions Télémaque

     340 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    « Rien n'est plus excitant pour un auteur que d'avoir suffisamment installé un héros dans l'affection du public pour avoir le droit de lui inventer un passé. Ma petite mission a été formulée : au début du Livre, Arthur ne sera personne ; à la fin, il sera Roi de Bretagne, Excalibur en main, à la tête du Royaume de Logres. »

    ALEXANDRE ASTIER

    Quatre cent seize épisodes, deux mille sept cent quarante-six pages, près de cinq cent quatre-vingt mille mots et vingt et un centimètres de linéaire de bibliothèque... une perspective !
    Que vient clore, pour le moment, la parution du dernier volume du texte intégral de la saga Kaamelott, son Livre VI.
    Un document toujours inédit et unique, aujourd'hui complet.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis (sur les trois livres) :

    kaamelott livre 5 | Kaamelott livre 5, Kaamelott, Livre

     

    Arthur replante Excalibur dans Le Rocher dans le Livre V

    L'année dernière, les trois derniers recueils réunissant les scripts des saisons 4, 5 et 6 de Kaamelott (appelées Livres) ont été enfin publiés. Quelle joie pour moi de pouvoir me replonger, par écrit, dans l'atmosphère dans cette série que j'ai adoptée il y'a plus de dix ans et plus jamais quittée.
    Je suis une fan absolue de l'univers créé par Alexandre Astier dans sa série, diffusée pour la première fois sur M6 il y'a maintenant seize ans. Pourtant, rien n'est plus éloigné que Kaamelott de ce que j'aime en général (bon, c'est vrai, au début je n'ai pas forcément aimé, il m'a fallu un peu de temps) : Astier s'est inspiré de la fantasy, des œuvres de Tolkien, des jeux vidéos pour réécrire à sa sauce la légende arthurienne, mythe fondateur européen qu'ont développé des auteurs médiévaux comme Chrétien de Troyes, Geoffroy de Monmouth, Mallory... Le roi Arthur, la romance de la reine Guenièvre et Lancelot, les chevaliers de la Table Ronde, Excalibur...ce sont des choses qui nous parlent à tous. Dans la veine des Monty Python, Alexandre Astier a imaginé un univers unique et très personnel, bourré d'humour et de références plus ou moins faciles à déceler (aux jeux vidéos, comme dit plus haut, à la fantasy historique mais aussi au théâtre plus académique de Molière ou de Shakespeare, aux fables d’Ésope, aux BD Astérix) mais qui tend à devenir plus grave et plus sombre à mesure que l'on s'approche du dénouement de la série. J'attendais donc avec impatience la publication des trois derniers tomes, qui marquent justement le passage de l'humour le plus pur à quelque chose d'un peu plus dramatique, voire carrément noir...
    A partir du Livre IV, Guenièvre se fait la malle pour rejoindre Lancelot dans la forêt, après que ce dernier ait décidé d'abandonner la quête du Graal aux côtés des autres chevaliers de la Table Ronde. La défection de la reine entraîne cette réflexion amère de sa mère, dame Séli : « Bon, la nôtre, pour l'héritier comme pour la prestance, on avait fait une croix dessus. Mais au moins elle était là! Tandis que maintenant si le roi se pointe en nous disant qu'il veut en prendre une autre, je vois pas très bien comment on pourrait trouver à lui répondre. »
    Arthur se retrouve donc libéré de la présence encombrante de sa femme et s'autorise à convoiter la belle Mevanwi de Vannes, la femme de Karadoc, entraînant à partir de là bien des complications, à commencer par le bannissement par les Dieux de la Dame du Lac, censée être une sorte de guide spirituel d'Arthur. Son renoncement à Mevanwi à la fin du Livre IV et son incursion dans le camp de Lancelot où il récupère Guenièvre pour la replacer sur le trône ne sert à rien et des temps sombres pour Kaamelott s'annoncent...
    Dans le Livre V, on retrouve l'ambiance des derniers épisodes du Livre IV : rien ne va plus. Pressé par sa mère, Ygerne de Tintagel, par sa tante Cryda (qu'il n'a jamais pu encadrer, souvenez-vous) mais aussi par Seli, Arthur choisit entre les deux alternatives qu'elles lui proposent : un héritier ou replanter Excalibur dans le rocher. Il choisira la deuxième option. Après avoir laissé chacun tenter de la retirer (cela donne lieu à l'apparition d'un nouveau personnage assez truculent dans son genre, le duc d'Aquitaine, interprété par Alain Chabat), Arthur, dans une ultime hésitation, renonce à retirer Excalibur. Kaamelott n'a plus de roi. Et tandis que l'on cherche une solution pour pallier l'absence de pouvoir central, l'ancien roi de Logres décide de se consacrer à une mission qui l'obsède : partir à la recherche de sa descendance, ce qui donne lieu à un long périple en Bretagne pour tenter de retrouver ses anciennes maîtresses ou des femmes avec lesquelles il a eu des aventures (comme Madenn, la fille du fermier Guethenoc) pour découvrir si elles ont eu ou non des enfants de lui. Dans son voyage de retour vers Kaamelott, après avoir échoué, Arthur est accompagné d'un mystérieux personnage en noir que le spectateur connaît sous le nom de Méléagant ou La Réponse et pour lequel le seul plaisir est de voir les gens se saborder... la désastreuse conclusion de son voyage pousse Arthur dans des abysses de tristesse et vers la mort. Le livre V s'achève sur Lancelot découvrant Arthur moribond et le sauvant à l'aide de la magie blanche.

    Replay Kaamelott, L'ECHANGE I / L'ECHANGE II du 6TER

    L'échange d'épouses dans le Livre IV 


    Après la noirceur du livre V, le livre VI s'ouvre sur les grandioses bâtiments et les vastes artères de la plus grande cité de l'époque : Rome. Nous sommes quinze ans avant Kaamelott, Arthur, alors appelé Arturus, a une vingtaine d'années. C'est un jeune soldat comme un autre, anonyme, dans la grouillante et cosmopolite armée romaine du Vème siècle. Il est, avec ses compagnons Manilius, Papinius, Caius, milicien à l'Urbaine. Il n'a aucun souvenir de la Bretagne et pense avoir toujours vécu à Rome, où il est arrivé vers ses six ans. Pour lui, la vie se résume à Rome et à sa carrière dans l'amée Mais les Dieux comme le Sénat vont en décider autrement : les deux parties, pour des raisons qui divergent évidemment, vont propulser Arturus sur le trône de Logres, avec pour mission de fédérer les multiples royaumes et clans qui le composent. D'abord jouet des Romains (et notamment de l'ambitieux Sallustius) qui voient en lui un moyen de récupérer la Bretagne, où les armées romaines piétinent depuis treize ans, enlisées derrière le Mur d'Hadrien, Arthur va prendre fait et cause pour son peuple et découvrir (mais alors sans le savoir), certains de ses futurs chevaliers : Perceval et Karadoc, Bohort, Lancelot... Le jeune homme un peu rebelle des premiers épisodes du Livre VI se mue bientôt en roi breton, Excalibur entre les mains. Pour l'Histoire, le personnage d'Arthur, légendaire ou pas, sert d'ailleurs un peu de bascule et de trait d'union entre l'Antiquité tardive et les débuts du Moyen Âge : en ce milieu du Vème siècle, une période historique particulièrement longue s'apprête à s'achever au profit d'une autre, qui le sera tout autant. Ce basculement, on le voit bien aussi dans la série et il est incarné par le personnage d'Arthur, d'abord soldat romain qui se mue bientôt en souverain européen médiéval, précurseur des Clovis et autres Charlemagne... Ce livre VI nous fournit aussi des clefs de compréhension de l'univers de Kaamelott : pourquoi Karadoc par exemple nourrit une antipathie assez épidermique envers les Asiatiques, pourquoi Perceval est si fasciné par l'espace et le surnaturel, pourquoi Arthur se refuse depuis le début de son mariage à ne pas le consommer. C'est un livre particulièrement riche, particulièrement dense et qui permet, peut-être plus encore que les autres (même s'ils sont tous géniaux, cela va sans dire) de prendre la mesure du génie d'Alexandre Astier, qui est plus qu'un acteur, plus qu'un réalisateur, plus qu'un acteur. Quelle formidable prouesse d'avoir su créer ce monde si cohérent, d'avoir su fédérer autant de personnes, aux intérêts si éloignés, autour de sa série, d'avoir, comme il le dit lui-même, installé aussi bien son héros dans l'affection du public.
    Avec les scripts de Kaamelott, on rit. Beaucoup. On sourit aussi...on se souvient de la série, on revoit les personnages, les lieux. Et puis, dans les derniers livres, on rit toujours, on se dit toujours : « Ah mais oui, j'avais oublié, ça »...et puis parfois, on se prend certaines répliques comme des uppercuts (Caesar qui dit par exemple dans le Livre VI : « On devient pas chef parce qu'on le mérite, andouille ! On devient chef par un concours de circonstances, on le mérite après ! Moi, il m'a p'têt' fallu dix ans pour mériter mon grade, si pas vingt. Tous les jours, j'ai travaillé pour pas nager dans mon uniforme. Y a pas trente-six solutions. Arturus ? Hein ? Fais semblant ! Fais semblant d'être Dux. Fais semblant de mériter ton grade. Fais semblant d'être un grand chef de guerre. Si tu fais bien semblant, un jour tu verras, t'auras plus besoin ! » ) et puis on a un peu envie de pleurer, aussi...pas de tristesse mais juste d'émotion parce qu'Astier tombe toujours juste, ce n'est jamais trop, ni pas assez. Non, c'est toujours juste. La fin du livre VI, par exemple, m'a toujours fait forte impression et ce fond sonore me donne des frissons à chaque fois.
    Ces textes sont une référence, un formidable outil pour ceux qui se penchent sur Kaamelott avec un œil professionnel (il ne faut pas oublier que l'univers de la série a fait l'objet de nombreuses thèses, colloques, mémoires de master) mais aussi pour les simples fans, dont le plaisir est simplement de retrouver l'univers de la série et les personnages, devenus familiers au fil du temps. Ces scripts sont une vraie référence. Si vous aimez la série, replongez-vous dans les livres, vous aurez sûrement envie de vous refaire un petit marathon Kaamelott dans les jours qui suivent.

    606 : Nuptiae | Le Blog de la Sorcière

    Arturus et Aconia Minor dans le Livre VI 

    En Bref :

    Les + : ces scripts sont l'opportunité de retrouver un univers passionnant, riche et dense et de se replonger d'une autre façon qu'en images dans Kaamelott
    Les - :
    Aucun bien évidemment !

     


     

      

    Kaamelott, Scripts Livre IV à Livre VI ; Alexandre Astier Kaamelott, Scripts Livre IV à Livre VI ; Alexandre Astier

     

    Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « L'amour est omniprésent. Souvent, il n'est pas particulièrement noble, ni digne d'être mentionné, mais il est toujours présent. Il suffit d'un peu d'attention pour s'en rendre compte...  »

    Love Actually ; Philip O'Connor

     

     

     

      Publié en 2003

      En 2020 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Love Actually

      Editions Archipoche 

      214 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Quel point commun entre un Premier Ministre britannique installé depuis peu au 10, Downing Street, un garçon de 11 ans, une working girl excentrique, un rocker qui tente son come-back et un romancier exilé dans le Sud de la France pour oublier que son amie le trompe avec son propre frère ? 

    Réponse : l'amour. Ou plutôt, l'Amour, qui à l'approche des fêtes de fin d'année occupe tous les esprits.

    Dans cette comédie romantique à l'humour so britsh, les chassés-croisés amoureux se multiplient. Des couples se forment, d'autres se cherchent. Heureusement, un ange veille...

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Une fois n'est pas coutume, c'est ici l'adaptation (la novélisation) d'un film que l'on va lire. Philip O'Connor s'était déjà attelé à l'adaptation d'un classique de la comédie romantique so british : 4 Mariages et un enterrement, avant de s'intéresser à Love Actually, film choral sorti en 2003 et qui réunit à l'écran Hugh Grant, Keira Knightley, Colin Firth, Liam Neeson, Rowan Atkinson, Alan Rickman, Emma Thompson, entre autres... Love Actually, c'est une chanson aussi, la fameuse Love is all around du groupe Wet wet wet qui devient Christmas is all around et nous transporte aussitôt dans l'ambiance des fêtes, aussi bien que le All I want for Christmas is you de Mariah Carey ou le Last Christmas de George Michael (avouez que je vous les ai toutes mises dans la tête...ne me remerciez pas, c'est cadeau, histoire de se mettre dans l'ambiance de Noël un peu avant l'heure !). La chanson est d'ailleurs devenue culte pour tous les amoureux de Noël, un peu comme le film !
    Ca fait un petit moment que je n'ai pas vu Love Actually mais c'est vraiment le petit film doudou qu'on aime regarder pelotonné sous sa couette, avec un chocolat chaud à la cannelle et le sapin qui clignote pas très loin. Ce fut donc un plaisir de se plonger dans le roman, qui est court mais retranscrit bien l'ambiance du film. En le lisant, je me suis souvenue de certaines scènes et, évidemment, c'était un plaisir de retrouver tel ou tel personnage (comment ne pas se souvenir de Hugh Grant dans le rôle de David Farley, Premier Ministre fraîchement nommé et un peu dépassé ?) et de l'associer à son acteur ! J'avoue que mes souvenirs datent peu et que j'ai un peu triché en consultant la distribution sur internet : par exemple, je ne me souvenais pas d'Emma Thompson ni d'Alan Rickman dans les rôles de Karen et Harry... Je me souvenais aussi très vaguement de Keira Knightley. Disons que ce roman m'a rafraîchi la mémoire et m'a donné envie de revoir le film.

    Téléchargez notre carte des lieux de tournage de "Love actually" à Londres.  - Films de Lover, films d'amour et comédies romantiques.


    Alors d'accord, ce n'est pas de la grande littérature, si vous vous attendez à un grand roman, vous risquez d'être déçu. Mais la question est : est-ce que réellement, c'est ce que l'on attend en ouvrant un tel livre ? Pas moi, en tout cas. Pour autant, c'est efficace, c'est doudou, c'est chaleureux, ça donne le sourire (situations improbables ou personnages truculents comme le fameux Colin, persuadé qu'il n'est pas né au bon endroit et qu'il lui suffirait de partir aux Etats-Unis pour trouver enfin une copine) et on ressort de cette lecture acidulée comme un petit bonbon avec le sentiment d'avoir lu un roman feel-good réconfortant. Bon, si vous êtes totalement hermétiques aux comédies romantiques, surtout aux comédies romantiques anglaises, évidemment vous allez vous ennuyer ou lever les yeux au ciel souvent ! Mais si vous aimez l'ambiance de Noël et les petites histoires qui ne payent pas de mine mais qui redonnent le sourire et de l'espoir, alors pourquoi pas ? C'est parfois un peu improbable ? Oui, c'est vrai...mais c'est aussi parfois criant de vérité et qui y'a-t-il de mal finalement à croire que l'amour est partout présent ? Si ça peut nous faire nous échapper un petit peu, alors moi, je suis pour ! 
    Ce livre ne fait clairement pas partie des lectures que j'ai l'habitude de lire. On en est même loin et pourtant, j'ai pris un grand plaisir à le découvrir. Bourré d'humour mais pas que, ce roman est une adaptation fidèle du film et c'était franchement bien sympa de se replonger dans l'ambiance de cette comédie qui est devenue un réel classique depuis sa sortie en 2003 !

    En Bref :

    Les + : une ambiance feel-good qui sent bon la cannelle et les biscuits de Noël ! Idéal pour se mettre dans l'ambiance des fêtes de fin d'année. 
    Les - : un roman un peu court mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit de l'adaptation d'un scénario. 

     


    (Allez, on se fait plaisir avec la bande-annonce !)

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  • « Une année, dans les premiers jours d'octobre, l'été indien apparut ainsi dans une petite ville appelée Peyton Place. Comme une femme jolie et rieuse, il s'étendit sur la campagne et rendit toutes choses si belles que les yeux en étaient éblouis. »

    Couverture Peyton Place, tome 1

     

     

     

         Publié en 1956 aux Etats-Unis

      En 2016 en France (pour la présente édition)

      Titre original : Peyton Place

      Editions 10/18

      Premier tome de la saga Peyton Place

     

     

     

     

    Résumé :

    Etats-Unis, années 40. Peyton Place est une petite ville aux apparences tranquilles. Mais derrière les façades proprettes des demeures victoriennes ou celles plus vétustes des maisons des faubourgs, des drames se jouent. Dans les beaux quartiers, Allison ignore tout du secret qui entoure sa naissance et du passé sulfureux de sa mère. Tout ce qui lui importe pour le moment est l'amitié de la jolie Selena Cross, issue des taudis de la ville, qui subit les violences d'un beau-père alcoolique...

    Chronique au vitriol d'une petite ville américaine, Peyton Place fit scandale lorsqu'il parut en 1956. Il est aujourd'hui devenu un best-seller international.  

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Ouvrir Peyton Place, c'est avoir le sentiment de se placer dans les pas de générations entières de lecteurs qui, en faisant la même chose, ont eu l'impression de braver un interdit, de lire un roman scandaleux, qui a fait couler beaucoup d'encre à sa sortie.
    Peyton Place, c'est la chronique, sur plusieurs années, d'une petite ville de la Nouvelle Angleterre, entre 1939 et 1944. Une petite ville de province, sans histoires, loin de la vie trépidante des mégapoles américaines. Une petite ville perdue dans la campagne, sillonnée par la Connecticut River, qui la sépare de l'État de Vermont voisin. Une petite ville à trois heures à peine de la frontière canadienne. Une petite ville avec ses habitants qui prennent un malin plaisir à découvrir et savoir tout ce qui peut être découvert et su sur leurs voisins.
    En somme, rien de bien scandaleux, me direz-vous. C'est vrai qu'à la lecture de ce résumé, on peut se demander où se trouve la chronique au vitriol annoncée par la quatrième de couverture. Eh bien... il faut tout simplement dépasser les premiers chapitres du roman, dont la subversion ne saute pas spontanément aux yeux, il faut aller au bout de sa lecture, fermer le roman, se retourner dessus et là, on prend soudain toute la mesure du scandale que recèle ce roman, écrit dans les années 50 par une jeune mère et épouse de trente-deux ans, mariée à un directeur d'école primaire et qui vit dans une maison modeste, dans laquelle règne un bordel sans nom, sauf dans l'espace scrupuleusement réservé à la machine à écrire. La machine à écrire où elle rédigera Peyton Place mais aussi de nombreuses nouvelles. Grace Metalious n'est pas à proprement parler une auteur par qui on attendrait que le scandale arrive. Et pourtant cette jeune femme qui ne semble pas fréquenter les milieux intellectuels de son époque, qui semble vivre en retrait de l'actualité de son époque, porte un regard juste, lucide, sur ses pairs et sur la décennie précédente, marquée par une guerre mondiale, mais pas que... Elle aborde des sujets qui sont des non-sujets au moment où elle écrit et qui donc, choquent ses contemporains. En lisant Peyton Place, on prend la mesure de son étonnante modernité : ce roman qui a plus de soixante ans l'est parfois plus que certains romans contemporains et pourrait aisément transposé en 2020 à tel point que j'ai parfois eu du mal à imaginer des personnages ayant vécu dans les années 40, pendant la Seconde guerre mondiale !!
    À travers ses personnages masculins et féminins, qui ne sont pas stéréotypés mais représentatifs, Grace Metalious brosse à grands traits acerbes et violents le quotidien de cette petite bourgade de la conservatrice Nouvelle Angleterre : l'alcoolisme, la pauvreté, le sexe, la richesse et j'en passe, deviennent des sujets comme les autres, des sujets ni plus ni moins scandaleux que d'autres mais surtout ni plus ni moins dignes d'être intégrés à un roman et ça, c'est vraiment novateur ! Bien sûr que l'on peut comprendre le tollé que suscita le roman à sa sortie, en 1956, même si les sujets que Grace Metalious aborde ne sont plus vraiment subversifs pour nous : en tout cas, elle a sûrement participé, avec son roman, à une nouvelle manière de raconter et d'articuler un roman.
    Mais surtout, ce qui est important, c'est que le roman, loin d'être une simple chronique un peu linéaire, une relation de la vie quotidienne et sans trop d'éclat d'une petite ville américaine, recèle un message et une dénonciation.
    Je vais être honnête, je pense que j'ai commis un véritable contresens en me disant (comme beaucoup), au début de ma lecture de Peyton Place : « Bon, ça doit ressembler un peu à La Vallée des Poupées ». Mais la différence entre le roman de Jacqueline Susann et celui de Grace Metalious, c'est que l'un décrit un système qui broie, nous fait découvrir les coulisses de la célébrité des années 40 aux années 60, dans une Amérique qui vit à mille à l'heure mais ne fait pas passer de vrai message, alors que l'autre oui, clairement. Dans Peyton Place, pas de scandale gratuit, pas de volonté de choquer juste pour choquer mais pour dénoncer, parler de ces sujets qui mettent mal à l'aise, le viol par exemple ou encore l'inceste ou l'avortement. Et ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'un auteur d'aujourd'hui, peut-être plus au fait de ces questions que ne l'était Grace Metalious dans les années 50, n'écrirait peut-être pas aussi bien qu'elle ne l'a fait.
    Peyton Place est vraiment un roman étrange, je ne vous dirais pas le contraire. Il a même fallu que je dépasse largement le milieu du roman pour avoir l'impression d'être totalement captée, captivée. Jusque là, je n'avais pas encore vraiment déterminé si j'aimais le roman ou pas, c'était bizarre mais surtout pas très bon signe (même si j'avoue que j'ai aimé tout de suite la plume de l'auteure) ! Et puis au final, si, je peux dire que j'ai aimé Peyton Place et que j'ai eu le sentiment de lire un livre hors norme, assez inclassable et indéfinissable. Je pense cela dit que j'ai lu un véritable classique de la littérature américaine (et mondiale) qui divise encore aujourd'hui et qu'on ne cesse d'étudier : après tout, n'est-ce pas le privilège des grandes œuvres de faire parler d'elles ?

    En Bref :

    Les + : chronique caustique servie par une plume acérée, Peyton Place est d'une grande modernité, c'en est presque incroyable. C'est un roman courageux, dans lequel son auteure a choisi de dénoncer plutôt que de décrire platement. Et c'est vraiment bien écrit, ce qui ne gâche rien.
    Les - :
    ce n'est évidemment qu'un ressenti personnel mais le début a peiné à me convaincre : je ne comprenais pas exactement où l'on allait et où l'auteure voulait nous emmener. Heureusement, ce sentiment s'est vite dissipé.


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  • « Peut-être devrais-je lui dire que les choses qui n'ont pas de sens sont les plus belles. C'est une belle phrase, ça lui plaira. »

    L'Amie Prodigieuse, tome 2, Le Nouveau Nom ; Elena Ferrante

     

     

     

         Publié en 2012 en Italie 

      En 2017 en France (pour la présente édition)

      Titre original : L'Amica Geniale : Una storia del      nuovo cognome

      Editions Folio 

      623 pages 

      Deuxième tome de la saga L'Amie Prodigieuse

     

     

     

    Résumé :

    « Si rien ne pouvait nous sauver, ni l'argent, ni le corps d'un homme, ni même les études, autant tout détruire immédiatement. »

    Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l'a trahie en s'associant aux frères Solara, les camorristes qu'elle déteste. De son coté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l'été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L'air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    L'Amie prodigieuse fait partie des phénomènes littéraires dont je me suis longtemps méfiée. Il y'a encore un peu plus d'un an, le tome un dormait dans ma PAL depuis un moment... je l'ai sorti parce que, quand même, depuis le temps que je l'avais...
    Finalement, ce fut une révélation !! Comme beaucoup de lecteurs, j'ai été profondément enthousiasmée par l'univers comme la plume d'Elena Ferrante, auteure mystérieuse dont on ne sait rien et qui aime brouiller les pistes. D'ailleurs, sa série de romans, qui démarre avec L'Amie prodigieuse et se termine avec L'Enfant perdue est-elle autobiographique ou semi-autobiographique ? C'est la question que je me pose depuis que j'ai lu le premier tome l'an dernier, tout en sachant que, finalement, cela importe peu. Qu'il soit totalement imaginaire ou inspiré par une véritable expérience, l'univers de Ferrante est de ceux qui, clairement, marquent la littérature.
    Ce deuxième tome démarre immédiatement après la fin du premier : Lila vient d'épouser Stefano Caracci et découvre qu'il est partie liée avec Marcello et Michele Solara, les deux camorristes du quartier, qu'elle déteste.
    Nous sommes dans les années 1960 et Lila bascule en quelques heures de l'adolescence à l'âge adulte, tandis que Lenú, encore célibataire, vit une adolescence plus linéaire... tandis que l'une devient une épouse et une future mère, Elena poursuit sans sa vie comme avant, en allant au lycée puis, ensuite, à l'université.
    Ce tome qui, après le premier qui était consacré à l'enfance, est lui centré sur la jeunesse, est violent, bouleversant, dérangeant aussi parfois... ceci dit, si vous cherchez un récit enlevé avec des rebondissements et des aventures à toutes les pages, sans nul doute, cette saga n'est pas faite pour vous. Sa force réside, plus que dans les événements, dans la manière dont l'auteure les restitue et les analyse. Elena Ferrante écrit très bien et c'est évidemment une grande force de ses romans. La plume est percutante et les mots justes.
    Dans ce deuxième tome, on perçoit le décalage qui s'instaure petit à petit entre Lila et Lenú qui ont, certes, un passé commun mais dont l'avenir est entièrement différent. Tandis que l'une se dirige vers la vie de femme au foyer, entretenue par son mari, seulement destinée à prendre soin de lui, de son intérieur et, plus tard, de ses enfants, l'autre renonce à l'argent facile pour continuer ses études, quitte à accepter des petits boulots. Lila s'est extirpée de la misère du quartier qui était le sien jusqu'à son mariage et connaît une aisance financière inédite, mais à quel prix, car elle n'en est pas heureuse pour autant, tandis que Lenú tourne le dos à ces avantages matériels mais suit une voie qui lui apportera un jour une réelle stabilité.

    L'Amie Prodigieuse, une saison 2 de toute beauté ! - CineReflex

    Gaia Girace et Margherita Mazzucco interprètent Lila et Lenù adolescentes, dans la série L'Amie Prodigieuse


    On perçoit l'incompréhension qui s'installe entre elles, qui gangrène leur amitié sans la détruire pour autant : et pourtant, ce qui les avait rapprochées n'existe plus et leurs nouvelles vies et leurs nouveaux choix tendent à les éloigner encore un peu plus l'une de l'autre. Mais cette amitié née de l'enfance semble être si forte qu'elle ne disparaît pas et Lila et Lenù ne cessent de se chercher, constamment. 
    Leurs destins sont plus parallèles et on découvre en alternance les années qui vont de leur seize ans à leur vingt-deux, vingt-trois ans, entre la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte. Lenú, pour la première fois, s'éloigne de Naples et va étudier à Pise tandis que Lila, restée à Naples se débat avec une vie conjugale décevante. Pour la première fois, le quartier populaire de Naples où elles ont grandi n'est plus le seul à être au centre du récit. Les personnages grandissent, s'émancipent, font des choix, souvent dans l'idée de se sortir de la précarité voire de la misère qui marquent leur vie depuis l'enfance : des choix qui s’avéreront bons ou mauvais et aux conséquences parfois amères.
    Le roman a beau se passer dans les années 1960, il est facilement transposable à d'autres époques. Les personnages nous parlent, font écho en nous, comme j'ai pu m'identifier à Lenù, dans laquelle j'ai retrouvé certains de mes propres traits de caractère. Certes, la société profondément machiste et patriarcale est bien celle d'avant les années 70 mais, pour autant, on s'y sent très investi. Plus que la description de la société dans laquelle évolue cette jeunesse née à la toute fin de la Seconde guerre mondiale, la fin des années 50 et les années 60, ce que j'apprécie dans cette saga, c'est la diversité des personnages et des caractères, c'est cette analyse fine de la psychologie et des comportements. Pour moi, Elena Ferrante est une très bonne écrivaine, une très bonne romancière mais aussi une excellente analyste, apte à poser des mots justes sur la vie. Voilà pourquoi, pour moi, cette saga est aussi puissante et percutante ! Le premier tome avait déjà su me séduire et me faire comprendre que, si L'Amie prodigieuse est devenue un phénomène littéraire, ce n'est pas qu'une lubie des réseaux sociaux, c'est, au contraire, grandement mérité. Le deuxième tome ne m'a donné qu'une envie : lire les deux autres dans la foulée, sans même reprendre mon souffle ! Mais je vais être raisonnable et attendre un peu, ne serait-ce que pour le plaisir de rester encore un petit peu dans cette saga qui fait assurément partie de mes livres préférés. 

    En Bref :

    Les + : s'il est beaucoup question dans ce roman de plage, de soleil, de bains de mer et de bronzage, il ne faut pas s'arrêter à cela. Car derrière le côté estival et insouciant, se cache une réalité plus sombre, parfaitement bien décrite par Elena Ferrante. Ces jeunes filles qui ne sont pas encore des femmes mais plus des enfants font l'expérience de la maturité avec amertume et désillusion.  
    Les - :
    pour moi, aucun. 


    2 commentaires
  • « La fille aux cheveux noirs se retourna et capta mon regard. Elle me sourit et mon ventre se noua. Quelque chose sembla passer entre nous, un transformation subtile de l'air. Cette manière directe, impénitente, de soutenir mon regard. »

    Couverture The girls

     

     

         Publié en 2016 aux Etats-Unis

      En 2017 en France (pour la présente édition)

      Titre original : The Girls

      Editions 10/18

      360 pages 

     

     

     

     

    Résumé :

    Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Lorsqu'elle se dispute avec sa seule amie, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Séduite par l'aînée, Suzanne, elle se laisse entraîner dans une secte au leader charismatique, Russell. Leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'intégrer. Son obsession pour Suzanne grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche d'une violence impensable.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Durant l'été 1969, la jeune Evie Boyd se brouille avec son amie d'enfance, Connie. Solitaire, délaissée par sa mère, Evie rencontre un jour dans le parc trois jeunes femmes un peu plus âgées qu'elle et au magnétisme certain : surtout Suzanne, qui semble être la leader et attire singulièrement l'attention d'Evie.
    Le jour où Suzanne s'intéresse à elle et lui accorde un peu de place dans sa vie, lui faisant découvrir son lieu de vie, une communauté installée dans un vieux ranch en plein cœur des collines californiennes, Evie semble revivre et se révéler. Loin de son existence d'adolescente un peu seule, sans amis, elle découvre le mode de vie de ces hippies fascinants, se contentant de peu, drogués à la marijuana et au speed, à la vie sexuelle libérée et surtout, soudés autour d'une figure tutélaire, Russell, qui est en fait un gourou, ni plus ni moins et exerce une influence subtile mais néfaste sur sa communauté, la rendant dépendante de lui. Une influence telle qu'à force de paroles lénifiantes et de propos contestataires fustigeant la société américaine de cette fin des années 1960, la guerre au Vietnam etc... il parviendra à armer leurs bras et à leur faire commettre le pire...l'été se termine dans le pire des marasmes pour Evie, soudain mise brutalement face à la vraie personnalité de ceux qu'elle avait pris pour des amis, des frères et des soeurs.
    Plusieurs années plus tard, c'est une Evie devenue adulte qui raconte, qui se raconte. Hantée par les souvenirs de l'été de ses quatorze ans, elle a vécu toute sa vie avec l'ombre planante de la communauté à côté d'elle et celle de Suzanne, dont elle n'a jamais vraiment réussi à se défaire. Suzanne qu'elle n'a jamais revue mais qui continue d'exercer, de loin, à travers des lambeaux de souvenir, une influence sur Evie qui, à plus de cinquante ans, mène une vie peu satisfaisante, habitée par l'idée lancinante que, s'il n'a pas participé à l'horreur dont vont se rendre coupables les filles de la communauté, elle aurait pu. Elle aurait pu le faire et ce sentiment obsédant a fini par conditionner toute sa vie...
    En lisant The Girls, difficile de ne pas penser à ces meurtres qui se sont réellement produits au mois d'août 1969, en Californie. Difficile de ne pas penser à l'actrice Sharon Tate, âgée de vingt-six ans, alors jeune épouse de Roman Polanski et enceinte de leur premier enfant, qui sera assassinée dans sa maison d'Hollywood, le 9 août, Sharon Tate qui sera assassinée par une certaine...Susan Atkins. Difficile aussi de ne pas sentir l'ombre glaçante de Charles Manson et de sa secte, La Famille, en lisant ce roman. En tout cas, j'y ai pensé tout au long de ma lecture et je pense que c'est, évidemment, l'une des inspirations claires d'Emma Cline. La ressemblance n'est pas fortuite, c'est sûr.
    J'ai lu ce roman comme en apnée, en retenant mon souffle, la gorge souvent serrée par une angoisse latente, le ventre noué. En soi, il n'y a pas vraiment de suspense dans ce roman, on sait forcément ce qui va arriver...et pourtant on redoute, tout au long de la montée en puissance du récit, son point d'orgue. On redoute ce que l'on va lire, peut-être parce que, même si The Girls est une oeuvre de fiction, elle évoque une véritable affaire qui épouvante le Hollywood de la fin des années 1960.
    A part ça, Emma Cline décrit finement les mécanismes du sectarisme et le cercle vicieux insidieux qui se met en place. Surtout, elle démontre bien que chacun peut, un jour, être la victime d'une telle communauté. Evie, jeune fille de quatorze ans fragilisée par une brouille violente avec sa seule amie, délaissée par des parents qui se débattent chacun dans une vie sentimentale un peu compliquée, livrée à elle-même, tombe sous la coupe de Suzanne et de Russell, suffisamment manipulateurs et intelligents pour la faire se sentir à part, pour la faire se sentir confiante en elle-même, différente, unique. Parce qu'elle se sent vue, regardée, aimée aussi d'une certaine manière et surtout, estimée pour ce qu'elle est, Evie tombe toute entière dans le piège. Dans cette communauté qui prône des valeurs bien différentes de celles dans lesquelles elle a été élevée, Evie apprend à être quelqu'un, à se sentir révélée sous un regard positif et orienté, forcément appréciateur, elle apprend le désir sexuel et l'amour charnel mais surtout, elle apprend la soumission, l'impression de décider de sa vie quand on vous dicte en fait subtilement ce que vous voulez que vous fassiez. Elle devient un pion, un être malléable et manipulable à souhait, comme les autres membres de la communauté.
    The Girls nous fait découvrir la phase plus sombre du mouvement hippie, qui s'est développé à la fin des années 1960, en réaction au puritanisme, à la surconsommation des Trente Glorieuses et au capitalisme galopant, à la guerre du Vietnam qui renvoie chez eux de jeunes Américains meurtris et choqués à vie, tant physiquement que psychologiquement...si la non-violence a été prônée par beaucoup d'entre eux, on se rend compte que malheureusement, certains ont basculé dans la plus noire des barbaries, sans même s'en rendre compte, juste pour satisfaire un gourou qui, un jour, leur avait fait seulement sentir toute la puissance de leur être, son caractère unique et, par conséquent, sacré.
    Je pense que toute la puissance de ce roman réside dans le fait que ce n'est pas entièrement une oeuvre de fiction, comme je le disais plus haut. Je pense aussi qu'il est dérangeant pour cela. Ce roman est glaçant et savoir que les faits qu'Emma Cline décrit ont réellement eu lieu fait froid dans le dos.
    Pour autant, notamment pour la richesse de la plume de l'auteure, pour le récit aussi, qui est de qualité, quoique effroyable, ce roman est à lire. Il secoue, il vous assène un véritable coup de poing en pleine face, assurément, vous n'en sortirez pas indemne ! Vous prendrez aussi le risque de garder le récit longtemps en mémoire...je suis en train de lire un autre roman et, pourtant, l'intrigue de The Girls me tourne encore dans la tête. Je pense que je ne vais pas oublier de sitôt Evie Boyd et Suzanne Parker.

    En Bref :

    Les + : un récit qui accroche, qui percute, servi par une plume au style riche. L'intrigue de The Girls est d'autant plus glaçante qu'elle s'inspire de faits réels...
    Les - : Aucun, pour moi.


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