23 Mars 2026
« Les anges gardiens prennent parfois des formes inattendues. Mais ils apparaissent toujours au bon moment. »
/image%2F0653560%2F20260322%2Fob_6e6958_couv50256780.jpg)
Le manoir aux roses (The Rose Garden, 2021) • Éditions Charleston • 2022 • 522 pages
Résumé :
1895, Londres.
Quand Mabs Daley trouve une place comme dame de compagnie auprès d’Abigail Finch, maîtresse d’une famille récemment installée dans le quartier huppé de Hampstead, un sentiment de soulagement la submerge : ce nouveau travail va lui permettre de nourrir sa famille. Très vite, elle devine pourtant que de terribles secrets hantent la somptueuse demeure bourgeoise.
Sombre et agressive, régulièrement assommée par les somnifères, sa nouvelle patronne est, aux dires de son mari, malade. Mais bientôt, la proximité entre maîtres et domestiques partageant la vie au manoir fait naître rumeurs et confidences qui laissent entendre une tout autre histoire...
Ma Note : ★★★★★★★★★★
Mon Avis :
1895, à Londres. La jeune Mabs Daley, issue d’un milieu extrêmement modeste, doit travailler aux docks dans des conditions dantesques pour nourrir sa famille. Mais un jour, voilà qu’une proposition inouïe lui est faite : un poste de dame de compagnie auprès d’une famille du quartier bourgeois de Hampstead. Pour Mabs, cette place est une occasion inespérée, qui pourrait lui permettre de continuer à aider son père et ses nombreux frères et sœurs, mais aussi de quitter le travail harassant des docks. Sans y croire, la jeune fille postule et est finalement embauchée par le père de famille, l’affable Lucius Finch. Celui-ci est arrivé depuis peu de Durham, avec femme et enfants et c’est auprès de son épouse, Abigail, que Mabs va effectuer son travail de dame de compagnie. Mais très vite, elle se rend compte que quelque chose ne va pas et que Mrs Finch semble fragile psychologiquement. D’abord hostile à sa jeune dame de compagnie, Mrs Finch va pourtant peu à peu l’apprivoiser et s’ouvrir. Mais Mabs est-elle prête à entendre que sa maîtresse a à lui dire ? Dans quels sombres secrets Mabs s’est-elle immiscée, malgré elle ?
En parallèle, nous découvrons Olive Westallen, une jeune femme de vingt-huit ans, fière et déterminée. Issue d’un milieu extrêmement privilégié, Olive n’est toujours pas mariée et n’espère plus l’être. Mais, taraudée par un désir sincère de maternité, elle décide d’adopter une petite fille d’un milieu défavorisé et de mettre sa richesse et son influence au service des plus nécessiteux. En effet, le Londres de la fin du XIXe siècle, est une ville très industrialisée, ce qui a généré de grandes richesses mais aussi une grande paupérisation. Olive décide de créer une fondation afin d’aider ceux qui en ont besoin, dans les quartiers les plus miséreux de la capitale britannique.
Nous faisons aussi la connaissance d’Otty, la benjamine du couple Finch. Otty est une jeune fille de douze ans, un peu déroutée par le déménagement de sa famille à Londres. Sincère et spontanée, elle n’en décide pas moins très vite d’explorer son nouvel environnement, découvrant des inégalités qui la sidèrent : pourquoi les femmes ne peuvent-elles avoir accès comme les hommes à l’université, pourquoi stigmatise-t-on les personnes dont la couleur de peau est différente ? Esseulée au milieu d’une famille qui lui prête peu d’attentions (sa mère est malade, son père travaille beaucoup et ses frères et sœurs sont plus âgés), Otty va découvrir de nombreuses réalités et se lier d’amitié avec Mabs, la dame de compagnie de sa mère, qui semble être l’une des seules à comprendre ce qu’il en est réellement de la maladie d’Abigail Finch…
Le roman met en contraste des milieux sociaux très différents, qui vont pourtant se retrouver dans une belle histoire d’amitié féminine et de sororité. Olive Westallen est effectivement issue d’un milieu particulièrement riche et influent (ce qui ne l’empêche pas d’être généreuse et assez peu conventionnelle), quand Lucius Finch, qui vit certes confortablement, ne peut s’empêcher pourtant de rechercher, de manière même un peu vulgaire, le contact de personnes ayant plus de moyens, plus de contacts, plus d’influence… quant à Mabs Daley et sa famille, ils symbolisent ce peuple de Londres miséreux et besogneux, qui vit dans des conditions particulièrement difficiles, dans des quartiers surpeuplés où le manque d’hygiène, le travail pénible, les privations ou l’alcoolisme endémique génèrent un état sanitaire particulièrement dégradé, où la vie est si difficile que les plus faibles n’y ont que peu de chances de survie. Mabs, déterminée, fait tout pour extirper ses petits frères et sœurs de cette vie épouvantable qu’elle refuse qu’ils connaissent…
Il y a quelques mois, j’ai lu Les Secrets de Silvermoor et j’avoue que j’ai été un peu déçue. L’autrice avait un sujet véritablement en or entre les mains, mais j’ai trouvé dommage qu’elle se focalise finalement sur le secret d’une grande famille, qui n’en est pourtant pas vraiment un, au détriment des deux personnages principaux, Tommy et Josie, eux aussi déterminés (comme Mabs) à quitter leur village, leur pauvreté et la mine et du contexte historique intéressant. Mais j’avais déjà dans ma PAL Le manoir aux roses et je me suis dit que j’allais laisser une chance à l’autrice.
Finalement, je n’ai pas été déçue par Le manoir aux roses comme j’avais pu l’être avec Les Secrets de Silvermoor, même si j’ai trouvé que la fin, un peu facile et pleine de bonne sentiments, était peut-être un peu bâclée.
J’ai trouvé agréable de ne pas lire une romance, mais bien un roman centré sur une amitié féminine, entre des femmes d’âges et de milieux sociaux différents. Cette ode à la sororité mais aussi à la valeur des femmes, était vraiment intéressante à découvrir, d’autant plus que j’ai trouvé les quatre personnages, Mabs, Otty, Abigail et Olive, toutes très attachantes.
Bref, c’était une lecture plutôt agréable, qui me laissera un assez bon souvenir, plutôt lumineux, malgré une fin qui n’aura pas su me séduire, ni forcément me convaincre.
Le mot de la fin :
Une belle histoire d'amitié féminine et de sororité mais une fin un peu trop facile et pleine de bons sentiments, dommage...
/image%2F0653560%2F20260322%2Fob_f0e699_ligne-blog.jpg)
/image%2F0653560%2F20260322%2Fob_a2fd70_img-3686.jpg)
LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle
Retrouvez ici mon avis sur un autre roman de Tracy Rees :