25 Octobre 2025
« Ce qu'il y a avec les livres, c'est qu'ils nous aident à imaginer une vie plus grande et plus belle qu'on ne pourrait en rêver. »
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Publié en 2023 en Irlande
En 2025 en France (pour la présente édition)
Titre original : The Lost Bookshop
Éditions J'ai Lu
544 pages
Résumé :
1921. La jeune Opaline fuit Londres et le mariage arrangé qu'on veut lui imposer. Passionnée depuis toujours par la littérature, elle se réfugie à Dublin, où elle transforme une vieille boutique en librairie spécialisée dans les textes anciens.
Des années plus tard, le chemin de Martha, qui tente de refaire sa vie après avoir échappé à un mari violent, croise celui de Henry, un étudiant à la recherche d'une librairie disparue. Intriguée, Martha décide d'aider cet homme étrange à découvrir ce qui est arrivé à la propriétaire des lieux, Opaline.
Entre les branches d'un arbre qui s'obstinent à pousser dans un sous-sol, des pages qui chuchotent et des livres qui apparaissent sur les étrangères sans que personnes les y ait posés, la librairie disparue recèle bien des mystères et des merveilles...
Ma Note : ★★★★★★★★★★
Mon Avis :
Au début des années 1920, la jeune Opaline refuse la vie toute tracée que veulent lui imposer son frère et sa mère : un riche mariage, avec un homme qu’elle n’a pas choisi. La jeune femme décide de tout tenter pour mener l’existence libre dont elle rêve.
De nos jours, Martha quitte son village pour s’installer à Dublin. Derrière elle, elle laisse une vie cabossée et un mari violent. Se fondant dans la grande ville, elle trouve un poste d’auxiliaire de vie auprès d’une vieille dame excentrique et, dans ce nouveau foyer, apprend à se réparer et à refaire confiance. C’est ainsi qu’elle rencontre Henry, un jeune étudiant anglais sur les traces d’une mystérieuse librairie disparue et d’un manuscrit, qui pourraient bien relier l’époque contemporaine et les années 1920.
Lorsque je me suis procuré ce roman il y a quelques mois, je ne l’avais vu nulle part et en lisant son résumé, j’ai imaginé que je lirai un roman à double-temporalité comme je les aime. Je m’attendais vraiment à un roman dans la veine de Kate Morton ou Katherine Webb…effectivement, il y a un peu de ça mais pas que et c’est vraiment ce qui fait le petit plus de ce livre.
Finalement, encore plus que les différents personnages, c’est cette librairie disparue et presque merveilleuse qui est le protagoniste principal du roman. Et pourtant, elle n’est quasiment jamais présente. On finit même par douter de sa présence réelle car La librairie disparue n’est pas seulement un simple roman à clés. Il y a une véritable dimension merveilleuse, mâtinée de surnaturel et de fantastique. Un tatouage qui apparaît sur la peau, un arbre qui pousse à travers un mur, des livres qui apparaissent tous seuls sur des étagères…
Au départ, je n’ai pas forcément compris ce que je lisais car j’étais fermement convaincue de lire un roman avec des secrets, mais sans aucun élément fantastique. Forcément, j’ai été un peu déroutée et pendant un moment, je me suis dit : « Ok, je ne sais pas absolument pas ce que je lis… ni même si je vais aimer. », mais j’ai fini par arrêter de lutter, arrêter de chercher des explications rationnelles car, finalement, il n’y en a aucune et le dénouement n’apporte aucune réponse cartésienne, j’en déduis donc qu’il faut prendre La librairie disparue pour ce qu’il est : un roman qui tiendrait tout compte fait plutôt du conte, à l’atmosphère mystérieuse. On pourrait presque qualifier ce livre de conte de Noël.
Cette dimension qui au départ m’a un peu gênée compense finalement bien des aspects plus durs du roman et qui nous replongent brutalement dans un quotidien brut et froid, comme les violences conjugales dont Martha est la victime. Elle apporte un véritable sentiment de douceur, un réel réconfort.
La librairie disparue est aussi une véritable ode à la lecture, aux livres, à la littérature. Sur le bandeau, on peut lire : « Le livre à offrir à tous les amoureux des livres ! » et c’est exactement ce que j’ai ressenti, tout au long de ma lecture. Ce livre parlera à tous ceux qui sont émus par les textes, les mots, par les vieux manuscrits. Opaline est une passionnée de livres anciens et une grande admiratrice des sœurs Brontë. Lorsqu’elle se réfugie en Irlande après avoir quitté sa famille, elle va ouvrir une librairie, qui redonne du sens à sa vie. Quel lecteur passionné n’a jamais rêvé, ne serait-ce qu’une minute, de vivre toute sa vie au milieu des livres, dans l’odeur de l’encre et des pages ? On ressent donc très vite une véritable connivence avec les personnages, que ce soit avec Opaline, admiratrice convaincue, Henry, l’étudiant déterminé ou Martha, qui au départ ne se sent pas légitime à l’idée de lire des livres mais va peu à peu surmonter son sentiment d’imposture et s’ouvrir à son tour au plaisir de la lecture.
La librairie disparue aborde énormément de sujets et de notions (de l’émancipation féminine en passant par la bibliophilie ou la rédemption) nous bouscule parfois et nous pousse sans nul doute à la réflexion. Il y a une très grande richesse dans ce roman, bien plus que ce qu’il laissait paraître de prime abord et j’ai fini par apprécier de me laisser surprendre. Globalement, même si j’ai été un peu déroutée au départ, j’ai fini par vraiment apprécier, je retrouvais cette lecture avec plaisir et je l’ai terminée en étant vraiment convaincue : j’ai presque frôlé le coup de cœur, c’est dire !
Je ne regrette donc pas d’être partie sur une fausse idée et d’avoir interprété le résumé lorsque j’ai acheté le livre. C’est fou comme le cerveau a le pouvoir de s’auto-persuader car, quand j’ai relu la quatrième de couverture par la suite, je me suis rendu compte que les éléments surnaturels n’étaient pas du tout passés sous silence, au contraire. J’ai juste lu ce que j’avais envie de lire…mais si j’avais interprété correctement le résumé, peut-être aurais-je hésité et il est plus que probable que je ne l’aurais peut-être pas lu. Comme quoi, c’est bien parfois de se tromper et de se laisser surprendre. Je ne peux donc que vous enjoindre à vous aventurer à votre tour dans les pages de ce roman, de vous laisser surprendre, de vous mettre à votre tour dans les pas d’Opaline, à Londres, Paris ou Dublin, ou ensuite, dans ceux de Martha et Henry, dont les quêtes parallèles mais complémentaires finissent par se rejoindre de la plus tendre des manières. En un mot, La librairie disparue est un roman d’une grande douceur, malgré des thèmes durs voire tristes, qui apporte une véritable bulle de réconfort et d'espoir.
En Bref :
Les + : une jolie histoire qui ressemble à un conte, que j'ai beaucoup aimée. Un roman qui rend hommage à tous les bibliophiles du monde.
Les - : malgré un début un peu déroutant (pour moi, tout du moins), je n'ai pas vraiment de points négatifs à soulever. C'était une belle lecture.
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