Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le salon des précieuses

Mille femmes blanches, tome 2, La vengeance des mères ; Jim Fergus

 «  C'est la musique d'un monde sauvage, le portrait de ses paysages, avec ses plaines ondoyantes, ses torrents impétueux, le murmure de ses sources, le vent qui soupire dans les herbes et crie dans la prairie enneigée. On y entend les hurlements des loups, les troupeaux de bisons qui martèlent le sol. On y reconnaît les saisons qui passent d'une génération à l'autre, se fondent dans l'histoire sans âge de ce pays et de son peuple. »

  • Informations complémentaires : 

Publié en 2017 aux Etats-Unis

En 2016 en France (pour la présente édition)

Titre original : The Vengeance of Mothers

Editions Le Cherche-Midi

512 pages

Deuxième tome de la saga Mille femmes blanches 

Résumé :

1875. Dans le but de favoriser l'intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d'échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart recrutées de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l'armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre. 
Parmi elles, deux soeurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l'armée, refusent de rejoindre la civilisation. Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie. 

Ma Note : ★★★★★★★★★

Mon Avis :

1875, dans les grandes plaines du Nebraska. Le territoire, encore sauvage, est aux mains de plusieurs peuples natifs et notamment les Cheyennes du chef Little Wolf. Ce dernier a contracté un accord avec le président Grant : contre mille chevaux, le gouvernement des Etats-Unis s’est engagé à envoyer mille femmes blanches chez les Amérindiens, dans le but plus ou moins avoué de favoriser leur intégration. Ces femmes, censées être volontaires, sont surtout recrutées dans les prisons, les asiles ou dans les rues des grandes villes des États-Unis. Dans l’espoir d’une vie meilleure, ces femmes choisissent de partir vivre chez les Cheyennes. Parmi elles, May Dodd, que l’on a suivie dans Mille femmes blanches, et deux sœurs d’origine irlandaise, deux petites frappes de Chicago, les sœurs Margaret et Susan Kelly. Ce sont elles qui seront nos héroïnes dans La vengeance des mères. 
Le roman commence juste après Mille femmes blanches, au début de l'année 1876. Les sœurs Kelly, à travers leurs journaux, seront les héroïnes du roman. Traumatisées par les événements tragiques qui ont touché leur peuple d'adoption, Meg et Susie sont ivres de tristesse et de vengeance. Leur ennemi ? L'armée américaine, qui leur a pris ce qu'elles avaient de plus cher. Pour elles, il est hors de question de faire marche arrière et de revenir dans le monde des Blancs où, de toute façon, elles n'ont jamais connu que la misère, la rue, la prostitution... Les deux femmes font la connaissance des dernières femmes blanches envoyées vers les Grandes Plaines alors que le programme FBI (Femmes Blanches pour les Indiens) a pris fin : parmi elles, une New-Yorkaise d'une vingtaine d'années, Molly McGill, elle aussi cabossée par la vie et qui espérait trouver, sinon une vie meilleure, du moins un semblant d'avenir chez les Amérindiens. Comme les sœurs Kelly, Molly embrasse la cause de son nouveau peuple et un jeune guerrier lakota est loin de la laisser indifférente. 
Ce roman est la suite très attendue de Mille femmes blanches, le best-seller de l'auteur américain Jim Fergus. Le roman se déroule sur quelques mois, du printemps 1876 qui voient la rencontre dramatique des contingents américains et des guerriers de Little Wolf, jusqu'à la fin du mois de juin, quand se déroule la bataille de Little Big Horn, au cœur des guerres indiennes : cette bataille vit s'affronter l'armée américaine et des peuples Sioux Lakotas et Cheyennes. Parmi les commandants indiens, on retrouve les célèbres Sitting Bull et Crazy Horse. 

La bataille de Little Big Horn dans le Montana, en juin 1876


Comme Mille femmes blanches, le roman aborde évidemment la place des peuples natifs dans l'histoire contemporaine des États-Unis et c'est bien évidemment poignant : dans cette deuxième moitié du XIXe siècle, les États-Unis se construisent...la guerre de Sécession est terminée et la conquête de l'Ouest commence. De nombreux convois quittent l'est du pays pour l'ouest encore sauvage et en partie inexploré : certains partiront par appât du gain, d'autres dans l'espoir de trouver dan ces territoires presque encore vierges une vie meilleure.. Des gisements aurifères ont été découverts en Californie, mais aussi dans les Black Hills, territoire immémorial des peuples amérindiens. Mais ces derniers ne sont plus les bienvenus : victimes de racisme et de ségrégation, les Amérindiens n'auront plus d'autre choix que de se soumettre et de rejoindre les réserves ou bien de se battre et trouver la mort, les armes à la main, sur la terre de leurs ancêtres. 
A l'instar de la condition des Amérindiens, c'est celle des femmes qui est abordée dans le roman et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne fait pas bon être une femme dans la société ultra patriarcale et misogyne de cette seconde moitié du XIXe siècle : ainsi, comme May dans le premier roman, une femme peut être enfermée dans un asile sous prétexte qu'elle a choisi un compagnon qui ne convient pas à sa famille ! Le roman décrit bien l'oppression ressentie par les femmes, du fait de la mainmise des hommes sur leur existence, de la religion aussi. Molly, Meg, Susie et leurs compagnes en sont un bon exemple. Et il est encore plus compliqué d'être une femme quand on vient, comme elles, de milieux marginaux. Toujours est-il que ces femmes n'ont plus rien à perdre et qu'elles donneront tout pour s'affranchir du destin qui leur semble tout tracé mais qu'elles refusent. 
Le roman aborde aussi un thème plus universel, celui de la perte et de la vengeance. Les sœurs Kelly, deux petites frappes de Chicago, abîmées par la vie, cachant une certaine fragilité derrière une confiance gouailleuse, viennent de vivre une nouvelle tragédie qui leur a déchiré le cœur : elles ne vivent désormais que pour se venger. Mais la résilience peut-elle découler de la vengeance et de la colère
Le roman met également en lumière le choc brutal de deux civilisations : celle des Américains blancs et celle des Amérindiens, des Natifs, qui se trouvent subitement privés de leurs terres, opprimés, obligés de renoncer à leurs traditions ancestrales et c'est évidemment d'une violence folle. 
Si j'avais aimé Mille femmes blanches, j'avoue que j'en avais attendu autre chose : je m'attendais à un roman grandiose, marquant, au vu des avis lus ici ou là ou les échanges que j'avais pu avoir avec d'autres lecteurs qui avaient été très séduits. Ce n'est pas que le roman ne l'est pas, c'est sûr qu'il est percutant et le postulat de départ - l'échange de chevaux contre des femmes - suffisamment cynique pour rester en tête et nous faire réfléchir. Pour autant, Mille femmes blanches ne m'a pas laissé le souvenir impérissable auquel je m'attendais. Mais j'ai bien fait de persévérer et de lire la suite, car ce que je n'ai pas trouvé dans Mille femmes blanches, je l'ai trouvé dans La Vengeance des Mères. Ce roman m'a véritablement remuée et révoltée. J'ai aimé suivre Meg, Susie et Molly et surtout, le format du roman, découpé en plusieurs journaux intimes, dont avec des styles différents, est très intéressant car cela apporte un véritable rythme au récit. On ne s'ennuie pas une seule seconde. 
Mené tambour battant, La Vengeance des Mères nous emmène encore une fois au plus près de ces peuples natifs et de la tragédie qui est la leur. Jim Fergus rend un vibrant hommage à ces peuples ancestraux (je n'ai toujours pas compris les accusations de racisme qui pesaient sur l'auteur et ses romans car ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti pour ma part, au contraire) mais aussi au courage des mères et des femmes en général. La Vengeance des Mères a tout d'un grand western grandiose, dans les paysages fascinants des Grandes Plaines du Nebraska, du Montana ou du Wyoming. 


En Bref :

Les + : un roman grandiose, prenant, bouleversant. 
Les - : pas vraiment de points négatifs à soulever. 

 Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

  • Retrouvez ici mon avis sur le premier tome de la série :

- Mille femmes blanches 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article