• Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers

    Romans Policiers / Enquêtes Historiques / Thrillers

     

    SOMMAIRE ROMANS POLICIERS, ENQUÊTES HISTORIQUES, THRILLERS 

     

     

    - A - 

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t3 : Londres, 1200

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t4 : Montségur, 1201

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t5 : Rome, 1202

    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, t6 : Rouen, 1203

    De Taille et d'Estoc : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Férir ou Périr : La jeunesse de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour

    Aillon (d') Jean, Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour : L'Evasion de Richard Cœur-de-Lion et autres aventures 

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t4 : Récits Cruels et Sanglants durant la Guerre des Trois Henri

    Aillon (d') Jean, Les Aventures d'Olivier Hauteville, t5 : Dans les griffes de la Ligue 

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t1 : Une étude en Ecarlate

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t2 : Le Chien des Basqueville

    Aillon (d') Jean, Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, t3 : La Ville de la Peur 

    Aillon (d') Jean, Le Duc d'Otrante et les Compagnons du Soleil 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t1 : Les Ferrets de la Reine 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t2 : Le Mystère de la Chambre Bleue 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t3 : La Conjuration des Importants 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t4 : La Conjecture de Fermat 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t5 : L'Homme aux Rubans Noirs 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t6 : L'Exécuteur de la Haute Justice 

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t7 : L’Énigme du Clos Mazarin

    Aillon (d') Jean, Les Enquêtes de Louis Fronsac, t8 : Le Secret de l'Enclos du Temple 

    Aillon (d') Jean, Marius Granet et le Trésor du Palais Comtal 

    - B - 

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t1 : La Femme sans Visage

    Barde-Cabuçon Olivier, Une Enquête du commissaire aux Morts-Étranges, t2 : Messe noire

    Barrière Michèle, Les Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel à la Cour de François Ier, t1 : Le Sang de l'Hermine 

    Barrière Michèle, Les Soupers Assassins du Régent 

    Barrière Michèle, Meurtres au Potager du Roy

    - C - 

    Carayon Christian, Le Diable sur les Épaules 

    - D - 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t1 : Le Calice des Esprits 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t2 : Le Combat des Reines 

    Doherty Paul, Mathilde de Westminster, t3 : Le Règne du Chaos 

    Doyle Arthur Conan (sir), Le Chien des Baskerville suivi de La Vallée de la Peur 

    - E - 

    - F - 

    Franklin Ariana, Adelia Aguilar, t1 : La Confidente des Morts 

    - G - 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t1 : Un Intérêt particulier pour les Morts

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t2 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t3 : 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t4 : Un Flair Infaillible pour le Crime 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t5 : Le Témoignage du Pendu 

    Granger Ann, Lizzie et Ben, t6 : Le Brouillard tombe sur Deptford 

    - H - 

    - I - 

    - J -

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t1 : Le Fléau de Dieu

    Japp Andrea H., La Malédiction de Gabrielle, t2 : A l'Ombre du Diable 

    - K - 

    - L - 

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t1 : La Baronne meurt à Cinq Heures

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t2 : Meurtre dans le Boudoir

    Lenormand Frédéric, Voltaire mène l'enquête, t3 : Le Diable s'habille en Voltaire 

    - M -

    Maitland Karen, La Compagnie des Menteurs

    Maitland Karen, La Malédiction de Norfolk

    Maitland Karen, Les Âges Sombres 

    Mention Michaël, La Voix Secrète 

    Moore Viviane, Alchemia, t1 : La Femme sans Tête

    Moore Viviane, Alchemia, t2 : L'Homme au Masque de Verre

    Moore Viviane, Alchemia, t3 : Le Souffleur de Cendres 

    Moore Viviane, Galeran de Lesneven, t1 : La Couleur de l'Archange 

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t1 : L'Héritier des Pagans

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t2 : Le Jeu de Dupes

    Morata Anne-Laure, Les Rohan-Montauban, t3 : Meurtres à Versailles 

    - N - 

    - O - 

    - P - 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t12 : La Pyramide de Glace 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t13 : L'Inconnu du Pont Notre-Dame 

    Parot Jean-François, Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, t14 : Le Prince de Cochinchine 

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t1 : L'Etrangleur de Cater Street

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t2 : Le Mystère de Callander Square

    Perry Anne, Charlotte et Thomas Pitt, t3 : Le Crime de Paragon Walk

    - Q - 

    - R - 

    - S - 

    - T - 

    - U - 

    - V - 

    - W - 

    - X - 

    - Y - 

    - Z - 

  • « Imaginez une tapisserie dont chaque brin de laine serait à la fois solidaire et ennemi de celui avec lequel il voisine. Du coup, le motif d'ensemble n'est jamais celui que l'on croit. »

    Couverture Le Hors Venu

     

     

     Publié en 2007

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

     313 pages 

     Quatrième tome de la saga La Saga de Tancrède le   Normand

     

     

     

     

     

    Résumé :

    En cette année 1156, les ennemis du royaume de Sicile sont légion. Le palais royal, son harem enchanteur et ses geôles sordides sont en proie à une série de crimes. Tancrède d'Anaor devra prendre, au péril de sa vie, la mesure de l'enjeu politique que représente son illustre lignée. Et il se pourrait bien, s'il survit, que pour lui la fin de cette aventure soit un nouveau commencement.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Les retrouvailles avec Tancrède ont été brèves (j'ai lu ce roman en à peine 24 heures) mais heureuses !
    Au mois de février l'année dernière, je sors de ma PAL les trois premiers tomes de cette saga qui me fait de l'œil depuis un moment : La saga de Tancrède le Normand, de Viviane Moore, que je connais déjà pour avoir lu le premier tome de Galeran de Lesneven et sa trilogie Renaissance, Alchemia.
    Au départ, je n'ai pas remarqué immédiatement que cette saga faisait partie de la collection Grands détectives des éditions 10/18... Sans forcément lire attentivement les résumés, je m'en suis donc fait une fausse idée, pensant lire une saga très historique sur l'épopée normande en Sicile. Au final, c'est tout sauf ça ! Enfin disons que cette conquête normande par la famille Hauteville ne passe qu'au second plan d'une intrigue plus policière, dont les protagonistes sont le jeune Tancrède et son mentor, le sage Hugues de Tarse. Cela, je le découvre évidemment en lisant le premier tome : comme les éditions 10/18 ont publié il y'a quelques années une « intégrale» des trois premiers tomes, je les ai lus d'affilée et c'était bien sympa, je dois avouer. J'ai pris plaisir à rester longuement dans cet univers.
    Les premiers tomes (Le Peuple du Vent, Les Guerriers Fauves et La Nef des Damnés) m'ont fait l'effet de romans d'apprentissage, avec un fond policier et même peut-être, une légère inspiration puisée dans les anciens romans de chevalerie. Tancrède et son mentor Hugues de Tarse sillonnent la Normandie médiévale, héritière des Vikings installés dans le royaume des Francs quelques siècles plus tôt. Au départ, on ne sait pas exactement qui est Tancrède, hormis qu'il est un jeune Normand de Sicile, probablement sans famille puisqu'il a été confié tout enfant à Hugues de Tarse qui a fait office de père de substitution mais aussi de pédagogue, lui enseignant l'art de la déduction et tout ce qu'il a besoin de savoir pour un jour s'intégrer à la cours des rois Normands de Sicile.
    Le troisième tome s'achève en 1156, alors que Tancrède et Hugues rentrent en Sicile, après qu'Hugues ait révélé à son pupille qui il est réellement et qu'elles sont ses origines.
    Ce quatrième tome s'ouvre quasiment là où le troisième s'achève. Nous sommes donc en Sicile au milieu du XIIème siècle : perdue en Méditerranée, la Sicile est alors très métissée, un trait d'union entre l'Orient fantasmé, la Terre Sainte et l'Occident tout proche. Carrefour des cultures et des civilisations, l'île est peuplée de Latins, de Grecs, d'Arabes, les cultures voisinent et se fondent parfois les unes dans les autres, l'appel à la prière du muezzin se mélange au son des cloches rythmant les heures de la journée. Les rois Normands ont adopté les coutumes orientales, entretenant leurs houris dans de discrets harems et l'on écrit et s'exprime aussi bien en latin qu'en arabe ou en grec. La Sicile est écrasée par un chaud soleil qui évoque déjà celui de l'Afrique du Nord et dans ses jardins opulents se cachent des fontaines et des patios dans lesquels poussent les citronniers et les orangers comme en Andalousie... les femmes soulignent leurs yeux de khôl et cachent leurs sourires derrière des voiles, on se parfume d'essence de rose et les pièces sentent l'encens et les épices.
    La Sicile est une contrée alors autant exotique que le lointain Orient, qui accepte de se dévoiler un peu sur cette petite parcelle de terre en pleine mer Méditerranée...
    Mais elle a aussi une part plus sombre et, dans le palais du roi Guillaume Ier, les morts s'enchaînent : parce que Hugues de Tarse et son protégé gênent les ambitions de l'émir des émirs, Maion de Bari, et parce qu'ils feraient des coupables idéaux, ce dernier va leur demander de faire la lumière sur cette nébuleuse affaire... un prisonnier évadé, de drôles de secrets, un eunuque du harem royal assassiné, des clefs qui disparaissent... au premier abord, il semblerait que le pouvoir royal soit directement menacé. Et si, finalement, cette intrigue n'était pas étrangère au retour de Tancrède et Hugues en Sicile ? Se pourrait-il qu'elle les concerne et notamment Hugues, dont des pans du passé vont être révélés, même à Tancrède qui ne les connaissait pas ?
    J'ai lu ce roman rapidement et vous le dis tout de suite : si vous aimez les intrigues policières ultra complexes, les thrillers, les polars, passez votre chemin. En revanche si vous aimez l'Histoire et le Moyen Âge vous aimerez peut-être cette saga qui raconte, certes de manière détournée et un peu secondaire, mais qui raconte quand même, cette épopée extraordinaire de Normands, descendants de ces Vikings venus de Scandinavie au Haut Moyen Âge, qui prendront possession d'une petite île alanguie au sud de la péninsule italienne. L'enquête policière est malgré tout intéressante et sert de prétexte à découvrir la vie dans les palais de Palerme et qui rappelle un peu l'existence des rois latins de Terre Sainte, chrétiens et orientaux à la fois. Les civilisations se mêlent pour produire un mode de vie probablement tout aussi surprenant pour des voyageurs venant de France ou d'Angleterre que celui de l'Empereur de Chine !
    Ce roman m'a fortement évoqué le roman Le sang sur la soie d'Anne Perry qui se passe à peu près à la même époque à la cour de Byzance : j'ai retrouvé ce même sentiment de dépaysement vraiment agréable. Je me rends compte que je n'aime rien tant que ces romans qui me font voyager dans le temps mais aussi découvrir de nouvelles contrées. J'avoue avoir été servie avec Le Hors Venu, un roman que j'ai beaucoup aimé, même s'il est court et vraiment vite lu. 

    En Bref :

    Les + : une enquête policière sur fond de palais écrasés de soleil, des secrets, des ambitions personnelles...ce quatrième tome s'inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs. 
    Les - :
    pour moi, aucun. C'était assez court mais j'ai passé un bon moment.


    La saga de Tancrède le Normand, tome 4, Le Hors Venu ; Viviane Moore

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Les soucis des puissants sont les catastrophes des humbles, il faut bien que quelqu'un paie les pots cassés. »

    Au Service Secret de Marie-Antoinette, tome 1, L'Enquête du Barry ; Frédéric Lenormand

     

     

      Publié en 2019

     Editions de La Martinière 

     345 pages 

     Premier tome de la saga Au Service Secret de Marie-   Antoinette

     

     

     

     

    Résumé :

    Une comédie policière endiablée et drôle, au service de son intrépide Majesté ! 

    Les bijoux de la Comtesse du Barry ont disparu quatre ans plus tôt. Depuis, les cadavres s’amoncellent. La reine Marie-Antoinette missionne un improbable duo d'enquêteurs, Rose et Léonard, qui ne cessent de se chamailler, pour œuvrer « en toute discrétion» de Paris à Versailles !

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Et si Marie-Antoinette avait eu son propre service secret, reprenant à son compte le fameux Secret du Roi ? Voilà, en une ligne, le résumé de ce premier tome de la nouvelle saga de Frédéric Lenormand, qui rencontre un beau succès depuis quelque temps, naviguant sur la vague du cosy mystery très à la mode sur les réseaux sociaux en ce moment et notamment sur Bookstagram, où on voit ces romans un peu partout...
    En ce qui me concerne, ce n'est pas le succès de cette saga qui m'a donné envie de la découvrir, ni même qu'elle soit populaire : elle ne le serait pas que je l'aurais lue quand même...déjà parce qu'elle se passe au XVIIIème siècle à l'époque de Marie-Antoinette, ensuite parce que c'est Frédéric Lenormand qui tient la plume et quand c'est Frédéric Lenormand, je suis assurée de passer un très bon moment de lecture ! Je l'ai découvert il y'a plusieurs années maintenant avec Mademoiselle Chon ou les surprises du Destin, l'un de ses romans les moins connus mais qui m'avait ravie ! Ce fut d'ailleurs un véritable coup de cœur et j'avais été enthousiasmée par la plume de l'auteur. J'adore aussi sa saga Voltaire mène l'enquête, qui nous présente le fameux philosophe des Lumières sous un jour pas forcément très flatteur mais particulièrement jubilatoire : hypocondriaque, maîtrisant la mauvaise foi avec brio, sans-gêne, pique-assiette, Voltaire se mue en un enquêteur d'un genre nouveau et je ne peux m'empêcher de rire quand je lis l'une de ses enquêtes ! On est loin de l'atmosphère compassée de Nicolas Le Floch ou de celle, plus noire et torturée du commissaire aux morts étranges d'Olivier Barde-Cabuçon, mais cette approche peut-être plus contemporaine, pétillante et fraîche est intéressante aussi.
    Je me doutais que c'est ce que je retrouverais dans L'Enquête du Barry, premier tome d'Au service secret de Marie-Antoinette, qui comporte pour le moment quatre tomes que je suis bien déterminée à lire rapidement. Au-delà de la couverture soignée et colorée se cache une intrigue menée tambour battant : en 1770, les joailliers parisiens Boehmer et Bassange sont appelés à Versailles par Madame du Barry pour lui vendre des bijoux somptueux et hors de prix. Mais c'est un traquenard et les joailliers se retrouvent pris dans un piège crapuleux, tandis que les bijoux disparaissent. Qui est derrière cette machination ? Il semblerait en tout cas que le vol ait causé la déchéance voire la mort de bien des personnes. Quatre ans plus tard, Marie-Antoinette est sur le coup ! L'ancienne Dauphine est devenue reine et, lorsqu'elle apprend que son époux, le roi Louis XVI, qui n'y comprend pas grand-chose, souhaite abandonner le Secret du Roi, elle a l'idée de reprendre le service à son compte et s'entoure de personnages en apparence inoffensifs : ses dames de compagnie et surtout, Rose Bertin, sa modiste et Léonard Autier, son coiffeur, qui deviennent ses enquêteurs attitrés. Oh, cela ne se fait pas sans mal, Rose et Léonard se livrant alors à une lutte sans merci pour devancer l'autre et si c'est possible, en prime, de lui lancer au visage quelque nom d'oiseau, ni l'un ni l'autre ne s'en privera ! On suit donc nos deux limiers de Paris à Versailles à la recherche de ces fameux bijoux et des personnes qui, en 1770, ont pu être à l'origine de ce vol crapuleux ou bien qui en ont pâti d'une manière ou d'une autre.
    Comme chez Voltaire, c'est frais, c'est pétillant, on sourit beaucoup, on rit aussi et on s'amuse de situations décalées et parfois légèrement anachroniques. Mais c'est fait à dessein et c'est tellement bien amené... En même temps, Frédéric Lenormand met au service de son intrigue sa bonne connaissance de l'époque, même s'il prend plaisir à jouer avec et parfois à la malmener un peu... Le lecteur se retrouve donc dans une intrigue historique mais en même temps furieusement moderne et on passe un excellent moment ! L'enquête en elle-même n'est pas révolutionnaire mais c'est réellement la manière dont elle est amenée qui fait tout le charme de ce premier tome d'une saga qui promet d'être bien sympa !
    Si vous cherchez une lecture un peu décalée, où le feel-good se mêle à l'Histoire avec un grand H, où vous allez rire mais aussi apprendre des choses, alors cette saga est faite pour vous. Et au passage, je vous conseille aussi toutes les autres productions de Frédéric Lenormand, à commencer par le fameux Mademoiselle Chon du Barry ou les surprises du Destin, qui raconte l'ascension de Madame du Barry à travers les yeux de sa belle-soeur, Françoise du Barry, tirée de sa province toulousaine par ses deux frères pour servir de chaperon à la toute nouvelle comtesse, promise à un brillant avenir de favorite royale... Et évidemment, je n'oublie pas Voltaire qui, pour l'instant, à ma préférence mais avec lequel Rose et Léonard rivalisent en bonne place !

     

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    Léonard-Alexis Autier et Rose Bertin ont tous deux réellement existé : ils seront coiffeur et modiste de la reine Marie-Antoinette pendant plusieurs années 

    En Bref :

    Les + : une intrigue fraîche et pétillante, aux antipodes des enquêtes historiques traditionnelles. Frédéric Lenormand semble prendre beaucoup de plaisir à jouer avec l'Histoire et cela se communique au lecteur ! 
    Les - :
    pour moi aucun ! C'est trop jubilatoire !


    Au Service Secret de Marie-Antoinette, tome 1, L'Enquête du Barry ; Frédéric Lenormand

      Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle


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  • « Le destin, ainsi que j'en avais fait plusieurs fois l'expérience par le passé, a un bien curieux sens de l'humour. »

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     Publié en 2019 en Angleterre 

     En 2020 en France (pour la présente édition) 

     Titre original : The murderer's apprentice

     Editions 10/18 (collection Grands Détectives)

     383 pages 

     Septième tome de la saga Lizzie Martin

     

     

     

    Résumé :

    Mars 1870. Londres est recouvert de brouillard et de glace. Ben Ross, inspecteur de Scotland Yard, doit affronter d'autres problèmes que le froid lorsque le cadavre d'une jeune femme est retrouvé derrière un restaurant de Piccadilly. Contraint d'établir le portrait de la victime, Ross suit le fil de son enquête qui le mène chez un bottier de Salisbury.
    Au même moment, Lizzie, l'épouse de Ben, est confrontée au mystérieux cas d'une femme emprisonnée dans sa propre maison. Tandis que Ben se lance dans une affaire de plus en plus complexe, Lizzie va découvrir une pièce essentielle du puzzle qui lui permettra de s'approcher au plus près de la vérité.

    Ma Note : ★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    Alors que l'hiver s'éternise en ce début 1870 et que les conditions climatiques sont particulièrement exécrables à Londres, les policiers de Scotland Yard font une macabre découverte : le corps d'une jeune inconnue, jeté dans la citerne d'un restaurant de Piccadilly. Qui a bien pu faire cela ? Et surtout, qui est cette jeune femme dont personne ne sait rien et qui surtout, ne semble manquer à personne ?
    Vaste tâche pour Ben Ross et ses enquêteurs que de dresser le portrait de la jeune morte et découvrir enfin qui elle était et ce qui a pu causer son décès.
    Au même moment, Lizzie, qui ne peut s'empêcher de mettre son nez dans les affaires de la police, au grand dam d'ailleurs du superintendant Dunn, le supérieur de Ben, fait la connaissance Miss Eldon, une vieille dame dont les fenêtres donnent directement sur la façade de la maison d'en face où semble vivre recluse une jeune femme, ce qui ne laisse pas de surprendre et d'émouvoir la respectable Miss Eldon. Et si tout cela était lié ? Et si cette jeune femme qui semble vivre littéralement emprisonnée chez elle avait un lien avec l'affaire qui occupe Ben et ses policiers ?
    De Londres à Salisbury, en passant par les landes désolées et enneigées du Yorkshire, Ann Granger nous entraîne dans le sillage de ses deux fins limiers que l'on suit maintenant depuis sept enquêtes.
    Si vous connaissez cette saga et si vous la lisez, vous savez probablement que l'enquête, certes au centre du récit, n'en est pas moins au service d'un discours plus naturaliste et social, mettant en avant les inégalités criantes de l'époque victorienne, qui correspond en Angleterre à la période de l'industrialisation. Et si l'époque est, pour l'Occident, particulièrement faste et florissante, elle s'accompagne aussi d'une paupérisation grandissante des plus pauvres tandis que les autres s'enrichissent grassement.
    Ici, à travers les personnages de la jeune morte, dont on découvre progressivement le destin mais aussi celui de l'inconnue qui, en face de chez Miss Eldon, semble vivre une vie par procuration, derrière ses fenêtres, sans jamais sortir, on découvre ce qu'est la condition féminine à l'époque, la dépendance des jeunes femmes à leurs familles ou, à défaut, leurs bienfaiteurs et, plus largement, à leurs maris. Ann Granger met en avant l'importance d'un bon mariage, qui offre alors la plus stable des situations et l'importance aussi pour les femmes de rentrer dans des cases. Elle aborde aussi le sujet des dames de compagnie, ces jeunes femmes parfois modestes qui mettent leur vie entre parenthèses pour s'occuper d'une vieille dame veuve ou célibataire, et dépendante.
    A travers le voyage de Ben dans le Yorkshire, elle aborde aussi la question du travail des enfants, fléau du temps. Né dans le Derbyshire, avant de devenir policier, Ben a connu le travail de la mine, qui faisait vivre la région. En revenant dans le Yorkshire, il se rappelle de cette enfance atypique et traumatisante, faite de travail et de dangers.
    J'ai trouvé cela dit que l'enquête était peut-être plus présente que d'habitude et je me suis plu à la suivre. Chez Ann Granger, vous ne trouverez assurément pas votre bonheur si vous aimez les polars noirs et compliqués, dont la fin vous laisse pantois. Les enquêtes ne sont jamais effrayantes ni très violentes (si on met de côté évidemment qu'elles concernent des meurtres) et c'est aussi ce que j'aime dans cet univers : ce mélange habile de roman policier et de roman naturaliste, dans la veine justement de ces auteurs du XIXème siècle, qui aimaient dénoncer les inégalités de leur époque (Zola, en France ou Elizabeth Gaskell, outre-Manche, qui le fait très bien dans Nord et Sud, par exemple).
    Oui, vraiment, j'ai pris un grand plaisir à découvrir cette enquête, à voyager dans les pas de Ben pour découvrir qui est cette jeune femme que l'on a laissée morte sur le pavé de Londres, en apparence sans plus s'en soucier. Dans les pas de Ben mais aussi de Lizzie, dont la curiosité légendaire et l'esprit de déduction se nourrissent de tout ! 
    Sans se départir de touches d'humour savamment dosées, Ann Granger a imaginé un roman efficace et qui fonctionne, qui ne vous conviendra certes pas si vous aimez les polars ou les thrillers, mais qui vous ravira si, comme moi, vous aimez les intrigues pas trop complexes et qui, derrière, sont servies par un vrai propos historiques.

    En Bref :

    Les + : l'ambiance du roman, en clair-obscur, l'intrigue policière plus présente que d'habitude (du moins est-ce mon sentiment), la question de la condition féminine à l'époque victorienne, largement abordée.
    Les - :
    Aucun, pour moi. C'est toujours un plaisir de retrouver Ben et Lizzie dans une nouvelle enquête !


    Lizzie Martin, tome 7, L'Orpheline de Salisbury ; Ann Granger

     Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

     


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  • « A quoi bon reconnaître le Bien si c'est pour l'ignorer ? »

     

    Couverture La Morte dans le labyrinthe

     

     

      Publié en 2008 en Angleterre 

     En 2016 en France 

     Titre original : The Death Maze

     Editions 10/18 (collection Grands détectives)

     Deuxième tom de la saga Adelia Aguilar

     

     

     

     

     

    Résumé :

    La maîtresse favorite d'Henri II, Rosemonde Clifford, aurait été empoisonnée au moyen de champignons vénéneux. Aliénor d'Aquitaine aurait-elle pu commanditer son assassinat ? Si Henri croyait à ces rumeurs, l'Angleterre serait déchirée par une lutte meurtrière entre le Roi et sa Reine. Chargée de prouver l'innocence d'Aliénor, Adelia Aguilar, médecin spécialisé dans l'étude des cadavres, devra percer le mystère du labyrinthe enserrant la tour où repose Rosemonde... 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    La maîtresse du roi d'Angleterre, Rosemonde Clifford, vient de mourir dans sa tour d'argent de Wormhold, protégée par un labyrinthe et cette mort n'est pas loin de déclencher une véritable guerre civile quand des lettres trouvées dans la chambre de la défunte pourraient bien accuser la reine Aliénor d'avoir commis le crime !
    Adelia Aguilar, enquêtrice de choc qui a déjà résolu une enquête compliquée lorsque des meurtres d'enfants ont eu lieu à Cambridge est alors mandatée par le roi pour faire la lumière sur la mort de sa maîtresse favorite.
    Adelia, si vous n'avez pas lu La Confidente des morts, est un personnage assez atypique, d'autant plus quand on connaît l'époque dans laquelle elle vit : le XIIème siècle. Adelia est un médecin légiste, elle fait, comme elle le dit elle-même, parler les morts pour découvrir ce qui a causé le trépas, une notion extrêmement contemporaine et qui évoque immanquablement pour nous la police scientifique, qui ne se développera réellement qu'à partir de la fin du XIXème siècle, sous l'impulsion d'un Français, Alphonse Bertillon.
    Originaire de Sicile, formée à l'école de médecine de Tarente qui, au Moyen Âge, accepte les femmes, ce qui n'est pas le cas dans les autres facultés de médecine en Occident, Adelia est donc un personnage assez étrange et très moderne dans ses réflexions et ses cheminements de pensée, un médecin spécialisé dans l'étude des cadavres et notamment des personnes décédées dans des conditions criminelles.
    S'il y'eut des femmes médecins au Moyen Âge, elles ne sont pas ou peu connues (hormis la fameuse Trotula de Tarente ou encore dame Hersent, médecin à la cour de Louis IX) et à mon avis, il n'y avait pas vraiment de médecins légistes à l'époque mais nous sommes dans un roman, alors pourquoi pas ? Et il y'eut certainement des scientifiques médiévaux en avance sur leur temps donc, pourquoi pas des médecins qui auraient compris que l'étude des corps pouvaient non seulement guérir les vivants mais aussi aider à élucider des crimes ?
    Donc, comme dans le premier tome, nous suivons Adelia et ses acolytes, notamment Mansur et Gyltha, dans l'enquête qu'elle mène sur la mort de la pauvre Rosemonde, vraisemblablement empoisonnée par des champignons. Une enquête sous haute tension quand on sait qu'elle se déroule dans un contexte déjà tendu entre le couple royal, Henri II Plantagenêt devant faire aux rébellions de son épouse qui pousse leurs fils contre lui. Si en plus Aliénor s'est rendue coupable de la mort de la maîtresse préférée du roi, c'est un coup à lancer l'une contre l'autre les factions de la reine et du roi et c'est le spectre de la guerre civile entre le roi Stephen de Blois et Mathilde l'Emperesse qui se profile de nouveau sur l'Angleterre. Autant dire que la tâche d'Adelia ne s'avère pas aisée et qu'elle marche sur des œufs, à plus forte raison quand la neige l'isole des jours entiers dans un prospère couvent des bords de la Tamise !!

    John William Waterhouse - Fair Rosamund.jpg

     

    Fair Rosamund (la belle Rosemonde) représentée par John William Waterhouse (1916)


    L'enquête de ce deuxième volume est peut-être moins enlevée que la première, mais Adelia y est un peu accessible et attachante (plus humaine) et c'est un bon point. Disons que l'enquête se dilue dans des considérations plus vastes notamment politiques et je peux comprendre que des lecteurs qui s'attendaient à une intrigue purement policière aient pu se sentir un peu déçus. Pour ma part, j'ai trouvé cette lecture agréable, même si Adelia y fait moins preuve de son art et que j'ai eu l'impression qu'elle tâtonnait plus que dans le premier tome (mais les circonstances peuvent l'expliquer). Et en même temps cela lui donne un côté plus humble, moins sûr d'elle...
    La Morte dans le Labyrinthe met en lumière le contexte compliqué des années 1170, quand la reine Aliénor d'Aquitaine entre ouvertement en révolte contre son mari et y entraîne successivement ses fils, notamment Henri le jeune et plus tard, Richard Cœur-de-Lion.
    Selon les informations que l'on a, Rosemonde Clifford (surnommée Fair Rosamund par les Anglais, la Belle Rosemonde) devient maîtresse officielle du roi vers 1174, après que la reine soit entrée en rébellion contre lui. Toutefois elle ne profitera pas beaucoup de la situation puisqu'elle meurt l'année suivante ou en 1176. Elle sera inhumée dans l'enceinte du couvent de Godstow, non loin d'Oxford. Rien ne nous laisse penser que sa mort fut criminelle, imputable à la reine et ses partisans (hormis les légendes du folklore anglais), ni même que ce décès menaça l'Angleterre d'une guerre civile (les soulèvements d'Aliénor et ses fils touchèrent finalement peu l'Angleterre et se concentrèrent surtout dans leurs possessions continentales). Mais parce que Ariana Franklin est une romancière, elle a brodé autour de ce que l'on sait et utilisé les lacunes des sources médiévales et cela donne un bon roman, peut-être pas totalement policier mais qui fait aussi la part belle à l'Histoire et j'ai trouvé ça bien sympathique ! Un contenu cohérent et efficace se cache sous la magnifique couverture des éditions 10/18 et si comme moi vous aimez les enquêtes policières fortement imprégnées d'histoire, vous risquez d'aimer l'univers d'Ariana Franklin.

    En Bref :

    Les + : au-delà de l'enquête policière, ce roman est aussi une bonne description des années troubles qui ont opposé Henri II Plantagenêt à son épouse et leurs fils... le style d'Ariana Franklin et son humour font le reste. 
    Les - :
    quelques longueurs à la moitié du roman...


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  • « Dans le labyrinthe chartrain, on ne se perd pas. Le parcours est sinueux et compliqué, à l'image de la vie, mais on finit toujours, après bien des pérégrinations, à entrer symboliquement dans la Jérusalem céleste. »

    La Prophétie de la Cathédrale ; Christophe Ferré

     

     

     

      Publié en 2020

     Titre original : La Révélation de Chartres 

     Editions Archipoche 

     396 pages

     

     

     

     

     

    Résumé : 

    «Il n'y a de Dieu qu'Allah l'Unique. » Par quel mystère la profession de foi de l'islam figure-t-elle sur un vitrail de la cathédrale de Chartres retraçant la vie du Christ ? 

    Lors de fouilles dans la crypte de la cathédrale, Mary, jeune et brillante étudiante, est sur le point de mettre au jour une découverte archéologique majeure. 

    Mais cette révélation risque de bouleverser l'équilibre du monde. Un rempart de haine et de sang se dresse alors pour empêcher la jeune femme d'accéder à cette vérité qui dérange. 

    Quelle est l'étrange congrégation prête à supprimer tous ceux qui s'approchent trop près du secret ? Quel est le secret ? Une prophétie vieille de plusieurs siècles est-elle en train de s'accomplir ? 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    La cathédrale de Chartres, immense vaisseau gothique dominant les plaines de la Beauce est, depuis le Moyen Âge, un centre religieux majeur. Réputée aujourd'hui notamment pour ses superbes verrières et portails, Chartres est visitée par des millions de touristes.
    Et si un mystère, un secret, avait conduit à faire de cette cathédrale de province l'une des plus importantes de la chrétienté, au même titre que Notre-Dame de Paris ? Et si, en plus d'abriter le Voile de la Vierge, la cathédrale chartraine était l'objet d'une prophétie séculaire qui, avec l'arrivée de la jeune scientifique américaine, semble sur le point de se réaliser ? Pourquoi, sur l'une des verrières consacrées à la vie du Christ, a-t-on trouvé la représentation des rois mages offrant au nouveau-né des dinars sur lesquels est écrite la profession de foi de l'islam ?
    Mary Kennedy, jeune archéologue américaine venue travailler sur un chantier de fouilles, va être mêlée à une histoire qui la dépasse et percer un secret que l'humanité ne soupçonne pas.
    Et si Chartres était finalement un grand sanctuaire œcuménique, dont la mission première est d'apporter la paix ? Pourtant, l'étrange confrérie qui pourchasse la jeune Américaine et ne tient absolument pas à ce que le secret qui dort dans les flancs de la cathédrale soit éventé, est tout sauf pacifique et c'est une véritable course-poursuite qui s'engage entre la jeune femme soucieuse de sauver sa peau mais aussi de découvrir enfin ce qui a poussé plusieurs personnes à rompre l'omerta et donc, à risquer leur vie, pour l'initier et les mystérieux personnages qui ont semé bien des morts autour d'elle et ne semblent reculer devant rien. 
    En mélangeant des faits historiques avérés et de solides recherches archéologiques, sur lesquels il a jeté une intrigue romanesque et ésotérique haletante à souhait, Christophe Ferré nous propose un roman court et dynamique, qui va droit au but et ne nous laisse pas reprendre notre souffle un seul instant !
    Ce thriller ésotérique m'a fait sortir de ma zone de confort, même si l'Histoire est omniprésente en filigrane du récit. Je n'y ai pas tout aimé (et de nombreuses coquilles d'impression ont malheureusement un peu gêné ma lecture) mais j'ai malgré tout eu du mal à le lâcher parce que le suspense y est savamment dosé et donne envie d'avancer, de tourner les pages et de connaître enfin le dénouement de ce roman étrange qui mêle un aspect policier et un autre plus historique et romanesque quoique basé sur une idée de départ véridique : la présence plus qu'étrange sur un vitrail gothique d'un sanctuaire catholique de la première phrase de la profession de foi musulmane : « Il n'y a de Dieu qu'Allah l'unique. » Évidemment c'est surprenant et cela nous questionne encore... en apportant une réponse, certes fictive et traitée d'une manière particulière, mais une réponse quand même, Christophe Ferré nous passionne pour l'histoire de ce lieu emblématique qui a traversé le temps et capté les croyances ancestrales des hommes bien avant le christianisme.

    Cathédrale de Chartres

    Immense vaisseau de pierre, la cathédrale de Chartres domine la ville depuis le Moyen Âge. 


    Que l'on soit croyant ou pas, ce roman ne peut que fasciner : les mystères attachés aux vieux édifices, châteaux, églises, cathédrales, ont quelque chose de passionnant parce qu'on ressent au fond de nous que tout n'est pas connu, que tout n'est pas expliqué ni explicable. Même si votre esprit cartésien reprend le dessus par moments, nul doute que, si vous aimez vous questionner et les énigmes de l'Histoire et des civilisations, vous serez embarqué par cette intrigue.
    Vous l'aurez sûrement compris, le fond du récit m'a vraiment plu et j'ai apprécié de découvrir l'histoire de Chartres. J'ai été un peu moins séduite, par moments, par le style de l'auteur et je regrette de ne pas avoir réussi à m'attacher à Mary, même si nous avons au moins un point commun, elle et moi : la passion de l'Histoire et des vieilles pierres. Malgré tout, je me suis sentie proche d'elle et j'espérais qu'elle se sorte de cette affaire sordide sans trop de mal : elle m'a rappelé un personnage de Karen Maitland dans La Malédiction de Norfolk qui se retrouve soudain pris dans un tourbillon qui le dépasse, qu'il ne comprend pas et qui l'empêche de revenir en arrière et de retrouver une vie normale. On ressent tout au long du roman la tension, la peur qui anime la jeune femme, on se surprend parfois à lire en étant tendu, les mains presque tremblantes, en se demandant ce qui va arriver à la page suivante.
    Je n'ai donc pas été pleinement séduite par ma lecture mais dans l'ensemble, pour une première, ce fut une assez agréable surprise et j'ai terminé ce roman avec un petit pincement de regret, me disant que si ce que Christophe Ferré a imaginé advenait vraiment, ce serait quand même vachement bien et peut-être le monde se porterait-il mieux.
    Si vous aimez les intrigues historiques mais pas trop, les thrillers contemporains haletants et les mystères ésotériques, alors ce roman est fait pour vous.

    En Bref :

    Les + : l'aspect ésotérique, quoique fictif, est passionnant, cette histoire de prophétie, de croyances ancestrales, m'a vraiment bien plu. Le roman est de plus efficace et haletant.
    Les - :
    le style de l'auteur a parfois peiné à me convaincre tout à fait et surtout, les nombreuses coquilles, qui ne lui sont toutefois pas imputables, gênent malgré tout la lecture, c'est dommage. 


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