• « Tout ce que je peux vous dire, c'est que le bien que l'on fait aux autres nous revient presque toujours comme une bénédiction et que notre vie s'en trouve enrichie. »

    La Rebelle, Femme médecin au Moyen Âge ; Valeria Montaldi

    Publié en 2011 en Italie ; en 2013 en France (pour la présente édition)

    Titre original : La Ribelle

    Editions J'ai Lu

    507 pages

    Résumé :

    Au Moyen Âge, sous le règne de saint Louis, Caterina exerce la médecine à Paris, à l'Hôtel-Dieu. Lorsqu'elle tombe enceinte, elle découvre trop tard que son amant est marié et décide d'assumer seule son destin.

    A l'époque où la dissection des cadavres est interdite par l'Eglise, le groupe clandestin dont faisait partie la jeune femme est dénoncé, et ses confrères masculins n'hésitent pas à lui faire porter l'entière responsabilité du délit. Abandonnée par tous, Caterina parvient à s'enfuir en Italie où elle reprend son travail dans un nouvel hôpital. Mais l'obscurantisme de l'époque la contraint à mener chaque jour une lutte épuisante contre la jalousie et la misogynie de ses collègues. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Nous sommes en 1254, à Paris, sous le règne de Louis IX. Caterina de Colleaperto, jeune femme d'origine italienne, a obtenu une maîtrise de médecine à l'université très prestigieuse de Montpellier. Depuis, elle exerce dans la capitale du royaume de France aux cotés de l'homme qu'elle aime, Rolando Lafranchi. Devant sans cesse lutter contre les préjugés misogynes de l'époque, qui font des femmes des incapables à exercer la médecine -à l'exception des accouchements qui étaient souvent confiés à des femmes, accoucheuses ou sage-femmes-, Caterina se heurte autant à la méfiance des dirigeants de l'Hôtel-Dieu de Paris qu'à celle de ses collègues masculins voire clients, peu habitués à être soignés par une femme dont ils n'hésitent pas à remettre les compétences en doute. Un jour, alors qu'elle a été dénoncée après avoir assisté à une dissection, pratique vivement réprimée dans les pays chrétiens à l'époque, et qu'elle s'aperçoit qu'elle est enceinte d'un homme dont elle ne sera jamais l'épouse, Caterina décide de fuir et de refaire sa vie ailleurs, loin. Seule.
    Quand j'ai commencé La Rebelle, c'était avec un peu d'appréhension car j'avais lu pas mal de critiques sur des blogs et sites littéraires qui n'étaient pas spécialement très enthousiastes. Il était souvent reproché aux personnages du roman de n'être pas attachants et surtout, ce qui revenait dans presque toutes les critiques, c'était la trop grande modernité du récit. Modernité que j'ai cherchée, que j'ai trouvée, il est vrai, notamment dans le comportement de Caterina, qui n'est pas du tout celui d'une femme de cette époque-là, mais finalement, ça ne m'a pas gênée plus que cela. Peut-être y'en a-t-il eu, des femmes de cette époque, qui s'élevèrent contre les préjugés dont elles étaient victimes, mais comme il est très rare d'envisager l'Histoire du point de vue des femmes, peut-être n'avons-nous pas plus d'informations que cela...

    La Rebelle, Femme médecin au Moyen Âge ; Valeria Montaldi

    Représentation de l'anatomie humaine dans Les Très Riches Heures du Duc de Berry (XVème siècle)


    Ce que je reprocherais surtout au roman, bien plus finalement que cette modernité qui peut être assez facilement occultée, c'est le foisonnement des personnages, ce qui n'est pas spécialement nécessaire car, finalement, à part quelques exceptions, les interactions entre les différents protagonistes sont très rares, du coup, on ne comprend pas spécialement l'apparition de tel ou tel personnage à tel moment du récit pour finalement ne plus jamais le recroiser. Le style n'est pas folichon non plus, mais peut-être que cela est dû à la traduction.
    A part ça, La Rebelle reste un roman qui se laisse lire et je dois même dire qu'on est assez rapidement captivé. Même si la médecine n'a peut-être pas la place qu'on attend au vu du titre, j'ai trouvé particulièrement intéressant de me plonger dans le monde de Caterina et de découvrir sa vie, parce que je me suis sentie finalement assez proche d'elle. Alors si le monde de la médecine médiévale avait été un peu plus développé, avec du vocabulaire, des situations précises, je crois que j'aurais pu être encore plus captivée par ce roman car finalement, bien que férue d'Histoire, celle de la médecine reste relativement floue pour moi et j'aurais trouvé sympa d'en apprendre un peu plus sur les pratiques de l'époque par le biais d'un roman tel que celui-ci.
    Contrairement à d'autres lecteurs qui ne se sont pas du tout attachés au personnage de Caterina, personnellement, je l'ai trouvée, sinon attachante, du moins intéressante. C'est vrai qu'elle peut paraître froide voire très imbue d'elle-même dans les premiers chapitres mais les épreuves qu'elle va devoir affronter vont finalement lui donner une humilité tout à fait appréciable et on s'attache petit à petit à ce personnage au fond assez complexe mais qui reste quand même très humain, avec ses doutes, ses failles et ses blessures secrètes. Personnage digne d'intérêt également : Francesco Aicardo, le barbier-chirurgien qui sera le collègue de Caterina à Milan.
    Petit regret : Caterina aurait pu rencontrer Hersent -appelée Ersenda dans le récit-, femme-médecin de la seconde moitié du XIIIème, dont on sait peu de choses sinon qu'elle exerça son art à la cour du roi Louis IX de France, le futur saint Louis.
    La Rebelle reste un roman que j'ai pris plaisir à découvrir même si sa trop grande modernité empêche parfois de se plonger véritablement dans l'époque : encore une fois, ne vous arrêtez pas cependant qu'à cet aspect du récit. J'ai aimé suivre Caterina dans ses pérégrinations entre France et Italie. Femme déterminée, elle force le respect malgré tout.

    En Bref :

    Les + : un personnage principal intéressant et une intrigue relativement captivante.
    Les - : 
    un foisonnement de personnages qui nous fait parfois perdre le fil ; une grande modernité de style qui empêche parfois le lecteur de s'immerger totalement dans ce XIIIème siècle à la richesse certaine.


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  • « Qu'est-ce que l'art sinon l'écho de ce qui bruisse dans l'ombre, de ce qui palpite sous la terre ? »

    Le Temps des Femmes, tome 3, Oublier Marquise ; Emmanuelle de Boysson

    Publié en 2013

    Editions Flammarion (collection Romans Historiques)

    393 pages

    Troisième tome de la saga Le Temps des Femmes

     

    Résumé :

    1708. Mariée à Armand de Belle-Isle dont elle a deux enfants, Marquise rêve de devenir un peintre reconnu. Au cours d'une réception, elle tombe amoureuse d'un jeune artiste surdoué, fragile et irrésistible, Antoine Watteau. Ils s'aimeront à la folie. Il l'initiera aux fêtes galantes ; elle l'admirera et l'accompagnera jusqu'à sa mort prématurée, à trente-sept ans.
    Bâtarde secrète de Louis XIV, Marquise charmera le vieux roi : il la légitimera dans son testament. Devenu régent, le duc d'Orléans qui abusa d'elle, trahira les dernières volontés du monarque. Elle n'aura de cesse, dès lors, de se venger, ira jusqu'à conspirer avec la duchesse du Maine et une bande d'aventuriers. Complots, enlèvements, jeux de masques, elle ne reculera devant rien.
    Un roman illuminé par l'amour et le génie de Watteau.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Paris, début XVIIIème siècle. Nous sommes à la fin du règne du Roi-Soleil vieillissant. Marquise, âgée de trente-huit ans, mariée depuis de nombreuses années à Armand de Belle-Isle, dont elle a eu deux enfants, est une artiste qui se cherche encore. Fille illégitime du roi et d'une jeune comédienne, Blanche de La Motte, héroïne du tome précédent et qui dut s'exiler en Nouvelle-France pour échapper aux foudres de la Chambre Ardente à la suite du scandale de l'Affaire des Poisons, Marquise a hérité de la fibre artistique des femmes de sa famille. Sa mère fut comédienne chez Molière et Racine et sa grand-mère, la fameuse Emilie, qui commença sa carrière comme gouvernante chez la comtesse de La Tour, devint une précieuse renommée du Marais. Un jour, lors d'une réception, Marquise rencontre un jeune artiste prometteur qui arrive tout droit de Valenciennes. Il a pour nom Antoine Watteau, ne le sait pas, mais marquera, à l'instar de Chardin, Greuze, Boucher, Fragonard, la peinture française du XVIIIème siècle...Jeune homme torturé et malade, Watteau n'en est pas moins un génie de la peinture et il devient l'amant de la belle Marquise. Mais, bien vite, les anciens démons de la fille de Blanche et du roi vont la rattraper. A la mort de Louis XIV en 1715, sa famille illégitime, représentée par le comte de Toulouse et surtout le duc du Maine et sa femme, Bénédicte, surnommée la Grande Ludovise, va affronter la famille dite légitime et représentée notamment par le neveu du roi, Philippe d'Orléans, qui n'hésite pas à casser le testament du roi défunt pour devenir Régent durant la minorité du jeune Louis XV. Afin d'asseoir son autorité, il refuse aux bâtards du roi la reconnaissance officielle à laquelle ils aspiraient tous. S'alliant à celui qui est son demi-frère, le duc du Maine et sa charismatique épouse, Marquise va faire du combat des enfants de la Montespan le sien propre et décide de partir en croisade contre le duc d'Orléans, qu'elle hait depuis qu'il a abusé d'elle quelques années auparavant.

    Le Temps des Femmes, tome 3, Oublier Marquise ; Emmanuelle de Boysson

    L'Embarquement pour Cythère (Antoine Watteau, 1717)


    Voici pour les grandes lignes et le positionnement du contexte. J'ai commencé ce livre avec beaucoup d'attentes, malgré la déception certaine que j'ai pu ressentir à la lecture des deux premiers tomes, Le Salon d'Emilie et La Revanche de Blanche. J'en étais ressortie franchement pas emballée, c'est le moins qu'on puisse dire. J'attendais un peu plus de ce troisième tome dans le sens où j'adore l'art et Watteau fait partie de mes peintres préférés. J'adore la peinture du XVIIIème et surtout celle dite galante, représentée notamment par Watteau mais aussi Fragonard ou encore Boucher. Découverte à la fac, j'avais eu un vrai coup de coeur pour la peinture de Watteau, touchante, émouvante. Belle, en un mot, et très humaine aussi, peut-être de par le tragique destin de son auteur. Je me disais donc que, peut-être, ce tome-ci résonnerait un peu plus pour moi, dans le sens où est abordé dedans un sujet qui m'intéresse tout particulièrement. Et finalement...non. C'est catégorique mais l'exacte vérité. Non seulement j'ai traîné en longueur pour le terminer mais, en plus, je n'ai franchement pas été emballée : la fâcheuse impression que je traîne depuis Le Salon d'Emilie s'est malheureusement confirmée une troisième fois. Même si le personnage de Marquise m'a bien plus plu qu'Emilie et Blanche qui m'ont parfois franchement agacée. J'ai aimé ce personnage d'amoureuse finalement assez peu conventionnelle. Pour l'époque, une femme de quarante ans -et plus, puisque nous suivons Marquise sur une durée de plus de dix ans-, est déjà une femme mûre, parfois même une grand-mère : en cela, elle tranche radicalement avec ses deux aînées, présentées dans leur prime jeunesse, alors que nous découvrons Marquise comme une femme à la vie déjà bien installée et entrant doucement dans la maturité. Ceci serait d'ailleurs l'un des rares points positifs du roman, j'ai en effet apprécié de découvrir une héroïne murissante, parfois plus complexe qu'une plus jeune. Mais, ici, Marquise est une amoureuse, amoureuse de Watteau, amoureuse de la peinture. Une femme qui n'entre pas dans les normes de son temps et qui, en cela, est plutôt actuelle. J'ai également beaucoup aimé cette plongée dans l'univers torturé mais tellement onirique d'Antoine Watteau. Contexte historique relativement bien amené également et le style beaucoup moins monotone que dans les premiers tomes, c'est à noter.
    Pour le reste, eh bien je soulèverais un peu les mêmes critiques que pour les tomes précédents. Des personnages récurrents ou secondaires trop caricaturaux voire particulièrement détestables. Beaucoup de vulgarité...l'époque ne faisait certes pas dans la dentelle mais ce n'est pas une obligation d'en rajouter et d'exagérer dessus même si, je suis d'accord, il y'a matière. Le personnage de Philippe d'Orléans, le Régent, est particulièrement détestable et même s'il ne fut certainement pas un enfant de chœur, de là à en faire un personnage machiavélique, non.
    Bref, sans avoir été complètement rebutée par ce livre, je dois dire que je n'ai pas spécialement été captivée. Je ne me suis pas ennuyée mais je n'ai pas non plus réussi à entrer complètement dans l'intrigue et c'est dommage.

    Le Temps des Femmes, tome 3, Oublier Marquise ; Emmanuelle de Boysson

    L'Enseigne de Gersaint, dernière grande oeuvre de Watteau (1720)

    En Bref :

    Les + : le personnage de Marquise, attachant et la plongée dans le monde onirique de Watteau et de la peinture en général que nous propose l'auteure.
    Les - : 
    encore trop de caricature dans la description des personnages.


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  • « Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons dans la composition des remèdes. » 

    Le Temps des Femmes, tome 2, La Revanche de Blanche ; Emmanuelle de Boysson  

    Publié en 2013

    Editions J'ai Lu

    442 pages 

    Second tome de la saga Le Temps des Femmes

     

    Résumé :

     

    1664. Avant de mourir, Emilie révèle à sa fille Blanche de La Motte qu'elle a été bannie des salons littéraires parisiens. Blanche ne l'oubliera jamais. Elevée par Ninon de Lenclos, l'orpheline assiste à la représentation des Précieuses Ridicules. Une révélation : elle sera comédienne de la troupe de Molière. Volontaire et fragile, Blanche aimera trois hommes, dont Louis XIV. Jalousée, menacée, son amitié avec la sulfureuse Montespan l'entraîne au cœur des intrigues de la cour et de l'affaire des Poisons.

    Dans les coulisses de Versailles et du théâtre du XVIIème siècle, ce roman captivant mêle avec finesse le jeu des ambitions et les manœuvres de grandes dames fascinées par les pouvoirs occultes. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans le second tome du Temps des Femmes, nous faisons la connaissance de Blanche de La Motte, la fille bâtarde qu'Emilie Le Guilvinec, héroïne du premier tome, a eu de ses amours avec le poète Ronan Le Guillou. Laissée enfant aux bons soins de la courtisane Ninon de Lenclos, Blanche ne reverra jamais ses parents. Partie rejoindre son amant en Nouvelle-France, Emilie y trouve la mort après avoir contracté une épidémie.
    Elevée à Paris auprès d'Antoine de la Boissière, fils que Ninon eut du marquis de Villarceaux, la petite Blanche se prend bien vite de passion pour le théâtre et intègre la troupe de Molière. Mais, bientôt, elle est introduite à la Cour, où elle se lie d'amitié avec la belle Athénaïs de Montespan et où elle devient suivante de la reine Marie-Thérèse. Et il se pourrait bien qu'elle ne laisse pas le jeune roi, Louis XIV, dont le sang est bouillonnant, indifférent...
    L'idée de départ est bonne, même s'ils sont nombreux, les auteurs qui nous ont brossé des portraits plus ou moins différents du Grand Siècle. Il faut dire que le siècle de Louis XIV est particulièrement inspirant, de part sa richesse en événements mais aussi, de part sa richesse culturelle et ses personnages marquants. Dommage qu'Emmanuelle de Boysson ne parvienne pas à nous captiver, car il y'avait de la matière ! Le style reste relativement monotone et terne, comme dans le premier tome et même si j'ai pris plaisir à découvrir le destin de Blanche, j'ai trouvé que certaines péripéties étaient quelque peu téléphonées et pas forcément très crédibles. J'ai trouvé également un peu dommage que la cour de Louis XIV soit dépeinte de façon si vulgaire...Alors certes, on était certainement bien plus trivial au XVIIème -quoique...- que de nos jours, mais je ne comprends pas l'intérêt de décrire la reine Marie-Thérèse comme une femme coléreuse et capricieuse, se bourrant sans cesse d'une nourriture qu'elle vomit à travers les portières des carrosses ! Certes la reine n'était pas gâtée par la nature mais à ce point-là...Idem pour le personnage d'Athénaïs. Si son côté hautain est relativement bien restitué, dans l'ensemble, c'est un personnage très vulgaire et un peu trop machiavélique qui est représenté dans le roman, au détriment de cet esprit que tous les historiens s'accordent à lui donner tant Madame de Montespan était connue pour ses réparties et ses bons mots. Quant au roi, sultan d'un harem de femmes alanguies bon...pourquoi pas ? mais bon, bien qu'aimant les femmes, Louis XIV était quand même loin d'entretenir un caravansérail pour autant !

     

    Le Temps des Femmes, tome 2, La Revanche de Blanche ; Emmanuelle de Boysson

    Molière et les sarcastiques de sa troupe (tableau d'Edmond Geoffroy, 1857)

    Quant au personnage principal de Blanche, malgré sa fragilité, j'ai eu énormément de mal à m'attacher à elle. Sans dire que je ne l'ai pas aimée, disons qu'elle m'a parfois tapé sur les nerfs. Puérile par moments, elle agace un peu, comme Emilie dans la première tome. Du coup, je me demande ce qu'il va en être de Marquise dans le tome 3. Sera-t-elle aussi agaçante que ses aînées ou un peu plus attachante ?
    Bon point, par contre, pour le contexte historique bien restitué. On suit avec plaisir le déroulement de cette sordide affaire qui marqua le règne de Louis XIV d'une tâche noire et qui est restée dans l'Histoire sous le nom d'Affaire des Poisons, affaire qui éclaboussa de nombreux grands noms et, parmi eux, celui de Madame de Montespan, favorite de Louis XIV ou encore, la comtesse de Soissons, nièce de Mazarin et ancien amour du roi. La complicité puis la rivalité latente qui opposeront Athénaïs et Françoise de Maintenon, gouvernante des bâtards royaux avant de devenir maîtresse puis épouse cachée du Roi-Soleil, est bien emmenée également, tout comme le monde du théâtre est relativement bien décrit : le théâtre du XVIIème siècle est peu exploité -bien que très connu et étudié- dans les romans et, comme dans Le Salon d'Emilie, l'auteure a au moins eu le mérite de baser son récit sur un sujet qui change de ce qu'on peut lire d'habitude. On suit la Cour de Fontainebleau à Saint-Germain et de Saint-Germain aux fastes dorés de Versailles et c'est particulièrement plaisant que de se replonger dans cette ambiance si particulière qui marque le XVIIème siècle et l'apogée du règne de Louis XIV, d'autant plus que la jeune Blanche, grâce aux caprices -chanceux ?- du destin, se retrouve souvent aux premières loges. Dommage que le style ne captive pas et que les personnages nous ennuient vite...

     

    Le Temps des Femmes, tome 2, La Revanche de Blanche ; Emmanuelle de Boysson

    La Voisin, l'une des plus célèbres empoisonneuses jugées pendant L'Affaire des Poisons

    En Bref :

    Les + : intéressante description du règne de Louis XIV. 
    Les - : des personnages trop caricaturaux et un récit encore trop monotone.


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  • « Les hommes il faut les faire courir pour tout ce qu'ils nous font marcher. »

    Le Temps des Femmes ; Emmanuelle de Boysson

    Publié en 2011

    Editions Flammarion (Collection Romans Historiques) 

    367 pages

    Premier tome de la saga Le Temps des Femmes 

    Résumé :

    1643, A la mort de son père, la jeune Emilie Le Guilvinec quitte sa Bretagne natale pour devenir préceptrice dans le Marais, à Paris, chez la comtesse Arsinoé de La Tour. Sa culture, son esprit et sa fraîcheur lui ouvrent la porte des salons littéraires. Emilie rencontre les fameuses précieuses qui se piquent de lettres et d'érudition. L'ambitieuse suscite vite des jalousies. Dans les tourments du royaume déchiré par la Fronde qui traumatise Louis XIV enfant, l'attachante Bretonne se débat au coeur des jeux de pouvoir et confie à son journal ses troubles, ses rêves, ses passions aussi. Saura-t-elle se jouer de l'arrogance et des volte-face de cette noblesse dont elle ne partage pas le sang ? Maintiendra-t-elle son rang au milieu de ces brillantes amazones qui excellent dans l'art de la conversation et de la raillerie ? Pourra-t-elle aimer l'homme qu'elle a choisi plutôt que celui qu'on lui impose ? Son ascension la conduira-t-elle à sa perte ?

    Plongée dans l'univers des salons, ce roman palpitant est aussi une grande histoire d'amour nourrie de rebondissements et d'intrigues.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Locronan, hiver 1642-1643. La jeune Emilie Le Guilvinec, fille du tavernier du village, vient de fêter ses dix-sept ans. Au mois de janvier 1643, elle perd son père, qui l'avait initiée, plus jeune, aux belles lettres. Sa mère décide alors de l'envoyer à Paris où elle deviendra gouvernante des enfants des de La Tour, une prestigieuse famille de la noblesse. La maîtresse de maison, la comtesse Elisabeth, qui se fait appeler Arsinoé, est l'une des Précieuses du Marais les plus réputées. En entrant dans ce monde inconnu pour elle, la jeune provinciale va façonner le reste de sa vie...Emilie Le Guilvinec, devenue Emilie de La Motte, va à son tour devenir une Précieuse de renom, fréquentant Madeleine de Scudéry, la marquise de Sévigné, Ninon de Lenclos...
    L'idée de départ est particulièrement séduisante...J'aime le XVIIème siècle et le monde des Précieuses quoique pas forcément très connu, m'intéresse bien donc je me suis dit, pourquoi pas ? Cette saga très féminine ne pouvait que me plaire. Et je ressors de ce premier tome sans savoir trop quoi en penser. Je n'ai pas détesté, loin de là, j'ai même trouvé cette histoire particulièrement belle, touchante et digne d'intérêt, quoique je ne me sois pas spécialement attachée aux personnages. Mais j'ai trouvé parfois le style un peu monotone, le récit un peu trop rapide. On a également tendance à se perdre dans les différents personnages, ce qui est un peu dommage et même si l'on sent chez l'auteure une véritable volonté de nous retranscrire avec le plus d'exactitude possible le contexte historique, on finit par se mélanger les pinceaux et à ne plus rien comprendre ! A sa décharge, il est vrai que le contexte de la Fronde n'est sûrement pas le plus simple à restituer, surtout dans un roman. Entre les renversements et retournements d'alliances, la fronde parlementaire, celle des princes, les différents protagonistes, il y'a de quoi perdre son latin, c'est bien vrai. Malheureusement on ressort du bouquin complètement paumé, avec pas mal de questions : qui est qui par rapport à qui ? Pourquoi le mari d'Emilie jubile-t-il à l'idée de faire arrêter les libellistes qui calomnient Mazarin alors que lui-même et son acolyte, le cardinal de Retz, n'hésitent pas à fomenter un complot contre le cardinal ? Ceci dit, avantage de la chose, cela m'a donné envie de me documenter un peu plus sur cette période particulièrement troublée du début du règne de Louis XIV et je pense qu'il va d'ailleurs falloir que j'approfondisse un peu mes recherches pour être sûre de bien comprendre parce que pour l'instant, je dois bien avouer que tout n'est pas clair pour moi.

     

    Le Temps des Femmes ; Emmanuelle de Boysson

    Madeleine de Scudéry, auteure de Clélie, histoire romaine, l'une des plus célèbres Précieuses 

     

    Si nous en revenons au récit à proprement parler, je dois dire que je ne me suis pas spécialement attachée à Emilie, malheureusement. Elle m'a même particulièrement agacée parfois et son côté légèrement puéril ne nous donne, du coup, pas spécialement envie de croire qu'elle ait pu devenir une Précieuse renommée. Point positif, car il y'a bien sûr des points positifs, j'ai trouvé qu'Emmanuelle de Boysson nous livrait une assez belle description de ces salons qui firent le succès de bien des dames entre les années 1640 et 1700. Qu'elles soient ridicules ou non, les Précieuses, n'en déplaise aux railleurs, ont marqué leur époque. Certaines, comme Madeleine de Scudéry ou encore, Madame de Sévigné ou Madame de La Fayette, ont marqué le monde des lettres, à l'instar de leurs confrères masculins. Au même titre que Corneille marqua l'histoire du théâtre avec Le Cid, Madame de La Fayette nous a laissé La Princesse de Clèves, un classique de notre littérature. Ces femmes en avance sur leur temps étaient des érudites et des amoureuses et on ne peut nier que le courant des Précieuses eut un impact certain sur le XVIIème siècle. J'ai aimé découvrir ce monde particulier, un peu clos, pas forcément bien connu ni mis en avant par les historiens...
    Pour résumer, sans avoir été complètement déçue par ce premier tome, je n'ai pas spécialement été emportée. Les personnages ne m'ont pas vraiment plu, à l'exception d'un ou deux et, si Emilie m'a parfois particulièrement agacée, j'espère m'attacher plus facilement à sa fille, Blanche, qui sera l'héroïne du second tome de cette saga.

    Le Temps des Femmes ; Emmanuelle de Boysson

    Un salon de Précieuses  

    En Bref :

    Les + : une plongée intéressante dans le monde des salons littéraires et des Précieuses.
    Les - : quelques petites incohérences et un style un peu monotone.  

      


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