• Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers

    Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers  « Dans un bon roman policier rien n'est perdu, il n'y a pas de phrase ni de mot qui ne soient pas. »

    Paul Auster

     

    SOMMAIRE ROMANS POLICIERS, ENQUÊTES HISTORIQUES, THRILLERS 

     

     

    - A - 

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t3 : Londres, 1200

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t4 : Montségur, 1201

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t5 : Rome, 1202

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t6 : Rouen, 1203

    De Taille et d'Estoc : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Férir ou Périr : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Aillon (d') Jean, Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour : L'Evasion de Richard Cœur-de-Lion et autres aventures 

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t4 : Récits Cruels et Sanglants durant la Guerre des Trois Henri

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t5 : Dans les griffes de la Ligue 

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t1 : Une étude en Ecarlate

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t2 : Le Chien des Basqueville

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t3 : La Ville de la Peur 

    Aillon (d') Jean, Le Duc d'Otrante et les Compagnons du Soleil 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t1 : Les Ferrets de la Reine 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t2 : Le Mystère de la Chambre Bleue 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t3 : La Conjuration des Importants 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t4 : La Conjecture de Fermat 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t5 : L'Homme aux Rubans Noirs 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t6 : L'Exécuteur de la Haute Justice 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t7 : L’Énigme du Clos Mazarin

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t8 : Le Secret de l'Enclos du Temple 

    Aillon (d') Jean, Marius Granet et le Trésor du Palais Comtal 

    - B - 

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t1 : La Femme sans Visage

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t2 : Messe noire

    Barrière Michèle, Les Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel à la Cour de François Ier, t1 : Le Sang de l'Hermine 

    Barrière Michèle, Les Soupers Assassins du Régent 

    Barrière Michèle, Meurtres au Potager du Roy

    - C - 

    Carayon Christian, Le Diable sur les Épaules 

    - D - 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t1 : Le Calice des Esprits 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t2 : Le Combat des Reines 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t3 : Le Règne du Chaos 

    Doyle Arthur Conan (sir), Le Chien des Baskerville suivi de La Vallée de la Peur 

    - E - 

    - F - 

    Franklin Ariana, Adelia Aguilar, t1 : La Confidente des Morts 

    - G - 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t1 : Un Intérêt particulier pour les Morts

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t2 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t3 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t4 : Un Flair Infaillible pour le Crime 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t5 : Le Témoignage du Pendu 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t6 : Le Brouillard tombe sur Deptford 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t1 : Le Fléau de Dieu

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t2 : A l'Ombre du Diable 

    - K - 

    - L - 

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t1 : La Baronne meurt à Cinq Heures

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t2 : Meurtre dans le Boudoir

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t3 : Le Diable s'habille en Voltaire 

    - M -

    Maitland Karen, La Compagnie des Menteurs

    Maitland Karen, La Malédiction de Norfolk

    Maitland Karen, Les Âges Sombres 

    Mention Michaël, La Voix Secrète 

    Moore Viviane, Alchemia, t1 : La Femme sans Tête

    Moore Viviane, Alchemia, t2 : L'Homme au Masque de Verre

    Moore Viviane, Alchemia, t3 : Le Souffleur de Cendres 

    Moore Viviane, Galeran de Lesneven, t1 : La Couleur de l'Archange 

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t1 : L'Héritier des Pagans

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t2 : Le Jeu de Dupes

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t3 : Meurtres à Versailles 

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t12 : La Pyramide de Glace 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t13 : L'Inconnu du Pont Notre-Dame 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t14 : Le Prince de Cochinchine 

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t1 : L'Etrangleur de Cater Street

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t2 : Le Mystère de Callander Square

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t3 : Le Crime de Paragon Walk

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « C'était bien l'incohérence du monde moderne que de pourchasser les penseurs géniaux et de couver les exaltés. »

     

     

     

     

     Publié en 2014

     Editions du Masque (collection Poche)

     316 pages 

     Troisième tome de la saga Voltaire mène l'Enquête

     

     

     

     

     

     

    Résumé : 

    Voltaire a enfin trouvé un adversaire à sa mesure : le diable en personne ! Belzébuth sème des cadavres à travers Paris, au point que l’Église, soucieuse d’éviter tout scandale, fait appel au célèbre philosophe pour mener une enquête discrète en cachette de la police. Dans un Paris des Lumières encore très empreint de croyances irrationnelles, où vampires, démons et morts-vivants semblent se promener à leur gré, qui d’autre envoyer sur leurs traces qu’un philosophe connu pour ne croire à rien ? En échange, le cardinal de Fleury, qui gouverne la France, autorisera la publication des Lettres philosophiques, ce brûlot sulfureux. Il ne reste plus à Voltaire qu’à montrer ce que peut la philosophie contre la superstition. Et aussi à découvrir qui sème des morceaux de corps humains jusque dans le bain de l’écrivain, à percer le secret d’un mystérieux jupon convoité par un assassin, sans oublier de faire jouer sa nouvelle tragédie à la Comédie-Française, afin de révolutionner un art théâtral poussiéreux !
    À la fois roman policier historique et conte voltairien, Le diable s’habille en Voltaire est écrit dans un style jubilatoire aussi ciselé que l’était le langage des Lumières.

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Dans cette troisième enquête, le philosophe le plus insupportable de la Création nous entraîne dans une étrange sarabande -une véritable danse macabre, pourrait-on dire !
    En 1733 à Paris, on embastille les philosophes mais l'on croit encore au diable et autres démons et vampires. Alors quand le vicaire d'une vénérable institution parisienne sollicite notre cher Voltaire pour faire la lumière sur la mort mystérieuse de l'un de ses prêtres, vraisemblablement assassiné par un être démoniaque muni de pieds de bouc, cela ne choque personne : c'est bien connu après tout que le diable existe et il n'y a bien que les philosophes athées et les marquises scientifiques pour dire le contraire et opposer la Raison aux superstitions des prêtres et du peuple !!
    Le Diable s'habille en Voltaire, troisième tome de la série Voltaire mène l'Enquête et qui pastiche le titre d'un célèbre roman américain, nous emmène pour une course endiablée dans les rues de Paris où l'on croise pêle-mêle un carrosse tout de noir vêtu qui semble tout droit sorti des bouches de l'Enfer, une comtesse désœuvrée et un peu folle qui dépèce les cadavres du cimetière des Innocents, des comédiens exigeants et qui mettent peu de volonté à bien jouer du Voltaire, un nécromant venu d'outre-Rhin qui arrose les philosophes d'eau bénite et brandit des crucifix à tout bout de champ et enfin, un larron qui poursuit un but bien mystérieux en se cachant dans les anciennes carrières de Paris et se déplace sur deux pattes diaboliques...
    Le début du XVIIIème siècle n'est pas encore débarrassé de ces peurs irraisonnées héritées des temps les plus anciens : Voltaire dans sa correspondance au début des années 1730 parle même de cette psychose du vampire dont souffrent plusieurs pays européens à ce moment-là. En 1733 encore, partout en France et en Europe, on a peur du diable et des démons et il ne viendrait à l'esprit de personne de dire que cela n'est qu'une vaste machination, en un mot, une supercherie montée de toutes pièces par un esprit humain. Alors, derrière l'ironie et la truculence du propos, c'est un beau portrait que nous brosse Lenormand de cette époque si paradoxale, oscillant sans cesse entre le savoir et la raison d'un côté et la superstition et l’idolâtrie obscurantistes de l'autre.
    J'ai apprécié de retrouver notre philosophe enquêteur, dans une aventure pétillante et sautillante où se croisent tous les personnages qui font de cette saga une oeuvre littéraire à part : la marquise Emilie du Châtelet, mathématicienne et traductrice de Newton, qui eut effectivement une liaison avec Voltaire -qu'elle rencontre en réalité en 1734-, l'abbé Linant, qui fut le secrétaire du grand homme et qui, dans la saga, est aussi sot qu'un panier et donne lieu à tout un tas de situations cocasses.
    Ce qui fait la force de cette saga, où tout n'est pas vrai mais où l'époque est cependant très bien restituée par un auteur spécialiste du XVIIIème siècle et qui ne se prive pas d'en décrire les travers et les paradoxes, c'est bien la plume de Lenormand. Je l'ai découverte en ce qui me concerne dans un court roman centré sur la figure de Chon du Barry, la belle-sœur de la fameuse comtesse, intitulé Mademoiselle Chon du Barry ou les surprises du destin que j'avais beaucoup aimé. Et cela a bien fonctionné avec La Baronne meurt à Cinq Heures, premier opus des aventures de notre cher Voltaire, dépeint comme un petit gnome surmonté d'une perruque, bête noire de la police parisienne et du pouvoir en place, qui ne rêve que de l'embastiller ( « C'est que, mon cher, vos lettres ont du cachet » lui dit mine de rien le lieutenant de police Hérault, au détour d'un chapitre). Comme cette citation, le roman est truffé de petites références subtiles à l'époque, qui font sourire et qui sont toujours glissées là avec à-propos. Certains lecteurs ont déploré qu'il y'avait trop d'ironie...Certes, mais pour moi, c'est elle justement qui fait la force de cette saga décidément pas comme les autres. Lenormand prend le contre-pied d'auteurs comme Jean-François Parot, qui cisèle un portrait extrêmement précis et parfait autour de son enquêteur du Châtelet, Nicolas Le Floch, dans le respect des règles et des institutions des règnes de Louis XV et Louis XVI, ou Olivier Barde-Cabuçon, qui met en place dans ses Enquêtes du Commissaire aux Morts Étranges une ambiance noire et poisseuse, presque gothique, dans laquelle évolue son commissaire, Volnay, flanqué de son accolyte, le moine défroqué. Ce sont trois sagas, trois personnages liés cependant par une époque passionnante et dans laquelle je me retrouve parfaitement, que je lise Parot, Lenormand ou Barde-Cabuçon. C'est une autre manière d'envisager le roman policier, en y instillant un aspect un peu burlesque qui peut surprendre de prime abord mais au final fonctionne parfaitement. Après les libertins et les livres érotiques du second tome, ici l'auteur s'attaque à un autre sujet favori d'une époque qui se cherche : les sorciers et les démons et...c'est diablement réussi si je peux m'exprimer ainsi !


    Si je peux vous donner un conseil, c'est bien d'aller vous jeter sur cette saga truculente et pleine de vie et, comme le dit Gilbert Collard, c'est pétillant comme du champagne ! Même si vous n'aimez pas ce breuvage, nul doute que Lenormand vous réconciliera avec lui !

    En Bref : 

    Les + : Jubilatoire et sautillante, la plume de Lenormand me séduit de livres en livres ! Cette enquête policière burlesque distrait et fait rire sans oublier la description précise quoique ironique d'une époque. Sillonner le Paris superstitieux de 1733 dans les pas de Voltaire et Emilie de Châtelet m'a divertie comme jamais
    Les - : pour moi, il n'y en a pas, mais je ne suis pas objective !  


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  • « Un froid qu'on n'avait jamais connu, une peste virulente et une famine qui depuis des semaines fauchaient les Parisiens, tant d'infortunes ne pouvaient être le fruit du hasard. »

    Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, tome 3, La Ville de la Peur ; Jean d'Aillon

     

     

     Publié en 2017

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

     467 pages

     Troisième tome des Chroniques d'Edward Holmes et   Gower Watson

     

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    En janvier de l'an de grâce 1423, la capitale du royaume de France est vouée au démon. Les Armagnacs ont pris le pont de Meulan, la famine règne, les loups sont entrés dans la ville en utilisant la Seine prise par les glaces. Pire, la Mort en personne rôde dans la ville, revêtue d'une pèlerine à chaperon, sous la forme d'une créature au visage effroyable, sans nez ni yeux...Après plusieurs crimes inexplicables, Edward Holmes est convaincu de l'existence d'une puissance occulte régnant sur Paris comme une araignée au centre de sa toile. Mais, accusé d'avoir assassiné une proche du duc de Bourgogne, il est emprisonné au Grand Châtelet. Et l'heure du châtiment approche...

    Ma Note : ★★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    En ce mois de janvier 1423, particulièrement glacial, rien ne va plus. Les loups sont aux portes de la ville, terrorisant les habitants et dévorant autant les vivants égarés que les morts dans les cimetières. Pour ne rien arranger un froid terrible s'est abattu sur la ville, figée par la neige et le gel.
    C'est alors que surviennent des meurtres étranges et violents qui ne semblent avoir aucun lien les uns avec les autres et les Parisiens se mettent à murmurer qu'un être terrifiant et défiguré rôde dans la ville et on a tôt fait de l'identifier : il s'agit de la Mort elle-même.
    Sollicité pour faire la lumière sur ces mystérieuses affaires qui ont endeuillé Paris (la mort d'un serviteur du duc de Bedford et de toute sa maisonnée et celle d'un notaire), Edward Holmes, clerc anglais à la prodigieuse capacité de déduction qui lui permet de démêler l'écheveau de la plus inextricable des affaires, ne se doute pas qu'il lance ainsi à ses trousses un ennemi implacable et déterminé qui n'aura de cesse de le faire tomber.
    Cette troisième enquête d'Edward et Gower m'a bien plu et si je la compare aux deux précédentes, pour moi c'est la meilleure et la plus complexe. J'espère que celles qui la suivent seront à la hauteur !
    Vous le savez peut-être ou alors pas, mais si vous ne le savez pas vous aurez sûrement deviné à la lecture des noms des protagonistes et peut-être même à la lecture du titre, de quel univers Jean d'Aillon s'est inspiré pour créer celui d'Edward Holmes : il s'agit de celui de sir Arthur Conan Doyle et de son fameux enquêteur victorien, Sherlock Holmes. Si certains y ont vu une pâle copie et taxant même Jean d'Aillon de plagiat, personnellement je vois plutôt cette saga comme un bel hommage d'un auteur à un autre.
    Bien loin des brumes anglaises du Londres industriel et de Baker Street, c'est Paris en pleine guerre de Cent ans que Jean d'Aillon situe ses enquêtes, juste avant la mort de Charles VI et un peu après. La France, éprouvée par des années de guerre avec l'Angleterre, ponctuées de trêves plus ou moins longues, l'est surtout par une guerre civile et familiale qui oppose les partisans du duc d'Orléans, appelés les Armagnacs, à la puissante famille de Bourgogne, qui tient le pouvoir et est favorable aux Anglais. En ce début des années 1420, le pouvoir anglais a affirmé sa suprématie sur la couronne française, anéantie par Azincourt en 1415 et affaiblie depuis longtemps par la folie du roi et la régence fragile de la reine Isabeau de Bavière, écartelée entre les factions et incapable de ramener la paix. Le roi Henri V de Lancastre est parvenu à ses fins en ratifiant en 1420 le traité de Troyes, qui stipule que c'est lui qui ceindra la couronne française à la mort de Charles VI. Mais Henry V n'a pas le temps de jouir de sa victoire puisqu'il meurt en août 1422, deux mois avant le roi de France. Institué régent de France et tuteur de son jeune neveu Henry VI, le duc Jean de Bedford gouverne à Paris même si son pouvoir est fragilisé par son frère Gloucester qui s'occupe des affaires d'Angleterre avec leurs oncles.
    Toujours vivante, la reine Isabeau, qui a été écartée du pouvoir vit dans un relatif isolement au palais de Saint-Pol mais Edward sait pouvoir compter sur elle au besoin. Il se lance alors dans une enquête compliquée dans une ville figée par la glace et exsangue à force de guerres : les habitants ont fui et règne dans Paris livrée aux loups et aux assassins une ambiance de fin du monde.
    Cette enquête très embrouillée nous promène comme dans un labyrinthe et on ne comprend pas d'emblée où l'auteur veut en venir ni où il veut nous emmener. Quelles sont les liens entre les différentes affaires qui se présentent et que Edward doit élucider ? Quel est le point commun entre un serviteur du régent, Bedford, et un notaire parisien que rien n'unit en apparence ? Et surtout quel est cet ennemi déterminé qui semble prêt à tout pour faire tomber Edward et lui mettre des bâtons dans les roues ? Toutes ces questions on se les pose évidemment au cours de notre lecture et on a envie de connaître le fin mot de cette histoire. La Ville de la Peur -si vous avez lu Sherlock Holmes ce titre vous aura sûrement évoqué son enquête intitulée La Vallée de la Peur-, est une très bonne enquête policière, comme je les aime : compliquée et embrouillée à souhait.
    De plus, en mêlant habilement une vérité historique à la précision presque chirurgicale à une histoire beaucoup plus fantaisiste et romanesque, l'aureur parvient à recréer un Moyen Âge haut en couleurs, peut-être pas exactement fidèle à la vérité mais efficace et captivant. Dans les romans de Jean d'Aillon il y'a du Sherlock Holmes, du Conan Doyle mais aussi du Dumas qui aimait tant jouer avec l'Histoire et récrire les faits.
    J'ai pris grand plaisir à lire ce troisième tome des aventures parisiennes d'Edward et Gower, même si j'ai parfois eu l'impression que l'auteur prenait un malin plaisir à nous laisser au bord de la route, juste pour le plaisir de nous voir ramer !
    Certes si vous cherchez du spectaculaire ou du gore, si vous aimez les thrillers psychologiques ou vous faire peur et si vous êtes allergiques à l'Histoire mieux vaut passer votre chemin. Mais si ce n'est pas le cas, et si vous êtes curieux, n'hésitez pas à découvrir la plume de Jean d'Aillon dont l'univers foisonnant, inspiré par diverses époques, de l'Antiquité au XIXème siècle, saura sûrement vous convaincre !

    En Bref :

    Les + : le langage travaillé qui nous ramène tout droit au Moyen Âge et l'enquête en elle-même, qui est de qualité, inspirée certes des aventures de Sherlock Holmes mais qui s'en écarte aussi par deux ou trois subtilités et surtout, par la patte de l'auteur. 
    Les - : deux ou trois coquilles notamment dans les notes de bas de page mais rien de grave. 

     

    Les soeurs Brontë : la Force d'Exister ; Laura El Makki 

    Thème de février « Chouchou », 2/12


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  • « En un sens, un crime, c’est excitant, à condition qu’il ne nous touche pas de trop près. On répète à satiété que c’est atroce, que le simple fait d’en parler nous rend positivement malades, mais, en même temps, on profite de la moindre occasion pour remettre le sujet sur le tapis. »

     

    Une Enquête de Charlotte et Thomas Pitt, tome 3, Le Crime de Paragon Walk ; Anne Perry

     

     

     

      Publié en 1981 en Angleterre

     En 2012 en France (pour la présente édition)

     Titre original : Paragon Walk

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

    383 pages 

    Troisième tome de la saga Charlotte et Thomas Pitt

     

     

     

     

     

     

    Résumé :

    Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l'inspecteur Pitt, chargé de l'affaire, se heurte à l'hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, les façades respectables de l'Angleterre victorienne ne tarderont pas à se fissurer...

    Ma Note : ★★★★★★★★★ 

    Mon Avis :

    Quand un crime est commis à Paragon Walk, quartier huppé de Londres, c'est Thomas Pitt qui est dépêché sur les lieux pour l'enquête. Qui en voulait à la jeune Fanny Nash, dix-sept ans, discrète, sans histoires, au point de l'assassiner ? Cette affaire sordide ne manque pas de mettre sens dessus dessous le quartier, où vivent des familles fortunées dont la vie est soudain bousculée par ce drame. Mais surtout, elle ne manque pas d'intéresser Charlotte, l'épouse de Thomas Pitt, puisque sa sœur Emily y vit avec son époux, lord Geoge Ashworth.
    Quel plaisir, vraiment, de retrouver les deux enquêteurs victoriens d'Anne Perry. Ma lecture du deuxième tome remontait à septembre 2017 et je me suis rendu compte en démarrant ma lecture du Crime de Paragon Walk que Charlotte et Thomas m'avaient manqué. J'ai beaucoup aimé les deux premières enquêtes de cette longue saga : L’Étrangleur de Cater Street et Le Mystère de Callander Square. Ce troisième tome n'est, ma foi, pas bien différent de ses deux prédécesseurs mais je l'ai malgré tout trouvé plaisant à lire et je me suis rapidement intéressée au déroulement de cette enquête.
    Alors soyons honnêtes, si vous cherchez une enquête très enlevée, pleine de rebondissements, passez votre chemin parce que ce n'est pas ce qu'Anne Perry propose et même si l'enquête policière est, évidemment, au centre du récit et ce, dès les premières pages, ce que j'ai bien plus ressenti dans ce volume-là mais qui est au final aussi très présent dans les deux premiers, c'est l'aspect social et d'ailleurs très finement rapporté par l'auteure.
    Charlotte et Thomas Pitt vivent en plein cœur du XIXème siècle, dans une Angleterre en plein essor : c'est l'époque victorienne et les belles heures de l'industrialisation. La société se modernise mais en générant des inégalités de plus en plus fortes entre les classes les plus riches et les plus pauvres. Ainsi, à Londres, peuvent vivre à quelques centaines de mètres des familles très fortunées telles celles qui occupent les beaux hôtels particuliers de Paragon Walk et d'autres qui connaissent la misère, le fléau des maladies, la promiscuité, la saleté, la criminalité.
    Quand un meurtre est commis, en revanche, sur une jeune fille de bonne famille, cela bouleverse tout le monde, proches, amis et voisins. Et tandis que la saison estivale s'ouvre, dans une atmosphère tendue et caniculaire, la tâche de Thomas Pitt ne sera pas aisée. D'hypothèses en allusions mauvaises, du silence méprisant à la condescendance ouverte, le policier va se heurter à la famille Nash, dont les frères et leurs épouses sont aussi différents les uns des autres que possible. Il va rencontrer des vieilles dames excentriques mais à cheval sur la morale et très attentives au qu'en-dira-t-on. Et surtout, il va devoir ménager les Ashworth, puisqu'il s'avère que George est aussi son beau-frère. Pour tout dire en peu de mots, enquêter chez ces gens fortunés ne s'avère pas une mince affaire !
    Comme je le disais un peu plus haut, c'est surtout l'aspect social du roman qui m'a plu, cette étude des mœurs à laquelle Anne Perry se livre avec brio. L'enquête est intéressante mais effectivement pas sensationnelle -même si, je l'avoue, je n'avais pas vu arriver le dénouement : ce qui fait vraiment l'atout de ce roman, c'est le portrait au vitriol de cette bonne société ou du moins qui se considère comme telle et s'avère parfois être la plus corrompue. Et les habitants de Paragon Walk en sont une bonne illustration car chacun a quelque chose à cacher : péchés anciens ou véniels, petites manies voire carrément des secrets beaucoup plus importants à cacher et que cette enquête risque de mettre en lumière ce que l'on ne veut, bien sûr, à aucun prix. Dans cette rue où chacun se fréquente et rivalise, l'hypocrisie et la fausseté font loi, l'acidité des paroles ne le dispute qu'à l'allusion mais s'il y'a bien une chose qui les lie tous, ces habitants futiles et au train de vie réglé comme une horloge entre cérémonies du thé, réceptions et garden-parties, c'est le mépris de ceux qu'ils considèrent comme leurs inférieurs et notamment les policiers qui se heurtent lors de leurs investigations, à un mépris à peine dissimulé et parfois particulièrement violent. Et lorsque Charlotte, inquiète pour Emily, décide d'enquêter de son côté, elle met le pied dans un cercle échauffé autant par le meurtre affreux de la jeune Fanny que par la canicule ambiante en cet été où bien des masques vont tomber, dans une fourmilière grouillante où chacun essaie de cacher ce qu'il ne veut absolument pas voir divulguer tout en bavassant allègrement sur les voisins et les voisines. Et ils sont tellement hypocrites, d'une telle superficialité, ces habitants de Paragon Walk, qu'ils en deviennent presque risibles et quand, enfin, le voile se lève, on arrive à la conclusion souvent vérifiée que ce sont souvent dans ces milieux où l'on mène grand train qu'il se passe en fait les choses les plus laides et les plus sales.
    Cette lecture a su me convaincre et j'ai été ravie de renouer avec ces deux enquêteurs dont j'avais apprécié la personnalité dans les deux premiers tomes : Thomas Pitt, qui a connu la pauvreté enfant mais s'en est sorti à force de ténacité, Charlotte, esprit libre et indépendant, issue d'un milieu privilégié mais qui n'hésitera pas à imposer ses choix et notamment en ce qui concerne son époux. Elle n'hésite pas non plus à perdre son rang et à mener une vie modeste, différente de ce qu'elle a connu enfant et adolescente, dans la maison familiale de Cater Street pour pouvoir partager celle de l'homme qu'elle aime, préférant renoncer à des privilèges dont on n'a pas vraiment besoin plutôt qu'à lui.
    Bref, ce troisième tome m'a encore une fois accompagnée pendant quelques jours de manière très plaisante et même si son dénouement est assez abrupt, je dois dire que c'est un roman vraiment bien menée. Anne Perry expérimente encore une fois et de manière très réussie une méthode d'écriture qui fait sa patte et donne envie à ses lecteurs de retrouver, de volume en volume, ses personnages. Charlotte et Thomas Pitt m'ont fortement évoqué Lizzie et Ben Ross, les deux héros d'Ann Granger que j'aime aussi beaucoup et je me suis amusée à les comparer, en lisant Le Crime de Paragon Walk, retrouvant souvent des traits similaires entre eux.
    Entre satire sociale et enquête policière, Le Crime de Paragon Walk est un bon roman historique qui égratigne méchamment, mais sans avoir l'air, la société victorienne et son mode de vie. Avec ce flegme tout britannique et cette ironie mordante mais qui n'a pas l'air d'y toucher, Anne Perry affirme son univers et ses personnages. J'ai hâte de lire les autres enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt. 

    En Bref :

    Les + : la critique sociale est vive et aussi acide que les allusions et le mépris des habitants de Paragon Walk, l'auteure décrit finement l'existence quelque peu superficielle des hautes classes de l'Angleterre victorienne. Entre ironie et flegme tout britannique, Anne Perry expérimente encore une fois une méthode qui a fait ses preuves dans les deux premiers volumes de sa saga policière. 
    Les - :
    pas vraiment de points négatifs à soulever. Peut-être aimerait-on que l'enquête soit peut-être un peu plus complexe, mais au final, le roman fonctionne malgré tout.


    4 commentaires
  • « Plus un détail apparaît outré plus il mérite de retenir l'attention ! Le détail qui semble compliquer un cas devient, pour peu qu'il soit considéré et manié scientifiquement, celui qui permet au contraire de l'élucider le plus complètement. »

    Le Chien des Baskerville suivi de La Vallée de la Peur ; Arthur Conan Doyle

     

    Publié en 2019

    Date de publication originale : 1902 (Le Chien des Baskerville) ; 1915 (La Vallée de la Peur)

    Titre original : The Hound of the Baskervilles ; The Valley of Fear

    Editions Archipoche

    Résumé : 

    Le clan Baskerville est-il hanté par une bête aux yeux flamboyants et aux crocs acérés, qui erre sur les landes du domaine familial et semble en vouloir à son nouveau propriétaire, le jeune Henry ? 
    Invité à résoudre ce sombre mystère, Sherlock Holmes mène ici son enquête la plus fameuse. Treize ans plus tard, dans La Vallée de la Peur (1915), le voilà confronté à un être tout aussi maléfique : son ennemi juré, le professeur Moriarty ! 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Je suis une lectrice assez assidue et toujours curieuse de découvrir des classiques mais j'avoue que, jusqu'ici, si je connaissais comme tout le monde Sherlock Holmes, le fameux détective, je n'avais lu aucune de ses enquêtes. Grâce aux éditions de l'Archipel, j'ai pu recevoir certains volumes de leur intégrale collector, publiée en début d'année et je me suis rendu compte que Sherlock Holmes, en son temps, fut un véritable phénomène, les fans attendant avec fébrilité une nouvelle enquête. Visiblement, Sherlock Holmes fut pour son auteur un personnage dont il fut particulièrement difficile de se défaire, d'où l'écriture, au début du XXème siècle, de plusieurs nouvelles enquêtes, dont Le Chien de Baskerville, raconté par le docteur Watson. Chronologiquement, cette enquête est censée se situer, bien sûr, avant la mort de Holmes mais elle est racontée après, comme si le docteur Watson, se souvenant de son accolyte défunt, fait le récit d'une enquête inédite.
    On connaît tous, au moins dans les grandes lignes, l'histoire du chien des Baskerville : un chien effrayant, les landes sinistres du Dartmoor, la brume, une famille qui semble maudite et poursuivie par un fantôme... J'avais vu l'adaptation, assez réussie et plutôt angoissante. Si l'enquête, en elle-même, n'est pas forcément très compliquée, si certaines conclusions viennent spontanément à l'esprit du lecteur, ce que j'ai aimé dans cette intrigue, c'est son ambiance. Frissons garantis ! L'auteur navigue dans la frontière ténue entre rationnel et irrationnel et se pose en tenant de la vraisemblance contre le paranormal, bien décidé à prouver que ce chien qui terrifie la région et semble poursuivre de sa vindicte la famille Baskerville, dont plusieurs membres sont morts mystérieusement depuis le XVIIème siècle, n'est qu'un être de chair et de sang et donc vulnérable. Certains passages font froid dans le dos, c'est vrai, surtout que cette région assez inhospitalière du Dartmoor, faite de landes et de marécages, relativement isolée et peu habitée se prête à une intrigue comme celle-ci. Et quand la brume s'en mêle, on se surprend à lire, captivé, tout en guettant tous les bruits autour de nous ! Donc, c'est pour moi diablement efficace.
    Pour ce qui est de La Vallée de la Peur, qui fait suite au Chien des Baskerville, finalement une enquête assez courte -peut-être parce que c'est assez captivant-, on revient dans quelque chose de plus traditionnel, une enquête policière certes complexe mais qui n'est pas du tout marquée par le paranormal. Ici, point de chien fantôme ni de vieilles superstitions mais un homme assassiné chez lui et dont le passé semble aussi mystérieux que celui de la personne qui s'en est prise à lui. Que se passe-t-il d'étrange au manoir de Birlstone, où Holmes et Watson se rendent pour seconder la police locale dépassée par la situation ? Qu'a fait le propriétaire, Mr. Douglas, en Amérique, où il vivait avant de revenir en Angleterre ? Quelle est cette vallée de la peur dont il parle souvent mais sans s'expliquer sur le sens de ces mots ? Et lui, qui est-il exactement ?
    J'avoue avoir eu moins d'intérêt pour cette intrigue là mais je l'ai trouvée diablement bien menée et pleine de rebondissements. Holmes a décidément un esprit logique imparable qui, s'il ne cesse d'ébahir Watson, nous scotche nous aussi, les lecteurs. Sa capacité de déduction est hors du commun et j'ai vraiment beaucoup aimé suivre le fil de ses réflexions qui l'emmènent finalement à trouver un dénouement extraordinaire et auquel personne n'avait songé jusqu'ici. Au final bon psychologue et observateur de la nature humaine, Holmes ne se fait aucune illusion sur elle et parvient ainsi à déjouer toutes les intrigues, en convoquant les mécanismes de la pensée qui, somme toute, sont les mêmes pour tout le monde.
    J'ai apprécié cette lecture pour beaucoup de raisons et en premier lieu parce que je n'avais jusqu'ici jamais lu une seule enquête de Sherlock Holmes alors qu'il reste un personnage incontournable et qui a inspiré de nombreux auteurs, notamment Jean d'Aillon que je lis depuis plusieurs années et qui ne se cache pas de l'apport des oeuvres de Dumas et Conan Doyle à son propre univers.
    Au départ, c'est vrai que c'est une lecture qui me faisait un peu peur, j'avais peur que ce ne soit pas pour moi, même si j'aime les romans policiers. Au final, ça n'a pas été le cas et ce, pour mon plus grand plaisir. Maintenant, mon objectif c'est de découvrir petit à petit cet univers qui a eu tant de succès et continue à séduire des millions de lecteurs à travers le monde

    En Bref : 

    Les + : l'univers et l'ambiance ont correspondu exactement à ce que j'attendais. J'ai passé un très bon moment et je me suis passionnée pour ces deux enquêtes ! Sherlock Holmes est décidément un détective hors pair ! 
    Les - :
    peut-être quelques longueurs dans la deuxième enquête, mais rien de grave.

     

    Les Enquêtes de Quentin du Mesnil, Maître d'Hôtel à la Cour de François Ier, tome 1, Le Sang de l'Hermine ; Michèle Barrière 

    Thème de novembre, « Sherlock », 11/12

     


    2 commentaires
  • « Une enquête est comme un jeu d'emboîtement de pièces en bois. Éparpillons les pièces, recomposons-les différemment et posons-nous de nouvelles questions. »

    Une Enquête du Commissaire aux Morts Étranges, tome 2, Messe Noire ; Olivier Barde-Cabuçon

    Publié en 2014

    Editions Babel (collection Noir)

    464 pages 

    Deuxième tome de la saga Une Enquête du Commissaire aux Morts Étranges

     

    Résumé :

    Une nuit de décembre 1759, le corps sans vie d'une jeune fille est retrouvé sur la tombe d'un cimetière parisien. Pas de suspect, et pour seuls indices : une hostie noire, un crucifix, des empreintes de pas. Sartine, le lieutenant général de police, craint une résurgence des messes noires sous le règne du très contesté Louis XV. La tension est à son comble dans la capitale. 
    Volnay et le moine hérétique sont contraints de s'allier à une enquêtrice aussi sublime que manipulatrice, et se trouvent rapidement confrontés à des forces obscures...toujours aussi mal vu du pouvoir en place, le duo ne pourra compter que sur lui-même pour démasquer les ordonnateurs du rituel satanique. 
    Dans ce deuxième volet des aventures du chevalier de Volnay, commissaire aux morts étranges, Olivier Barde-Cabuçon reconstitue un Paris pittoresque et inquiétant. A quelques lieues de là, Versailles dissimule les troubles pulsions de ses prestigieux locataires. Entre ces deux pôles opposés se noue une intrigue diabolique au royaume du détraquement et de l'inversion des règles établies. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Avec Messe Noire, je reprends la lecture d'une saga découverte l'an dernier : Les Enquêtes du Commissaire aux Morts Étranges, d'Olivier Barde-Cabuçon. Chaudement conseillée par plusieurs blogueuses, j'ai malgré tout hésité avant de me lancer même si j'avais beaucoup d'intérêt pour cette série qui se passe au cœur de ma période historique préférée entre toutes : le XVIIIème siècle.
    En fait, je suis une fan inconditionnelle des romans de Jean-François Parot et de leur héros, Nicolas Le Floch et je craignais de comparer et de ne pas apprécier les romans d'Olivier Barde-Cabuçon... Il est vrai que Parot, dans chacun de ses romans, restitue parfaitement l'époque et ce fut un véritable plaisir de le lire.
    Chez Barde-Cabuçon, c'est plus glauque et torturé, beaucoup plus noir. Beaucoup plus critique envers la monarchie, aussi. Du coup, il m'a été impossible d'établir un quelconque parallèle entre les deux sagas. Je crois que ma préférence va à Nicolas Le Floch et lui restera : peut-être parce que la vision du XVIIIème siècle de Jean-François Parot est plus en accord avec la mienne, je ne sais pas...
    Toujours est-il que j'ai apprécié d'emblée Volnay, le commissaire aux morts étranges d'Olivier Barde-Cabuçon et je l'ai retrouvé, ainsi que son assistant le moine, avec plaisir dans ce deuxième opus qui s'ouvre en décembre 1759 dans un cimetière parisien où tout porte à croire qu'une messe noire était en préparation avant qu'elle ne soit brusquement interrompue. Dans le cimetière recouvert de neige, deux corps sont retrouvés : celui du gardien de cimetière et celui d'une jeune fille probablement utilisée par les satanistes pour leurs rituels.
    Moins de cent ans après le scandale de l'Affaire des Poisons, qui a terni le règne de Louis XIV et dans laquelle la propre favorite du roi, Madame de Montespan, était impliquée, voilà que la magie noire et les adorateurs de Satan jettent à nouveau un voile noir sur la capitale, mettant son lieutenant général de police, Sartine, dans une position assez délicate.
    Cette deuxième enquête démarre bien et dans une ambiance aussi tendue, étrange et poisseuse que la première, Casanova et la femme sans visage. La messe noire, qui est le point de départ de l'enquête de Volnay et du moine, les emmène forcément à s'intéresser à tout ce que Paris compte encore de superstitieux : astrologues, voyants, sorciers et magiciens de tout poil. Car si le XVIIIème siècle est connu pour être le siècle des Lumières, paradoxalement c'est une époque encore pétrie de croyances diverses et de religiosité. Naviguant à vue dans le brouillard d'un univers confidentiel où l'on pratique autant les plantes médicinales que les sortilèges, nos deux enquêteurs vont avoir du pain sur la planche !
    J'ai mis un peu de temps à lire cette deuxième enquête et je pense que cela a un peu émoussé mon intérêt en cours de lecture. J'ai beaucoup aimé, attention et je n'ai maintenant qu'une envie : ajouter le troisième tome à ma PAL et le lire ! Mais c'est vrai que j'ai été moins captée par ce deuxième opus, peut-être aussi parce que la vision très critique du pouvoir par Volnay mais aussi par le moine, qui est un esprit libre et épris de philosophie n'est pas la mienne. Pour autant, elle personnifie bien ce désamour de la monarchie sous le règne de Louis XV et des critiques de plus en plus ouvertes à l'encontre du monarque, qui font le lit d'une violente Révolution qui éclatera exactement trente ans plus tard.
    Messe Noire aborde finalement des sujets très vastes et c'est une analyse de la société de ce XVIIIème siècle français pétri de contradictions mais qui en fait une époque si passionnante et tellement riche. Dans le roman, on navigue des sphères occultes parisiennes bien plus nombreuses qu'on pourrait le croire et qui évoquent le Moyen Âge ou l'époque de Catherine de Médicis, aux dorures de Versailles qui incarnent la richesse la plus ostentatoire. On découvre une époque qui se cherche et a du mal à se trouver, hésitant entre tradition et modernité, entre émancipation spirituelle et religiosité rigoureuse, entre Dieu et Satan, entre la magie blanche et la magie noire. On découvre aussi le peuple de Paris, où se bousculent les plus riches comme les plus pauvres dans une ville tortueuse et encore médiévale et où l'on a de moins en moins peur d'affirmer haut et fort ce que l'on pense de la royauté et de son titulaire qui a perdu toute la faveur de son peuple et qui, après avoir été le Bien Aimé devient le Bien Haï.
    J'ai aussi apprécié de retrouver Volnay, moins lisse que Nicolas Le Floch, plus torturé et plus mystérieux aussi. On ne sait pas grand chose de lui et on n'en apprend d'ailleurs pas plus dans ce deuxième tome. Mais ses talents de policier et de déduction se confirment et on découvre qu'il est un très bon enquêteur. Il reste malgré tout un électron libre sur qui personne n'a de prise, ni le lieutenant général de police, ni les femmes, ni le pouvoir dont il dépend mais qu'il ne craint pas. Volnay est un peu comme ces chevaliers du Moyen Âge -souvent légendaires d'ailleurs, soit dit en passant- qui veulent rétablir la justice pour la justice et seulement pour elle. Il est désintéressé et en cela presque parfaitement libre. Bref, ce fut encore une fois un plaisir de le suivre dans une enquête compliquée et entortillée qui nous fait parfois tourner en rond et nous perd en conjecture avant que la vérité ne se fasse enfin jour.
    Je quitte Messe Noire avec le sentiment d'avoir lu un excellent roman policier bien ficelé et maîtrisé par son auteur avec en plus une base historique passionnante. Que demander de plus ?

    En Bref :

    Les + : une intrigue policière habilement menée et efficace, où messes noires et sorcellerie apportent du piquant au récit, qui en devient alors assez fascinant. 
    Les - :
    un peu comme pour le premier tome, des longueurs en milieu de récit...


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