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Le salon des précieuses

Les Reines Maudites, tome 2, Anne Boleyn ; Alison Weir

 « Aimer, c'est prendre le risque de souffrir en perdant l'objet de son amour. Ne l'oubliez jamais. »

Les Reines Maudites, tome 2, Anne Boleyn (Anne Boleyn, a King's obsession, 2018) • Editions Hauteville • 2025 • 744 pages 

Résumé :

Au printemps 1522, la jeune Anne Boleyn rentre de France et se fait remarquer à la cour du roi Henri VIII par son esprit et son charme. Fougueux, il est prêt à tout pour posséder celle qui incarne à ses yeux la perfection et va jusqu'à répudier la reine, Catherine d'Aragon. 
Après avoir perdu l'homme qu'elle aimait, Anne n'apprécie guère les avances de Henri, à qui elle ne pourra jamais offrir son coeur. Mais, portée par son ambition, elle cède au roi, tout en refusant avec ruse le statut de simple maîtresse. Elle se lance alors dans un jeu dangereux pour monter sur le trône, sans se douter qu'elle court à sa perte...

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

Dans les années 1510, la jeune Anne Boleyn quitte l'Angleterre pour la cour flamboyante et érudite de Marguerite d'Autriche. Là-bas, auprès d'une maîtresse bienveillante et attentive, la jeune fille, curieuse et intelligente, découvre les codes de l'amour courtois et apprend à séduire. 
Quelques années plus tard, à regret, Anne doit quitter Marguerite et les Flandres pour la cour de France. D'abord placée dans la maison de la reine Claude, l'épouse de François Ier, elle se lie ensuite avec la sœur de ce dernier, Marguerite de Valois, avec laquelle elle présente pas mal de points communs à bien des égards. Toutes deux sont notamment de ferventes partisanes des femmes, de leur capacité à réfléchir et agir par elles-mêmes. Mais Anne apprend aussi avec amertume qu'en ce début de XVIe siècle, la liberté d'une femme passe rarement autrement que par un mariage et que la dépendance des femmes aux hommes en font aussi des victimes, ce contre quoi elle s'élève avec révolte. 
Au début des années 1520, âgée d'une vingtaine d'années, Anne revient en Angleterre où sa sœur aînée Mary séduit le roi Henri VIII. Anne quant à elle devient dame de compagnie de la reine Catherine d'Aragon et partage sa vie entre la cour installée à Londres et le château familial de Hever, dans le Kent. Pour la première fois de sa vie, elle tombe sous le charme d'un jeune homme, Harry Percy, fils du comte de Northumberland mais leurs fiançailles, non autorisées par leurs familles et par le roi, sont défaites par le cardinal Wolsey, conseiller du roi Henri VIII. Il deviendra l'ennemi d'Anne, qui n'aura alors plus de cesse de le détruire...

Portrait supposé d'Anne Boleyn, portant autour du cou son pendentif favori, le B, qui forme l'initiale de son nom de famille


A la cour, malgré les apparences, le couple royal ne s'entend plus. Catherine d'Aragon n'a pas réussi à donner de fils à Henri et seule une fille, la princesse Marie, a survécu. Le roi songe alors à se séparer de son épouse, craignant que son précédent mariage avec son propre frère ait maudit leur union. C'est ainsi que commence ce que l'on a appelé la Grande Affaire du Roi et dans ce contexte qu'Anne Boleyn est remarquée par Henri VIII, qui tombe violemment amoureux d'elle. Mais Anne, elle, soupire encore après Harry Percy et ne veut pas devenir la maîtresse du roi, malgré l'empressement de ce dernier et les somptueux cadeaux qu'il lui fait. Pourtant, devenir reine d'Angleterre se refuse-t-il ? Poussée par sa propre ambition mais aussi par celle des siens, à commencer par son père et son frère, Anne va progressivement considérer d'un autre œil l'amour que lui porte le roi et finalement céder. Jamais sujette n'aura été élevée aussi haut, mais Henri VIII possède aussi le pouvoir de la rejeter plus bas que terre. Pour Anne Boleyn, la jeune aristocrate ambitieuse, la chute sera aussi rude que l'ascension flamboyante et elle connaîtra un destin tragique puisque moins de trois ans après son mariage triomphant avec le roi, elle monte sur l'échafaud où elle meurt décapitée le 19 mai 1536, à trente-cinq ans, laissant derrière elle une réputation sulfureuse et une légende noire qui sont encore tenaces aujourd'hui. 
Anne Boleyn est l'un des personnages de l'histoire britannique les plus connus, une femme dont on ne sait pas grand-chose des premières années et qui n'a pas laissé de correspondance ou de journaux qui pourraient permettre de cerner qui elle était vraiment. Pour forger une image de cette femme, née dans la petite aristocratie anglaise du début du XVIe siècle et qui devint reine, un destin hors du commun et inespéré pour elle, il faut s'appuyer sur des sources pas toujours neutres mais aussi sur des images véhiculées par les livres, les séries et les films, qui orientent notre point de vue, mais pas toujours de manière neutre ni nuancée
Qui était Anne Boleyn ? Dans ce roman, Alison Weir ne prétend pas répondre à cette vaste question mais, comme elle l'a fait avec Catherine d'Aragon, l'historienne et romancière veut apporter sa pierre à l'édifice et montrer, dans un récit qui remonte jusqu'aux premières années d'Anne, ce qu'elle a été ou, tout du moins, ce qu'elle a pu être. Nous ne savons que peu de choses sur sa jeunesse et son enfance. Sa date de naissance fait débat, entre 1500 et 1510 (beaucoup d'historiens s'accordent à dire qu'elle serait née vers 1507). Nous ne savons pas non plus où elle est née :  à Hever ou Blicking Hall ? Son adolescence dans les cours d'Europe, où elle se forme et se cultive, entrant en contact avec de nouvelles idées et de nouvelles manières de vivre, sont un peu mieux connues. Pour autant, le personnage semble toujours entouré d'une aura de légende, positive ou négative, d'ailleurs. Il est quasi indéniable aujourd'hui qu'Anne fut condamnée à mort sur de faux chefs d'accusation et que, comme Catherine d'Aragon avant elle, le roi chercha à se débarrasser d'elle car elle n'avait pas pu lui donner de fils. Et si ses dernières semaines de vie sont poignantes, le personnage peut aussi se montrer détestable, notamment dans sa lutte violente contre la reine Catherine et sa fille Marie, dont elle n'hésitait pas à clamer haut et fort qu'elle aurait préféré les voir mortes. 

La première rencontre d'Anne Boleyn et Henri VIII 


Le personnage d'Anne est donc assez ambivalent et c'est ce que nous montre l'autrice ici. Elle est peut-être moins venimeuse et méchante que dans la série Les Tudors, mais on retrouve vraiment ce double-visage un peu désarmant et les sentiments du lecteur oscillent tout au long de la lecture, d'abord de l'admiration qu'on ressent assez légitimement pour cette jeune fille pleine d'esprit, d'intelligence et de curiosité, jusqu'à une certaine répulsion devant la femme implacable qu'elle devient, mauvaise et violente tant dans ses actes que dans ses paroles et pensées...puis nous basculons dans une véritable pitié, quand nous découvrons l'horrible tension à laquelle Anne devra faire face dans les derniers mois de sa vie, entre son arrestation arbitraire, son procès puis sa mort sur l'échafaud
Anne va payer très cher son ambition et son caractère froid et calculateur. Elle qui n'avait vu dans son mariage avec Henri qu'une manière de s'élever, de gagner en pouvoir et en influence, terminera ses jours de manière ignominieuse, dans la sciure ensanglantée d'un échafaud. 
Le roman dépeint bien tout cela mais aussi les longues années qu'il faudra au roi pour imposer Anne au détriment de la reine Catherine, soutenue par le peuple et l'Eglise. Anne ne fut finalement jamais particulièrement heureuse et ses victoires apparaissent comme des moments glorieux dans un quotidien fait de tensions, de conflits et d'incertitudes. 
Tout comme son prédécesseur, j'ai apprécié ce deuxième volume, mais je l'ai trouvé un peu long, j'ai peiné à me sentir captivée tout au long de ma lecture. Je pense que certains chapitres auraient pu être largement condensés, sans que cela ne dénature le propos de l'autrice. Mais ce n'était pas une lecture désagréable. Je poursuivrai la série avec plaisir. 

Elles ont incarné d'inoubliables Anne Boleyn, pour le cinéma ou la télévision : de gauche à droite, Natalie Dormer dans Les Tudors, Natalie Portman dans Deux soeurs pour un roi, Claire Foy dans Wolf Hall et Jodie Turner-Smith dans Anne Boleyn

 

Le mot de la fin :

Un deuxième tome dans la veine du premier, qui ne décevra pas non plus les admirateurs de Philippa Gregory mais j'avoue m'être ennuyée par moments, c'était peut-être un peu long...

 Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

  • Retrouvez mon avis sur le premier tome de la saga Les Reines Maudites : 

- Catherine d'Aragon (tome 1)

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