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Le salon des précieuses

Femmes de la Renaissance : elles ont lutté pour leur liberté ; Sylvie Le Clech

« Revenir sur la vie de ces femmes m'a fait découvrir mes propres conditionnements. Pourquoi avais-je attendu si tard pour les connaître ? J'ai aussi retrouvé, dans les anecdotes de leurs vies de célébrités ou de femmes ordinaires, comme des échos lointains de certains débats actuels. Je ne crois pas au charme de l'image d'Epinal et ne cède que difficilement à celui de la légende noire, mais je constate qu'aucune de ces femmes n'a pu se réclamer un peu de l'une, un peu de l'autre. Chacune a dû " choisir son camp ", entre l'ombre et la lumière, le vice et la vertu. »

Femmes de la Renaissance : elles ont lutté pour leur liberté • Éditions Tallandier • 2023 • 288 pages

Résumé :

Elles vivent dans un monde d'hommes. Reines, favorites ou paysannes, peu importe leur statut : les femmes de la Renaissance connaissent la tutelle d'un père ou d'un mari, la pression d'enfanter, les difficultés du veuvage...

La réalité de la Renaissance, période d'ouverture au monde et de diffusion des savoirs, coexiste avec la violence des guerres de Religion qui embrasent la France. Toutes les femmes éprouvent cette brutalité, quand elles n'y participent pas elles-mêmes. Souvent accusées de tous les maux (adultère, sorcellerie, manipulations...), elles se battent pour vivre leurs passions, faire respecter leurs droits et reconnaître leurs talents. 

Sylvie Le Clech explore le destin de quinze femmes issues de toutes les couches de la société. Avec les portraits de Marguerite de Navarre, Vannina d'Ornano ou Jacquette Saddon, sorcière du Berry, elle nous éclaire sur la vie mouvementée et intime des femmes de la Renaissance. 

Ma Note : ★★★★★★★★★★

Mon Avis :

Qui sont-elles, ces femmes de la Renaissance ? Alors que le Moyen Âge tire sa révérence, après mille ans, voilà une nouvelle ère qui s’ouvre : une ère d’humanisme, d’émulation culturelle, mais aussi de conflits religieux et de droits menacés pour les femmes. N’est-ce pas à partir du XVe siècle et jusqu’au XVIIe siècle, voire jusqu’au XVIIIe, que flamberont la plupart des bûchers des chasses aux sorcières ? N’est-ce pas à partir de l’époque moderne que se dessine une société patriarcale contre laquelle nous nous élevons encore aujourd’hui, en 2026 ? 
Bien évidemment, le Moyen Âge ne fut pas non plus un eldorado pour les femmes, une période comme suspendue avant que tout ne bascule…mais il est vrai que l’avancée dans le temps ne traduit pas forcément toujours des avancées sociales ou religieuses…certaines périodes du Moyen Âge furent ainsi plus favorables aux femmes que ne le fut parfois la Renaissance. Toutefois, il est nécessaire de garder à l’esprit qu’en Histoire, tout est toujours question de nuances
Ici, Sylvie Le Clech redonne vie à des femmes oubliées mais analyse aussi la vie de certaines qui ont traversé les siècles, parfois en traînant une légende noire, comme c’est le cas pour Catherine de Médicis. Epouse et mère de rois, elle eut la malchance d’être régente pendant une période extrêmement troublée en France : celle des Guerres de Religion. Salie et entachée quasiment depuis son vivant, sa réputation l’a été plus encore sous la plume des auteurs du XIXe siècle et ne commence que peu à peu à être réhabilitée… femmes de pouvoir, favorites royales, femmes écrivaines, grandes aristocrates, femmes au travail (elles étaient imprimeuses ou sage-femmes) : Sylvie Le Clech s’est plongée dans les archives, manifestement avec une certaine passion, pour exhumer certaines destinées (celle de Vannina d’Ornano, jeune femme issue de la noblesse corse et connue pour avoir été étranglée par son mari Sampiero Corso, en est un bon exemple) ou bien nous apporter un nouvel éclairage sur certaines, plus connues (c’est ainsi le cas de Catherine de Médicis, Françoise de Foix, la favorite de François Ier ou encore Marguerite de Navarre, sœur de ce dernier et célèbre écrivaine). 

Marguerite de Navarre, Marie Vignon ou encore Louise Bourgeois sont quelques-unes de ces femmes que l'on croise dans le livre
 

En parcourant ce livre, on se rend compte que, si le féminisme est une notion théorisée récemment, cela ne veut pas dire que nos ancêtres du XVIe siècle ne ressentaient pas au fond d’elles le même désir d’égalité, d’occuper une vraie place dans une société où cela n’allait pas de soi. Si les femmes de la Renaissance ne sont pas féministes de nom, elles le sont au moins de fait, pour certaines, car elles ont lutté pour améliorer la condition des femmes. Certaines furent des militantes avant l’heure, par le biais de leurs écrits ou de leurs actions, comme la sage-femme Louise Bourgeois, qui n’hésitait pas à s’élever parfois contre les médecins masculins, quand la vie de ses patientes était en jeu. D’autres s’émancipèrent grâce au travail, comme ces imprimeuses parisiennes, par exemple, qui possédaient non seulement une compétence professionnelle mais aussi un véritable sens des affaires : elles géraient ainsi toute une entreprise, de ses finances jusqu’aux employés. L’autrice a dû faire des choix, ainsi, il peut être surprenant de ne pas retrouver dans ce livre un portrait de Louise Labbé ou encore, Diane de Poitiers ou Louise de Savoie, mais le parti-pris de Sylvie Le Clech n’est en soi pas discutable : elle a aussi fait le choix d’aller chercher des destins de femmes moins connus, ce qui est tout à fait louable. 
Le livre nous présente ainsi une quinzaine de femmes, ayant vécu au XVIe siècle ou au tout début du XVIIe siècle (c’est le cas de Louise Bourgeois ou Marie Vignon, qui deviendra l’épouse du connétable de Lesdiguières). Accessible et facile à lire, il va droit au but et nous permet d’en apprendre beaucoup sur ces femmes qui ont, effectivement, lutté pour leur liberté chacune à leur manière. Comme je le disais plus haut, à la lecture de ce livre, on se rend compte que combat pour l’égalité et féminisme ne sont pas l’apanage de notre siècle et c’est ce que démontre Sylvie Le Clech, en brossant le portrait de ces femmes, tour à tour attachantes ou implacables. 
Je regrette cependant que quelques coquilles et approximations aient passé la correction (Anne de Bretagne n’a pas épousé Charles VIII en 1484 et Henri III n’était pas veuf de Marie de Clèves lorsqu’il se maria avec Louise de Lorraine-Vaudémont). C’est un peu dommage, mais globalement, le livre reste intéressant et c’est ce qui compte. 

Le mot de la fin :

Intéressant, malgré des coquilles d'impression (dommage dans ce type d'ouvrage) et deux ou trois approximations... en forme de catalogue, le livre nous entraîne à la rencontre de ces femmes de la Renaissance et du début du XVIIe siècle, qui ont dû lutter pour se faire une place dans un monde d'hommes, troublé par de nombreux conflits religieux... 

Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789 ; Henriette Louise de Waldner de Freundstein, baronne d'Oberkirch LE SALON DES PRÉCIEUSES EST AUSSI SUR INSTAGRAM @lesbooksdalittle

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L
Exactement le sujet d'ouvrage que j'affectionne ! Je l'avais déjà noté mais je suis toujours aussi intéressée pour le lire :-)
Répondre
A
Je ne te le déconseille pas du tout. Je regrette qu'il y ait deux ou trois approximations, c'est dommage mais autrement le livre est accessible et intéressant. Je pense que ça te plairait. 😃