24 Août 2025
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ISABEL ALLENDE : DANS LA TOURMENTE DE LA POLITIQUE CHILIENNE DU XXE SIECLE
Née le 2 août 1942 à Lima, au Pérou, Isabel Allende est une écrivaine et journaliste chilienne d'origine, plus tard naturalisée américaine et d'expression espagnole. Dans ses œuvres, elle aborde des thèmes liés aux femmes mais aussi à l'importance de la mémoire. L'imaginaire, les traditions latino-américaines ont aussi une place importante dans ses productions.
Par son père, Tomás Allende Pesce, qui était diplomate, elle est apparentée au président de la République du Chili Salvador Allende. Le coup d'état de Pinochet, en 1973, qui coûte d'ailleurs la vie à son cousin Salvador Allende, contraint Isabel et sa famille à quitter le Chili. L'autrice prend le chemin de l'exil : elle s'installe à la fin des années 1970 aux États-Unis, où elle vit toujours.
Le Chili a une place importante dans l'oeuvre d'Isabel Allende, malgré son exil : ainsi, La maison aux esprits, son roman le plus célèbre, qui peut s'inscrire dans le mouvement du réalisme magique, raconte-t-il les bouleversements politiques et sociaux qu'a connus le pays, à travers quatre générations d'une même famille, les Trueba. Le roman, véritable fresque, s'étire de la période post-coloniale jusqu'au coup d'état de 1973, qui toucha de si près la famille Allende.
Habituée aussi des romans historiques, Isabel Allende s'est aussi intéressée à des figures marquantes de son pays : ainsi, en 2006, elle publie Inés del alma mía (Inés de mon âme en français), consacré à la conquistadora Inés de Suárez, née en Espagne vers 1507, morte au Chili en 1580 et qui participa à la création de la ville de Santiago du Chili.
MARIO BENEDETTI : QUAND ENGAGEMENT POLITIQUE ET LITTÉRATURE SE MÊLENT
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Né à Paso de los Toros en septembre 1920, mort en 2009 à Montevideo, Mario Benedetti est un célèbre auteur uruguayen, à l’œuvre éclectique : il es poète, nouvelliste, essayiste, romancier mais aussi dramaturge.
En 1973, il occupe un poste de directeur du département de littérature hispano-américaine à la Faculté des Humanités et des Sciences de l'Université de la République de Montevideo, après avoir exercé comme journaliste, en Uruguay mais aussi à Buenos Aires, en Argentine. Cette année-là, un coup d'état éclate dans le pays et Benedetti doit renoncer à son poste à l'université. Ses convictions politiques le forcent à quitter le pays : il s'installe d'abord en Argentine puis au Pérou, où il est emprisonné, déporté avant d'être amnistié. Il s'installe alors à Cuba au cours de l'année 1976 avant de partir pour Madrid l'année suivante.
Il ne rentre en Uruguay qu'au début des années 1980, entamant une période de désexil (desexilio), qui devient d'ailleurs un thème récurrent de son œuvre. Dans l'un de ses derniers livres, publié dans les années 2000, il aborde d'ailleurs sa propre expérience : Canciones del que no canta est un livre quasi-autobiographique. Se retournant sur son expérience, Benedetti dira avec pudeur : « Ce ne fut pas une vie facile ».
Les convulsions politiques de l'Amérique latine du XXe siècle et ses propres convictions politiques ont marqué son œuvre prolifique, peu traduite en français mais qui le fait considérer comme l'un des auteurs sud-américains contemporains les plus importants.
RIGOBERTA MENCHU : UNE VIE DE COMBATS
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Rigoberta Menchú est née le 9 janvier 1959 à Chimel au Guatemala. Elle est une militante luttant farouchement pour les droits humains et a reçu pour cela le prix Nobel de la paix en 1992, pour son travail en faveur de la justice sociale mais aussi de la réconciliation ethno-culturelle. Issue de l'ethnie maya des Quichés, installés au Guatemala, Rigoberta Menchú est connue pour son engagement en faveur des droits des peuples autochtones.
Lorsqu'elle vient au monde, plus encore qu'aujourd'hui, les ethnies dites indigènes du Guatemala sont alors victimes de discriminations systémiques et de ségrégation au sein de la population guatémaltèque. Cette mise au banc s'accompagne souvent d'une grande pauvreté, ce qui est le cas de la communauté dont fait partie la famille de Rigoberta Menchú et dans laquelle sa mère exerce le métier traditionnel de sage-femme. « Je suis née dans la selva, près de la montagne. Dans une situation n’ayant rien à voir avec ce que l’on peut appeler aujourd’hui civilisation » dira l'autrice, devenue adulte.
Fréquentant l'école tardivement mais brillamment, Rigoberta Menchú s'initie aussi au militantisme auprès de son père, qui était un homme engagé. Il milita notamment pour que des terres soient distribuées avec égalité à sa communauté, composée de 57 familles, toutes d'origine maya. Le père de Rigoberta Menchú estimait, à raison, que les mayas quichés, installés sur ces terres depuis des centaines d'années, n'avaient pas à en être dépossédés. Ainsi, très jeune Rigoberta accompagne-t-elle son père dans les tribunaux et jusque dans les ministères, où il espère faire entendre sa voix. Celui-ci se met plusieurs fois en danger, se faisant parfois lyncher par des opposants. La lutte acharnée de son père sensibilise Rigoberta à la lutte, au militantisme mais aussi au combat pour son peuple d'origine, injustement opprimé. En 1978, elle s'implique dans les luttes revendicatrices paysannes et indigènes en fondant notamment la CUC (Comité d'Unidad Campesina) et la RUOG (Representación Unitaria de la Oposición Guatemalteca). Cet engagement politique lui valut d'être considérée comme persona non grata dans son pays et Rigoberta Menchú dut s'exiler durant la guerre civile qui déchira le Guatemala. Son engagement est reconnu au début des années 1990 lorsqu'elle obtient le prix Nobel de la Paix. Par l'intermédiaire de la Fundación Rigoberta Menchú Tum, elle mène également des actions humanitaires.
Dans un livre publié au début des années 2000, El vaso de miel, la militante et femme politique se mue en écrivaine, rassemblant des récits issus de la tradition orale de la culture maya de Mésoamérique et qu'elle cherche à fixer par l'écrit. Certains sont si anciens qu'ils figurent sur des vases, des peintures ou des codex. Rigoberta Menchú leur permet alors d'être diffusés auprès du plus grand nombre.
UN ROMAN GRAPHIQUE POUR RACONTER UN EPISODE TRAGIQUE : GUARANI, LES ENFANTS SOLDATS DU PARAGUAY
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Guarani, les enfants soldats du Paraguay est un roman graphique de Diego Agrimbau illustré par Gabriel Ippóliti, publié en 2018.
Résumé : Hiver 1869. Pierre Duprat se rend au Paraguay pour photographier les jeunes indiennes dénudées de la tribu guarani.
Sous prétexte d'ethnographie, ses clichés sont destinés au public parisien avide de beautés indigènes... Mais l'exotisme et l'aventure vont rapidement laisser place à l'horreur.
Duprat assiste à l'une des batailles les plus sanglantes de l'Histoire, la bataille d'Acosta Ñu.
Il n'y a plus d'hommes en âge de combattre mais le Paraguay refuse la reddition... Ce seront donc des enfants qui iront au front.
Trois mille enfants combattent vingt mille soldats brésiliens et argentins. Le massacre dure sept heures.
Le cynisme de Duprat s'effondre face au choc. Il lui faut maintenant témoigner.
Au Paraguay, le 16 août est désormais célébrée la Journée de l'enfant, en mémoire de ces petits soldats morts lors de la bataille d'Acosta Ñu.
La bataille d'Acosta Ñu (Acosta Ñu ñorainõ en guarani) eut lieu le 16 août 1869 à Eusebio Ayala, au Paraguay. Elle opposa le Paraguay à l'Empire du Brésil (le commandant des troupes brésiliennes était Gaston d'Orléans, comte d'Eu et petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier) et à l'Argentine. Comme cela est relaté dans le roman graphique, de très nombreux soldats paraguayens étaient des adolescents voire des enfants âgés de moins de quatorze ans. Au cours de cette bataille de la Guerre du Paraguay (1864-1870), 3500 Paraguayens mal armés, trop jeunes, trop vieux voire blessés, affrontèrent 20 000 vétérans brésiliens et argentins qui remportèrent la victoire après une bataille qui s'était transformé en véritable massacre.
Chaque année au Paraguay, le 16 août est célébré le « Día del Niño del Paraguay » (Journée des enfants du Paraguay) en l'honneur des enfants morts au combat lors de la bataille d'Acosta Ñu. Cette tradition, très observée, a été instaurée en 1948.
THÈME FOCUS : MYTHES ET LÉGENDES D'AMÉRIQUE DU SUD
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Très riche et diversifié, le folklore brésilien trouve son origine dans diverses cultures et ces coutumes se transmettent généralement de manière orale à travers les générations. Ce n'est cependant qu'au XIXe siècle que les élites brésiliennes, dans le contexte du Romantisme, commencèrent à s'intéresser réellement aux mythes et légendes de leur pays, influencées par les traditions africaines, européennes mais aussi par celles des peuples natifs. On assiste à un regain d'intérêt pour le folklore, au même moment, aux Etats-Unis comme en Europe et le Brésil s'inscrit aussi dans cette mouvance. Ainsi, des étudiants brésiliens, comme Celso de Magalhães et Sílvio Romero, s'intéressèrent au ferment folklorique de leur pays et firent de nombreuses recherches qu'ils publièrent par la suite.
Aujourd'hui très étudié dans les écoles, le folklore brésilien est également devenu un élement touristique attractif.
Le Curupira : c'est un protecteur des animaux mais aussi des forêts. Le personnage est représenté avec des cheveux longs et les pieds tournés. Il prend très à coeur son rôle de protecteur et poursuit et tue sans merci tous ceux qui ne respectent pas la nature et la détruisent. Quand quelqu'un disparaît en forêt au Brésil, on pense souvent que c'est l'oeuvre du Curupira. Cette croyance est assez vivace à l'intérieur du pays, là où s'épanouit la forêt amazonienne.
La Cuca : dans le folklore brésilien, la Cuca est une vieille femme ressemblant à un alligatoir, avec des doigts de faucon et qui enlève les enfants désobéissants. Cette légende s'inspire du folklore portugais et de la légende de la Coca, évoquée à l'époque de la colonisation du Brésil. On dit que le monstre ne dort qu'une seule nuit tous les sept ans et, quand elle se met en colère, la Cuca pousse des cris qui peuvent être entendus à des kilomètres à la ronde. Ainsi, les parents menacent ainsi leurs enfants quand ceux-ci ne dorment pas : s'ils refusent de dormir, la Cuca viendra les attraper.
Le Saci Pererê : c'est un personnage à la peau noire et qui a une seule jambe. Il est toujours représenté avec un bonnet rouge et une pipe à la bouche. Son passe-temps favori est de faire peur aux chevaux, brûler la nourriture et éveiller les humains en leur faisant des farces.
Le loup-garou : appelé Lobisomem au Brésil, cet être effrayant, humain ayant la capacité de se transformer en monstre ressemblant à un loup les soirs de pleine lune, se retrouve dans de nombreux folklores à travers le monde. Il est probable que la légende du loup-garou telle qu'on la retrouve au Brésil aujourd'hui puise ses origines dans les croyances et superstitions européennes.
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La mythologie inca fait évidemment référence à l'un des peuples précolombiens qui vécurent en Amérique du Sud. Les Incas peuplaient une région assez vaste, sur la façade pacifique du continent latino-américain, qui s'étend aujourd'hui sur plusieurs pays : Pérou, Argentine, Chili, Bolivie et Colombie entre autres. La civilisation inca connut son apogée entre le XIIIe siècle et le XVIe et s'effondra avec la colonisation espagnole à partir des années 1530.
Cependant, encore de nos jours, le folklore inca reste vivace dans de nombreuses régions d'Amérique du Sud, malgré une destruction systématique menée par les Espagnols après la conquête.
Dans les mythes fondateurs incas, Manco Cápac est à l'origine de la dynastie des Incas au Pérou et en Bolivie et de la dynastie Cuzco. Il s'agit d'une figure mythique et les histoires autour d'elle sont assez confuse : dans certaines légendes qui ont traversé le temps, Manco Cápac est le fils de Tici Viracocha mais, pour d'autres, il est issu des profondeurs du lac Titicaca, dont il aurait été tiré par le dieu soleil, Inti. Il existe aussi de nombreux mythes autour de l'accession au pouvoir de Manco Cápac et dans certains d'entre eux, le personnage ainsi que son frère Pacha Kamaq sont les fils d'Inti, ce qui fait que Manco Cápac était parfois adoré comme le feu et le dieu du soleil. Ces légendes autour du personnage fondateur de la mythologie inca varient beaucoup d'une région à l'autre mais il semble que relier Manco Cápac au soleil, au feu, soit une constante.
Pour ce qui est du panthéon inca, celui-ci est composé de nombre de dieux et, comme les Romains qui parfois intégraient à leurs mythes, des dieux d'origine étrangère, les Incas autorisaient les différentes cultures qui intégraient leur empire à conserver leurs croyances, leur religion. Les divinités sont liées à des endroits, des espaces ou des peuples spécifiques.
Inti : pour les Incas, il est un dieu solaire, source de chaleur et de lumière. Il est le protecteur du peuple inca et considéré comme la divinité la plus importante du panthéon. D'ailleurs, les empereurs incas justifiaient leur ascendance divine en se réclamant d'Inti, dont ils auraient été les descendants.
Mama Pacha : aussi parfois appelée Pachamama, elle est une divinité importante des peuples précolombiens. C'est la Terre-Mère ou la Mère-Nature, une divinité de la fertilité qui présidait aux plantations et aux récoltes. Elle est l'épouse de Pacha Kamaq, un dragon. On croyait qu'elle était à l'origine des tremblements de terre qui secouent la région. Une autre déeesse est associée à la fertilité : Mama Allpa, représentée avec de multiples seins.
Mama Sara : c'est la Mère du Maîs, autrement dit, la divinité associée au grain, aux récoltes et notamment au maïs, une plante largement cultivée dans les régions incas à l'époque. Parfois, le maïs était utilisé pour confectionner de petites poupées à l'effigie de la divinité. On l'associat aussi parfois aux saules.
Ekeko : c'est le dieu du foyer et de la richesse. Les Incas fabriquaient des petites figurines à l'effigie du dieu et plaçaient à l'intérieur de celles-ci des miniatures représentant ce qu'ils désiraient le plus. Ainsi, ils pensaient que leur souhait serait exaucé. Selon la légende, Ekeko est le gardien de la Voie lactée, qu'il conserve dans une cruche. Il utilise cette dernière pour faire pleuvoir.
Supay : il est le dieu de la mort et le maître du monde souterrain, appelé Uku Pacha. La Pacha est un concept cosmologique andin très important et correspond en quelque sorte à l'espace-temps. Après la colonisation espagnole et la diffusion de la religion catholique, Supay fut associé au diable chrétien alors que précédemment, il pouvait indifféremment faire référence à un esprit bon (le bon ange) comme à un esprit plus malveillant (le manaallisupa, « mauvais ange »).