20 Mai 2026
« En prenant de l'âge, j'ai bien peur que vous découvriez par vous-même qu'on ne peut pas gagner à chaque fois, mademoiselle Loveday. La vie est faite de coups durs. Vous devez apprendre à les encaisser, à vous relever, à épousseter vos habits et à continuer votre route. »
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Une enquête de Loveday et Ryder, tome 4, Le Secret de Briar's Hall (A Fatal Secret, 2020) • Éditions Harper Collins (collection Poche) • 2022 • 313 pages
Résumé :
Oxford, Pâques 1961. La journée s'annonce festive, une immense chasse aux oeufs est organisée au manoir de Briar's Hall pour les enfants du village. Néanmoins, l'événement tourne au drame quand Eddie, onze ans, disparaît. Son corps sera retrouvé peu de temps après au fond d'un puits.
Si les investigations du coroner concluent à un accident tragique, le Dr Clement Ryder, médecin légiste, a des doutes. Lorsque Martin de Lacey, propriétaire de la demeure, et le père de la victime lui demandent de reprendre l'enquête, Clement obtient de la police locale que sa partenaire Trudy Loveday soit affectée à l'affaire.
Domestiques, jardiniers, visiteurs et habitants : c'est tout le petit monde de Briar's Hall et de la famille de Lacey qu'il leur faudra étudier de près...
Ma Note : ★★★★★★★★★★
Mon Avis :
Alors que le printemps s’installe sur les Cotswolds, le chatelain de Briar’s Hall décide d’organiser une grande chasse aux œufs dans son domaine pour les enfants du village. La journée s’annonce prometteuse mais tourne au drame lorsque l’un des petits participants, Eddie Proctor, âgé de onze ans, disparaît. Appelée aussitôt, la police d’Oxford fait une macabre découverte quelques heures plus tard : le corps de l’enfant est repêché dans un puits désaffecté à l’orée du domaine de Briar’s Hall. D’abord, l’enquête conclut à un banal accident mais le coroner, Clement Ryder, n’est pas convaincu. D’autant plus lorsque le châtelain de Briar’s Hall, Martin De Lacey, ainsi que le père de la petite victime lui demandent de reprendre l’enquête. Et si Eddie ne s’était pas noyé accidentellement ? Comme à son habitude, Clement décide de se faire accompagner de sa fidèle acolyte, la jeune et motivée stagiaire Trudy Loveday.
Trudy et Clement forment un duo vraiment efficace et qu’on a appris à apprécier depuis le premier tome, Le Corbeau d’Oxford. Au départ, leur association peut paraître un peu surprenante : une jeune femme de vingt ans, encore impulsive et en formation, qui s’associe avec le coroner de la ville d’Oxford, un homme expérimenté et respectable, ancien chirurgien et qui s’est finalement tourné vers la justice depuis qu’il souffre de problèmes de santé assez handicapants – problèmes de santé qu’il cache d’ailleurs soigneusement à sa jeune collègue.
Alors que certains duos d’enquêteurs sont, en ce qui concerne l’évolution de leurs relations, assez prévisibles, ici, on se doute bien que la relation de Loveday et Ryder ne va sûrement pas évoluer en histoire amoureuse. Et je trouve que c’est super intéressant à lire : je retrouve en eux le côté un peu décalé de Flo et lady Hardcastle, de la série Les enquêtes de Lady Hardcastle. Ici, les personnages sont unis par une relation professionnelle et quasi-filiale. Trudy est une jeune femme motivée mais malheureusement freinée dans ses élans par ses collègues masculins, qui la traitent sinon avec condescendance, du moins avec indifférence – pas facile d’être une jeune policière stagiaire au début des années 1960, dans une société encore très patriarcale et même un peu misogyne. Au contraire, Clement Ryder est respectueux et, même s’il semble un peu « de la vieille école », il a décidé d’accorder sa confiance à Trudy, l’épaule, l’oriente et la forme.
Si certains lecteurs regrettent que l’aspect personnel de la vie de nos enquêteurs ne soit pas plus mis en avant (comme ce peut être le cas dans Les Thés meurtriers d’Oxford ou Les Détectives du Yorkshire), personnellement, je trouve que c’est assez bien dosé et qu’on apprend finalement ce qu’il faut sur Trudy ou Clement, sans que ce ne soit trop ni pas assez.
Cette quatrième enquête est peut-être un peu plus linéaire que les précédentes, sans rebondissements ni retournements de situation. Je déplore que l’autrice ait parfois développé certaines pistes avant de les abandonner : dans ce cas, était-il nécessaire de les développer ? Mais globalement, j’ai apprécié cette lecture sans prise de tête. On suit l’enquête de Trudy et Clement et on découvre en même temps les dessous d’un grand domaine britannique, certes, bien loin de sa période flamboyante, mais encore soucieux de protéger les apparences. Or, les vieux murs de Briar’s Hall semblent cacher bien des secrets et certains, comme la gouvernante, semblent bien soucieux de continuer à les protéger.
C’était une lecture sympathique et sans prise de tête, j’ai vraiment apprécié ce moment de lecture qui m’a fait encore m’attacher un peu plus à Trudy. Je lirai ses autres enquêtes avec beaucoup d’intérêt !
Le mot de la fin :
C'est toujours très sympa de retrouver Loveday et Ryder ! J'ai trouvé que cette enquête se résolvait peut-être un peu vite mais dans l'ensemble, j'ai pris plaisir à suivre encore une fois les investigations de notre duo de choc dans l'Oxfordshire du début des années 1960 ! Un cosy mystery comme je les aime et je lirai la suite avec grand plaisir.
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Retrouvez ici mes billets sur les tomes précédents :
- Le Corbeau d'Oxford (tome 1)