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Le salon des précieuses

Les chroniques saxonnes, tome 1, Le dernier royaume ; Bernard Cornwell

« L'orgueil construit l'homme, l'orgueil le pousse, et c'est le bouclier qui protège sa réputation. Les Danes comprenaient cela. Les hommes meurent, disaient-ils, mais la réputation est immortelle. »

Les chroniques saxonnes, tome 1, Le dernier royaume (The Last Kingdom, 2004) • Editions Bragelonne • 2019 • 336 pages 

Résumé :

Au IXe siècle, les féroces Vikings débarquent sur le sol saxon, avides de conquêtes et de destruction. Aucun royaume ne résiste au raz-de-marée barbare, à l'exception d'un seul. 
Le destin de toute l'Angleterre - et le cours de l'Histoire elle-même - repose bientôt sur les épaules d'un homme. Uthred, un jeune guerrier saxon aux origines nobles déchiré entre deux vies, deux voies, deux peuples : celui des Vikings qui l'ont élevé comme l'un des leurs après l'avoir arraché à sa famille, et celui de son sang et de ses origines...

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

Au IXe siècle, ce qui va devenir un jour l’Angleterre est aux prises avec des envahisseurs déterminés : les Danois, pillards violents qui essaient de s’emparer des opulentes terres de la Mercie, de l’Est-Anglie, de la Northumbrie ou du Wessex. Tandis que tous les royaumes saxons tombent peu à peu dans l’escarcelle des Danois, un dernier souverain se dresse face aux Scandinaves : le roi Alfred de Wessex, porté par une foi sans faille et qui est bien déterminé à résister. 
Dans les années 860, alors qu’il n’a pas encore dix ans, le jeune Uthred de Bebbanburg assiste à la chute de la Northumbrie et à la mort de son père, derrière un mur de boucliers. Arraché aux siens par un guerrier ennemi appelé Ragnar, le jeune garçon est élevé par les Danois et formé par eux aux métiers des armes. Auprès d’eux, il découvre une affection et une estime qu’il n’a jamais pu éprouver au sein même de sa famille. Mais Uthred reste déchiré entre cette nouvelle vie auprès des païens et l’envie qu’il a chevillée au corps de reprendre un jour Bebbanburg à son oncle félon, qui a profité de la mort de son père pour s’emparer de la forteresse qui devait revenir à Uthred. Le garçon grandit dans un entre-deux de plus en plus flou mais, un jour, l’heure du choix arrive et Uthred devra décider de son chemin. Celui-ci se fera-t-il auprès des Danois ou bien auprès d’Alfred, un roi animé par sa foi mais malade et pour lequel Uthred n’a pas vraiment d’estime ? 
La série Les chroniques saxonnes, si elle est centrée sur le personnage d’Uthred de Bebbanburg est en réalité le véritable récit du règne d’Alfred le Grand, roi de Wessex né en 848 ou 849, qui règne de 871 à 899. A partir de 886, il prit le titre de « roi des Anglo-Saxons », sans pour autant jamais parvenir à contrôler la totalité du territoire anglais. Son règne est marqué par une instabilité politique et des conflits récurrents avec les Normands mais aussi par une véritable réorganisation du pays et une certaine émulation culturelle, notamment à travers la littérature
Véritable aventure épique, ce premier tome est aussi un roman d’apprentissage, puisque l’on suit Uthred du seuil de l’adolescence jusqu’à l’orée de l’âge adulte, pendant environ une dizaine d’années. Pendant toute cette période, le jeune homme qu’il devient est formé tant par les Danois que par l’influence du roi Alfred. Le roman met bien en évidence le choc de deux cultures, celles des Scandinaves encore païens et celle des Anglo-saxons chrétiens, bien décidés à défendre leurs territoires. Mais on se rend compte aussi de la porosité entre ces deux mondes : des Anglo-saxons continuent de vénérer leurs anciennes divinités germaniques et si les Scandinaves appellent leur dieu principal Odin, les Anglo-saxons, quant à eux, vénèrent Woden, son équivalent germanique. Langues et alphabets se ressemblent également mais, malgré tout, c’est à un véritable choc de cultures que nous assistons, choc dont Uthred, né northumbrien mais élevé en Viking, est un vivant symbole, tiraillé sans cesse entre ce qu’il est par essence et ce qu’il est devenu par l’éducation
D’ailleurs, après avoir grandi et été élevé en païen, épousant leurs coutumes, leur mode de vie, leur religion, Uthred ne va pas cesser d’éprouver ce tiraillement intérieur : tout au long du roman, le jeune homme est déchiré par le dilemme que représente sa volonté de retrouver un jour son droit de naissance sur Bebbanburg, dont il a été injustement spolié et son amour pour la culture viking, qu’il découvre bien plus libre et surtout, bien plus glorieuse que la culture chrétienne dans laquelle il ne se retrouve pas. Pourtant, c’est auprès d’Alfred qu’Uthred va faire ses armes et connaître le baptême du feu, derrière un mur de boucliers ou sur un navire. On assiste donc à ce constant entre-deux, ce choix permanent, que le jeune homme n’arrive pas toujours à faire en pleine conscience. 
J’ai trouvé ce premier tome un peu poussif, notamment la première partie, mais en même temps il est très bien documenté et pour quelqu’un qui aime les romans historiques précis, c’est forcément très agréable. Le contexte historique est lointain et pas forcément très bien connu donc c’était nécessaire, effectivement, de prendre le temps de poser les bases de la série. Mais c’est vrai qu’on ne peut pas s’empêcher de ressentir par moments quelques petites longueurs. Malgré tout, j’ai apprécié de plonger dans cette Angleterre du IXe siècle, encore morcelée mais en passe d’être unifiée par la foi inébranlable d’un seul souverain, Alfred. Et, même s’il n’y parviendra pas de son vivant, ses descendants quant à eux, toucheront au but, en unifiant finalement le pays sous une seule couronne, une seule bannière. 
J’ai finalement tout autant aimé naviguer auprès des Vikings que découvrir la culture anglo-saxonne, encore empreinte de romanité mais aussi d’une grande ferveur chrétienne. Même si ce premier tome a peiné à me tenir captivée par moments (et que j’ai trouvé qu’il y avait parfois une surenchère de violence pas toujours justifiée), je n’ai pas détesté cette lecture pour autant, bien au contraire et c’est avec un véritable intérêt que je vais découvrir la suite de cette saga en forme de chronique médiévale épique

Le mot de la fin :

Un premier tome peut-être un peu long mais l'auteur prend le temps de poser son univers, ses personnages, son contexte et ce n'est pas plus mal. J'ai trouvé que le roman prenait une dimension plus dynamique en deuxième partie, cela augure bien pour la suite. En tout cas, c'est prenant et immersif, j'ai passé un bon moment.

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

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M
Une saga qui me tente beaucoup ! Il faudrait d'ailleurs que je redonne sa chance à la série TV, je n'avais pas été au-delà de 2 épisodes ! :D j'étais trop centrée sur Vikings à ce moment-là donc pourquoi pas vu que je ne suis plus sous influence depuis des années.
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A
Je n'avais pas aimé la série non plus et je pense que j'ai dû aussi regarder deux ou trois épisodes, pas plus. Mais comme toi au même moment je regardais Vikings alors j'ai peut-être été influencée. Les livres sont sympa en revanche et bien documentés. Ce n'est pas toujours évident à suivre mais c'est intéressant.