• Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers

    Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers

     

    SOMMAIRE ROMANS POLICIERS, ENQUÊTES HISTORIQUES, THRILLERS 

     

     

    - A - 

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t3 : Londres, 1200

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t4 : Montségur, 1201

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t5 : Rome, 1202

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t6 : Rouen, 1203

    De Taille et d'Estoc : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Férir ou Périr : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Aillon (d') Jean, Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour : L'Evasion de Richard Cœur-de-Lion et autres aventures 

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t4 : Récits Cruels et Sanglants durant la Guerre des Trois Henri

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t5 : Dans les griffes de la Ligue 

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t1 : Une étude en Ecarlate

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t2 : Le Chien des Basqueville

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t3 : La Ville de la Peur 

    Aillon (d') Jean, Le Duc d'Otrante et les Compagnons du Soleil 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t1 : Les Ferrets de la Reine 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t2 : Le Mystère de la Chambre Bleue 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t3 : La Conjuration des Importants 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t4 : La Conjecture de Fermat 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t5 : L'Homme aux Rubans Noirs 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t6 : L'Exécuteur de la Haute Justice 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t7 : L’Énigme du Clos Mazarin

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t8 : Le Secret de l'Enclos du Temple 

    Aillon (d') Jean, Marius Granet et le Trésor du Palais Comtal 

    - B - 

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t1 : La Femme sans Visage

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t2 : Messe noire

    Barrière Michèle, Les Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel à la Cour de François Ier, t1 : Le Sang de l'Hermine 

    Barrière Michèle, Les Soupers Assassins du Régent 

    Barrière Michèle, Meurtres au Potager du Roy

    - C - 

    Carayon Christian, Le Diable sur les Épaules 

    - D - 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t1 : Le Calice des Esprits 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t2 : Le Combat des Reines 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t3 : Le Règne du Chaos 

    Doyle Arthur Conan (sir), Le Chien des Baskerville suivi de La Vallée de la Peur 

    - E - 

    - F - 

    Franklin Ariana, Adelia Aguilar, t1 : La Confidente des Morts 

    - G - 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t1 : Un Intérêt particulier pour les Morts

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t2 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t3 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t4 : Un Flair Infaillible pour le Crime 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t5 : Le Témoignage du Pendu 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t6 : Le Brouillard tombe sur Deptford 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t1 : Le Fléau de Dieu

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t2 : A l'Ombre du Diable 

    - K - 

    - L - 

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t1 : La Baronne meurt à Cinq Heures

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t2 : Meurtre dans le Boudoir

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t3 : Le Diable s'habille en Voltaire 

    - M -

    Maitland Karen, La Compagnie des Menteurs

    Maitland Karen, La Malédiction de Norfolk

    Maitland Karen, Les Âges Sombres 

    Mention Michaël, La Voix Secrète 

    Moore Viviane, Alchemia, t1 : La Femme sans Tête

    Moore Viviane, Alchemia, t2 : L'Homme au Masque de Verre

    Moore Viviane, Alchemia, t3 : Le Souffleur de Cendres 

    Moore Viviane, Galeran de Lesneven, t1 : La Couleur de l'Archange 

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t1 : L'Héritier des Pagans

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t2 : Le Jeu de Dupes

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t3 : Meurtres à Versailles 

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t12 : La Pyramide de Glace 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t13 : L'Inconnu du Pont Notre-Dame 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t14 : Le Prince de Cochinchine 

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t1 : L'Etrangleur de Cater Street

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t2 : Le Mystère de Callander Square

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t3 : Le Crime de Paragon Walk

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • «  Un homme est prêt à s’attaquer à la capitale comtale et à la saisir. S’il y parvient, la ville sera un gage formidable pour la suite. »

     

    Couverture L'archiprêtre et la cité des Tours

     

     

     

        Publié en 2008

       Editions du Masque (collection Labyrinthes)

       417 pages 

     

     

     

     

     

    Résumé :

     En Provence durant la guerre de Cent Ans, la capitale du comté cherche à se libérer de trois autorités : celle de la reine Jeanne, celle du pape Innocent VI et celle de Charles IV, empereur d'Allemagne, qui, pour soumettre les Provençaux à son pouvoir, n'hésite pas à envoyer une compagnie de pillards saccager le pays sous la houlette d'Arnaud de Cervole, dit l'Archiprêtre. 
    Le prévôt de Saint-Sauveur, Raimond Aldebert ainsi que Fouques d'Agout, le sénéchal de Provence, décident de réunir leurs trois cités, pour créer Aguensi - Aix - et ainsi gagner en autonomie et en résistance. Pietro da Sangallo, jeune ambassadeur de Florence, a pour mission d'apporter une importante somme d'argent au sénéchal afin de financer la lutte contre les pillards. Mais à peine arrivé dans le comté, il apprend que plusieurs personnes de haut rang ont été assassinées. Dans ce climat de conspiration, le jeune homme va tout mettre en oeuvre pour démasquer les instigateurs d'un tel complot, avec l'aide de la jeune et belle veuve Sance Béranger. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1358, le sort de la Provence semble bien incertain : alors que la ville d’Aix-en-Provence, qui n’existe pas encore telle qu’on la connaît est sur le point de voir le jour, avec la réunification des trois bourgs qui la composent alors, un jeu de conflits d’intérêt et d’influence, qui dépasse les habitants de la région, anime les grands de ce monde : dans ce petit bout de terre qui n’appartient pas encore à la France mais au Saint-Empire, tout en étant gouverné par la famille d’Anjou, dont deux branches, les Tarente et les Duras, se vouent une guerre fratricide, les ambitions larvées se dévoilent au grand jour et la Provence est mise dans la balance. Qui tirera son épingle du jeu ? Là-bas, plus prosaïquement, on se demande avec inquiétude ce que fait aux pieds des remparts l’un des pires routiers du Moyen Âge, Arnaud de Cervole dit L’Archiprêtre, qui n’est probablement pas venu jusqu’en Provence pour un voyage d’agrément. Et quand, en plus, des notables aixois favorables à la fusion des trois villes sont assassinés dans des circonstances plutôt troubles, il n’en faut pas plus pour que la cité s’enflamme, dans une angoisse plus que palpable.
    Jean d’Aillon, qui nous a souvent habitués à de conséquentes séries dans lesquelles il prend le temps de faire évoluer ses personnages, s’est contenté ici d’un roman unique, pour raconter un pan de l’histoire de la ville où il vit : Aix-en-Provence, comme il l’a déjà fait dans Le trésor du palais comtal ou encore Marius Granet et les compagnons du Soleil.
    En ce XIVème siècle, la ville d’Aix connaît des bouleversements d’ampleur : sa population a été décimée une dizaine d’années plus tôt par la violente épidémie de peste qui déferle sur l’Europe en 1348 et dure plusieurs années, réduisant parfois à néant les populations des villages ou des villes et la Provence, bien que ne faisant pas partie du royaume de France, se retrouve parfois assaillie par les bandes de routiers qui sillonnent le territoire. Alors quand, en plus, on devient l’objet des appétits des plus grands, du pape en passant par le roi de France, l’Empereur et la reine Jeanne de Naples, à la réputation exécrable, le moins que l’on puisse dire, c’est que le quotidien n’est pas de tout repos !
    C’est dans ce contexte que le jeune florentin Pietro da Sangallo (qui serait un ancêtre de Giuliano da Sangallo) arrive à Aix, dans une ville en alerte et qui s’attend à tout moment à être prise et pillée par Arnaud de Cervole et ses troupes de mercenaires. Chargé d’apporter de l’argent prêté par la cité italienne, lui-même ancien routier, Pietro va se retrouver enquêteur bien malgré lui.
    L’Archiprêtre et la Cité des Tours est un roman historique et policier à la fois, qui s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de Jean d’Aillon. Très riche, il aborde un pan très précis de l’Histoire et dans un territoire donné. La Provence du XIVème siècle est une terre à part et on comprend qu’elle soit sujet de bien des convoitises à commencer par celles du royaume de France qui a pourtant bien des chats à fouetter avec le conflit qui, depuis 1337, l’oppose à son cousin le royaume d’Angleterre.
    Assez facile et agréable à lire, j’ai trouvé cependant que les liens familiaux décrits au début du roman ne sont pas forcément super évidents à suivre et si vous vous lancez dans la lecture de ce roman, un conseil : prenez un stylo, une feuille de papier et Wikipédia pas loin pour vous situer dans la généalogie de la famille d’Anjou de l’époque (d’autant plus qu’il m’a semblé, après recherches, que quelques petites confusions entre les personnages ont parfois eu lieu au cours du récit). Une fois ces premiers chapitres passés, on entre dans le vif du sujet : le Moyen Âge de Jean d’Aillon n’est pas celui de l’amour courtois et chevaliers et gentes dames laissent place à des personnages ambitieux voire des soudards qui ne reculent devant rien. Les villes sont sales et dangereuses, les épidémies comme les guerres et les pillards vous font craindre pour votre vie quotidiennement. En somme, ce n’est pas une balade de santé que vous propose l’auteur. Le roman est malgré tout assez fluide et captive, par l’instauration d’un certain suspense, inhérent à tout roman policier qui se respecte.
    Ceci dit, ce n’est pas le meilleur Jean d’Aillon que j’ai lu. Il m’a manqué quelque chose pour être pleinement captivée par ce roman. Je l’ai trouvé très agréable à lire, ce n’est pas une déception mais je m’attendais à autre chose peut-être, très honnêtement, je ne sais pas. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je ne le classerai pas dans mes préférés de l’auteur, tout en ne le déconseillant pas, parce qu’il a le mérite d’aborder un épisode plutôt méconnu de l’Histoire médiévale.
    Pour conclure, je dirais que L’Archiprêtre et la Cité des Tours est un bon roman parce qu’il est efficace et qu’il « fait son job » mais, en comparaison, j’avais bien mieux apprécié Marius Granet et les compagnons du Soleil ainsi que Le Trésor du Palais Comtal qui, eux aussi, prenaient corps à Aix-en-Provence. Une lecture que je ne regrette donc pas mais qui ne m’a pas enthousiasmée outre mesure malgré tout ! Cela ne m’empêchera pas de continuer à lire du Jean d’Aillon pour autant.

    En Bref :

    Les + : un roman qui s'inscrit parfaitement dans l'univers historique et policier de Jean d'Aillon et qui met en avant un pan bien précis de la ville d'Aix, où vit l'auteur. 
    Les - :
    sans pouvoir mettre le doigt précisément sur ce qui me chagrine, je dois dire qu'il m'a manqué quelque chose pour apprécier pleinement ce roman.


    L'Archiprêtre et la Cité des Tours ; Jean d'Aillon

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     

     


    4 commentaires
  • « C'était le destin des philosophes que d'être pendus puis célébrés le moment suivant, avant d'être pendus de nouveau, peut-être, le lendemain. Cet ensemble d'effets et de causes avait de quoi les pousser à chercher la sécurité au coeur du péril, à se constituer des rentes pour l'avenir, et à prendre la vie avec la sérénité qu'apporte la pratique de la raison. »

    Couverture Crimes et condiments

     

     

          Publié en 2016

      Editions Le Livre de Poche

      288 pages

      Quatrième tome de la saga Voltaire mène l'Enquête

     

     

     

     

     

    Résumé :

    En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d'un assassin qui sème derrière lui tartes au cyanure et ragoûts à l'arsenic. L'aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l'abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour l'appétit aux gastronomes ! 
    Après La baronne meurt à cinq heures (prix Historia, prix Arsène-Lupin et prix du Zinc de Montmorillon), Meurtre dans le boudoir et Le diable s'habille en Voltaire, une nouvelle aventure du philosophe truffée d'humour. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Ce quatrième tome de notre cher ami Voltaire démarre en 1734, alors que l’ombre de la Bastille n’a jamais été aussi menaçante au-dessus de l’auteur des Lettres philosophiquesVoltaire a quarante ans mais ne s’est pas assagi pour autant. Sa plume de philosophe continue d’irriter le pouvoir et la police parisienne, qui le tient à l’œil. Alors, le jour où on lui propose de résoudre une énigme, contre sa liberté, difficile de refuser sa requête à Hérault, le lieutenant de police. Donnant, donnant : Voltaire enquête discrètement et en échange se voit lâcher un peu la bride sur le cou par les séides du politiquement correct. D’autant plus que le philosophe à perruque Régence s’est lancé dans un fructueux commerce quelque peu illicite et qui pourrait fort fâcher l’Espagne de Philippe V si l’on venait à apprendre qu’un écrivain français quelque peu contestataire marche sur les plates-bandes des commerçants espagnols : autrement dit, le commerce avec la riche Amérique.
    Voilà donc Voltaire, toujours flanqué de sa marquise du Châtelet (Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet a réellement existé ; mathématicienne et physicienne de talent, elle est connue pour avoir été la traductrice, en France, des travaux de Newton) et de son inénarrable abbé Linant (lui aussi est un personnage authentique) qui enquête sur la disparition de bijoux de la princesse de Lixen… Régalé par elle d’un banquet digne de Lucullus ou de Gargantua, Voltaire n’est pourtant pas au bout de ses peines et son enquête risque de prendre un tour aussi inattendu qu’indigeste.
    De la couverture au titre du roman, tout nous indique rapidement le contenu du livre : on va parler nourriture, eh oui. Mais ne salivez pas trop : au XVIIIème siècle, la haute cuisine n’est pas celle que l’on connaît et si cette époque nous a donné les bouchées à la reine ou encore les madeleines de Commercy, il ne faut pas oublier que l’on y mange encore des plats aux saveurs plutôt surprenantes. Alors que le peuple crève souvent de faim, dans les hautes sphères on se repaît de repas particulièrement longs, où les plats se suivent sans se ressembler. On mange du sucré, du salé, parfois les deux ensemble. La viande est évidemment un mets très recherché et l’estomac fragile de notre héros, qui ne s’accommode jamais mieux que d’un bon plat de lentilles, va être mis à rude épreuve lors de cette enquête qui va l’emmener de Paris en Bourgogne, en passant par Cirey en Lorraine et même jusqu’au champ de bataille de Philipsburg en Allemagne.
    Dans ce quatrième tome, l’enquête policière, qui sert toujours de trame aux aventures de notre cher philosophe emperruqué, se déroule de manière si subtile qu’on ne la distingue presque pas. Pour utiliser une métaphore culinaire (on est dans le thème), on peut imaginer un ingrédient mélangé à d’autres, qui semble disparaître mais ressort subtilement lorsque l’on goûte le plat et libère alors sa saveur. Il s’en passe, des choses, dans ce tome-ci, depuis que Voltaire reçoit sur la tête, dans le parc des Lixen, un pigeonnier qui semble avoir été légèrement poussé pour tomber droit sur la tête des philosophes un peu fouineurs ! Notre ami quitte ainsi son cher Paris pour aller assister en Bourgogne aux noces de son ancien camarade de collège le duc de Richelieu qui, en 1734, épouse Elisabeth Sophie de Lorraine. Entre-temps, la parution inopinée de ses Lettres philosophiques, qui donnent des envies de meurtre au lieutenant de police, le pousse à aller se réfugier au fin fond de la campagne de Lorraine, au château de Cirey…propriété du marquis du Châtelet, autrement dit le mari d’Emilie, sa coéquipière et surtout, sa maîtresse depuis 1733 ! Enfin, parce que Voltaire a eu vent d’un complot familial qui vise la personne de Richelieu, le voilà qui n’écoutant que son courage (et son intérêt) galope jusqu’aux tranchées inhospitalières de la guerre de Succession de Pologne pour sauver le duc.

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    Le déjeuner d'huîtres deFrançois de Troy (XVIIIème siècle)

    Dans Crimes et Condiments, Voltaire voyage et nous avec. Voltaire mange et parfois un peu trop richement car il finit par souffrir d’indigestion… et nous avec ! Ah non, pardon. Là, pour le coup, ce n’est pas le cas. Léger et aérien comme une crème chantilly, Crimes et Condiments se déguste comme un bonbon. On ouvre parfois de grands yeux devant les recettes qui étaient prisées au XVIIIème siècle, on se dit que celle-ci ne devait pas être trop mal tout compte fait, tandis que celle-ci dégoûte carrément les palais très XXIème que nous sommes ! Mais surtout, qu’est-ce qu’on rit ! Quand je parle de bonbon, c’est vraiment cela que je veux dire : on lit une petite merveille de roman historique acidulé et tendre à souhait. A dessein, je ne parle pas vraiment de roman policier ici : de toute façon, si vous aimez les bons polars ou les thrillers, il vaut mieux que vous passiez votre chemin. Ce n’est pas cela que vous trouverez ici, l’enquête policière étant finalement assez anecdotique. Mais la forme ne cesse de me séduire : une lectrice a écrit que l’univers de Frédéric Lenormand est inclassable et c’est bien vrai. C’est un savant mélange de diverses influences et je pense que c’est ça qui me plaît, dans cette saga comme dans Au service secret de Marie-Antoinette, sa saga de cosy mystery que j’ai découverte en janvier dernier. Les romans de Lenormand sont légers, très drôles, bourrés de références et parfois même d’anachronismes qui nous font sourire quand on tient la référence et qui donnent ainsi à ses romans ce je-ne-sais-quoi qui a quand même un bon petit goût de reviens-y.
    Surtout, il ne faut pas oublier que derrière des romans que l’on pourrait qualifier de « faciles » au premier abord, se cachent les solides connaissances d’un auteur qui maîtrise son sujet à la perfection et ne manque pas de pointer tous les petits travers de cette époque si passionnante à bien des égards : on pourrait presque considérer que le XVIIIème siècle est une époque qui se cherche, une époque dont les deux bras sont tirés à gauche et à droite par, d’un côté le XVIIème siècle flamboyant de Louis XIV et de l’autre, par un XIXème qui annonce notre propre époque. Le XVIIIème siècle est une époque double, une époque de libertinage physique et intellectuel mais aussi de raidissement religieux, de recherche de la connaissance mais aussi de crainte face à elle, qui se manifeste alors par la censure des œuvres philosophiques. Alors que l’on croit moins, que pour certains les loges de la franc-maçonnerie remplacent la religion, l’Eglise n’a pourtant jamais été aussi puissante ni aussi corrompue et pétrie de paradoxes (elle qui prêche la continence voire l’abstinence et cache des cochonnailles dans ses placards en pleine période maigre par exemple). Le pouvoir royal, quant à lui est, en ces années 1730, un pouvoir presque fantoche, abandonné entre les mains d’un ex-mentor de jeunesse devenu principal ministre, l’abbé de Fleury. C’est subtil mais la dénonciation est là : évidemment, dans l’article, je force le trait mais pour peu que l’on connaisse assez bien l’époque, on percevra ce que l’auteur veut discrètement pointer du doigt. Travers d’une époque certes mais aussi travers humains qui, eux, ne changent pas vraiment en 250 ans. Voilà pourquoi Voltaire mène l’enquête n’est pas (ou n’est pas que) une saga de feel-good historique qui fait juste rire. Le propos va quand même un peu plus loin.
    Cela dit, il est vrai que je retrouve cette saga toujours avec plaisir parce que je sais que je vais passer un bon moment et que la plume incisive de l’auteur va toujours faire mouche : je sais que je vais forcément rire en lisant une enquête de Voltaire et cela tient autant au style, vraiment très agréable à lire, qu’aux personnages et surtout Voltaire, dont les défauts sont poussés à l’extrême ! Si le vrai Voltaire était comme cela, on comprend que ses contemporains aient voulu s’en débarrasser en le flanquant de temps en temps à la Bastille, ne serait-ce que pour respirer un peu ! Hypocondriaque, parfois légèrement hystérique, sans aucun goût pour la mode ni la bonne chère (ce qui en fait un OVNI dans ces cercles où le paraître et la bonne bouffe sont deux piliers essentiels), mourant au moins dix fois par an (voire plus), sans-gêne, il est un concentré des défauts humains mais tournés en ridicule, ce qui les rend finalement assez attachants. On a de l’indulgence pour ce Voltaire de théâtre, de vaudeville, qui nous ravit à chaque fois. On a de l’indulgence pour ses tours pendables.
    Ce quatrième tome était à l’image des précédents. J’imagine que les suivants seront à son image…est-ce que je m’en lasse ? Absolument pas, c’est bien trop jubilatoire.

    En Bref :


    Voltaire mène l'Enquête, tome 4, Crimes et Condiments ; Frédéric Lenormand

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Simon de Montfort s'interrogeait sur Guilhem d'Ussel, et la façon dont il pourrait l'éloigner du roi. Les révélations de son cousin lui avaient apporté des informations confirmant combien cet individu était dangereux, bien plus qu'il ne l'avait imaginé. »

    Couverture Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour : Béziers, 1209

     

     

       Publié en 2017

       Editions J'ai Lu

       608 pages

       Septième tome de la saga Les Aventures de Guilhem     d'Ussel, chevalier troubadour

     

     

     

     

     

    Résumé :

    1208 : Guilhem d'Ussel a laissé son fief de Lamaguère sous tutelle pour venir s'installer à Paris. Devenu prévôt de l'Hôtel de Philippe Auguste, il est chargé de découvrir les meurtriers d'une prostituée égorgée dans l'église Saint-Gervais. 

    Mais qui tente de l'éloigner du roi alors que le pape Innocent III exerce une pression de plus en plus forte sur le royaume afin que ses barons se rassemblent dans une croisade contre les hérétiques albigeois ? Guilhem parviendra-t-il à identifier ses ennemis et à préserver Lamaguère ? 

    Entre fidèles amitiés et trahisons, pièges et coups du sort, il traversera la France pour élucider un mystère plus obscur qu'il n'y paraît. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

     Hier soir, avant de rédiger cette chronique, je me demandais depuis quand je n'avais pas lu un Guilhem d'Ussel et je ne m'en souvenais pas ! Vraiment pas. Ensuite, j'ai réfléchi que je n'en avais jamais parlé sur mon compte Instagram que j'ai commencé en février 2016...ma dernière lecture de l'une de ses aventures remontait donc à avant février 2016 et effectivement : j'ai lu Rouen, 1203, en janvier 2016 et rien depuis. Entre temps, j'ai continué la saga Louis Fronsac, que j'ai aussi mise en pause depuis quelques temps maintenant et surtout, découvert les nouveaux héros médiévaux de Jean d'Aillon, Gower Watson et Edward Holmes. Guilhem d'Ussel est donc un peu passé à la trappe et c'est avec d'abord, je dois bien l'avouer, un sentiment d'obligation que j'ai sorti ce livre de ma PAL (parce que quand même, plus de cinq ans à dormir dans la PAL, c'est un peu exagéré) puis avec un grand plaisir quand j'ai eu lu les premiers chapitres. 
    Oui, j'ai été très heureuse retrouver Guilhem en 1208, soit cinq ans après la fin de la précédente aventure. Des tomes hors-série viennent parfois s'intercaler, chronologiquement, entre les tomes de la saga proprement dite mais je ne les ai pas lus. Cela dit, cela ne m'a pas gênée, même s'il est fait référence ici au roman (la nouvelle ?) Le Grand Arcane des Rois de France.
    Contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, nous ne retrouvons pas Guilhem dans le Midi mais bien à Paris, en 1208. Alors titulaire d'une charge royale relativement importante, proche du roi Philippe II Auguste et du fils de celui-ci, le prince Louis, Guilhem est chargé de résoudre une enquête particulièrement délicate : le corps sans vie d'une prostituée a été retrouvé dans une église de Paris et le roi lui demande de faire la lumière sur cette affaire, surtout quand il s'avère que la victime fréquentait un cercle qui ressemble fortement à une secte religieuse et semble réunir de nombreux adeptes dans la capitale autour d'un prédicateur appelé Guillaume d'Aire ou Guillaume l'Orfèvre. 
    Mais si ce meurtre faisait partie d'une machination plus vaste visant en fait Ussel, le trop écouté prévôt de l'Hôtel du roi ? Car en ce début de XIIIème siècle, certains barons français, appuyant les supplications du pape Innocent III, poussent le roi à participer à une grande croisade destinée à aller châtier les hérétiques du Midi, les cathares mais aussi les seigneurs occitans et languedociens un peu trop laxistes envers l'hérésie, à commencer par le plus puissant d'entre eux, le comte Raymond de Toulouse.
    Envoyé sur de fausses pistes, retenu séquestré de longs mois puis échouant dans une ville de Béziers en alerte, après être passé par son fief de Lamaguère cible des croisés et d'une bande de ribauds dont les intentions sont plus vengeresses que véritablement religieuses, Guilhem d'Ussel va connaître, entre le mois d'avril 1208 et la fin du mois de juillet 1209, tout un tas d'aventures dont il ne va pas sortir indemne. Mais cela va lui permettre de faire la lumière sur une vaste machination bien plus motivée par l'appât du gain et l'ambition que par une quelconque ferveur religieuse et qui dépasse même le roi de France ou le pape. Et tandis que la France sombre dans une guerre civile déguisée en guerre sainte, Guilhem d'Ussel, qui n'a pas été épargné par la vie et a même connu de douloureuses épreuves privées, se remet en question ainsi que ses choix...
    Si seule la fin du roman se situe à Béziers en 1209, tout le roman ne tourne finalement qu'autour de cela : la fameuse croisade contre les Albigeois, prêchée par le pape pour éliminer l'hérésie cathare, particulièrement puissante dans le Midi depuis le XIIème siècle. Surtout, le catharisme s'est développé à l'ombre bienveillante et protectrice des seigneurs méridionaux, à commencer par le comte de Toulouse ou le vicomte Raymond-Roger Trencavel. Lointains parents des vaudois, des bogomiles ou des manichéens, les cathares défendent la thèse que le monde matériel est le fruit de Satan donc, par essence, mauvais, tandis que le royaume du Bien se trouve auprès de Dieu. Les hauts dignitaires du catharisme sont appelés Parfais, Bonshommes ou Bonnes Femmes et reçoivent le sacrement du consolamentum. Vivant dans une relative austérité et même pauvreté, réfutant l'Ancien Testament mais révérant les Evangiles, les cathares sont donc des chrétiens contre lesquels la papauté enverra d'autres chrétiens. La reddition des hérétiques du Sud aura lieu réellement en 1244, sous le règne de Louis IX, quand tombe la forteresse de Montségur, où les derniers cathares du Midi s'étaient réfugiés. Refusant la conversion, ils se jettèrent dans un immense bûcher dressé dans une prairie au pied du château, qui porte encore aujourd'hui le nom occitan de Prat del Cramats.

    22 juillet 1209 : siège et massacre de Béziers - France Focus

    Les croisés devant Béziers, juillet 1209

    En 1208, alors qu'il sillonne les terres du Toulousain et du Languedoc, le légat du pape Pierre de Castelnau est assassiné, ce qui provoque l'ire d'Innocent III et le pousse à harceler le roi de France afin de lever l'ost. Des barons du royaume orientent alors Philippe Auguste en ce sens car derrière l'écran de la croisade, c'est surtout des terres riches et fertiles qui s'offrent à eux et peut-être le moyen de se tailler un fief à l'épée sous couvert d'aller extirper une horrible hérésie. A cette époque-là, la France n'existe pas encore comme aujourd'hui et le Nord et le Sud du royaume sont radiclalement différents l'un de l'autre : les barons d'Île-de-France, de Bourgogne et de Picardie se bercent alors d'illusions sur les richesses dignes du royaume de Saba qu'ils trouveront en allant piller les terres des seigneurs occitans.
    La Croisade contre les Albigeois se signale par des épisodes particulièrement sanglants et notamment le sac de la ville de Béziers, en juillet 1209 : le 22, jour de la sainte Madeleine, les croisés penètrent dans la ville pourtant réputée imprenable, bien protégée derrière ses immenses murailles. De nombreux habitants furent passés au fil de l'épée tandis que femmes, enfants et vieillards, enfermés en l'église Sainte-Madeleine, y furent brûlés vifs. Encore aujourd'hui, les chiffres précis des victimes n'est pas connu : le pape lui-même parle d'environ 20 000 victimes, d'autres contemporains de 60 000 personnes exterminées ce jour-là par les armées croisées menées par Simon de Montfort, l'archevêque de Bordeaux, les ducs de Bourgogne et de Nevers et le légat et abbé de Cîteaux, Arnaud Amaury. C'est lors de cette prise de la ville de Béziers, qui s'achève en une véritable boucherie que le légat aurait prononcé cette terrible sentence : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les Siens ! » condamnant ainsi toute la population bitteroise, qu'elle soit catholique ou cathare.
    Dans ce tome-ci des Aventures de Guilhem d'Ussel, la grande Histoire et la petite se rencontrent et s'entremêlent étroitement. Même si Guilhem n'arrive à Béziers que quelques jours avant le siège fatal, on le vit de l'intérieur et on asiste avec horreur aux exactions dont vont se rendre coupables les croisés et on ne peut s'empêcher de se demander si la croisade ne fut pas finalement plus motivée par l'appât du gain, l'or et les terres que par une véritable ferveur religieuse ? Mais celle-ci est bien commode quand elle permet de couvrir les pires agissements commis au nom de Dieu.
    Guilhem d'Ussel est un personnage assez intemporel et appartenant à toutes les époques à la fois : incroyant à une époque où la religiosité confine à la superstition et au fanatisme, il a aussi une incroyable capacité de jugement et un cynisme qui lui permettent de survivre dans un monde gangréné et corrompu, jusqu'à l'Eglise qui n'hésite pas à se montrer d'une froideur, d'un calcul et d'un machiavélisme absolument assumé.
    Ce tome est relativement conséquent (un peu plus de 600 pages) mais j'ai pris plaisir à retrouver les personnages, à les suivre dans leurs pérégrinations qui finissent par nous emmener vers le dénouement fatal et ce fameux siège de Béziers, événement historique avéré et qui marque l'Histoire du Midi.
    Une bonne lecture pour l'amoureuse des romans historiques que je suis, notamment pour la qualité des recherches de Jean d'Aillon. Il n'est pas historien de formation et il y'a d'ailleurs quelques petites erreurs ou approximations mais, dans l'ensemble, on ne peut que louer le travail solide réalisé en amont et qui donne lieu à des romans efficaces, divertissants mais riches également de nombreuses informations historiques et sur la vie quotidienne. Il m'aura fallu du temps mais je ne suis pas mécontente d'avoir renoué avec Guilhem d'Ussel ! 

    En Bref :

    Les + : un roman historique contemporain qui s'inspire autant de Walter Scott que des romans de chevalerie et mêle habilement aventures, enquête policière et événements historiques authentiques. 
    Les - :
    quelques petites erreurs et des approximations historiques. 


    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, tome 7, Béziers 1209 ; Jean d'Aillon

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Imaginez une tapisserie dont chaque brin de laine serait à la fois solidaire et ennemi de celui avec lequel il voisine. Du coup, le motif d'ensemble n'est jamais celui que l'on croit. »

    Couverture Le Hors Venu

     

     

     Publié en 2007

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

     313 pages 

     Quatrième tome de la saga La Saga de Tancrède le   Normand

     

     

     

     

     

    Résumé :

    En cette année 1156, les ennemis du royaume de Sicile sont légion. Le palais royal, son harem enchanteur et ses geôles sordides sont en proie à une série de crimes. Tancrède d'Anaor devra prendre, au péril de sa vie, la mesure de l'enjeu politique que représente son illustre lignée. Et il se pourrait bien, s'il survit, que pour lui la fin de cette aventure soit un nouveau commencement.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Les retrouvailles avec Tancrède ont été brèves (j'ai lu ce roman en à peine 24 heures) mais heureuses !
    Au mois de février l'année dernière, je sors de ma PAL les trois premiers tomes de cette saga qui me fait de l'œil depuis un moment : La saga de Tancrède le Normand, de Viviane Moore, que je connais déjà pour avoir lu le premier tome de Galeran de Lesneven et sa trilogie Renaissance, Alchemia.
    Au départ, je n'ai pas remarqué immédiatement que cette saga faisait partie de la collection Grands détectives des éditions 10/18... Sans forcément lire attentivement les résumés, je m'en suis donc fait une fausse idée, pensant lire une saga très historique sur l'épopée normande en Sicile. Au final, c'est tout sauf ça ! Enfin disons que cette conquête normande par la famille Hauteville ne passe qu'au second plan d'une intrigue plus policière, dont les protagonistes sont le jeune Tancrède et son mentor, le sage Hugues de Tarse. Cela, je le découvre évidemment en lisant le premier tome : comme les éditions 10/18 ont publié il y'a quelques années une « intégrale» des trois premiers tomes, je les ai lus d'affilée et c'était bien sympa, je dois avouer. J'ai pris plaisir à rester longuement dans cet univers.
    Les premiers tomes (Le Peuple du Vent, Les Guerriers Fauves et La Nef des Damnés) m'ont fait l'effet de romans d'apprentissage, avec un fond policier et même peut-être, une légère inspiration puisée dans les anciens romans de chevalerie. Tancrède et son mentor Hugues de Tarse sillonnent la Normandie médiévale, héritière des Vikings installés dans le royaume des Francs quelques siècles plus tôt. Au départ, on ne sait pas exactement qui est Tancrède, hormis qu'il est un jeune Normand de Sicile, probablement sans famille puisqu'il a été confié tout enfant à Hugues de Tarse qui a fait office de père de substitution mais aussi de pédagogue, lui enseignant l'art de la déduction et tout ce qu'il a besoin de savoir pour un jour s'intégrer à la cours des rois Normands de Sicile.
    Le troisième tome s'achève en 1156, alors que Tancrède et Hugues rentrent en Sicile, après qu'Hugues ait révélé à son pupille qui il est réellement et qu'elles sont ses origines.
    Ce quatrième tome s'ouvre quasiment là où le troisième s'achève. Nous sommes donc en Sicile au milieu du XIIème siècle : perdue en Méditerranée, la Sicile est alors très métissée, un trait d'union entre l'Orient fantasmé, la Terre Sainte et l'Occident tout proche. Carrefour des cultures et des civilisations, l'île est peuplée de Latins, de Grecs, d'Arabes, les cultures voisinent et se fondent parfois les unes dans les autres, l'appel à la prière du muezzin se mélange au son des cloches rythmant les heures de la journée. Les rois Normands ont adopté les coutumes orientales, entretenant leurs houris dans de discrets harems et l'on écrit et s'exprime aussi bien en latin qu'en arabe ou en grec. La Sicile est écrasée par un chaud soleil qui évoque déjà celui de l'Afrique du Nord et dans ses jardins opulents se cachent des fontaines et des patios dans lesquels poussent les citronniers et les orangers comme en Andalousie... les femmes soulignent leurs yeux de khôl et cachent leurs sourires derrière des voiles, on se parfume d'essence de rose et les pièces sentent l'encens et les épices.
    La Sicile est une contrée alors autant exotique que le lointain Orient, qui accepte de se dévoiler un peu sur cette petite parcelle de terre en pleine mer Méditerranée...
    Mais elle a aussi une part plus sombre et, dans le palais du roi Guillaume Ier, les morts s'enchaînent : parce que Hugues de Tarse et son protégé gênent les ambitions de l'émir des émirs, Maion de Bari, et parce qu'ils feraient des coupables idéaux, ce dernier va leur demander de faire la lumière sur cette nébuleuse affaire... un prisonnier évadé, de drôles de secrets, un eunuque du harem royal assassiné, des clefs qui disparaissent... au premier abord, il semblerait que le pouvoir royal soit directement menacé. Et si, finalement, cette intrigue n'était pas étrangère au retour de Tancrède et Hugues en Sicile ? Se pourrait-il qu'elle les concerne et notamment Hugues, dont des pans du passé vont être révélés, même à Tancrède qui ne les connaissait pas ?
    J'ai lu ce roman rapidement et vous le dis tout de suite : si vous aimez les intrigues policières ultra complexes, les thrillers, les polars, passez votre chemin. En revanche si vous aimez l'Histoire et le Moyen Âge vous aimerez peut-être cette saga qui raconte, certes de manière détournée et un peu secondaire, mais qui raconte quand même, cette épopée extraordinaire de Normands, descendants de ces Vikings venus de Scandinavie au Haut Moyen Âge, qui prendront possession d'une petite île alanguie au sud de la péninsule italienne. L'enquête policière est malgré tout intéressante et sert de prétexte à découvrir la vie dans les palais de Palerme et qui rappelle un peu l'existence des rois latins de Terre Sainte, chrétiens et orientaux à la fois. Les civilisations se mêlent pour produire un mode de vie probablement tout aussi surprenant pour des voyageurs venant de France ou d'Angleterre que celui de l'Empereur de Chine !
    Ce roman m'a fortement évoqué le roman Le sang sur la soie d'Anne Perry qui se passe à peu près à la même époque à la cour de Byzance : j'ai retrouvé ce même sentiment de dépaysement vraiment agréable. Je me rends compte que je n'aime rien tant que ces romans qui me font voyager dans le temps mais aussi découvrir de nouvelles contrées. J'avoue avoir été servie avec Le Hors Venu, un roman que j'ai beaucoup aimé, même s'il est court et vraiment vite lu. 

    En Bref :

    Les + : une enquête policière sur fond de palais écrasés de soleil, des secrets, des ambitions personnelles...ce quatrième tome s'inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs. 
    Les - :
    pour moi, aucun. C'était assez court mais j'ai passé un bon moment.


    La saga de Tancrède le Normand, tome 4, Le Hors Venu ; Viviane Moore

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Les soucis des puissants sont les catastrophes des humbles, il faut bien que quelqu'un paie les pots cassés. »

    Au Service Secret de Marie-Antoinette, tome 1, L'Enquête du Barry ; Frédéric Lenormand

     

     

      Publié en 2019

     Editions de La Martinière 

     345 pages 

     Premier tome de la saga Au Service Secret de Marie-   Antoinette

     

     

     

     

    Résumé :

    Une comédie policière endiablée et drôle, au service de son intrépide Majesté ! 

    Les bijoux de la Comtesse du Barry ont disparu quatre ans plus tôt. Depuis, les cadavres s’amoncellent. La reine Marie-Antoinette missionne un improbable duo d'enquêteurs, Rose et Léonard, qui ne cessent de se chamailler, pour œuvrer « en toute discrétion» de Paris à Versailles !

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Et si Marie-Antoinette avait eu son propre service secret, reprenant à son compte le fameux Secret du Roi ? Voilà, en une ligne, le résumé de ce premier tome de la nouvelle saga de Frédéric Lenormand, qui rencontre un beau succès depuis quelque temps, naviguant sur la vague du cosy mystery très à la mode sur les réseaux sociaux en ce moment et notamment sur Bookstagram, où on voit ces romans un peu partout...
    En ce qui me concerne, ce n'est pas le succès de cette saga qui m'a donné envie de la découvrir, ni même qu'elle soit populaire : elle ne le serait pas que je l'aurais lue quand même...déjà parce qu'elle se passe au XVIIIème siècle à l'époque de Marie-Antoinette, ensuite parce que c'est Frédéric Lenormand qui tient la plume et quand c'est Frédéric Lenormand, je suis assurée de passer un très bon moment de lecture ! Je l'ai découvert il y'a plusieurs années maintenant avec Mademoiselle Chon ou les surprises du Destin, l'un de ses romans les moins connus mais qui m'avait ravie ! Ce fut d'ailleurs un véritable coup de cœur et j'avais été enthousiasmée par la plume de l'auteur. J'adore aussi sa saga Voltaire mène l'enquête, qui nous présente le fameux philosophe des Lumières sous un jour pas forcément très flatteur mais particulièrement jubilatoire : hypocondriaque, maîtrisant la mauvaise foi avec brio, sans-gêne, pique-assiette, Voltaire se mue en un enquêteur d'un genre nouveau et je ne peux m'empêcher de rire quand je lis l'une de ses enquêtes ! On est loin de l'atmosphère compassée de Nicolas Le Floch ou de celle, plus noire et torturée du commissaire aux morts étranges d'Olivier Barde-Cabuçon, mais cette approche peut-être plus contemporaine, pétillante et fraîche est intéressante aussi.
    Je me doutais que c'est ce que je retrouverais dans L'Enquête du Barry, premier tome d'Au service secret de Marie-Antoinette, qui comporte pour le moment quatre tomes que je suis bien déterminée à lire rapidement. Au-delà de la couverture soignée et colorée se cache une intrigue menée tambour battant : en 1770, les joailliers parisiens Boehmer et Bassange sont appelés à Versailles par Madame du Barry pour lui vendre des bijoux somptueux et hors de prix. Mais c'est un traquenard et les joailliers se retrouvent pris dans un piège crapuleux, tandis que les bijoux disparaissent. Qui est derrière cette machination ? Il semblerait en tout cas que le vol ait causé la déchéance voire la mort de bien des personnes. Quatre ans plus tard, Marie-Antoinette est sur le coup ! L'ancienne Dauphine est devenue reine et, lorsqu'elle apprend que son époux, le roi Louis XVI, qui n'y comprend pas grand-chose, souhaite abandonner le Secret du Roi, elle a l'idée de reprendre le service à son compte et s'entoure de personnages en apparence inoffensifs : ses dames de compagnie et surtout, Rose Bertin, sa modiste et Léonard Autier, son coiffeur, qui deviennent ses enquêteurs attitrés. Oh, cela ne se fait pas sans mal, Rose et Léonard se livrant alors à une lutte sans merci pour devancer l'autre et si c'est possible, en prime, de lui lancer au visage quelque nom d'oiseau, ni l'un ni l'autre ne s'en privera ! On suit donc nos deux limiers de Paris à Versailles à la recherche de ces fameux bijoux et des personnes qui, en 1770, ont pu être à l'origine de ce vol crapuleux ou bien qui en ont pâti d'une manière ou d'une autre.
    Comme chez Voltaire, c'est frais, c'est pétillant, on sourit beaucoup, on rit aussi et on s'amuse de situations décalées et parfois légèrement anachroniques. Mais c'est fait à dessein et c'est tellement bien amené... En même temps, Frédéric Lenormand met au service de son intrigue sa bonne connaissance de l'époque, même s'il prend plaisir à jouer avec et parfois à la malmener un peu... Le lecteur se retrouve donc dans une intrigue historique mais en même temps furieusement moderne et on passe un excellent moment ! L'enquête en elle-même n'est pas révolutionnaire mais c'est réellement la manière dont elle est amenée qui fait tout le charme de ce premier tome d'une saga qui promet d'être bien sympa !
    Si vous cherchez une lecture un peu décalée, où le feel-good se mêle à l'Histoire avec un grand H, où vous allez rire mais aussi apprendre des choses, alors cette saga est faite pour vous. Et au passage, je vous conseille aussi toutes les autres productions de Frédéric Lenormand, à commencer par le fameux Mademoiselle Chon du Barry ou les surprises du Destin, qui raconte l'ascension de Madame du Barry à travers les yeux de sa belle-soeur, Françoise du Barry, tirée de sa province toulousaine par ses deux frères pour servir de chaperon à la toute nouvelle comtesse, promise à un brillant avenir de favorite royale... Et évidemment, je n'oublie pas Voltaire qui, pour l'instant, à ma préférence mais avec lequel Rose et Léonard rivalisent en bonne place !

     

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    Léonard-Alexis Autier et Rose Bertin ont tous deux réellement existé : ils seront coiffeur et modiste de la reine Marie-Antoinette pendant plusieurs années 

    En Bref :

    Les + : une intrigue fraîche et pétillante, aux antipodes des enquêtes historiques traditionnelles. Frédéric Lenormand semble prendre beaucoup de plaisir à jouer avec l'Histoire et cela se communique au lecteur ! 
    Les - :
    pour moi aucun ! C'est trop jubilatoire !


    Au Service Secret de Marie-Antoinette, tome 1, L'Enquête du Barry ; Frédéric Lenormand

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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