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Le salon des précieuses

Les chroniques saxonnes, tome 4, Le chant de l'épée ; Bernard Cornwell

« Les guerriers défendent foyer, enfants, femmes et moissons, et tuent les ennemis venus les prendre. Sans eux, la terre ne serait que désolation et lamentations. Pourtant, la véritable récompense du guerrier n'est pas l'or et l'argent qu'il porte à son bras, mais sa réputation, et c'est pour cela qu'existent les poètes. Ils chantent les hommes qui ont défendu la terre et tué ses ennemis. »

Les chroniques saxonnes, tome 4, Le chant de l'épée (Sword Song, 2007) • Éditions Bragelonne • 2020 • 334 pages

Résumé :

Alors que la bataille pour l'Angleterre fait rage, Uhtred se trouve à la croisée des chemins. Même si on lui a offert une couronne, il a donné sa parole au roi Alfred le Grand, qui rêve d'une Angleterre délivrée des Vikings. Quand son souverain lui ordonne de reprendre Londres et de l'offrir à son beau-fils Aethelred, un homme faible qui n'a rien d'un guerrier, Uhtred obéit à regret. Car l'épouse d'Aethelred n'est autre que la fougueuse fille du roi, et son destin est intimement lié à celui d'Uhtred...qui devra choisir entre la voie du devoir et celle du cœur. 

Ma Note : ★★★★★★★★★

Mon Avis :

Quand s’ouvre le roman, nous sommes dans les années 880. Quelques années ont passé depuis que nous avons laissé Uhtred, à la fin du tome précédent et nous le retrouvons marié et père de famille. Le jeune homme, toujours au service d’Alfred de Wessex, a quitté la Northumbrie et s’est installé dans le bourg fortifié de Coccham, dont il supervise la construction. Mais une mission plus grande encore l’attend, puisque le roi Alfred va lui demander de conquérir rien de moins que la ville de Lundene (Londres), verrou sur la Tamise, entre Wessex, Mercie et Est-Anglie. En ce milieu des années 880, la ville est tenue par deux frères d’origine scandinave, les frères Thurgilson mais Alfred, qui vient de marier sa fille aînée Æthelflæd à l’ealdorman de Mercie Æthelred, souhaiterait que la ville revienne à son gendre. Le roi, toujours aussi animé par sa foi fervente et malgré la maladie qui le mine (il est fort probable qu’Alfred le Grand ait souffert toute sa vie de la maladie de Crohn, une maladie digestive chronique), continue de poursuivre son vieux rêve : celui d’unir enfin toute la terre des Angles et créer ainsi un nouveau royaume, le royaume d’Angleterre. Même si Uhtred n’a pas abandonné son propre rêvereconquérir sa terre de Bebbanburg, en Northumbrie, injustement spoliée par son oncle – et qu’il n’a pas beaucoup d’affection pour Alfred, il lui a pourtant renouvelé son serment et mis son épée à son service. Les désirs du roi étant des ordres, Uhtred va donc devoir reprendre la ville de Lundene aux Vikings
Comme le dit l’auteur dans la note en fin de volume, ce quatrième tome est bien moins basé sur des faits historiques que les trois précédents et Cornwell fait ici la part belle à la fiction et la plupart des aventures qui arrivent à Uhtred sont fictives mais cela n’est pas dérangeant du tout. Il est difficile de démêler le vrai du faux lorsqu’on aborde des périodes aussi anciennes et c’est donc du pain bénit pour les auteurs de romans historiques, qui peuvent s’appuyer sur quelques sources mais laisser aussi leur imagination vagabonder
Cependant, le roman est bien construit et nous montre notamment comme la future Londres, aujourd’hui capitale dynamique du Royaume-Uni, commence à gagner en importance, devenant un centre stratégique du pouvoir saxon alors que la ville n’était jusque là qu’une cité comme les autres, habitée par les fantômes de l’ancien empire romain disparu. 
J’ai trouvé que le personnage d’Uhtred prenait aussi encore plus de relief et se nuançait. L’auteur continue d’explorer ce qui fait l’identité de son personnage, à savoir l’identité à l’épreuve de la loyauté. Pour autant, j’ai eu l’impression que, dans ce quatrième tome, Uhtred semblait moins déchiré entre son serment à Alfred et son identité la plus profonde, forgée par son enfance passée auprès des Danes, dont il a adopté le mode de vie et les croyances païennes. Pour autant, il y a toujours en lui une certaine ambivalence et on sent qu’il suffirait de peu de choses pour qu’il rejoigne les Danes et les Norses, qu’il comprend peut-être plus encore que les Saxons. Les relations entre Uhtred et Alfred sont aussi marquées par un contraste énorme car l’un est d’une piété presque fanatique et habitée quand l’autre méprise les prêtres et ne cache pas ses croyances païennes et sa révérence pour Odin ou Thor.
Le personnage de la fille du roi, Æthelflæd (vers 870 - 918), est aussi central dans ce quatrième tome. Il est rare que les femmes, surtout à cette époque, aient marqué leur temps et pourtant, c’est le cas d’Æthelflæd, que l’on connaît principalement grâce à La Chronique anglo-saxonne, qui décrit la lutte de la jeune femme, aussi surnommée « Dame des Merciens » (après la mort de son mari, elle restera plusieurs années à la tête de la Mercie) pour la sauvegarde de ses terres. Elle s’alliera notamment avec son frère Édouard de Wessex pour lutter contre les envahisseurs scandinaves. La jeune fille n’est alors âgée que d’une quinzaine d’années mais montre déjà beaucoup de caractère, même si son mariage avec Æthelred n’est pas heureux. 
Ce quatrième tome prend un tournant : nous sentons que l’Angleterre, en tant que terre clairement définie, est en train de naître. Le pays est encore morcelé et marqué par des luttes internes mais aussi par les convoitises des envahisseurs danes et norses et pourtant, on sent déjà que, dans un avenir proche, il n’y aura plus de Wessex, plus de Mercie, plus d’Est-Anglie, plus de Northumbrie, mais un seul et unique pays, unifié et donc beaucoup plus puissant. Et malgré son attirance pour le monde des Scandinaves, on sent que Uhtred a de l’intérêt pour ce projet, peut-être parce qu’il peut servir le sien propre, à savoir, redevenir le seigneur de Bebbanburg. 
Après un troisième tome où beaucoup de nouveaux personnages ont été introduits, où les alliances sont fluctuantes, ce qui peut entraîner un peu de confusion, j’ai retrouvé un récit plutôt fluide et agréable à suivre

Le mot de la fin :

Un quatrième tome rythmé, marqué par plus d'événements fictifs que les trois premiers mais ce n'est pas désagréable non plus. Le roman est plein d'aventures et de rebondissements et Uhtred gagne en nuances, en relief. Je rejoins les autres lecteurs : dommage que la suite ne soit pas traduite au-delà du tome 6 !

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

Retrouvez ici mes avis sur les trois premiers tomes : 

- Le Dernier Royaume (tome 1)

- Le Quatrième Cavalier (tome 2)

- Les Seigneurs du Nord (tome 3)

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