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Le salon des précieuses

Anne de Green Gables, tome 8, Rilla, ma Rilla ; Lucy Maud Montgomery

 « Et quand je serai là-bas, Rilla, dans cet enfer sur terre que les hommes oublieux de Dieu ont créé, penser à toi sera mon plus grand soutien. Je sais que tu seras aussi vaillante et persévérante que tu l'as été cette année. Je ne m'en fais pas. Je sais que quoi qu'il arrive, tu seras Rilla, ma Rilla. Quoi qu'il arrive. »

  • Informations complémentaires : 

Publié en 2023

Date de publication originale : 1921

Titre original : Rilla of Ingleside

Editions Monsieur Toussaint Louverture (collection Monsieur Toussaint L'aventure)

373 pages

Huitième tome de la saga Anne de Green Gables

Résumé :

Les enfants d'Anne et Gilbert continuent à nous charmer par leur imagination fertile. Rilla se révèle aussi vive d'esprit que sa mère. La Première Guerre mondiale éclate en Europe, et Lucy Maud Montgomery en relate les étapes depuis le lointain Canada, à travers des yeux d'adolescents. Les habitants de l'île du Prince Édouard, solidaires dans leur lutte contre les injustices, défendent corps et âme la France envahie ...

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

Ce huitième tome vient clôturer la jolie série Anne de Green Gables commencée il y a des années plus tôt avec l’attachante Anne Shirley, petite orpheline âgée de onze ans qui débarque un beau jour chez Matthew et Marilla Cuthbert, à Avonlea, dans la maison aux pignons verts. Matthew et Marilla sont un frère et une sœur qui ne se sont jamais mariés et qui vivent ensemble dans la maison familiale. Le jour où Matthew décide d’adopter un jeune orphelin afin de l’aider à la ferme, il se retrouve face à une petite fille aux tresses rousses, dont il ne sait d’abord quoi faire…mais Anne, par son esprit plein d’imagination, sa tendresse, sa spontanéité, se fait aimer du frère et de la sœur et, bien vite, de toute la communauté d’Avonlea. Devenue adolescente, la jeune fille rencontre le jeune Gilbert Blythe, qui se destine à devenir médecin.
Dans ce huitième tome, Anne et Gilbert sont mariés depuis vingt-quatre ans et ils sont les heureux parents d’une jolie nichée. La petite Marilla, surnommée Rilla par les siens, est la dernière de la fratrie. En ce début d’été 1914, plein de promesses pour elle, Rilla a quinze ans et tout l’avenir devant elle. Le jour de son premier bal pourtant, une nouvelle comme un coup de tonnerre dans un ciel clair éclate :  l’Europe vient d’entrer en guerre. Très vite, de nombreux jeunes Canadiens décident de s’engager, pour aller soutenir l’Angleterre qui a déclaré la guerre à l’Allemagne. Pour Rilla et les siens, la vie ne sera jamais plus pareille.

Le roman va nous relater, du point de vue de Rilla essentiellement mais aussi de Susan, la gouvernante des Blythe et des autres habitants de Glen St Mary, le bouleversement mondial de la Grande Guerre. A l’arrière et si loin du front, on n’en tremble pas moins, surtout lorsqu’un époux, un fiancé ou des fils sont engagés dans un conflit que l’on croyait court et qui s’avère sans fin. Pour Rilla, la Première Guerre Mondiale marque le départ de ses frères, Walter, Jem et Shirley puis celui du jeune homme dont elle est secrètement amoureuse. Malgré son jeune âge, elle décide de se lancer dans un comité afin de récolter des fonds pour aider les soldats engagés en Europe. Mais pour Rilla, ces années ne sont pas que noires et sombres : malgré tout, l’avenir apparaît au bout du tunnel et l’espoir perdure. Mais l’insouciance de ses quinze ans sera bientôt tempérée par une maturité qui fait de Rilla une jeune femme et la digne fille de sa mère.
Ce dernier tome (je ne compte pas les hors-séries) publié en 1921 est beaucoup plus sombre que les précédents et beaucoup plus marqué par le contexte historique puisqu’il s’ouvre le 28 juin 1914 et se termine quelques temps après l’armistice du 11 novembre 1918. Alors que les autres tomes sont peu voire pas du tout datés, ici, le contexte est omniprésent. Cela dit, l’autrice nous prépare déjà depuis plusieurs tomes, grâce à des allusions et on sait donc déjà plus ou moins que Glen St Mary et l’Île-du-Prince-Édouard, comme le reste du Canada, ne sortira pas indemne de cette terrible épreuve.
Peut-être vous direz-vous que Rilla, ma Rilla est un énième livre sur la Première Guerre Mondiale, un énième livre sur l’arrière. Et pourtant, ce n’est pas n’importe quel livre. Parce que ce roman fait partie de la série Anne de Green Gables, forcément, malgré la noirceur de l’époque, il est plein de moments de grâce, porteurs d’espoir et lumineux.
A travers les personnages de Rilla, mais aussi de Susan ou d’Anne – qui se fait plus discrète ici  -, l’autrice explore le point de vue des femmes et leur vie quotidienne pendant la guerre. Bien que loin du front, elles ne sont pas pour autant inactives. L’autrice nous montre aussi l’impact psychologique du conflit sur elles. Pour Anne, le départ de ses fils est un déchirement mais aussi une fierté de les voir s’engager pour leur patrie. Pour Susan, qui n’a pas d’enfants mais a élevé les enfants d’Anne, c’est aussi une épreuve, plus discrète mais bien présente et la gouvernante cache derrière une bravade de façade sa peine et son inquiétude, quand Rilla se trouve par hasard une distraction qui lui permettra de surmonter sa propre angoisse.
Le roman est aussi un roman d’apprentissage, puisqu’il nous montre l’évolution de Rilla, adolescente de quinze ans plutôt futile et frivole au début du roman, ne pensant qu’à ses plaisirs et qui évolue face à l’adversité, montrant soudainement un véritable courage face aux événements qui la frappent de plein fouet, ainsi que les siens.
Ce dernier tome est un point final assez poignant pour une série qui, depuis le début, ne m’aura jamais déçue. Je me suis attachée sans condition à la petite Anne Shirley découverte dans Anne de Green Gables et j’ai adoré la voir grandir, évoluer, devenir une jeune femme, une étudiante, puis une jeune épouse et une mère dévouée. Elle est certes moins présente ici mais Rilla est sa fille en tous points et on retrouve beaucoup d’Anne en elle, ce qui a fait que j’ai fini par m’attacher à elle, ce qui était moins évident au début du roman car Rilla semble vraiment très superficielle. Mais en réalité, il n’en est rien et les épreuves vont la mûrir.
Le roman explore frontalement des sujets qui étaient moins évoqués dans les tomes précédents : ici, le deuil, la peur, l’angoisse, l’incertitude, sont omniprésents. Mais Lucy Maud Montgomery, avec le brio qui la caractérise, parvient malgré tout à rendre son roman humain et plein d’espérance. Le monde a beau être bouleversé irrémédiablement, la lumière est là, toujours et ne demande qu’à revenir.
J’ai adoré ce roman, qui m’a aussi souvent bouleversée. J’ai eu la gorge qui s’est serrée plusieurs fois, les larmes aux yeux aussi. Mais j’ai dévoré Rilla, ma Rilla. J’avais adoré le premier tome et j’ai toujours pris un grand plaisir à lire la suite. Cela s’est confirmé encore une fois, une dernière fois, avec cet ultime tome.

En Bref :

Les + : un roman poignant, qui bouleverse et fait rire successivement. Encore une fois, Lucy Maud Montgomery nous emporte dans son univers avec efficacité.
Les - : aucun point négatif à soulever.

   Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

  • Retrouvez ici mes avis sur les premiers tomes de la série : 

- Anne de Green Gables

- Anne d'Avonlea

- Anne de Redmond

- Anne de Windy Willows

- Anne et sa maison de rêve

- Anne d'Ingleside

- La vallée Arc-en-Ciel

 

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