• Schuyler Sisters, tome 1, La Vie Secrète de Violet Grant ; Beatriz Williams

    «  Il n'existe pas de test plus éprouvant pour un être humain que celui de la perspective certaine de la douleur. »

    Schuyler Sisters, tome 1, La Vie Secrète de Violet Grant ; Beatriz Williams

     

    Publié en 2014 aux Etats-Unis ; en 2017 en France (pour la présente édition)

    Titre original : Schuyler Sisters, book 1, The Secret Life of Violet Grant 

    Editions Pocket

    568 pages 

    Premier tome de la saga Schuyler Sisters 

     

    Résumé :

    New York, 1964. Un avis de passage du facteur dans la boîte aux lettres de Vivian Schuyler qui n'attendait rien. Le paquet s'avère être une valise adressée à une certaine Violet. Quelques rapides coups de fil familiaux plus tard, Vivian découvre une grand-tante dont elle n'avait jamais entendu parler et glane les bribes d'une étrange histoire. Celle de cette aïeule bien née, qui décide de devenir scientifique avant d'être accusée d'avoir tué son mari à Berlin en 1914 et de prendre la fuite avec son amant pour ne plus jamais donner de nouvelles. La curiosité piquée au vif, Vivian décide de se lancer sur les traces de cette ancêtre atypique, meurtrière et adultère, happée par les remous de l'Histoire. 

    Ma Note : ★★★★★★★★★★

    Mon Avis :

    En 1964, Vivian Schuyler, jeune new-yorkaise branchée -et friquée- reçoit une mystérieuse valise vieille de cinquante ans et qui a appartenu à une certaine Violet Grant, née Schuyler, au début du XXème siècle. Violet, qui a disparu au cours de l'été 1914, sans laisser de traces, en compagnie de son amant et, paraît-il, après avoir assassiné son mari, le célèbre professeur Walter Grant.
    Vivian, qui travaille comme pigiste chez Metropolitan et qui s'ennuie un peu dans ce métier pas très palpitant, décide alors d'écrire un article sur cette mystérieuse histoire et de faire la lumière sur ce que la famille Schuyler considère comme un scandale. De New-York à Paris, en passant par Londres et Berlin, en 1964 ou 1914, nous découvrons petit à petit cette année charnière qui a bouleversé la vie de Violet, jeune scientifique de génie mais aussi la face du monde, avec la mort de l'archiduc François-Ferdinand le 28 juin et la déclaration de guerre début août. En même temps nous suivons Vivian, vingt-deux ans, issue d'une riche famille de la bourgeoisie américaine, qui est en fait la petite-nièce de Violet. Désireuse de travailler et de s'émanciper de la tutelle de ses parents, décidée à échapper à la vie oisive de sa mère, la jeune femme s'est installée dans une modeste colocation près de Greenwich Village et a décroché un poste dans un grand magazine.
    Violet, cinquante ans plus tôt, est bien différente : jeune femme intelligente, passionnée par les sciences et notamment par la chimie, elle a, sans l'accord de sa famille, quitté les États-Unis pour l'Angleterre, afin de poursuivre ses études. C'est là qu'elle rencontre le professeur Grant, qui devient rapidement son amant puis son mari. Très vite, il se montre autoritaire et extrêmement possessif avec la jeune femme tout en entretenant de nombreuses relations extra-conjugales. Installé à Berlin, le couple fréquente Max Planck, Albert Einstein ou Lise Meitner et se trouve aux premières loges quand, au début de l'été 1914, les premiers soubresauts de la Grande Guerre ont lieu en Europe centrale.
    Dans ce roman, à ma grande surprise parce que je ne m'attendais pas vraiment à ça, j'ai retrouvé le secret, ce fameux secret que j'aime tant et qui m'évoque aussitôt Kate Morton notamment ou d'autres auteures... Là, le point de départ est cette vieille valise contenant des effets personnels vieux de cinquante ans et qui avait disparu quelque part près de Zurich comme sa propriétaire. Évidemment et, quand en plus cette valise a appartenu à votre grand-tante dont on vous a soigneusement caché l'existence, forcément vous avez envie de savoir ! On se passionne pour la quête de Vivian, qui se plonge dans un monde qu'elle ne connaît pas, celui, particulièrement fertile, de la science en ce début de XXème siècle mais aussi de l'espionnage en temps de guerre, deux univers complètement à l'opposé de celui de Vivian !
    J'ai trouvé cette quête vraiment prenante parce que même si on sait dès le départ que Violet a disparu en étant accusée d'adultère et surtout d'avoir assassiné son mari, on a envie de comprendre. Comprendre comment et pourquoi une scientifique prometteuse en est arrivée à l'irréparable et surtout, la question que l'on se pose tout au long du roman, comme Vivian, c'est : Violet est-elle encore en vie, ce qui est tout à fait possible puisqu'elle avait vingt-deux ans en 1914.
    Je me suis passionnée pour l'histoire de Violet, aux prises avec un époux extrêmement possessif et qui en devient violent, luttant désespérément contre l'attirance que fait naître chez elle un mystérieux militaire anglais rencontré à Berlin. J'ai aimé découvrir son travail de recherches, sa passion, dans laquelle je me suis retrouvée même si je n'y connais pas grand chose en atomes, en protons et en neutrons. J'ai aimé la suivre dans les cabinets feutrés et les grands salons berlinois où, comme partout ailleurs en Europe à cette époque-là, on s'étourdit à coups de champagne et de cigarettes, loin d'imaginer la conflagration qui se prépare. Pour Violet, un drame bien plus intime se prépare et ce sera bientôt l'heure des choix.
    Pour Vivian, c'est un peu plus compliqué. J'ai aimé son assurance mais parfois elle m'a aussi tapé sur les nerfs ! Je ne sais pas si je l'ai vraiment appréciée... Je ne crois pas m'être attachée à elle parce que je l'ai trouvée un peu trop exubérante et gouailleuse mais j'ai été sensible au fait que l'auteure parfois craquelle un peu sa carapace et nous montre dessous une jeune femme plus authentique et plus simple parce que malgré son envie de vivre normalement et de travailler, Vivian reste malgré tout une gosse de riches un peu trop gâtée.
    Globalement, La Vie Secrète de Violet Grant est un bon roman, assez différent de ce que j'ai l'habitude de lire et qui m'a beaucoup plu parce qu'un certain suspense s'instaure petit à petit et nous donne envie de poursuivre, de tourner les pages de savoir, enfin : qu'en est-il réellement, Violet est-elle bien une meurtrière ? Surtout, est-elle encore en vie ?
    Si je n'ai pas forcément retrouvé l'univers de L'Eté du Cyclone -je n'aurais pas su que La Vie Secrète de Violet Grant avait été écrit par elle, je ne l'aurais pas forcément deviné- j'ai aimé ce roman pour ce qu'il est. Intéressant, avec des bases solides, historiques comme scientifiques, c'est un récit cohérent. Oui, je n'ai pas forcément apprécié Vivian mais j'ai trouvé intéressant de la suivre et j'ai vraiment été happée dans l'urgence de 1914, quand drames mondiaux et intimes se nouent sous un soleil estival insouciant.
    La Vie Secrète de Violet Grant est le premier tome d'une trilogie : vous vous doutez certainement que je vais vite lire Les Lumières de Cape Cod et Une Maison sur l'Océan. 

    En Bref :

    Les + : le secret, l'époque choisie par l'auteure, la description fine et bien documentée et indéniablement, la plume de Beatriz Williams, très souple et qui s'adapte à ses personnages. 
    Les - : je dirais que Vivian, parfois, a été pour moi un petit bémol... J'ai eu du mal à supporter son caractère un peu exubérant et vite lassant.


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  • Commentaires

    1
    Mélissa
    Dimanche 1er Septembre à 11:59

    Salut, ça faisait un petit moment que je n'avais pas posté ici.

    Ta critique me tente beaucoup pour ce premier tome, je pense que je me le prendrais tôt ou tard. Car contrairement à toi j'ai fait péter ma PAL cet été donc va falloir mettre sur pause pendant un petit moment. arf

    Mais c'est une jolie critique , j'ai " l'été du cyclone " que je n'ai toujours pas lu au passage dans ma PAL et faudra bien que je me décide..

    M'enfin. J'ai aussi lu ta critique des " Misérables " d'Hugo sur ton ancien blog, je vois qu'il fait parti de tes immenses coup de coeur. J'en suis rendue au passage du complot de Thénardier contre Jean Valjean et Cosette ( devenue jeune fille ) où Marius tente de les sauver. Je ne suis pas encore prête de le terminer mais c'est une belle lecture de mon côté.

    Au plaisir de lire tes prochaines chroniques et cordialement,

     

    Mélissa. 

      • Dimanche 1er Septembre à 12:36

        Bonjour Mélissa, 

        Je suis contente de te revoir par ici... happy Oui, j'ai été raisonnable ces derniers mois parce que finalement, ce que j'ai ajouté à ma PAL en quatre mois, en général, je l'ajoute par mois... J'ai longtemps dépassé les 100 livres en attente (parfois, j'étais à plus de 110) et maintenant, depuis quelques mois, ça tourne autour de 80, 85, ce qui est suffisant mais j'ai toujours peur de manquer et j'ai du mal à rester sans un livre entamé donc j'essaie d'en avoir toujours en avance... ^^

        La Vie Secrète de Violet Grant y était depuis un moment d'ailleurs... J'avais dû mal lire le résumé et je ne m'attendais pas vraiment à ça et finalement j'ai été vraiment agréablement surprise, ce roman m'a beaucoup plu, comme L'Eté du Cyclone que j'ai lu en 2017, d'ailleurs. J'avais découvert Beatriz Williams avec ce roman, d'ailleurs, comme beaucoup de gens et j'avais passé un très bon moment. D'ailleurs, dans ce roman, on retrouve quelques personnages de L'Eté du Cyclone, ce qui m'a bien plu. yes

        J'espère que tu aimeras toi aussi et bien sûr, je te conseille ces deux romans sans hésitation ! ! 

         

        Et je vois que tu lis Les Misérables ? C'est génial ! ! J'avais mis un peu de temps avant d'y rentrer complètement, je me souviens que les quatre tomes m'avait occupée tout un mois mais j'en étais ressortie ravie avec l'impression, vraiment, d'avoir lu un monument littéraire et surtout, la fierté d'y être arrivée. C'est vrai que ce n'est pas évident et je garde un souvenir assez laborieux des premiers chapitres de Cosette, le tome 2 : la centaine de pages pour décrire la bataille de Waterloo ont été soporifiques, je dois bien l'avouer mais bon, c'est typique des auteurs du XIXème siècle, il y'a beaucoup de descriptions, parfois un peu trop à notre goût, mais quand on aime les classiques, il faut faire avec, d'autant plus que rien, à mon sens, ne peut venir gâcher la beauté de la langue, le choix particulièrement fin des mots. Les auteurs contemporains écrivent très bien, ce n'est pas ce que je veux dire (enfin, pas tous mais bon...nous avons quand même des auteurs très talentueux, il ne faut pas exagérer wink2), mais je n'ai jamais retrouvé cette beauté un peu surannée de cette langue, qui est finalement aussi importante que ce qui est raconté. Je crois que je ne me lasserais jamais des classiques pour cette raison. N'hésite pas à venir me dire ce que tu auras pensé des Misérables quand tu auras terminé, je serai ravie d'en parler avec toi. 

         

        Bon dimanche, Mélissa, merci d'être passée par ici et à très bientôt ! ! 

    2
    Dimanche 8 Septembre à 20:40

    Je suis tout à fait intriguée par cette figure ! Je ne la connais pas du tout mais je vais réparer ça ;-) Je ne connais même pas la plume de l'autrice encore en plus

      • Dimanche 8 Septembre à 23:12

        Beatriz Williams a mêlé habilement fiction et réalité et c'est vraiment ce que j'ai apprécié dans ce roman. On sent l'urgence, en Europe, à la veille de la Première Guerre Mondiale et, en même temps, les gens ne prennent pas vraiment la mesure de ce qui les menacent et continuent à mener une vie plus ou moins normale. Violet Grant est un personnage imaginaire mais que l'auteure a parfaitement intégrée dans son époque et j'ai beaucoup aimé...je l'ai d'ailleurs plus appréciée que Vivian, un peu trop exubérante et présente, à mon goût, mais qui sait aussi se faire attachante quand il le faut. 

        Maintenant, j'ai très envie de lire les deux tomes suivants. winktongue

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