• Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers

    Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers  « Dans un bon roman policier rien n'est perdu, il n'y a pas de phrase ni de mot qui ne soient pas. »

    Paul Auster

     

    SOMMAIRE ROMANS POLICIERS, ENQUÊTES HISTORIQUES, THRILLERS 

     

     

    - A - 

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t3 : Londres, 1200

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t4 : Montségur, 1201

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t5 : Rome, 1202

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t6 : Rouen, 1203

    De Taille et d'Estoc : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Férir ou Périr : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Aillon (d') Jean, Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour : L'Evasion de Richard Cœur-de-Lion et autres aventures 

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t4 : Récits Cruels et Sanglants durant la Guerre des Trois Henri

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t5 : Dans les griffes de la Ligue 

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t1 : Une étude en Ecarlate

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t2 : Le Chien des Basqueville

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t3 : La Ville de la Peur 

    Aillon (d') Jean, Le Duc d'Otrante et les Compagnons du Soleil 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t1 : Les Ferrets de la Reine 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t2 : Le Mystère de la Chambre Bleue 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t3 : La Conjuration des Importants 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t4 : La Conjecture de Fermat 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t5 : L'Homme aux Rubans Noirs 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t6 : L'Exécuteur de la Haute Justice 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t7 : L’Énigme du Clos Mazarin

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t8 : Le Secret de l'Enclos du Temple 

    Aillon (d') Jean, Marius Granet et le Trésor du Palais Comtal 

    - B - 

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t1 : La Femme sans Visage

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t2 : Messe noire

    Barrière Michèle, Les Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel à la Cour de François Ier, t1 : Le Sang de l'Hermine 

    Barrière Michèle, Les Soupers Assassins du Régent 

    Barrière Michèle, Meurtres au Potager du Roy

    - C - 

    Carayon Christian, Le Diable sur les Épaules 

    - D - 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t1 : Le Calice des Esprits 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t2 : Le Combat des Reines 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t3 : Le Règne du Chaos 

    Doyle Arthur Conan (sir), Le Chien des Baskerville suivi de La Vallée de la Peur 

    - E - 

    - F - 

    Franklin Ariana, Adelia Aguilar, t1 : La Confidente des Morts 

    - G - 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t1 : Un Intérêt particulier pour les Morts

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t2 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t3 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t4 : Un Flair Infaillible pour le Crime 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t5 : Le Témoignage du Pendu 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t6 : Le Brouillard tombe sur Deptford 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t1 : Le Fléau de Dieu

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t2 : A l'Ombre du Diable 

    - K - 

    - L - 

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t1 : La Baronne meurt à Cinq Heures

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t2 : Meurtre dans le Boudoir

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t3 : Le Diable s'habille en Voltaire 

    - M -

    Maitland Karen, La Compagnie des Menteurs

    Maitland Karen, La Malédiction de Norfolk

    Maitland Karen, Les Âges Sombres 

    Mention Michaël, La Voix Secrète 

    Moore Viviane, Alchemia, t1 : La Femme sans Tête

    Moore Viviane, Alchemia, t2 : L'Homme au Masque de Verre

    Moore Viviane, Alchemia, t3 : Le Souffleur de Cendres 

    Moore Viviane, Galeran de Lesneven, t1 : La Couleur de l'Archange 

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t1 : L'Héritier des Pagans

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t2 : Le Jeu de Dupes

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t3 : Meurtres à Versailles 

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t12 : La Pyramide de Glace 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t13 : L'Inconnu du Pont Notre-Dame 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t14 : Le Prince de Cochinchine 

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t1 : L'Etrangleur de Cater Street

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t2 : Le Mystère de Callander Square

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t3 : Le Crime de Paragon Walk

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « Dans le labyrinthe chartrain, on ne se perd pas. Le parcours est sinueux et compliqué, à l'image de la vie, mais on finit toujours, après bien des pérégrinations, à entrer symboliquement dans la Jérusalem céleste. »

    La Prophétie de la Cathédrale ; Christophe Ferré

     

     

     

      Publié en 2020

     Titre original : La Révélation de Chartres 

     Editions Archipoche 

     396 pages

     

     

     

     

     

    Résumé : 

    «Il n'y a de Dieu qu'Allah l'Unique. » Par quel mystère la profession de foi de l'islam figure-t-elle sur un vitrail de la cathédrale de Chartres retraçant la vie du Christ ? 

    Lors de fouilles dans la crypte de la cathédrale, Mary, jeune et brillante étudiante, est sur le point de mettre au jour une découverte archéologique majeure. 

    Mais cette révélation risque de bouleverser l'équilibre du monde. Un rempart de haine et de sang se dresse alors pour empêcher la jeune femme d'accéder à cette vérité qui dérange. 

    Quelle est l'étrange congrégation prête à supprimer tous ceux qui s'approchent trop près du secret ? Quel est le secret ? Une prophétie vieille de plusieurs siècles est-elle en train de s'accomplir ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    La cathédrale de Chartres, immense vaisseau gothique dominant les plaines de la Beauce est, depuis le Moyen Âge, un centre religieux majeur. Réputée aujourd'hui notamment pour ses superbes verrières et portails, Chartres est visitée par des millions de touristes.
    Et si un mystère, un secret, avait conduit à faire de cette cathédrale de province l'une des plus importantes de la chrétienté, au même titre que Notre-Dame de Paris ? Et si, en plus d'abriter le Voile de la Vierge, la cathédrale chartraine était l'objet d'une prophétie séculaire qui, avec l'arrivée de la jeune scientifique américaine, semble sur le point de se réaliser ? Pourquoi, sur l'une des verrières consacrées à la vie du Christ, a-t-on trouvé la représentation des rois mages offrant au nouveau-né des dinars sur lesquels est écrite la profession de foi de l'islam ?
    Mary Kennedy, jeune archéologue américaine venue travailler sur un chantier de fouilles, va être mêlée à une histoire qui la dépasse et percer un secret que l'humanité ne soupçonne pas.
    Et si Chartres était finalement un grand sanctuaire œcuménique, dont la mission première est d'apporter la paix ? Pourtant, l'étrange confrérie qui pourchasse la jeune Américaine et ne tient absolument pas à ce que le secret qui dort dans les flancs de la cathédrale soit éventé, est tout sauf pacifique et c'est une véritable course-poursuite qui s'engage entre la jeune femme soucieuse de sauver sa peau mais aussi de découvrir enfin ce qui a poussé plusieurs personnes à rompre l'omerta et donc, à risquer leur vie, pour l'initier et les mystérieux personnages qui ont semé bien des morts autour d'elle et ne semblent reculer devant rien. 
    En mélangeant des faits historiques avérés et de solides recherches archéologiques, sur lesquels il a jeté une intrigue romanesque et ésotérique haletante à souhait, Christophe Ferré nous propose un roman court et dynamique, qui va droit au but et ne nous laisse pas reprendre notre souffle un seul instant !
    Ce thriller ésotérique m'a fait sortir de ma zone de confort, même si l'Histoire est omniprésente en filigrane du récit. Je n'y ai pas tout aimé (et de nombreuses coquilles d'impression ont malheureusement un peu gêné ma lecture) mais j'ai malgré tout eu du mal à le lâcher parce que le suspense y est savamment dosé et donne envie d'avancer, de tourner les pages et de connaître enfin le dénouement de ce roman étrange qui mêle un aspect policier et un autre plus historique et romanesque quoique basé sur une idée de départ véridique : la présence plus qu'étrange sur un vitrail gothique d'un sanctuaire catholique de la première phrase de la profession de foi musulmane : « Il n'y a de Dieu qu'Allah l'unique. » Évidemment c'est surprenant et cela nous questionne encore... en apportant une réponse, certes fictive et traitée d'une manière particulière, mais une réponse quand même, Christophe Ferré nous passionne pour l'histoire de ce lieu emblématique qui a traversé le temps et capté les croyances ancestrales des hommes bien avant le christianisme.

    Cathédrale de Chartres

    Immense vaisseau de pierre, la cathédrale de Chartres domine la ville depuis le Moyen Âge. 


    Que l'on soit croyant ou pas, ce roman ne peut que fasciner : les mystères attachés aux vieux édifices, châteaux, églises, cathédrales, ont quelque chose de passionnant parce qu'on ressent au fond de nous que tout n'est pas connu, que tout n'est pas expliqué ni explicable. Même si votre esprit cartésien reprend le dessus par moments, nul doute que, si vous aimez vous questionner et les énigmes de l'Histoire et des civilisations, vous serez embarqué par cette intrigue.
    Vous l'aurez sûrement compris, le fond du récit m'a vraiment plu et j'ai apprécié de découvrir l'histoire de Chartres. J'ai été un peu moins séduite, par moments, par le style de l'auteur et je regrette de ne pas avoir réussi à m'attacher à Mary, même si nous avons au moins un point commun, elle et moi : la passion de l'Histoire et des vieilles pierres. Malgré tout, je me suis sentie proche d'elle et j'espérais qu'elle se sorte de cette affaire sordide sans trop de mal : elle m'a rappelé un personnage de Karen Maitland dans La Malédiction de Norfolk qui se retrouve soudain pris dans un tourbillon qui le dépasse, qu'il ne comprend pas et qui l'empêche de revenir en arrière et de retrouver une vie normale. On ressent tout au long du roman la tension, la peur qui anime la jeune femme, on se surprend parfois à lire en étant tendu, les mains presque tremblantes, en se demandant ce qui va arriver à la page suivante.
    Je n'ai donc pas été pleinement séduite par ma lecture mais dans l'ensemble, pour une première, ce fut une assez agréable surprise et j'ai terminé ce roman avec un petit pincement de regret, me disant que si ce que Christophe Ferré a imaginé advenait vraiment, ce serait quand même vachement bien et peut-être le monde se porterait-il mieux.
    Si vous aimez les intrigues historiques mais pas trop, les thrillers contemporains haletants et les mystères ésotériques, alors ce roman est fait pour vous.

    En Bref :

    Les + : l'aspect ésotérique, quoique fictif, est passionnant, cette histoire de prophétie, de croyances ancestrales, m'a vraiment bien plu. Le roman est de plus efficace et haletant.
    Les - :
    le style de l'auteur a parfois peiné à me convaincre tout à fait et surtout, les nombreuses coquilles, qui ne lui sont toutefois pas imputables, gênent malgré tout la lecture, c'est dommage. 


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  • « Tout le monde croit ce qu'il veut croire et adapte la vérité à ses propres convictions. »

    Couverture Le commissaire aux morts étranges, tome 3 : Tuez qui vous voulez

     

     

     Publié en 2016

     Editions Babel (collection Noir) 

     391 pages 

     Troisième tome de la saga Une Enquête du commissaire   aux Morts Étranges 

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Hiver 1759. Alors que s'élèvent les fusées multicolores d'un splendide feu d'artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C'est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe. 
    Au même moment, les rues de Paris s'enfièvrent à l'approche de la fête des Fous qu'un mystérieux individu invite à ressusciter. La cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV...
    En quelques jours, l'ordre social paraît s'inverser et même le moine semble gagné par la folie ambiante. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Le commissaire aux morts étranges, lui, garde la tête froide et mène l'enquête. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans ce troisième opus des enquêtes du chevalier de Volnay, commissaire aux morts étranges, Olivier Barde-Cabuçon nous emmène à la Noël de 1759. Alors que les Parisiens se pressent dans les rues pour assister au feu d'artifice tiré au-dessus de la Seine, un jeune homme est retrouvé assassiné, la gorge tranchée. Un meurtre qui fait écho à deux autres crimes perpétrés quelques jours plus tôt mais qui présente cela dit un petit inconvénient pour le pouvoir en place : la victime est russe et cela est inquiétant, quand on sait que le roi Louis XV est alors en pleine tractations secrètes avec la tsarine Elisabeth pour établir une alliance franco-russe qui couperait l'herbe sous le pied de l'ennemi anglais...
    Volnay et son acolyte le moine se voient donc confier une enquête délicate qui met au supplice le lieutenant général de police, Sartine. Et cela ne s'arrange pas quand Volnay découvre sur ses pas un agent du secret du roi, un personnage étrange et secret qui n'hésite pas à se travestir à l'envi en femme : le fameux chevalier d’Éon, espion et membre du Secret du roi qui mena effectivement des missions secrètes en Russie pour le compte de l'État français.
    Cette troisième enquête aborde pas mal de sujets passionnants (mais qu'est-ce qui ne l'est pas, quand on parle du XVIIIème siècle ?!) : la Fête des fous, célébration qui confine au paganisme et répand des relents de superstition sur la capitale, le jansénisme, les convulsionnaires, la diplomatie de cette fin de décennie 1750, qui voit un rapprochement entre la France et le géant de l'est, la Russie, conséquence du renversement des alliances qui commence en 1756 et voit la Russie devenir un satellite de la grande alliance austro-française.
    L'Histoire avec un grand H se mêle à des aspects plus sociétaux et c'est quelque chose que j'apprécie dans cette saga, comme j'ai pu l'apprécier dans les enquêtes de Nicolas Le Floch, un autre fameux enquêteur qui œuvre presque en même temps et dans le même contexte que Volnay.
    Ainsi, dans Tuez qui vous voulez, on découvre la mainmise du roi Louis XV sur la diplomatie de son royaume, avec la création d'un réseau sans précédent et dont même ses ministres les plus proches ne sont pas informés : c'est ce que l'on appelle le Cabinet noir ou le Secret du roi, dont fit réellement partie le chevalier d’Éon. On découvre les tractations secrètes menées par ce réseau d'espions qui sillonne l'Europe pour le compte du roi de France et la manière dont les alliances se nouent et se dénouent, avec fourberie et force circonvolutions...
    Et puis on découvre qu'à Paris, l'opposition au pouvoir royal n'est pas que politique ou, du moins que, la fin justifiant les moyens, on se sert de la religion à tour de bras à des fins politiques : en cette fin des années 1750, le jansénisme, mouvement condamné par le pape en 1713, n'est pourtant pas mort ni muet. Malgré la destruction de l'abbaye de Port-Royal sous le règne précédent et la condamnation du jansénisme par la royauté comme par la papauté, on continue à assister à des faits bien surprenants : des femmes qui entrent en transe sur la tombe d'un diacre janséniste, François de Pâris, par exemple...on les appelle les convulsionnaires et ces mouvements spontanés emmènent à des débordements mystiques et superstitieux (crucifixions pour connaître les tourments du Christ, violences physiques et mortifications...).
    En intégrant parfaitement son enquête dans ce contexte riche, passionnant et surtout bien documenté, Olivier Barde-Cabuçon se plaît à nous égarer sur de fausses pistes avant le rebondissement ultime que je n'avais franchement pas vu venir.
    J'ai eu l'impression que cette enquête était peut-être moins complexe que les deux précédentes, dans le sens où j'ai lu ce tome avec beaucoup de facilité mais ça reste malgré tout une lecture très plaisante. Pour moi qui ne me remets pas de la fin de Nicolas Le Floch, retrouver un enquêteur du XVIIIème siècle est un vrai plaisir !

    En Bref :

    Les + : C'est toujours aussi plaisant, c'est toujours aussi bien écrit et l'amoureuse du XVIIIème siècle que je suis se plonge toujours avec curiosité et plaisir dans l'univers sombre à souhait d'Olivier Barde-Cabuçon, combinant histoire avec un grand H et aspects plus sociétaux finement restitués. Une saga que je ne suis pas prête de laisser tomber ! 
    Les - :
    Aucun ! Cette troisième enquête était passionnante.


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  • « C'était bien l'incohérence du monde moderne que de pourchasser les penseurs géniaux et de couver les exaltés. »

     

     

     

     

     Publié en 2014

     Editions du Masque (collection Poche)

     316 pages 

     Troisième tome de la saga Voltaire mène l'Enquête

     

     

     

     

     

     

    Résumé : 

    Voltaire a enfin trouvé un adversaire à sa mesure : le diable en personne ! Belzébuth sème des cadavres à travers Paris, au point que l’Église, soucieuse d’éviter tout scandale, fait appel au célèbre philosophe pour mener une enquête discrète en cachette de la police. Dans un Paris des Lumières encore très empreint de croyances irrationnelles, où vampires, démons et morts-vivants semblent se promener à leur gré, qui d’autre envoyer sur leurs traces qu’un philosophe connu pour ne croire à rien ? En échange, le cardinal de Fleury, qui gouverne la France, autorisera la publication des Lettres philosophiques, ce brûlot sulfureux. Il ne reste plus à Voltaire qu’à montrer ce que peut la philosophie contre la superstition. Et aussi à découvrir qui sème des morceaux de corps humains jusque dans le bain de l’écrivain, à percer le secret d’un mystérieux jupon convoité par un assassin, sans oublier de faire jouer sa nouvelle tragédie à la Comédie-Française, afin de révolutionner un art théâtral poussiéreux !
    À la fois roman policier historique et conte voltairien, Le diable s’habille en Voltaire est écrit dans un style jubilatoire aussi ciselé que l’était le langage des Lumières.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans cette troisième enquête, le philosophe le plus insupportable de la Création nous entraîne dans une étrange sarabande -une véritable danse macabre, pourrait-on dire !
    En 1733 à Paris, on embastille les philosophes mais l'on croit encore au diable et autres démons et vampires. Alors quand le vicaire d'une vénérable institution parisienne sollicite notre cher Voltaire pour faire la lumière sur la mort mystérieuse de l'un de ses prêtres, vraisemblablement assassiné par un être démoniaque muni de pieds de bouc, cela ne choque personne : c'est bien connu après tout que le diable existe et il n'y a bien que les philosophes athées et les marquises scientifiques pour dire le contraire et opposer la Raison aux superstitions des prêtres et du peuple !!
    Le Diable s'habille en Voltaire, troisième tome de la série Voltaire mène l'Enquête et qui pastiche le titre d'un célèbre roman américain, nous emmène pour une course endiablée dans les rues de Paris où l'on croise pêle-mêle un carrosse tout de noir vêtu qui semble tout droit sorti des bouches de l'Enfer, une comtesse désœuvrée et un peu folle qui dépèce les cadavres du cimetière des Innocents, des comédiens exigeants et qui mettent peu de volonté à bien jouer du Voltaire, un nécromant venu d'outre-Rhin qui arrose les philosophes d'eau bénite et brandit des crucifix à tout bout de champ et enfin, un larron qui poursuit un but bien mystérieux en se cachant dans les anciennes carrières de Paris et se déplace sur deux pattes diaboliques...
    Le début du XVIIIème siècle n'est pas encore débarrassé de ces peurs irraisonnées héritées des temps les plus anciens : Voltaire dans sa correspondance au début des années 1730 parle même de cette psychose du vampire dont souffrent plusieurs pays européens à ce moment-là. En 1733 encore, partout en France et en Europe, on a peur du diable et des démons et il ne viendrait à l'esprit de personne de dire que cela n'est qu'une vaste machination, en un mot, une supercherie montée de toutes pièces par un esprit humain. Alors, derrière l'ironie et la truculence du propos, c'est un beau portrait que nous brosse Lenormand de cette époque si paradoxale, oscillant sans cesse entre le savoir et la raison d'un côté et la superstition et l’idolâtrie obscurantistes de l'autre.
    J'ai apprécié de retrouver notre philosophe enquêteur, dans une aventure pétillante et sautillante où se croisent tous les personnages qui font de cette saga une oeuvre littéraire à part : la marquise Emilie du Châtelet, mathématicienne et traductrice de Newton, qui eut effectivement une liaison avec Voltaire -qu'elle rencontre en réalité en 1734-, l'abbé Linant, qui fut le secrétaire du grand homme et qui, dans la saga, est aussi sot qu'un panier et donne lieu à tout un tas de situations cocasses.
    Ce qui fait la force de cette saga, où tout n'est pas vrai mais où l'époque est cependant très bien restituée par un auteur spécialiste du XVIIIème siècle et qui ne se prive pas d'en décrire les travers et les paradoxes, c'est bien la plume de Lenormand. Je l'ai découverte en ce qui me concerne dans un court roman centré sur la figure de Chon du Barry, la belle-sœur de la fameuse comtesse, intitulé Mademoiselle Chon du Barry ou les surprises du destin que j'avais beaucoup aimé. Et cela a bien fonctionné avec La Baronne meurt à Cinq Heures, premier opus des aventures de notre cher Voltaire, dépeint comme un petit gnome surmonté d'une perruque, bête noire de la police parisienne et du pouvoir en place, qui ne rêve que de l'embastiller ( « C'est que, mon cher, vos lettres ont du cachet » lui dit mine de rien le lieutenant de police Hérault, au détour d'un chapitre). Comme cette citation, le roman est truffé de petites références subtiles à l'époque, qui font sourire et qui sont toujours glissées là avec à-propos. Certains lecteurs ont déploré qu'il y'avait trop d'ironie...Certes, mais pour moi, c'est elle justement qui fait la force de cette saga décidément pas comme les autres. Lenormand prend le contre-pied d'auteurs comme Jean-François Parot, qui cisèle un portrait extrêmement précis et parfait autour de son enquêteur du Châtelet, Nicolas Le Floch, dans le respect des règles et des institutions des règnes de Louis XV et Louis XVI, ou Olivier Barde-Cabuçon, qui met en place dans ses Enquêtes du Commissaire aux Morts Étranges une ambiance noire et poisseuse, presque gothique, dans laquelle évolue son commissaire, Volnay, flanqué de son accolyte, le moine défroqué. Ce sont trois sagas, trois personnages liés cependant par une époque passionnante et dans laquelle je me retrouve parfaitement, que je lise Parot, Lenormand ou Barde-Cabuçon. C'est une autre manière d'envisager le roman policier, en y instillant un aspect un peu burlesque qui peut surprendre de prime abord mais au final fonctionne parfaitement. Après les libertins et les livres érotiques du second tome, ici l'auteur s'attaque à un autre sujet favori d'une époque qui se cherche : les sorciers et les démons et...c'est diablement réussi si je peux m'exprimer ainsi !


    Si je peux vous donner un conseil, c'est bien d'aller vous jeter sur cette saga truculente et pleine de vie et, comme le dit Gilbert Collard, c'est pétillant comme du champagne ! Même si vous n'aimez pas ce breuvage, nul doute que Lenormand vous réconciliera avec lui !

    En Bref : 

    Les + : Jubilatoire et sautillante, la plume de Lenormand me séduit de livres en livres ! Cette enquête policière burlesque distrait et fait rire sans oublier la description précise quoique ironique d'une époque. Sillonner le Paris superstitieux de 1733 dans les pas de Voltaire et Emilie de Châtelet m'a divertie comme jamais
    Les - : pour moi, il n'y en a pas, mais je ne suis pas objective !  


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  • « Un froid qu'on n'avait jamais connu, une peste virulente et une famine qui depuis des semaines fauchaient les Parisiens, tant d'infortunes ne pouvaient être le fruit du hasard. »

    Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, tome 3, La Ville de la Peur ; Jean d'Aillon

     

     

     Publié en 2017

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

     467 pages

     Troisième tome des Chroniques d'Edward Holmes et   Gower Watson

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    En janvier de l'an de grâce 1423, la capitale du royaume de France est vouée au démon. Les Armagnacs ont pris le pont de Meulan, la famine règne, les loups sont entrés dans la ville en utilisant la Seine prise par les glaces. Pire, la Mort en personne rôde dans la ville, revêtue d'une pèlerine à chaperon, sous la forme d'une créature au visage effroyable, sans nez ni yeux...Après plusieurs crimes inexplicables, Edward Holmes est convaincu de l'existence d'une puissance occulte régnant sur Paris comme une araignée au centre de sa toile. Mais, accusé d'avoir assassiné une proche du duc de Bourgogne, il est emprisonné au Grand Châtelet. Et l'heure du châtiment approche...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    En ce mois de janvier 1423, particulièrement glacial, rien ne va plus. Les loups sont aux portes de la ville, terrorisant les habitants et dévorant autant les vivants égarés que les morts dans les cimetières. Pour ne rien arranger un froid terrible s'est abattu sur la ville, figée par la neige et le gel.
    C'est alors que surviennent des meurtres étranges et violents qui ne semblent avoir aucun lien les uns avec les autres et les Parisiens se mettent à murmurer qu'un être terrifiant et défiguré rôde dans la ville et on a tôt fait de l'identifier : il s'agit de la Mort elle-même.
    Sollicité pour faire la lumière sur ces mystérieuses affaires qui ont endeuillé Paris (la mort d'un serviteur du duc de Bedford et de toute sa maisonnée et celle d'un notaire), Edward Holmes, clerc anglais à la prodigieuse capacité de déduction qui lui permet de démêler l'écheveau de la plus inextricable des affaires, ne se doute pas qu'il lance ainsi à ses trousses un ennemi implacable et déterminé qui n'aura de cesse de le faire tomber.
    Cette troisième enquête d'Edward et Gower m'a bien plu et si je la compare aux deux précédentes, pour moi c'est la meilleure et la plus complexe. J'espère que celles qui la suivent seront à la hauteur !
    Vous le savez peut-être ou alors pas, mais si vous ne le savez pas vous aurez sûrement deviné à la lecture des noms des protagonistes et peut-être même à la lecture du titre, de quel univers Jean d'Aillon s'est inspiré pour créer celui d'Edward Holmes : il s'agit de celui de sir Arthur Conan Doyle et de son fameux enquêteur victorien, Sherlock Holmes. Si certains y ont vu une pâle copie et taxant même Jean d'Aillon de plagiat, personnellement je vois plutôt cette saga comme un bel hommage d'un auteur à un autre.
    Bien loin des brumes anglaises du Londres industriel et de Baker Street, c'est Paris en pleine guerre de Cent ans que Jean d'Aillon situe ses enquêtes, juste avant la mort de Charles VI et un peu après. La France, éprouvée par des années de guerre avec l'Angleterre, ponctuées de trêves plus ou moins longues, l'est surtout par une guerre civile et familiale qui oppose les partisans du duc d'Orléans, appelés les Armagnacs, à la puissante famille de Bourgogne, qui tient le pouvoir et est favorable aux Anglais. En ce début des années 1420, le pouvoir anglais a affirmé sa suprématie sur la couronne française, anéantie par Azincourt en 1415 et affaiblie depuis longtemps par la folie du roi et la régence fragile de la reine Isabeau de Bavière, écartelée entre les factions et incapable de ramener la paix. Le roi Henri V de Lancastre est parvenu à ses fins en ratifiant en 1420 le traité de Troyes, qui stipule que c'est lui qui ceindra la couronne française à la mort de Charles VI. Mais Henry V n'a pas le temps de jouir de sa victoire puisqu'il meurt en août 1422, deux mois avant le roi de France. Institué régent de France et tuteur de son jeune neveu Henry VI, le duc Jean de Bedford gouverne à Paris même si son pouvoir est fragilisé par son frère Gloucester qui s'occupe des affaires d'Angleterre avec leurs oncles.
    Toujours vivante, la reine Isabeau, qui a été écartée du pouvoir vit dans un relatif isolement au palais de Saint-Pol mais Edward sait pouvoir compter sur elle au besoin. Il se lance alors dans une enquête compliquée dans une ville figée par la glace et exsangue à force de guerres : les habitants ont fui et règne dans Paris livrée aux loups et aux assassins une ambiance de fin du monde.
    Cette enquête très embrouillée nous promène comme dans un labyrinthe et on ne comprend pas d'emblée où l'auteur veut en venir ni où il veut nous emmener. Quelles sont les liens entre les différentes affaires qui se présentent et que Edward doit élucider ? Quel est le point commun entre un serviteur du régent, Bedford, et un notaire parisien que rien n'unit en apparence ? Et surtout quel est cet ennemi déterminé qui semble prêt à tout pour faire tomber Edward et lui mettre des bâtons dans les roues ? Toutes ces questions on se les pose évidemment au cours de notre lecture et on a envie de connaître le fin mot de cette histoire. La Ville de la Peur -si vous avez lu Sherlock Holmes ce titre vous aura sûrement évoqué son enquête intitulée La Vallée de la Peur-, est une très bonne enquête policière, comme je les aime : compliquée et embrouillée à souhait.
    De plus, en mêlant habilement une vérité historique à la précision presque chirurgicale à une histoire beaucoup plus fantaisiste et romanesque, l'aureur parvient à recréer un Moyen Âge haut en couleurs, peut-être pas exactement fidèle à la vérité mais efficace et captivant. Dans les romans de Jean d'Aillon il y'a du Sherlock Holmes, du Conan Doyle mais aussi du Dumas qui aimait tant jouer avec l'Histoire et récrire les faits.
    J'ai pris grand plaisir à lire ce troisième tome des aventures parisiennes d'Edward et Gower, même si j'ai parfois eu l'impression que l'auteur prenait un malin plaisir à nous laisser au bord de la route, juste pour le plaisir de nous voir ramer !
    Certes si vous cherchez du spectaculaire ou du gore, si vous aimez les thrillers psychologiques ou vous faire peur et si vous êtes allergiques à l'Histoire mieux vaut passer votre chemin. Mais si ce n'est pas le cas, et si vous êtes curieux, n'hésitez pas à découvrir la plume de Jean d'Aillon dont l'univers foisonnant, inspiré par diverses époques, de l'Antiquité au XIXème siècle, saura sûrement vous convaincre !

    En Bref :

    Les + : le langage travaillé qui nous ramène tout droit au Moyen Âge et l'enquête en elle-même, qui est de qualité, inspirée certes des aventures de Sherlock Holmes mais qui s'en écarte aussi par deux ou trois subtilités et surtout, par la patte de l'auteur. 
    Les - : deux ou trois coquilles notamment dans les notes de bas de page mais rien de grave. 

     

    Les soeurs Brontë : la Force d'Exister ; Laura El Makki 

    Thème de février « Chouchou », 2/12


    2 commentaires
  • « En un sens, un crime, c’est excitant, à condition qu’il ne nous touche pas de trop près. On répète à satiété que c’est atroce, que le simple fait d’en parler nous rend positivement malades, mais, en même temps, on profite de la moindre occasion pour remettre le sujet sur le tapis. »

     

    Une Enquête de Charlotte et Thomas Pitt, tome 3, Le Crime de Paragon Walk ; Anne Perry

     

     

     

      Publié en 1981 en Angleterre

     En 2012 en France (pour la présente édition)

     Titre original : Paragon Walk

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

    383 pages 

    Troisième tome de la saga Charlotte et Thomas Pitt

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l'inspecteur Pitt, chargé de l'affaire, se heurte à l'hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, les façades respectables de l'Angleterre victorienne ne tarderont pas à se fissurer...

    Ma Note : ★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Quand un crime est commis à Paragon Walk, quartier huppé de Londres, c'est Thomas Pitt qui est dépêché sur les lieux pour l'enquête. Qui en voulait à la jeune Fanny Nash, dix-sept ans, discrète, sans histoires, au point de l'assassiner ? Cette affaire sordide ne manque pas de mettre sens dessus dessous le quartier, où vivent des familles fortunées dont la vie est soudain bousculée par ce drame. Mais surtout, elle ne manque pas d'intéresser Charlotte, l'épouse de Thomas Pitt, puisque sa sœur Emily y vit avec son époux, lord Geoge Ashworth.
    Quel plaisir, vraiment, de retrouver les deux enquêteurs victoriens d'Anne Perry. Ma lecture du deuxième tome remontait à septembre 2017 et je me suis rendu compte en démarrant ma lecture du Crime de Paragon Walk que Charlotte et Thomas m'avaient manqué. J'ai beaucoup aimé les deux premières enquêtes de cette longue saga : L’Étrangleur de Cater Street et Le Mystère de Callander Square. Ce troisième tome n'est, ma foi, pas bien différent de ses deux prédécesseurs mais je l'ai malgré tout trouvé plaisant à lire et je me suis rapidement intéressée au déroulement de cette enquête.
    Alors soyons honnêtes, si vous cherchez une enquête très enlevée, pleine de rebondissements, passez votre chemin parce que ce n'est pas ce qu'Anne Perry propose et même si l'enquête policière est, évidemment, au centre du récit et ce, dès les premières pages, ce que j'ai bien plus ressenti dans ce volume-là mais qui est au final aussi très présent dans les deux premiers, c'est l'aspect social et d'ailleurs très finement rapporté par l'auteure.
    Charlotte et Thomas Pitt vivent en plein cœur du XIXème siècle, dans une Angleterre en plein essor : c'est l'époque victorienne et les belles heures de l'industrialisation. La société se modernise mais en générant des inégalités de plus en plus fortes entre les classes les plus riches et les plus pauvres. Ainsi, à Londres, peuvent vivre à quelques centaines de mètres des familles très fortunées telles celles qui occupent les beaux hôtels particuliers de Paragon Walk et d'autres qui connaissent la misère, le fléau des maladies, la promiscuité, la saleté, la criminalité.
    Quand un meurtre est commis, en revanche, sur une jeune fille de bonne famille, cela bouleverse tout le monde, proches, amis et voisins. Et tandis que la saison estivale s'ouvre, dans une atmosphère tendue et caniculaire, la tâche de Thomas Pitt ne sera pas aisée. D'hypothèses en allusions mauvaises, du silence méprisant à la condescendance ouverte, le policier va se heurter à la famille Nash, dont les frères et leurs épouses sont aussi différents les uns des autres que possible. Il va rencontrer des vieilles dames excentriques mais à cheval sur la morale et très attentives au qu'en-dira-t-on. Et surtout, il va devoir ménager les Ashworth, puisqu'il s'avère que George est aussi son beau-frère. Pour tout dire en peu de mots, enquêter chez ces gens fortunés ne s'avère pas une mince affaire !
    Comme je le disais un peu plus haut, c'est surtout l'aspect social du roman qui m'a plu, cette étude des mœurs à laquelle Anne Perry se livre avec brio. L'enquête est intéressante mais effectivement pas sensationnelle -même si, je l'avoue, je n'avais pas vu arriver le dénouement : ce qui fait vraiment l'atout de ce roman, c'est le portrait au vitriol de cette bonne société ou du moins qui se considère comme telle et s'avère parfois être la plus corrompue. Et les habitants de Paragon Walk en sont une bonne illustration car chacun a quelque chose à cacher : péchés anciens ou véniels, petites manies voire carrément des secrets beaucoup plus importants à cacher et que cette enquête risque de mettre en lumière ce que l'on ne veut, bien sûr, à aucun prix. Dans cette rue où chacun se fréquente et rivalise, l'hypocrisie et la fausseté font loi, l'acidité des paroles ne le dispute qu'à l'allusion mais s'il y'a bien une chose qui les lie tous, ces habitants futiles et au train de vie réglé comme une horloge entre cérémonies du thé, réceptions et garden-parties, c'est le mépris de ceux qu'ils considèrent comme leurs inférieurs et notamment les policiers qui se heurtent lors de leurs investigations, à un mépris à peine dissimulé et parfois particulièrement violent. Et lorsque Charlotte, inquiète pour Emily, décide d'enquêter de son côté, elle met le pied dans un cercle échauffé autant par le meurtre affreux de la jeune Fanny que par la canicule ambiante en cet été où bien des masques vont tomber, dans une fourmilière grouillante où chacun essaie de cacher ce qu'il ne veut absolument pas voir divulguer tout en bavassant allègrement sur les voisins et les voisines. Et ils sont tellement hypocrites, d'une telle superficialité, ces habitants de Paragon Walk, qu'ils en deviennent presque risibles et quand, enfin, le voile se lève, on arrive à la conclusion souvent vérifiée que ce sont souvent dans ces milieux où l'on mène grand train qu'il se passe en fait les choses les plus laides et les plus sales.
    Cette lecture a su me convaincre et j'ai été ravie de renouer avec ces deux enquêteurs dont j'avais apprécié la personnalité dans les deux premiers tomes : Thomas Pitt, qui a connu la pauvreté enfant mais s'en est sorti à force de ténacité, Charlotte, esprit libre et indépendant, issue d'un milieu privilégié mais qui n'hésitera pas à imposer ses choix et notamment en ce qui concerne son époux. Elle n'hésite pas non plus à perdre son rang et à mener une vie modeste, différente de ce qu'elle a connu enfant et adolescente, dans la maison familiale de Cater Street pour pouvoir partager celle de l'homme qu'elle aime, préférant renoncer à des privilèges dont on n'a pas vraiment besoin plutôt qu'à lui.
    Bref, ce troisième tome m'a encore une fois accompagnée pendant quelques jours de manière très plaisante et même si son dénouement est assez abrupt, je dois dire que c'est un roman vraiment bien menée. Anne Perry expérimente encore une fois et de manière très réussie une méthode d'écriture qui fait sa patte et donne envie à ses lecteurs de retrouver, de volume en volume, ses personnages. Charlotte et Thomas Pitt m'ont fortement évoqué Lizzie et Ben Ross, les deux héros d'Ann Granger que j'aime aussi beaucoup et je me suis amusée à les comparer, en lisant Le Crime de Paragon Walk, retrouvant souvent des traits similaires entre eux.
    Entre satire sociale et enquête policière, Le Crime de Paragon Walk est un bon roman historique qui égratigne méchamment, mais sans avoir l'air, la société victorienne et son mode de vie. Avec ce flegme tout britannique et cette ironie mordante mais qui n'a pas l'air d'y toucher, Anne Perry affirme son univers et ses personnages. J'ai hâte de lire les autres enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt. 

    En Bref :

    Les + : la critique sociale est vive et aussi acide que les allusions et le mépris des habitants de Paragon Walk, l'auteure décrit finement l'existence quelque peu superficielle des hautes classes de l'Angleterre victorienne. Entre ironie et flegme tout britannique, Anne Perry expérimente encore une fois une méthode qui a fait ses preuves dans les deux premiers volumes de sa saga policière. 
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever. Peut-être aimerait-on que l'enquête soit peut-être un peu plus complexe, mais au final, le roman fonctionne malgré tout.


    4 commentaires


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