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Le salon des précieuses

Les enquêtes de Quentin du Mesnil maître d'hôtel de François Ier, tomes 3 et 4, Le prisonnier de l'Alcazar et Innocent Breuvage ; Michèle Barrière

 « Vouloir sauver un ami est tout à fait honorable, mais contrarier la volonté du roi me semble assez déraisonnable. »

  • Informations complémentaires Le prisonnier de l'Alcazar

Publié en 2014

Editions JC Lattès (collection Romans Historiques)

301 pages 

Troisième tome de la saga Les enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel de François Ier

  • Informations complémentaires Innocent Breuvage

Publié en 2015

Editions JC Lattès (collection Romans Historiques)

250 pages 

Quatrième tome de la saga Les enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel de François Ier

 

Résumés :

Tome 3 : Août 1525. François Ier est prisonnier de Charles Quint à Madrid, après la désastreuse défaite de Pavie. Sa soeur Marguerite se rend en Espagne pour obtenir sa libération, et demande à Quentin du Mesnil de l'accompagner. Le voyage va lui réserver bien des surprises, mais le pire reste à venir : à leur arrivée à Madrid, Quentin et Marguerite découvrent que le roi est mourant. Pour lui faire recouvrer la santé, Quentin va recréer, jour après jour, un univers gastronomique digne des Mille et Une Nuits. Hélas, les négociations piétinent, et les dangers se multiplient. Pour sauver le royaume de France, il faut sans tarder organiser l'évasion du roi...

Tome 4 : Valence, août 1536. Tandis que la guerre fait rage entre François Ier et Charles Quint, le jeune dauphin François meurt brutalement. Épidémie ? Empoisonnement ? Les rumeurs vont bon train. Lorsque son échanson se voit accusé d'avoir versé de l'arsenic dans le verre du Dauphin, Quentin est obligé de défendre l'honneur de son ami. Mais qui pourrait convaincre le roi que son fils n'a pas été assassiné ? Il faudrait pour cela un médecin de génie, un esprit libre, pourfendeur de l'injustice : Rabelais, bien sûr. Mais l'époque n'est guère tendre avec les empoisonneurs, et le temps presse si Quentin ne veut pas voir son ami écartelé en place publique...

 

Ma Note : ★★★★★★★★★

Mon Avis :

Voilà, cet été j'ai lu les deux livres les plus anciens de ma PAL : ils y étaient depuis novembre 2018, il était donc temps de les lire. 
J'avais découvert cette série en 2019 avec Le Sang de l'Hermine, le premier tome, que j'avais apprécié. J'avais alors les tomes 3 et 4 dans ma PAL mais pas le deuxième et j'ai attendu tout ce temps pour y remédier, voilà pourquoi je n'ai lu ces livres que maintenant, alors qu'ils auraient pu quitter ma PAL depuis bien longtemps. 
Globalement, je ne garderai pas un mauvais souvenir de ces lectures, au contraire, mais ce ne sera pas un souvenir impérissable non plus. 
Le premier tome s'ouvre au début du règne de François Ier, un jeune roi ambitieux d'une vingtaine d'années. Le héros de la série sera son maître d'hôtel, Quentin du Mesnil, un jeune noble d'origine normande avec lequel le roi s'est élevé, à Amboise. Quentin a été, comme sa sœur Mathilde, l'ami d'enfance de François et de sa sœur aînée Marguerite. Le jeune homme jouit donc de la confiance du roi, qui lui a confié l'organisation des fêtes et des banquets à la Cour
Par la suite, on suit Quentin dans le sillage de la Cour au Camp du Drap d'Or, célèbre rencontre entre le roi de France et le roi d'Angleterre non loin de Calais, en 1520. Les romans sont toujours émaillés de rebondissements et d'aventures (ce ne sont pas à proprement parler des enquêtes, car elles sont vraiment anecdotiques) et souvent, Quentin y tient une place centrale, à son grand dam. 
Les romans sont surtout l'occasion pour l'autrice, historienne de la gastronomie, de nous parler cuisine. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la cuisine de la Renaissance est vraiment surprenante pour nos palais du XXIe siècle : beaucoup d'épices, des associations parfois étranges (de la viande blanche sucrée dans les blanc-mangers, par exemple), des sauces lourdes, souvent à base du vin, une alimentation très carnée, surtout dans les milieux nobles et bourgeois...

Le 24 février 1525, le roi François Ier perd la bataille de Pavie et est fait prisonnier par l'empereur Charles Quint 


Dans les tomes 3 et 4, Quentin va de nouveau se trouver mêlé malgré lui à des aventures qui le dépassent : dans Le prisonnier de l'Alcazar, il est sollicité par Marguerite, la sœur du roi, pour l'accompagner en Espagne, où François Ier est retenu prisonnier par Charles Quint, son ennemi irréductible, depuis la désastreuse bataille de Pavie en février 1525. Là-bas, Marguerite et Quentin vont découvrir François affaibli par la détention et la maladie. Dans une Espagne pas encore totalement débarrassée de tous ses oripeaux mauresques, Quentin aura l'idée, pour soutenir le roi dans sa convalescence, de recréer une ambiance inspirée des Mille et Une Nuits et le jeune maître d'hôtel découvrira avec intérêt les recettes de ce pays entre deux inspirations, chrétienne et musulmane
Dans le tome 4, Innocent Breuvage, nous faisons encore un bond dans le temps puisque nous sommes en 1536. François Ier comme Quentin ont vieilli : le maître d'hôtel n'a toujours pas pris les fonctions promises par le roi, à savoir, la gestion du grandiose domaine de Chambord, mais il reste proche de son ami d'enfance et assiste catastrophé, comme le reste de la Cour, à la mort brutale du Dauphin François, à l'âge de dix-huit ans, en août 1536. Très vite, on accuse Sébastien Montecuculli, le chambellan du jeune homme, de l'avoir empoisonné. Quentin, pour innocenter celui qui est devenu son ami et dont il est convaincu de l'innocence, va devoir se jeter sur des chemins périlleux...il devra faire le voyage depuis Valence jusqu'à Lyon, pour y rencontrer le docteur Rabelais, le seul qui pourrait peut-être trouver de quoi le Dauphin est réellement mort
Je crois que globalement, c'est ce dernier tome que j'ai préféré, peut-être parce que l'enquête promise y est plus présente, moins anecdotique. La gastronomie n'est pas absente non plus, puisque Rabelais, connu pour ses fameux romans Gargantua ou Pantagruel, était aussi un fin gourmet. Et il fait souvent tourner les sangs de Quentin, quand saucisses, pâtés et autres bouteilles de vin l'appellent irrésistiblement ! 
Globalement, j'ai apprécié l'ambiance de cette série car l'autrice se concentre dans chacun des tomes sur un événement ou un personnage particulier : dans le premier tome, nous découvrons François Ier fraîchement couronné, jeune roi qui a toute la vie devant lui et qui est auréolé par la victoire de Marignan, remportée quelques mois seulement après qu'il est monté sur le trône, en 1515. L'autrice aborde l'influence italienne qui se diffuse en France, du fait des campagnes des Guerres d'Italie, qui animent les rois de France depuis Charles VIII et qui donnent l'idée à François Ier de construire un immense château dans le val de Loire, Chambord mais aussi de faire appel au plus grand génie du temps, Léonard de Vinci, que Quentin sera chargé d'aller chercher en Italie pour le ramener à Amboise, auprès du roi. Le deuxième tome aborde les tensions entre la France et l'Angleterre, personnifiées toutes deux par deux rois jeunes, ambitieux et orgueilleux, qui font de la rivalité de leurs pays respectifs une rivalité personnelle et virile. 
Enfin, dans les tomes 3 et 4, ce sont des événements plus sombres du règne de François Ier que l'autrice traite : la captivité du roi après la terrible défaite de Pavie, qui intervient dix ans après Marignan, puis celle du Dauphin et de son jeune frère Henri - le futur Henri II-, qui seront les otages de Charles Quint. Enfin, dans Innocent Breuvage, c'est la mort dramatique du Dauphin François, un jeune homme prometteur et qui faisait toute l'admiration de son père, qui est au centre du récit. François Ier se montrera d'ailleurs très affligé par cette mort brutale et inattendue, au point de se montrer particulièrement cruel avec Montecuculli, le chambellan du Dauphin, qui sera exécuté sans pitié. A-t-il payé de sa vie d'avoir été italien, donc appartenant à une nation que l'on dit empoisonneuse par nature ? 
Ces lectures n'étaient pas désagréables et j'avoue que j'ai aimé, par leur biais, découvrir les habitudes culinaires des gens de la Renaissance, comme j'avais pu le faire dans les romans Meurtres au potager du roy ou Les soupers assassins du Régent et qui, cette fois, abordaient la cuisine des XVIIe et XVIIIe siècles. 
C'était sympa aussi de découvrir de véritables recettes tirées de livres de cuisine de l'époque, comme celui de Robert de Nola, dans Le prisonnier de l'Alcazar. Comme je le disais plus haut, si certaines recettes peuvent être alléchantes, d'autres semblent assez surprenantes pour nous, qui ne mangeons plus du tout de cette manière.
Je ne garderai peut-être pas un souvenir éternel de ces lectures mais, pour autant, je ne regrette pas. C'était surprenant, différent de ce que je peux lire sans être entièrement dépaysant non plus. 

Le docteur François Rabelais, aussi connu pour avoir été un auteur de renom, est au centre du récit d'Innocent Breuvage

En Bref :

Les + : une série très historique, qui balaie le règne de François Ier, ses événements majeurs, positifs comme plus tragiques. L'aspect culinaire de la série est un point fort. 
Les - : des romans présentés comme des enquêtes, alors que celles-ci sont plutôt anecdotiques et servent plutôt, à mon sens, de prétextes. Quelques coquilles, mais rien de grave. 

 

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