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Le salon des précieuses

Moi, Julia, tome 2, Julia ou la colère des dieux ; Santiago Posteguillo

 «  La victoire vaut toujours la peine et la victoire est toujours possible. Si quelqu'un lui avait demandé à cette époque : " Mais...La victoire est-elle possible quand l'ennemi est ton propre fils ? " Julia aurait répondu sans hésiter : " Oui. " »

  • Informations complémentaires : 

Publié en  en Espagne 

Publié en 2024 en France (pour la présente édition)

Titre original : Y Julia retó a los dioses

Editions Pocket

1040 pages 

Deuxième tome de la saga Moi, Julia 

Résumé :

Dans les coulisses impériales de Rome, Julia Domna manoeuvre avec intelligence pour propulser son mari, Septime Sévère, au sommet du pouvoir. Mais maintenir leur règne est un défi redoutable, miné par les trahisons et les divisions familiales. Alors que son empire vacille, elle se retrouve seule devant un nouveau péril : le diagnostic d'une grave maladie. Pourquoi les dieux la mettent-ils à si rude épreuve ? Déchirée entre la peur et la douleur, Julia doit désormais apaiser leur colère. 
Dans un tourbillon de mensonges, de poisons et de passions amoureuses, elle affronte ces forces implacables qui s'acharnent contre elle, résolue à sauver Rome, coûte que coûte. 

Ma Note : ★★★★★★★★★

Mon Avis :

Julia et la colère des dieux est la conclusion du grand péplum de Santiago Posteguillo consacré à la dynastie des Sévères et plus particulièrement à Julia Domna, l’épouse de Septime Sévère, qui a régné sur Rome de 197 à 211 de notre ère. 
Le premier tome est le récit d’une ascension, celui d’une famille, celui d’une femme aussi, par le biais de son époux, brillant militaire qu’elle pousse sur le devant de la scène après l’assassinat de l’empereur Commode. 
Julia Domna, née en Syrie au IIe siècle de notre ère, épouse Sévère en 187. Elle lui donnera deux fils : les futurs empereurs Geta et Caracalla, plutôt de sinistre mémoire. Dans le premier volume, nous apprenions donc à faire connaissance avec elle : lorsque le récit s’ouvre, peu de temps avant la mort de Commode, Julia Domna est l’épouse d’un général en vue, mais rien de plus. Elle est la mère de jeunes enfants en bas âge et vit confortablement à Rome. Mais les troubles politiques qui suivent la mort de Commode vont lui donner l’occasion de se distinguer. Alors que la course au pouvoir suprême s’ouvre, pour Julia, le destin de son époux est tout tracé : Sévère sera empereur et elle fera tout pour qu’il y arrive. Ambitieuse, calculatrice mais aussi intelligente, Julia manipule son monde en sous-main pour parvenir à ses fins. 
Julia et la colère des dieux est le point final de cette histoire grandiose : là où le premier tome ne couvrait que quelques années, ici, nous allons suivre les personnages sur une période de vingt ans, de l’apogée de la dynastie jusqu’à son déclin, ou presque. 
Après la bataille de Lugdunum en 197, qui voit Sévère triompher de son dernier rival, Albinus, le pouvoir du nouvel empereur est stable. S’ouvre pour Rome une période plus calme et équilibrée. Mais dans les alcôves des palais impériaux, dans le secret, les choses commencent déjà à se détériorer : Sévère tombe malade et souffre de goutte, un mal de plus en plus récurrent, qui finira par l’emporter en 211. Surtout, les deux fils de Sévère et de Julia, qui ont grandi, se vouent une haine mutuelle et violente, alimentée involontairement par leur propre mère, qui favorise son fils aîné, Antoninus, celui qu’elle destine au trône après la mort de son mari. Et Julia ne voit pas la jalousie de plus en plus forte de son cadet Geta, ulcéré d’être mis à l’écart. Dès lors, la guerre entre les héritiers de Sévère sera ouverte, jusqu’au drame. 
Pour Julia, la mort de Sévère marque le début d’une période de tensions profondes. Alors que ses fils gouvernent conjointement, elle continue de tirer les ficelles en coulisse mais Julia, peut-être pour la première fois de sa vie, commet des erreurs. Et surtout, elle s’est fait des ennemis irréductibles…car les dieux de Rome s’intéressent à l’impératrice et tous ne la portent pas dans leur cœur. 
De 211 à 217, Julia connaîtra de nombreuses épreuves, jusqu’à la maladie finale qui l’emportera finalement. Mais elle sera au moins parvenue à ses fins en ce qui concerne la dynastie des Sévères puisque lorsqu’elle disparaît, alors que ses deux fils sont déjà morts, c’est son petit-neveu qui montera sur le trône – ses descendants régneront sur Rome jusqu’en 235. 


Ce deuxième tome était aussi passionnant que le premier. Vraiment, je me suis régalée de bout en bout, même si c’est une belle brique et que j’ai trouvé la fin peut-être un petit peu longue. Je pense que l’auteur aurait pu l’élaguer de quelques chapitres sans problème mais cela n’est vraiment qu’un tout petit défaut qui ne gâche en rien l’expérience de lecture, bien au contraire. 
Comme son prédécesseur, Julia et la colère des dieux est un roman historique passionnant, extrêmement bien documenté. J’ai retrouvé dans ce tome tout ce que j’avais aimé dans le premier : non seulement c’est bien écrit, mais c’est aussi captivant. Cette duologie est un véritable péplum sur papier ! 
Julia n’est pas forcément un personnage très attachant, mais on admire son intelligence politique, sa façon de toujours rebondir, malgré les épreuves et les coups. L’exercice du pouvoir est périlleux, à plus forte raison à cette époque-là et quand on est une femme, qui plus est, une étrangère, la tâche devient vraiment extrêmement difficile, mais Julia Domna saura s’en tirer avec brio – parfois en allant beaucoup trop loin. Mais c’est une maîtresse femme et même si certains de ses choix peuvent paraître surprenants voire carrément fous, on la suit avec beaucoup d’intérêt
Le roman explore beaucoup de choses : l’ambition, l’amour du pouvoir, la rivalité fraternelle, les violences faites aux femmes aussi, à une époque où cela est bien loin d’être un sujet. La maladie aussi, car Julia disparaît d’un mal incurable et particulièrement douloureux. Et tous ces doutes, ces épreuves apparaissent à l’époque comme des épreuves divines, envoyées par des divinités hostiles. 
Bien des notions abordées dans le roman sont intemporelles, d’autres beaucoup plus consubstantielles à l’époque. Le pouvoir romain est, pour nous lecteurs du XXIe siècle, une véritable arène où tous les coups semblent permis : complots, assassinats, destitutions sont ainsi monnaie courante. 
Bien rythmé, Julia et la colère des dieux est un roman qui se mérite : il faut prendre son temps, ne pas se précipiter car il est assez exigeant. Mais bon dieu, quelle lecture ! Amoureux de romans historiques, foncez, cette duologie ne vous décevra pas. 

 

En Bref :

Les + : un tome deux en apothéose ! Santiago Posteguillo apporte un point final assez grandiose à son grand péplum consacré à une femme qui ne recula devant rien, pas même la mort : Julia Domna, l'épouse de Septime Sévère. Cette plongée dans la Rome du IIIe siècle est violente mais aussi passionnante.
Les - : petit bémol, la fin un peu longue.

 Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

  • Découvrez ici mon avis sur le premier tome : 

Moi, Julia, tome 1, Un empire, une destinée

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